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Squelette dii tronc

CCCCLXI. Le développement de tritovertèbres parallèles ou de corps vertébraux demeure essentiel aussi au squelette du tronc des Poissons osseux, et il se trouve des genres, parmi ces derniers {Murœna, Fistiilaria,eic.), où ce squelette entierparaît n'être encore qu' ime colonne de corps vertébraux, comme dans les Petromyzon. II est un point cependant à l'égard duquel ces tritovertèbres s'élèvent d'une manière absolue au-dessus des parties qui leur correspondent chez les

Poissons apodes , c'est leur séparation, et, comme conséquence immédiate, la forme diconique de chacune, qu'on n'aperçoit dans aucune autre classe aussi pure que dans celleci. Du reste , la direction de cette colonne de corps vertébraux n'est plus tout à fait horizontale; elle se courbe en voûte, de manière que, quand on place un Cyprin dans une situation parfaitement horizontale, le milieu du rachis se trouve le point le plus élevé, circonstance qui indique qu'ici la moelle épinière prédomine encore sur le cerveau. Dans beaucoup d'autres genres cependant (Murœna, Esox, Gadm), la colonne est encore horizontale. Les corps vertébraux eux-mêmes sont généralement égaux entre eux; ils vont en diminuant vers la partie du corps, et se terminent par une vertèbre simplement conique. CCCCLXII. Les deutovertèbres ne sont également qu'à un degré de plus que chez les Poissons apodes , c'est-à-dire que leurs arcs, absolument clos , à la vérité , sont fort minces , et ne couvrent la moelle épinière que d'une manière très-incomplète. Mais ce qui atteste surtout l'infériorité de leur développement comme deutovertèbres, c^est la prépondérance des tritovertèbres parallèles (corps vertébraux) et rayonnantes (apophyses vertébrales) qui leur appartiennent. Ces tritovertèbres rayonnantes sont de simples cônes , fort allongés et minces; la médiane supérieure, fortement soudée, constitue l'apophyse épineuse ; les latérales rayonnantes vers le haut et le bas se multiplient; la première pièce des latérales inférieures est soudée et constitue les apophyses tr<insverses (1); les autres pièces , tant des supérieures que des inférieures , sont libres , quelquefois divisées elles-mêmes (pi. xxvi, fig. vi, 2, /5/3'), et forment les arêtes musculaires [ossicida musculorum) (pLxx, <p f). La trito vertèbre rayonnante médiane inférieure manque presque toujours , à cause du grand développement de la tritovertèbre parallèle médiane inférieure. On peut donc dire que la vertèbre

(1) Les arcs protovertébraux s'unissent ordinairement aux vertèbres rachidiennes par le moyen de ces apophyses transverses (pi. XXVI, fig. v, 1 a, 'la) ; mais aux vertèbres céphaliques , ils deviennent plus forts , par antagonisme avec les côtes , qui sont petites et rentrées en dedans ( 1 a , 2 a , 3 a ) ; ils y prennent même quelquefois la forme de vésicules osseuses ( fig. Y + ), sur lesquelles je reviendrai plus loin.

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rachidienne, an lieu cVêlre essentiellement deutovertèbre j passe à la formation des tritovertèbres.

CCCCLXIII. Quant au nombre dos vertèbres , il devrait être , à proprement parler , déterminé par le nombre des régions développées au tronc ; mais , comme nous avons vu que , d'après des motifs d' ordre supérieur, le nombre des vertèbres céphaliques essentielles , qui s'élève à six , est aussi la première détermination de celui des vertèbres dans cbaque segment du tronc , le nombre six devrait rigoureusement se réi}éter autant de fois qu'on trouve de ces régions. Mais des cinq régions qui appartiennent primordialement au tronc , il ne s'est développé ici que la génitale ou pelvienne , qui enveloppe en elle l'intestinale ou bypogastrique , et l'hépatique ou épigastrique ; et la région respiratoire , c'est-à-dire la poitrine , n'est indiquée qu'imparfaitement. Ainsi , comme trois régions du corps sont entièrement développées , et qu'une l'est en partie seulement, nous aurions 3x6 + 3 = 21 (pi. XXVI , fig. iv). Tel est réellement le nombre des vertèbres du tronc chez les Poissons réguliers , par exemple dans la Brème (1). Les trois rudiments de vertèbres thoraciques se signalent alors par une ossification plus prononcée ( leurs apophyses deviennent plus larges et plus longues) , et par leur soudure les uns avec le? autres , tandis que les vertèbres des autres régions sont complètement libres. Chez les Poissons moins réguliers , les vertèbres thoraciques ne se distinguent point encore des autres, et le nombre total des vertèbres rachidiennes est si peu déterminé, qu'il dépassse du double , ou même au delà , celui qui vient d'être assigné (2).

