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CCCCXXX. Le splauchnosquelette des ani

SPLANCHNOSQUELETTE DES CÉPHALOZOAIRES.

maux sans cerveau , parvenu à son plus haut point de développement , tel qu'il s'offre à nous chez les décapodes, présente les particularités essentielles suivantes dans sa structure.

1° Sa forme est celle d'anneaux protovertébraux , analogues à ceux du squelette extérieur.

2° Le nomhre de ces anneaux protovertébraux s'accorde avec celui du squelette extérieur, et notamment avec celui du segment de corps dans lequel le splanschnosquelette s'est développé.

3° Le développement de ces anneaux protovertébraux a lieu en sens inverse de celui du squelette extérieur, de sorte que quand les protovertèbres sont fermées au côté ventral et ouvertes au côté tergal , les internes sont fermées au côté tergal et ouvertes au côté ventral.

Ces trois caractères tiennent si essentiellement à la signification même du splanchnosqueletteen général, qu'ils s'appliquent, nonseulement à celui des animaux inférieurs, mais encore à celui des Céphalozoaires , comme le prouveront les considérations suivantes.

CCCCXXXL A l'égard de la substance du splanchnosquelette, on doit distinguer:

1° L'enveloppe générale des voies alimentaires et aériennes ou l'épithélion, qui devient d'autant plus mince que l'organisation est plus élevée , mais qui a toujours les caractères d'un tissu corné;

2° La limitation du développement de parties squelet tiques dures à certains points , dans lesquels apparaît alors la substance cartilagineuse ^ qui , chez les animaux supérieurs, fait antagonisme à la substance cornée , et qui appartient , d'une manière spéciale , au splanchnosquelette .

En outre , néanmoins , non-seulement le splanchnosquelette est susceptible d'une véritable ossification dans certains points , mais encore nous voyons que ses prolongements , qui , en leur qualité de tritovertèbres coniques , sont dirigés vers le canal viscéral ( dents et saillies dentiformes ) , se présentent tant sous l'apparence de formations cornées que sous celle de formations calcaires,

CCCCXXXIL Quant au type du splanchnosquelette des animaux supérieurs, les protovertèbres ( pi. xxu, fig. xvu «, /S, ">) doivent en être la partie essentielle ,et elles doivent être primairement en même nombre que celles du

névrosquelette, qui sont aussi la partie essentielle de ce dernier. Des membres qui , même chez les animaux inférieurs , ne s'offrent que comme membres onguéaux , c'est-à-dire comme dents viscérales , ne pourront non plus , chez les animaux supérieurs , se développer que comme dents , d'après la signification du lieu qu'ils occupent; et comme les membres des animaux les plus inférieurs entourent d'abord tout l'extérieur de la protovertèbre , en nombre indéterminé , ainsi qu'il arrive , par exemple , aux épines des Oursins , de même aussi ces dents apparaîtront en nombre indéterminé sur tout le pourtour interne de la splanchnovertèbre primaire , et c'est seulement dans les organismes supérieurs qu'elles s'astreindront à un nombre légitimement déterminé.

CCCCXXXIIL En second lieu , le type du splanchnosquelette doit être , sous le rapport du développement de la protovertèbre, en antagonisme avec le développement de la protovertèbre au dermatosquelette et an névrosquelette. Et , de même que le plus grand développement de la protovertèbre du névrosquelette a lieu vers le haut , et celui de la protovertèbre du dermatosquelette vers la vertèbre rachidienne , de même aussi celui de la protovertèbre du splanchnosquelette s'effectue par le bas et tend à produire une vertèbre ventrale , dont au reste il ne se forme en général que le corps , car il est rare qu'il puisse s'en développer davantage , et cela n'arrive que chez les espèces inférieures. A cet égard , on doit remarquer qu'il est encore un autre point de vue sons lequel cette vertèbre ventrale du splanchnosquelette doit se former à l'opposite de la vertèbre ventrale du névrosquelette ; car si l'arc et la lame tectrice de cette dernière doivent tendre à se diriger en haut vers la vertèbre tergale ( d'après le type pi. xxn , fig. xv, 3) , la vertèbre ventrale du splanchnosquelette devra , au contraire , par suite de son antagonisme avec la précédente , avoir son arc dirigé vers le bas. Enfin l'antagonisme de cette splanchnovertèbre secondaire avec la névrovertèbre secondaire s'exprime encore dans les rapports qu'elles ont l'une et l'autre avec d'autres organes , et si la dernière tend à envelopper les organes centraux de la vie animale , la première n'arrive qu'à entourer des organes centraux de

GGO

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la vie végétative, c'est-à-dire des vaisseaux.

