‹ Traité élémentaire d'anatomie comparéeChapitre 293 sur 318 · Splanchosouelette · texte numérisé non relu

Splanchosouelette

DCXCV. Splanchnosquelette de la tête.

(I) Rien n'est plus propre à faire connaître la signification de ces parties de la mâchoire inférieure , que la figure donnée par Spix (pi. v, fig. l ) de celles du Crocodile, où S et 4 représentent les deux articles inférieurs (radius et culiilus), 7 et 6 les deux interarticles (olécrane et tubérosité du radius), 2 et 3 les deux articlesterminaux (analogues du métacarpe et des phalanges). Spix s'est trompé en considérant comme article supérieur (fémur ou humérus) la partie qui, semblable en tout à un olécrane, forme la grande apophyse postérieure de la mâchoire inférieure des Sauriens.

Les parties tant antérieure que postérieure de ce squelette ressemblent beaucoup , sous le rapport du développement, aux parties homologues des Ophidiens.

La portion antérieure qui , développée en articles terminaux, produisait les dents coniques ou crochues de l'intermâchoire , de la mâchoire supérieure , des os palatins et de la mâchoire inférieure chez les Serpents , se comporte de même, quant au fond, dans les Sauriens. Elle n'offre que les différences suivantes :

1° Il n'y a plus de dents aux palatins antérieurs; mais on en trouve quelquefois à la troisième côte crânienne (crochet ptérygoïdien ). Tel est le cas de l'Iguane (pi. xxx , fig. XIV , ni g).

2° Les dents maxillaires supérieures ne sont , chez aucun Saurien, venimeuses et mobiles dans la gencive ; elles s'implantent comme des clous dans les os , et lorsqu'elles changent ( ce qu'on sait avoir lieu chez le Crocodile) , c'est parce que le cône de la nouvelle dent , qui s'élève dans l'intérieur de celui de l'ancienne , soulève et repousse celle-ci.

Le nombre de ces splanchnodents paraît également s'assujettir à une plus grande précision ; car , suivant Cuivier , le jeune Crocodile , au sortir de l'œuf , a déjà autant de dents que l'adulte. Cependant cette circonstance n'est pas la seule à l'égard de laquelle une légitimité plus grande se prononce ; elle a lieu aussi en ce qui concerne les rapports numériques. Nous avons vu précédemment que le nombre six est typique pour les dents elles-mêmes , aussi lorsque certains rapports légitimes s'établissent parmi les nombreuses splanchnodents coniques qu'on observe chez les Poissons et les Ophidiens , doit-on toujours s'attendre à trouver ce nombre reproduit plusieurs fois en haut et en bas. C'est d'après la même loi que le Crocodile du Nil présente de chaque côté six dents pour l'intermâchoire et douze pour la mâchoire supérieure , ce qui fait un total de trente-six dents en haut. 11 devrait y en avoir un nombre égal à la mâchoire inférieure ; mais ordinairement l'une des répétitions du nombre six manque , et l'on ne compte que trente dents. Ces nombres sont astreints à une bien moins grande régularité chez d'autres Sauriens.

Du reste, les dents du Crocodile lui-même continuent à être des cônes creux et qui ne se remplissent jamais. Elles rappellent donc encore l'enveloppe conique cornée des papilles de la surface interne de la bouche.

DCXCVI. La portion postérieure du splanchnosquelette de la tête ne diffère pas non plus essentiellement de ce qu'elle est dans les Ophidiens.

Les deux arcs branchiaux postérieurs se réunissent pour produire le cartilage cricoïde (pi. xxx, fig. xiv^ iir/, m). Les deux antérieurs forment avec leurs pièces sternales , le cartilage thyroïde (o o) , et avec leurs pièces tergales , les cartilages aryténoïdes (o). Le plus antérieur , ou l'hyoïde , conserve sa signification; seulement il se développe plus que chez les Serpents, et presque autant que chez les Poissons. On y distingue sans peine :

1° La portion tergale plus grande et la portion sternale plus petite des arceaux (fig. XIV, VI 7) , qui correspondent aux petites cornes ou cornes antérieures de l'hyoïde humain.

2° Le corps vertébral ou tritovertèbre inférieure de cette protovertèbre , analogue du corps de l'hyoïde (/"').

3° Une répétition de ce corps en avant , dans la langue elle-même, ou l'os lingual (II).

4° Une répétition des rayonnements en dehors des cornes hyoïdiennes , chez les Poissons (rayons de la membrane branchiostége) , dont on trouve , par exemple , deux de chaque côté (1) dans le Lézard gris (fig. xiv/c; pi. XXIX, fig. ni , k).

DCXCVII. Splanchnosquelette du tronc.

C'est seulement aussi à la poitrine qu'on voit se développer, dans cet ordre , une série d'arcs protovertébraux cartilagineux ou osseux , qui produisent la trachée - artère , comme chez les Serpents. Cependant la trachée se divise en deux pour chacune des deux moitiés des organes respiratoires thoraciques.

Il n'existe aucune trace d'une portion postérieure du splanchnosquelette du tronc à la région pelvienne.

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