(1) Voy. RosENTHAL , Ichthyotomischd Tafeln. Cah. I, pi. i,fig. 1.

(2) Des exemples de vertèbres thoraciques incomplètement développées se voient dans les genres ^soj;, Exocœtus , Salmo , Gadus , où il n'en existe qu'une ou deux , qui ne diffèrent pas essentiellement des autres vertèbres rachidiennes et ne s'en écartent que parce que les arcs costaux y sont un peu oblitérés , ou manquent tout à fait. Dans VEsox lucius , il n'y a qu'une seule vertèbre thoracique , peu forte , et munie d'arêtes costales faibles. V Exocœtus volitans est dans le même cas; mais ici les côtes manquent tout à fait. La Lote a deux vertèbres sans côies , etc.

Cuvier donne à ces vertèbres thoraciques le nom de cervicales, et U en attribue quatre au Brochet. Rosen-

CCCCLXIV. Comme la colonne vertébrale est susceptible de se prolonger indéfiniment en arrière , pour produire un membre terminal impair, une colonne vertébrale caudale, et qu'elle a d'autant plus de prédisposition à cette exubérance , que son organisation intérieure , comme colonne vertébrale du tronc , est moins avancée, la série des vertèbres rachidiennes n'est point close par celles dont je viens de paiier, et qui sont situées au-dessus de la cavité du tronc ; il se forme encore un prolongement. Mais l'idée d'un prolongement implique toujours celle de répétition d'une chose déjà existante | donc le nombre le plus régulier des vertèbres caudales sera celui qui répétera le nombre des vertèbres du tronc (pi. xxvi, fig. IV ). En effet la Brème a exactement vingt-et-une vertèbres caudales. Mais ce n'est point assez que la colonne vertébrale caudale répète le nombre des vertèbres du tronc , le nombre des vertèbres céphaliques (six) doit être répété aussi , mais en vertèbres soudées, où les deutovertèbres se transfor ment entièrement en corps vertébraux , c'està-dire en tritovertêbres , de même que , dans les vertèbres céphaliques soudées , les tritovertêbres se transforment en deutovertèbres et en proto vertèbres. De là résulte la pièce simplement conique par laquelle la queue se termine , et dont les rayons de nageoire indiquent manifestement les six vertèbres qui en elle se trouvent fondues ensemble (pi. xxvi , fig. IV , 1 , 6). Du reste, il n'est pas sans importance que cette pièce impaire soit parfaitement dirigée vers le haut (3).

CCCCLXV. Les arcs protoverlébraux se présentent sous quatre formes au squelette du tronc des Poissons réguliers : celle de côtes incomplètes ( fausses ) , qui correspondent aux régions hypogastrique et épigastrique; celle de rudiments de côtes pectorales plus libres ; celle d'anneaux protovertébraux oblitérés , qui ne renferment plus que des vaisseaux sanguins ; celle enfin d'arcs proto vertébraux de membres,

thaï, qui les appelle aussi cervicales ou pectorales, n'en compte pas une seule chez ce Poisson , ce qui est plus exact. En général , les tables que Cuvier donne ici sont fausses ; ainsi , par exemple , il n'accorde qu'une seule vertèbre thoracique aux Cyprins.

(3) Le nombre des vertèbres caudales varie aussi beaucoup dans les genres moins réguliers, mais il ne varie point autant que celui des vertèbres du tronc.

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CCCCLXVI. La première forme appartient aux vertèbres proprement dites du tronc; elle constitue ce qu'on appelle ordinairement des côtes, arcs très-simples qui entourent la cavité du tronc sans se fermer par le bas , ni sans manifester aucune division intérieure (1), et correspondent d'une manière exacte au nombre de vertèbres du tronc , aux apophyses transverses desquelles ils tiennent , sans être mobiles sur elles (pi. xxvi , fig. iv). Dans d'autres genres {Fistularia, par exemple), les côtes s'oblitèrent beaucoup plus , et même tout à fait (2).

CCCCLXVII. Chez les Poissons réguliers , les seuls arcs protovertébraux qui s'écartent de cette formation simple sont ceux qui appartiennent aux rudiments des vertèbres thoraciques, parce que des motifs d'une haute valeur exigent que les côtes pectorales affectent un type plus élevé. De là résulte la seconde forme.