CCCCXXXIV. En troisième lieu , je dois faire les remarques suivantes relativement au lieu de développement et au nombre des splanchnovertèbres primaires.

A l'égard du lieu ou de V emplacement , les points où les splanchnovertèbres primaires se développent avec le plus de force chez les Céphalozoaires , et où , en général , d'après les considérations auxquelles je me suis livré plus haut, le développement d'arcs protovertébraux , c'est-à-dire de côtes , est le plus favorisé , seront ceux où nous verrons ces splanchnocôtes être le plus développées. Or, nous avons trouvé des régions respiratoires dans les deux moitiés du corps , dans la tête aussi bien que dans le tronc , et comme les prolongements des voies alimentaires et aériennes s'étendent aussi bien en avant sous la tête , que le prolongement du cerveau , ou la moelle épinière , le fait en arrière sur le tronc , nous devons nous attendre à un seul développement de splanchnovertèbres primaires dans les deux moitiés du corps. Mais la tête est la plus importante moitié du corps , les parties y arrivent à une signification supérieure et à une plus grande fixité de développement (1); c'est donc aussi en elle que doit avoir lieu le développement le plus complet du splanchnosquelette , quoiqu'il y soit toujours sollicité par rapport aux viscères du tronc qui se prolongent sous la tête.

Ainsi 5 comme le splanchnosquelette se forme à deux endroits de la tête , il se dirigera suivant les deux portions principales de cette dernière , le crâne et la face. Dans chacune de ces deux portions , il y a un point sur lequel repose la signification de la respiration , savoir , au crâne , la région des cellules auditives , et à la face celle des cellules nasales , ou , au crâne , les deux segments de la première intervertèbre, et à la face les A" et 5^ vertèbres céphaliques , ou enfin les deux avant -dernières vertèbres en arrière et les deux avant-dernières vertèbres en devant.

Deux formations qui appartiennent au splanchnosquelette peuvent se développer principalement, savoir des arcs protoverté-

(1) Les membres céphaliques, par exemple la mâchoire inférieure , sont même plus essentiellement et plus généralement développés que les membres du tronc.

braux ou des côtes, et des rudiments de membres ou des dents.

Mais le développement a pour résultat nécessaire de faire que , d'une partie d'abord indivise, en sortent d'autres qui plus tard doivent aller toujours en se segmentant davantage. Il est donc de son essence que les deux ordres de formations dont je viens de parler soient d'abord réunies , et qu'ensuite elles doivent apparaître séparées. Donc les dents reposeront d'abord sur les côtes du splanchnosquelette céphalique lui-même; mais , plus tard , dans des organismes plus élevés elles se sépareront de ces dernières , et , par l'efifet de l'antagonisme , les membres se répartiront sur une région respiratoire de la tête et les côtes sur l'autre. La région respiratoire primordiale du tronc était celle du bassin, à laquelle correspond, dans la tête, la région de la première intervertèbre , des cellules auditives et des branchies céphaliques. La seconde région respiratoire du tronc, qui s'est développée plus tard, mais qui est supérieure en dignité , était la poitrine , à laquelle correspond , dans la face , la région des cellules nasales, ou des A" et 5" vertèbres céphahques. Or , comme les côtes sont les premières parties squeleltiques qui se rapportent à la respiration , mais que les membres sont des côtes supérieures, de tout ce qui précède découle la proposition suivante , à l'égard du développement du splanchnosquelette dans la tête :

CCCCXXXV. Ce sont principalement les arcs protovertébraux du splanchnosquelette qui doivent se développer à la région respiratoire postérieure de la tête, et les extrémités de membres, les membres onguéaux, les dents, à la région respiratoire antérieure.

A l'égard du nombre des splanchnovertèbres primaires de la tête , il résulte des déterminations précédentes que ce nombre doit répéter celui des névrovertêbres primaires, et que , dans chaque vertèbre céphalique ayant la tendance à réaliser la division en trois embranchements successifs , le nombre normal des splanchnovertèbres primaires de la tête doit être de deux ou de deux fois deux, à chaque région respiratoire. Nous obtenons donc ainsi six splanchnovertèbres postérieures et six antérieures, qui sont principalement développées , les premières comme arcs

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costaux et les secondes comme meml)res.

