‹ Traité élémentaire d'anatomie comparéeChapitre 278 sur 318 · SECONDE FORMATION. POISSONS POURVUS DE MEMBRES · texte numérisé non relu

SECONDE FORMATION. POISSONS POURVUS DE MEMBRES

1. Poissons dont les membres et la respiration se rapportent essentiellement à la tête (1).

A. NÉVROSQUELETTE.

CCCCLVin. En retraçant l'histoire du développement d'un squelette supérieur, nous avons vu qu'au degré où le squelette entier est simplement cartilagineux {thcsis) , en succède un où l'on voit apparaître une multitude de points osseux isolés (antithesis) , et qui est suivi d'un troisième caractérisé par la fusion de ceux-ci en certaines parties squclettiques plus grandes (sijnthcsis). Si les Poissons apodes occupent le premier échelon, le second appartient aux Poissons osseux. De là vient que le squelette de ceux-ci se partage en une multitude de pièces distinctes, qui sont caractérisées par l'enjambement de leurs bords les uns sur les autres, c'est-à-dire par des sutures écailleuses, et c[ui, en conséquence, croissent pendant toute la durée de la vie (2).

CCCCLIX. Tout premier développement d'un squelette supérieur indique constamment une égalité primordiale entre la tête et le tronc, entre le corps animal et le corps végétatif (g CXCIX), tandis que, quand le développement fait des progrès, la prépondérance, sous le rapport de la masse, écheoit au corps

(1) Ce sont les Poissons osseux, qu'on pourrait appeler aussi Poissons àmembres céphaliques. Ils sont , à proprement parler , les représentants delà classe. Le genre Cyprinus est celui cliez lequel tout ce qui caractérise cette section se présente dans les rapports numériques les plus simples et sous la forme la plus pure. En donnant à ces Poissons répitliète de réguliers ou normaux , j'entends seulement par là que le type , la forme mathématique, s'exprime chez eux d'une manière plus claire que dans tous les autres.

(2)11 est très-remarquable que cet antagonisme entre les trois sections principales de la classe des Poissons, s'exprime aussi dans les modifications de la forme de leurs protovertèhres , ou daus la forme dominante de la périphérie d'une coupe verticale de leur corps. En effet, tandis que le pourtour du corps des Apodes conserve la forme primaire du cercle , et que la direction en longueur prédomine chez eux , on voit se manifester , chez les Poissons osseux , la dimension en hauteur , par conséquent aussi la division en moitiés droite et gauche , et l'aplatissement latéral du corps ; chez les Poissons cartilagineux supérieurs , au contraire , dominent la dimension en largeur, la division en côtés tergal et ventral , et la dépression du corps, ou son aplatissement de haut en has.

SQUELETTE DES POISSONS

végétatif, et celle sous le point de vue de la dignité, au corps animal. Chez les Poissons osseux, l'équilibre entre ces deux moftiés du corps est matériel encore, et relatif à la masse des deux portions, qui se ressemblent même un peu quant à leur segmentation. On explique par là pourquoi c'est chez ces Poissons seuls qu'on rencontre un équilibre parfait entre le tronc et la tête, comme, par exemple, dansle Tetrodon mola, et pourquoi leur cœur, centre de la vie végétative, occupe la région jugulaire, qui est la limite entre la tête et le tronc.

CCCCLX. Enfin, pour ce qui concerne les divisions de la tête et du tronc, on doit encore prendre en considération le caractère spécial des animaux compris dans la classe, qui sont des Céphalo-œdoiozoaires. Voilà pourquoi le tronc continue à n'être essentiellement qu'une cavité génitale , c'est-à-dire un bassin, et se trouve entièrement rempli par les ovaires ou les testicules , qui s'étendent vers le haut Jusqu'à la tête, et pourquoi les autres régions contenues dans le tronc (S CXCIX) ne se distinguent pas complètement les unes des autres. Le bassin englobe encore en quelque sorte les régions hypogastrique et épigastrique, et, quant à la poitrine, on n'en aperçoit que de faibles indices. La respiration du tronc devient aussi plus manifestement respiration allantoïdienne ou pelvienne, si ce n'est néanmoins que la vessie agit seulement comme organe exhalateur d'air. La tête elle-même est en antagonisme pur avec le tronc, et, des deux régions respiratoires qui lui appartiennent primordialement, il ne se développe bien que celle qui correspond à la respiration allantoïdienne, ou la respiration branchiale, c'està-dire la postérieure.

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