CCCCLXVIIÏ. Ce type supérieur ne s'exprime cependant pas tant par îa grandeur et la division multiple , que par la mobilité plus grande , la délicatesse de la conformation , et la relation avec la vessie respiratoire et l'oreille . Ces côtes sont , comme les vertèbres thoi'aciques , au nom])re de trois paires ( pi. xxvi , fig. V, 1?, 2"?, 3 ?■). Une chose remarquable , c'est que la paire postérieure est toujours celle qui présente au plus haut degré le type des côtes postérieures du tronc. Ainsi , dans le Silurus glanis et la Carpe , elle se soude intimement avec l'apophyse transverse , et se ferme par le bas , comme le font les arcs protovertébraux oblitérés des vertèbres caudales, pour Uvrer passage, de même que ces derniers, à l'aorte. L'antérieure , par sa ténuité, et par ses rapports avec un prolongement du labyrinthe membraneux , devient analogue aux côtes eéphaliques. Enfin la médiane, qui est plus forte et plus mobile , et qui a des connexions avec la vessie natatoire , apparaît comme une côte thoracique rentrée en dedans.

CCCCLXIX. Cette structure est surtout

(1) Il n'y a qu'un petit nombre de genres ( Perça , pir exemple) où du milieu de la côte parte une apophyse dirigée en arriére , qu'on doit considérer comme le rudiment d'une trilovertèbre parallèle latérale

(pi. XXVI, fig. V, f v).

(2) UosKNTDAL, toc. cit. Cali. 1!, 1)1. IX, fig. a.

d'une grande régularité dans les Cyprins (3) , les Silures (4) , les Cobites (5) ,les Ophidiam, et probablement aussi plusieurs autres genres. Les Esox,Gadus,Murœna, etc. , n'ont, aux vertèbres thoraciques , que des côtes ordinaires oblitérées , ou même n'en ont point du tout (6).

CCCCLXX. La fermeture incomplète de tous ces arcs protovertébraux du tronc est déjà cause qu'il ne peut point y avoir de deutovertèbres , ni même seulement de corps vertébraux inférieurs , c'est-à-dire de vertèbres sternales , de même absolument qu'on n'en voit pas aux régions épigastrique et hypogastrique chez l'homme. En effet , les Poissons régulièrement segmentés n'offrent aucune trace de vertèbres sternales ( pi. xxvi, fig. IV, //). Il y en a bien un vestige dans le Hareng , mais elles y passent déjà aux condi-

(3) Voy. BoJANUS, dans/sw, 1821, t. I,pl. iv, fig. 9. — Weber , Di aure, pi. m , fig. 9.

(4) Weber , loc. cit., pi. v, fig. 30, 31 .

(5) Ici cependant , les apophyses transverses des deux vertèbres pectorales postérieures se dilatent en une ampoule osseuse , qui enveloppe ce rudiment de côtes. ( Weber , loc. cit., pi. vx,fig. 46. )

(6) Weber , à qui nous devons les premières recherches exactes sur les formations extrêmement remarquables dont il s'agit ici, a décrit ces rudiments des côtes sous le nom d'osselets de l'ouïe ; il a appelé le second maliens {ancora, d'après Bojanus ) , et les parties du premier incus, stapes , claustrum { norma , truUa,pocillmn, d'après Bojanus ). Si l'on veut dire par là que ces os remplissent , chez les Cyprins , les Silures et les Cobites, des fonctions analogues à celles du marteau , de l'enclume et de l'étrier chez l'homme , je n'ai rien à objecter ; mais si l'on prétendait qu'en se développant dans la série du règne animal , ils deviennent réellement les osselets humains de l'ouïe, ainsi qu'on peut suivre et démontrer pas à pas la manière dont le bras se développe de la nageoire pectorale, la jambe de la nageoire ventrale, et le larynx des arcs branchiaux , une telle opinion ne serait justifiable par rien , et serait tout aussi inadmissil)le que celle qui tendrait à faire considérer les ailes des Oiseaux comme un développement des ailes du Dragon, constituées par les côtes abdominales. Ces côtes pectorales sont bien plutôt des formes propres, appartenant à un genre seul, dont la manifestation dépend tellement du rapport spécial existant ici entre la colonne vertébrale du tronc et celle de la tète , que celui qui s'est fait une idée nette de ce rapport jugera impossible que, dans les classes supérieures , où il a disparu , on retrouve les parties qui s'y rattachent. Il est , au contraire , tout à fait dans l'esprit de la métamorphose organique incessamment progressive, que le type de cette formation puisse être adopté , dans les classes supérieures, par d'autres parties , notamment par les membres du segment postérieur de la première intervertèbre céphaliquc.