Les splaiichnovertèbres jJ05fÔ7eM/v5 n'étant désignées que par leurs membres, doivent reproduire le même rapport avec ces mcmbi-es que celui qu'on trouve pour les protovertèbi-es antérieures. En effet , les membres commencent par se développer en nombre indéterminé , et sur toute la périphérie des vertèbres, mais en se dirigeant vers l'intérieur; de là résultent les cercles de dents tournées en dedans qui revêtent la bouche mfundibuliforme des Lamproies ; de Là le développement de dents en nondjrc indéfini au pourtour de la bouche entière , chez les animaux inférieurs en général. Mais nous avons trouvé que le développement supéi'ieur des membres était astreint à une loi de laquelle il résulte que ces membres doivent sortir d'après les rayons , et spécialement d'après les cleux côtés de l'hexagone. Donc le splanchnosquelette parvenu à un haut degré de développement , nous offrira aussi quatre articles terminaux de membres à chaque anneau protovertébral , et comme la construction géométrique exige six anneaux proto vertébraux antérieurs, nous devons par conséquent avoir vingt-quatre articles terminaux de membres , c'est-à-dire vingt-quatre dents , savoir douze en haut , dont six à droite et six à gauche , et douze en bas , dont six à g'auche et six à droite. Or, chez les animaux supérieurs , ces six dents apparaissent sous la forme de cinq molaires et d'une canine , tandis que le splanchnosquelette développe à l'extrémité antérieure des membres céphaliques les deux incisives partagées en trois qui l'arment de la même manière que les ongles garnissent celle des membres du tronc.

CCCCXXXVL Du reste , ces splanchnodents présentent encore plusieurs particularités qui méritent d'être notées.

1° La formation des dents et celle des côtes du splanchnosquelette n'étant point encore séparées l'une de l'autre , aux derniers degrés de l'échelle , comme je l'ai dit précédemment, il peut se faire et il arrive souvent que , chez les Céphalozoaires inférieurs , des dents se développent encore sur les arcs branchiaux et les mâchoires i)haryngiennes.

2" La formation des splanchnodents appartenant primordialement à un squelette tout autre que le névrosquelette , il doit toujours y avou' une différence essentielle entre ces

membres onguéaux et les vrais os propi'cs au névrosquelette. On conçoit aussi, d'apiès cela , pourquoi aucune dent ne peut admettre la forme d'ongle au même degré que les incisives , qui , en leur qualité d'ongles des membres céphaliques , peuvent , chez certains animaux , continuer de croître pendant toute la vie , comme les ongles proprement dits.

3" Les splanchnodents se développant sans leurs arcs protovertébraux et seulement à l'épithélion , elles ne peuvent primordialement s'enraciner que dans les parties molles de la bouche , et ce n'est que plus tard qu'elles contractent des connexions organiques avec les parties voisines du névrosquelette , la mâchoire inférieure , les os palatins , la mâchoire supérieure , etc. Cette circonstance est de la plus haute importance aux yeux de quiconque veut se faire une idée exacte de la manière dont le développement des dents commence par la couronne , d'où il s'étend vers la racine et l'os. Ce qui précède explique aussi pourquoi , à la partie supérieure de la cavité orale , les os palatins, qui représentent les côtes de la quatrième vertèbre céphalique , sont primordialement le lieu le plus essentiel pour le développement des splanchnodents (Voy. le tableau du développement des splanchnomembres antérieurs et des splanchnocôtes postérieures de la tête, pi. xxxi, fig. ni).

CCCCXXXVII. Enfin, pour ce qui concerne les protovertèbres postérieures du splanchnosquelette de la tête , j'ai encore à parler de leur développement en deutovertèbres. Mais de ce qui précède il suit que ce développement ne peut avoir lieu qu'au côté ventral , et que les deutovertèbres doivent surtout se développer comme corps. De là résulte en idée une colonne deutovertébrale de six pièces , qui en réalité se manifeste , chez les animaux inférieurs , sous la forme d'os lingual et de vertèbre branchiale, et qui reste en partie visible aussi , chez les animaux supérieurs, sous celle de corps de l'hyoïde.

CCCCXXXVIII. Du reste, lorsque, par une conformation particulière de l'organe de la respiration , comme par l'effet de la fente branchiale des Poissons , ces splanchnocôtes entrent en contact immédiat avec le monde extérieur, le dermatosquelette et le splanchnosquelette se rencontrent à leur surface, et

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