‹ Traité élémentaire d'anatomie comparéeChapitre 275 sur 318 · SPLANCHNOSQUELETTE DU TRONC · texte numérisé non relu

SPLANCHNOSQUELETTE DU TRONC

a. De la région antérieure du troue.

Colonne protovertébrale de la poitrine au canal pulmonaire, et ses segments de jonction jusqu'à la tête.

En général sans développement de corps deutovertébraux ni de membres.

h. De la région postérieure du tronc.

Colonne proto vertébrale au canal allantoïdien.

Non développée.

Corps deutovertébral , comme indice d'un membre terminal postérieur impair du splanchnosquelette.

Indice de membres pairs.

Je ne puis terminer l'histoire du splanchnosquelette sans faire encore une remarque importante. Le plus haut développement du névrosquelette s'exprime par la répétition de la masse osseuse périphérique dans l'intérieur même des parties sensibles. De là les ossifications qui s'observent , chez les animaux , dans les trois principaux organes sensoriels , et , chez l'homme , dans la partie la plus intérieure du cerveau, la glande pinéale. Cet état de choses doit se refléter également dans le splanchnosquelette , et y faire naître une tendance à la répétition des ossifications dans l'intérieur de l'organe central de toute vie végétative , c'est-à-dire dans le cœur. De là , les os cardiaques , qu'on rencontre chez quelques animaux , et la tendance de cet organe à s'ossifier, chez l'homme.

CHAPITPiE V.

SQUELETTE DES POISSONS

CCCCXLII. Il est deux points qu'on doit

surtout avoir présents à l'esprit , pour bien

concevoir le développement particulier du

squelette des Poissons.

1° Ces animaux sont les premiers chez lesquels la moelle nerveuse soit organisée de

Anneaux de la trachée-artère (et larynx inférieur des Oiseaux).

(Os de la verge des animaux.) (Denture de la verge , chez quelques animaux.)

manière à mettre en évidence l'antagonisme entre un système nerveux central (système cérébral) et un système ganglionnaire. C'est donc aussi en eux que , pour la première fois, un névrosquelette proprement dit se développe , en antagonisme avec un dermatosquelette et un splanchnosquelette. Var cette raison même, nous devons le trouver ici à son premier et plus bas degré de développement.

2° La classe des Poissons représente les Oozoaires , les vîldoiozoaires , parmi les Céphalozoaires , ce qui explique , d'un côté , pourquoi , par correspondance avec les formes si infiniment variées , et on pourrait presque dire sans règle , des Oozoaires, elle réunit en elle des formes si différentes de squelette , d'un autre côté, pourquoi le tronc entier des Poissons a essentiellement la signification d'un tronc sexuel , d'un bassin (car il est en grande partie rempli par les ovaires ou les testicules), ce qui explique le défaut de développement des régions supérieures de ce tronc, la poitrine et le cou.

Mais les traits essentiels qui annoncent l'infériorité de développement du squelette des Poissons sont les suivants :

SQUELETTE DES POISSONS

ces

1° Imperfection de la substance. Elle est ou cartilagineuse , ou imparfaitement osseuse. Aussi la langue usuelle distingue-t-elle fort bien les os de Poissons des véritables os , en les désignant sous le nom d'arêles. Un excès de substance animale (albumine), davantage de carbonate calcaire , et moins de phosphate calcaire , établissent la différence enti'e les arêtes et les os proprement dits. Les trois squelettes , cutané , splanchnique et nerval , ne diffèrent point encore non plus essentiellement l'un de l'autre , sous le rapport de la substance , et sont souvent tous trois , ou simplement cartilagineux ou osseux.

2° Imperfection de développement. Quoique les os des Poissons soient animés par des vaisseaux, et qu'il s'y fasse un renouvellement continuel de matériaux , ils n'ont qu'un degré inférieur de vitalité, caria substance osseuse s'y dépose toujours couche par couche , à la surface , comme dans les coquilles , la partie moyenne change peu , et elle persiste , comme dans les coquilles , pendant toute l'existence de l'animal , ce qui doit même faire naître peu à peu un défaut de proportion entre le système nerveux, dont l'accroissement s'arrête à un certain terme, et le névrosquelette, qui continue toujours à croître , par exemple, entre le cerveau et les vertèbres crâniennes.

3° Imperfection de forme et de nombre.

Elle s'exprime à son tour par la dignité moindre de ces rapports , considérés soit en euxmêmes , soit relativement aux autres systèmes organiques , et par le peu de fixité qu'ils présentent.

CCCCXLIII. Quant à la dignité moindre des rapports de forme et de nombre , considérés en eux-mêmes, elle s'annonce par la simplicité de la configuration , qui a pour type les formes géométriques inférieures et une pluralité établie sur de simples proportions arithmétiques. De là vient que des lignes courbes moins variées , des cercles simples , ou même des formes à lignes parfaitement droites , caractérisent le squelette des Pois sons. Il suffit, pour en être convaincu , de se rappeler la forme circulaire des corps vertébraux , l'allongement en ligne droite des apophyses épineuses , et la rareté des lignes bicourbes.

De même , la proportion des divisions dans les membres des vertèbres est plus simple , et

la différence des nombres dans les différentes régions offre moins de proportions d'un ordre supérieur. Ainsi , on ne trouve presque aucun exemple de division d'après le nombre douze , ou de subdivision par 5: 7.

CCCCXLIV. A l'égard de la dignité moindre de cette configuration , par rapport à la succession dans le système osseux , et relativement aux autres systèmes organiques , elle est démontrée :

1° Par la manière dont se comportent les différentes classes de vertèbres. Les protovertèbres et les tritovertèbres ont encore une prépondérance décidée , et les deuto vertèbres, celles qui précisément caractérisent le Céphalozoaire , sont moins développées.

2" Par la manière dont se comportent les tritovertèbres rayonnantes. Elles ne prennent jamais la forme de colonnes vertébrales divisées en plusieurs articles (comme les membres d'un ordre supérieur) ; elles manquent même quelquefois entièrement, et lorsqu'elles sont développées , c'est toujours au tronc , sous la forme seulement de membres locomoteurs branchiformes (nageoires) ; et , sous le rapport du développement primaire , du moins au tronc , elles n'apparaissent que comme membres impairs inférieurs et supérieurs (nageoires dorsale, anale et caudale).

3** Par les transitions qu'on rencontre du névrosquelette au splanchnosquelette , et qui rendent quelquefois difficile de déterminer ce qui fait partie de l'un (écaille) , ou ce qui appartient à l'autre (os).

4° Par la constance moindre du rapport de développement des os au système nerveux, ce qui fait que le cerveau et la moelle épinière sont moins exactement enveloppés par l'os , qui , au contraire , entoure quelquefois des oiganes de la vie végétative , le cœur , l'aorte et la vessie natatoire.

5" Enfin parce que l'os exprime moins la forme totale , incomplètement développée , du corps , qui tantôt ne s'écarte point, quant à son diamètre transversal , de celle du cercle pur, tantôt se rejette soit vers le haut et le bas (compression latérale) , soit à droite et à gauche (dépression horizontale).

CCCCXLV. Je vais maintenant décrire les squelettes de quelques genres. Ces descriptions serviront d'exemples à l'appui des con-

SQUELETTE DES POISSONS

sidérations qui précèdent, et feront voir comment le type général se modifie pour produire telles ou telles formes. Je choisirai trois Poissons , un sans membres (Lamproie), un autre dont les membres céphalîques sont essentiellement développés (Cyprin), et un troisième chez lequel le développement porte de préférence sur les membres du tronc.

ARTICLE PREMIER

Page 1