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lions de dermalosquelette (1). La colonne vertébrale , semblable à un sternum , qui se voit dans le Saimo surinamensis , api>arlient encore davantage au dermatosquelette , quoique Cuvier la considère comme un sternum (2).

CCCCLXXI. La troisième forme des prolovertèbres du tronc est celle dans laquelle on les trouve réduites à de petits anneaux qui ne surpassent point les deuto vertèbres. Si l'on excepte l'anneau que les rudiments de côtes sternales postérieures forment chez les Cyprins (pi xxvi , fig. v , 3 v ) , rien de sem- ])Iable ne se voit, excepté dans la répétition incomplète des vertèbres du tronc à la colonne vertébrale caudale, d'après le type pi. xxvi , fig". VI, I' et fig'. IV, w w. Il pourrait donc se développer des deutovertèbres inférieures ou des tritovertèbres dansées protovertèbres, puisqu'elles se ferment complètement. Mais comme les protovertèbres elles-mêmes s'oblitèrent beaucoup, les choses ne vont que jusqu'à la manifestation d'une vertèbre rayonnante médiane inférieure , d'une apophyse épineuse (pi. XXVI, fig. vi, a, etfig. iVj-îo'to'). Du reste l'anneau protovertébral, par antagonisme pur avec la deutovertèbre, enveloppe ici l'organe central de la vie végétative, comme cette deutovertèbre enveloppe l'organe central de la vie sensitive (3).

CCCCLXXIL La quatrième forme de protovertèbre du tronc est celle de protovertèbre de membre. Mais , ainsi qu'il résulte des discussions dans lescpielles je suis entré plus haut , le développement des membres n'est sollicité que par une fonction respiratoire énergique , et ici on ne trouve qu'une respiration analogue à l'allantoïdienne , dont le siège est la poitrine incomplètement développée. Voilà pourquoi, dans les Cobites, les apophyses épineuses qui appartiennent aux rudiments de côtes delà poitrine enveloppent encore entièrement la vessie natatoire ^ et pourquoi , dans les genres réguliers , la vessie natatoire , attachée à la côte thoracique moyenne , s'ouvre au dehors dans cette région , par le moyen du canal alimentaire. Cependant , comme la respiration proprement dite , celle qui appartient essentiellement à

(1) RosENTHAL , loc. cit., pi. IV, fig. i,e e e.

(2) Idem , ibid., pl.vi, lîg. XI, x x. (3j Idem, ibid., pi. i , fisr. 12 , 13 , 14.

toutes les espèces , s'opère encore ici par les branchies , l'endroit essentiellement favorable au développement d'arcs protovertébraiix de membres ne peut être autre que la jonction de la tête avec la poitrine , et de telle sorte même que ces arcs protovertébraux se rapportent plus encore à la tête qu'à la poitrine , qui est imparfaite.

CCCCLXXIll. Mais deux de ces arcs protovertébraux , les ceintures scapulaire et pelvienne , doivent plus particulièrement arriver à se développer dans les Céphalozoaires. Chez les Poissons , où toute respiration reste purement allantoïdienne , c'est-à-dire pelvienne , et où la respiration du tronc , c'est-àdire la respiration thoracique et pelvienne , est indiquée par la vessie natatoire seule , ces ceintures , en tant qu'elles se développent , doivent avoir plutôt le type d'os du iDassin que celui de vrais os de l'épaule ; chez un grand nombre même de ces animaux (tous les Apodes) , il ne se développe qu'ime seule protovertèbre , et lorsque les deux se développent , elles le font essentiellement à un seul endroit , c'est-à-dire l'une au-dessous de l'autre.

CCCCLXXIV. Les arcs protovertébraux des membres thoraciques (os de l'épaule), comme étant les plus élevés en dignité, sont toujours les plus rapprochés de la tête , et toujours aussi ceux qui prennent le plus grand développement. Voici ce qu'ils offrent d'essentiel dans leur division et dans leur formation spéciale.

Comme chaque are de la protovertèbre dait toujours être virtuellement divisé en quatre parties (pi. xxii , fig. xv , i-iv) , chaque moitié latérale de cette ceinture se partage de haut en bas en quatre articles; mais il survient aussi des divisions dans le sens de la largeur de la ceinture , ou d'avant en arrière , parce que chaque arc protovertébral destiné à une formation de membre se rapparie proprement à une région entière du tronc , la ceinture scapulaire au cou , la ceinture pelvienne aux régions lombaire et sacrée.

CCCCLXXV. Ainsi chaque arc scapulaire se divise de haut en bas :

V En 2^ortion tergale supérieure , qui est petite et appliquée à l'occiput (pi. xxvi, fig. IV , o) ; elle correspond à la lameappendiculaire cartilagineuse de l'omoplate de cer-

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tains Reptiles, et aux pièces qui ferment les trous dans les apophyses transverses des vertèbres cervicales de l'homme. Rosenthal donne à tort le nom d'omoplate à cette pièce. Dans le Brochet , elle est divisée , d'avant en arrière , en lame externe et lame interne. Arendt l'a le premier décrite avec exactitude, sous le nom bizarre d'os caliyœforme.

2° En portion tergale inférieure , qui est petite et unie plus solidement à la précédente qu'à la portion sternale supérieure (fig. IV , oo). Elle correspond aux lames appendiculaires osseuses de l'omoplate de certains Picptiles. et manque chez l'homme. Rosenthal la nomme à tort clavicule , puisque c'est une loi constante que le point d'intersection entre la clavicule et l'omoplate se trouve toujours là où rayonne le membre thoracique. Geoffroy Saint-Hilaire l'appelle omoplate.

CCCCLXXVI. 3° ^\\ portion &ternale supérieure. 4° En portion sternale inférieure. Les deux pièces sont soudées ensemble. La première , longue et simple (fig. iv , ooo et o 4) , correspond à l'omoplate de l'homme. La seconde , plus courte et plus large , est divisée , par une ouverture et ordinairement aussi par des sutures très-apparentes , en partie postérieure , clavicule fausse ou apophyse coracoïde ( 0 4) , et partie antérieure , clavicule vraie ou osfurculaire (o 4). Elle correspond à la clavicule de l'homme; seulement ici, comme chez beaucoup de Reptiles et certains Oiseaux , elle ne fait qu'un avec l'omoplate. Rosenthal appelle à tort humérus ces deux portions réunies de la ceinture scapulaire (1).

CCCCLXXVII. Les arcs protovertébraux de la ceinture pelvienne j qm ma.nquddent tout à fait chez les Apodes , n'ont ici qu'un développement incomplet et en quelque sorte partiel.

Les portions tergales, supérieure et inférieure ^ ont l'aspect d'une pièce costiforme, souvent très-oblitérée , qui est toujours engrenée dans la ceinture scapulaire , et qui adhère spécialement à sa portion sternale supé-

(1) Comme les portions sternales inférieures ne se réunissent point par le bas, il n'y a, dans la règle, aucune trace de sternum scapulaire. Cependant , il serait à examiner s'il n'en existe pas çà et là quelques vestiges. Rosenthal figure, dans le Centriscus scolopn.x, un os de la ceinture scapulaire , qui devrait peutêtre être considéré comme tel , loc. cit. , cah. II , pi. x , fig. Il , X.

rieure , ou à l'omoplate (fig. iv , m). Il n^ a rien , chez l'homme , qui corresponde à cette pièce. Geoffroy la nomme à tort os coracoïde. Rosenthal en a mieux saisi le sens , puisqu'il la considère comme un rudiment des os du bassin ; seulement ce n'est point à l'ilion (portion sternale supérieure) qu'on doit la rapporter , ainsi qu'il semble le faire , car alors le membre pelvien devrait être inséré entre elle et l'os de la nageoire ventrale, comme le bras entre l'omoplate et la clavicule.

CCCCLXXVIII. Les portions sternales , supérieure et inférieure , ne forment également qu'une seule pièce; mais l'inférieure montre de la tendance à se diviser en deux portions, l'une postérieure (ischion), l'autre antérieure (pubis) , tandis que la supérieure est ordinairement la plus oblitérée. Toute cette pièce oblitérée de la ceinture pelvienne correspond donc à l'os innominé de l'homme (tig. IV , uu) ; et , chez les Poissons les plus réguliers , elle se montre éloignée des portions tergales à l'extrémité postérieure du tronc (fig. IV , u) , tandis que , chez d'autres , elle reste au-dessous de sa portion tergale (fig. IV , w w) j et que même , dans les Zeus faber , Chœtodon striatus et Centriscus scolopax, elle se soude intimement avec elle. Quelquefois aussi on trouve les portions sternales des deux côtés soudées ensemble (peutêtre avec un indice de sternum pelvien) , et alors elles forment un large bouclier, comme dans le Cyclopterus lumpus (1).

CCCCLXXIX. Membres , ou tritovertèbres rayonnantes du tronc. Par suite de la loi générale qui veut que les membres sortent toujours de la protovertèbre dans la direction de l'hexagone , on devrait s'attendre à trouver ici un membre médian supérieur impair (pi. XXVI, fig. IV, a) , un médian inférieur impair (cl) , deux latéraux supérieurs (b) , et deux latéraux inférieurs (c) , tous encore au plus bas degré de formation des membres , c'est-à-dire réduits à la condition de nageoire. Mais, parmi ces six rayonnements, la nature ne nous offre point la paire des

(1) V. Rathke dans Mfckel's Ârchiv. , t. YIl , cah. IV , p. 4!J8 , pi. VI , fig. z, — y. aussi les figures des deux protovertèbres de meml)re engrenées l'une dans l'autre, dans mes Tubulœ illustrantes , cali. II , pi. IV, fig. 7.

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membres latéraux supérieurs (6), précisément à cause de l'antagonisme résultant du grand développement des tritovertèbres parallèles supérieures , qui, dans une portion encore mal segmentée du corps , ne permettait pas que les tritovertèbres rayonnantes supérieures se produisissent. H ne reste donc plus qu'un membre médian supérieur (nageoire dorsale) , un médian inférieur (nageoire anale) , qui produit la nageoire caudale par sa réunion avec le précédent, et deux paires de membres latéraux inférieurs (nageoires pectorales et ventrales).

CCCCLXXX. 1° Nageoires impaires. Elles consistent en rayons isolés , dont le nombre correspond à celui des protovertèbres d'où ils se développent. Le type essentiel de ces rayons est le cône simple (pi. xxvi, fig. vi, op) , formant une articulation par sa base, et on doit les considérer comme des moitiés de deux tritovertèbres diconiques qui ne se sont point développées complètement par le haut et par le bas (p'o). Le cône inférieur (p), qu'on nomme porte-rayon , répète ainsi , seulement dans une situation inverse , le type de l'apophyse épineuse (v) , et il reste simple ; le supérieur , ou le rayon , n'étant point limité par une formation opposée , tend à se diviser , à se segmenter et à se prolonger indéfiniment , ce qui fait qu'il devient , à proprement parler , une petite colonne de corps vertébraux, dont la longueur n'a rien de déterminé (1).

CCCCLXXXI. Les nageoires insérées aux apophyses épineuses des vertèbres rachidiennes portent l'épithète de dorsales (pi. xxvi , fig. IV , E). Elles se partagent quelquefois en antérieure et postérieure. Des protovertèbres fermées par le bas , condition nécessaire à la formation d'apophyses épineuses inférieures, ne se voient qu'aux vertèbres de la queue ; c'est donc aussi là seulement qu'on trouve des nageoires impaires inférieures, qui sont appelées anales {x). Lorsque les nageoires impaires supérieure et inférieure se réunissent, la dernière vertèbre caudale étant redressée (fig. V, 4^) , il en résulte la nageoire caudale, et le nombre six qu'affectent ici les rayons , chez les Poissons réguliers , atteste de nouveau qu'il y a six vertèbres contenues en puis-

(1) F. pour les détails de cette formation Rosen- THAL dans Reil's Archiv., t. X,p. 339 , pi. iv, v, vi.

sauce dans l'os terminal de la colonne vertébrale (2).

(2) Ces nageoires impaires nous redonnent les parties élémentaires du squelette de la classe , avec lesquelles la nature produit les formes les plus diversifiées , en les variant à l'infini.

Ainsi déjà la formation de la nageoire caudale varie beaucoup dans différents genres. A la vérité, elle est toujours formée, chez le plus grand nombre, par l'os terminal immobile et redressé, au-dessous duquel s'implantent les porte-rayons de la nageoire (comp. Rosen- THAt, loc. cit. , Salmo marœnula , pi. v, fig. 1 ; Salmo salar, pi. vi , fig. 1 ; Salmo rhombeus , fig. 12 ; Zeus faber , pi. xiii , fig. 1 ; Coryphœna lulea , fig. A ; cependant plusieurs figures de Rosenthal manquent d'exactitude à l'égard de cette nageoire ; ainsi , dans le Cyprinus brama, pi. i, fig. 1, l'os terminal immobile n'est pas assez distinct des porte-rayons). Mais il se trouve aussi des espèces où la nageoire caudale résulte plus des rayons appartenant aux vertèbres caudales mobiles que de ceux qui lui sont propres. C'est ce qui arrive déjà en partie dans le Brochet ( Rosenthal , loc, cit. , pi. vu, fig. 1) , mais bien plus complètement dans le Thon , où les dernières vertèbres caudales , réduites à de faibles proportions et étroitement serrées les unes contre les autres, forment la grande nageoire, à moitié du côté dorsal, à moitié du côté ventral, et où l'extrémité proprement dite du rachis ne prend qu'une faible part à cette nageoire (comp. Schultz , dans Meckel's Archiv., t. IV, pi. iv, fig. 12). Il arrive même aussi quelquefois que la nageoire caudale, devenue en quelque sorte demi-dorsale et demi-anale , est formée uniquement par les côtés supérieur et inférieur du rachis, et que la terminaison proprement dite de ce dernier la traverse sous la forme d'un long filament cartilagineux simple, qui s'étend encore bien au delà d'elle , comme dans la Fistularia tabacaria (Rosenthal, pi. IX, fig. 8).

Les nageoires dorsale et anale varient également beaucoup , tant sous le rapport des dimensions , que sous celui de la formation.

Relativement à la grandeur , on aperçoit un certain antagonisme entre elles ; car si , par exemple , dans le Silurus glanis , l'anale est très-grande et la dorsale fort petite ( Rosenthal , pi. ix , fig. 8 ) , dans la Carpe , au contraire, la dorsale est plus grande que l'anale ; dans d'autres genres, par exemple la Fistularia tabacaria , elles sont d'égales dimensions {Ici., pi. i\ , fig. 8).

A l'égard de la formation je dois signaler les modifications suivantes :

1» La nageoire dorsale, quand elle s'étend jusque vers le crâne , acquiert , par suite du développement plus considérable des vertèbres thoraciques, des rayons et des porte-rayons plus forts , qui quelquefois deviennent libres , et prennent même la forme d'aiguillons barbelés. C'est ce qu'on voit dans la Carpe et dans le Centriscus scolopax ( Rosenthal , pi. x, fig. II).

2° De même, les rayons et porte-rayons de la nageoire anale deviennent souvent plus forts du côté de la cavité abdominale , et il n'est pas rare surtout que les porte-rayons se réunissent plusieurs ensemble pour produire un fort os falclforme. C'est ce qui a lieu par exemple dans les Pleuroncctes flesus et mancus (Ro-

bv^uiiLETTE DES POISSONS.

CCCCLXXXII. 2° Nageoires paires. Les membres pairs , comme étant d'un lang supérieur, sont toujours Î3ornés à certaines régions du corps plus spécialement favorables au développement des membres. Les nageoires paires appartiennent donc à la région thoracique. Mais la région thoracique elle-même ne se trouve , sous le rapport de sa respiration, qu'au niveau de la respiration pelvienne. C'est pour cela que les arcs protovertébraux d'où ces membres doivent naître , appartiennent tous deux à la région thoracique , et que, dans la plupart des Poissons (Jugulaii'es et Thoraciques) , les deux paires de nageoires se voient à la poitrine. Les Poissons plus réguliers (abdominaux) sont les seuls chez lesquels l'antagonisme entre la respiration thoracique et la respiration pelvienne s'exprime aussi par la position des nageoires.

CCCCLXXXmL La signification plus relevée des membres pairs doit s'exprimer en • core par un type plus élevé dans leur conformation. Par conséquent il y a tendance à ce qu'ils se développent d'après ce type, c'està-dire à ce qu'ils se partagent en article supérieur, article inférieur et article terminal. Mais l'article terminal , qui est le début de toute formation de membre , demeure constamment ce qu'il y a de plus essentiel dans la nageoire proprement dite, et il est même la seule partie qui se développe dans la nageoire ventrale, sans que d'ailleurs, sous le rapport de ses rayons , ceux-ci dépassent le degré d'évolution des rayons de nageoires impaires, dans leur constitution par des cônes simples. L'article inférieur ne se développe qu'aux nageoires pectorales, qui sont les seules où l'on puisse distinguer des articles carpiens et des articles terminaux proprement dits. L'article supérieur manque encore partout.

Quant à la division des membres dans le sens de la largeur , elle suit ordinairement une proprtion numérique très-régulière , et procède de 2 (article inférieur) en 2 x 3 (article carpien), et 2x3x2 ou 3x2 x3 (article terminal proprement dit) (pi. xxvi, fig. iv, p). Mais , de plus, les rayons de l'article terminal sont, comme ceux des nageoires impai-

senUial , pi. xi , fig. 1 , q , z) , et dans le Zeus faber {idem , pi. xiii , fig. 1). On doit également rapporter ici le singulier os wormien aplati qui se trouve dans les Chœtodon.

res , segmentés , dans le sens de leur longueur , à l'instar de petites colonnes tritovertébrales.

Passons encore en revue quelques particularités relatives à la formation spéciale de ces nageoires.

CCCCLXXXIV. 1° Nageoires pectorales.

Pour bien apprécier le type de leur formation dans la nature, il est nécessaire de les examiner d'abord dans des genres où elles aient acquis un grand développement. C'est ce qui a lieu, pour les nageoires pectorales , dans VExocœtusvolitanSj où ces nageoires sont si grandes qu'elles peuvent servir au vol , et dans le genre Lophius , mais plus encore dans le genre Chironectes, où l'article inférieur est très -développé. Dans ce dernier genre, où manque l'article supérieur, c'està-dire l'humérus , on aperçoit un article inférieur divisé en deux parties, tout à fait d'après le type de l'avant-bras. Cet article renferme un os interne, plus fort, le radius , et un os externe , plus faible , le cubitus. Dans d'autres genres, ces deux os se soudent avec les pièces sternales supérieure et inférieure de la ceinture scapulaire. Tel est le cas des CyprinuSj Salmo Silurus et autres (pi xxvi , fig. IV, p^ 1, 2). Dans le Brochet, les os de l'avant-bras tiennent à la portion postérieure de la pièce sternale inférietn-e, qui est détachée de la ceinture scapulaire (1).

CCCCLXXXV. A la nageoire elle-même , les articles carpiens méritent une mention spéciale. D'après le S CCCCLXXXIII, leur nombre normal est de six (pi. xxvi, fig. i\,p, 1, 2, 3, 4, 5, 6). Dans la nature , l'interne et l'externe (1 et 6) sont assez intimement soudés avec les deux voisins , de sorte qu'on n'aperçoit que quatre grandes pièces , quoique, dans la Carpe , par exemple , on puisse encore très - bien distinguer les têtes articulaires de la pièce interne. Les six pièces sont parfaitement développées dans le Cydopterus lumpus (2).

CCCCLXXXVL Enfin , relativement aux

(1) RosENTHAL, dans Reil's Archiv., tom. X, pi. iv, fig. 1. a, clavicula spuria, ou processus coracoïdeiis , qu'il nomme grande pièce de l'avant-bras; bb, radius et ulna , qu'il nomme petite pièce de l'avant-bras.

(2) Voyez -en la figure dans Meckei.'s Archiv. (tom. VII, pi. VI, fig. S, c c), où Ratlike a décrit assez singulièrement ces six os carpiens comme os du bras.

SQUELETTE DES POISSONS

rayons , leur nombre fondamental serait de douze ou dix-huit (S CCCCLXXXIII) ; mais on trouve beaucoup de modifications à cet égard. Les deux premiers rayons, ou les supérieurs (analogues au pouce), sont ordinairement soudés en un fort rayon , en partie encore articulé d'une manière immédiate avec le radius, et à leur suite se placent les autres rayons, qui vont toujours en diminuant de dimensions ; on compte de ces derniers 10 dans le Brochet (où le nombre normal est 12), et 16 dans la Carpe (où le nombre normal est 18). Chaque rayon est divisé en nombreux segments (1) ; il se partage , dans le sens de sa longueur, en feuillet externe et feuillet interne ; mais , de plus , dans le sens de sa largeur , il se divise à l'extrémité en deux branches , souvent elles-mêmes bifurquées.

CCCCLXXXVII. 2° Nageoires ventrales.

Ni l'article inférieur (tibia et péroné), ni les articles tarsiens ne sont développés ici , et le nombre des rayons , qui sont conformés comme, aux nageoires pectorales , ne s'élève généralement qu'à la moitié de celui qu'on trouve à ces dernières ; 3 et 6 peuvent donc en être considérés comme le nombre normal, qui cependant s'élève quelquefois à 9 , et même plus. Dans le Cyclojyterus himpus ^ le Chironectes Commersonii et le Brochet , on compte exactement six rayons. Il n'y en a que deux dans les Chœlodon striatus et cornatus (2).

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