XIV
DCLXXV. La première mteiDerlèbre n'est pas seulement développée complètement en lames basilaires tectrices , dans les genres supérieurs , le Crocodile par exemple ; mais encore les lames basilaires (rocher) se divisent d'un côté en supérieures, de l'autre, en antérieures et postérieures ( pi. xxx , fig. xiv , i , a, «*, /3, /3*, pour les pièces antérieures et postérieures des lames basilaires ; 16 , ib* , pour les pièces supérieures de ces mêmes lames). Il résulte de là que la vertèbre auditive entière peut se développer d'une manière très-complète dans cet ordre , ce qui est fort remarquable, à cause de la coïncidence entre le perfectionnement de l'organe auditif et celui des membres extérieurs.
Du reste, la cavité auditive, formée parla vertèbre auditive , renferme encore dans son intérieur une concrétion amjdacée ; extérieurement, dans la caisse du tympan , on y remarque un simple osselet de l'ouïe ( columella), qui cependant est libre dans une bien I)lus grande étendue que chez les Batraciens , et qui se porte depuis la membrane tympanique jusqu'au vestibule. J'ai parlé plus haut de sa signification comme répétition interne de la vertèbre sensorielle. Il est remarquable ici par sa forme diconique, quoique très-allongée , qui le fait ressembler à un os métacarpien ( pi. xxx, fig. xvni, b ).
DCLXXVI. Le corps, les lames basilaires et les lames tectrices de la vertèbre centricipitale sont complètement développés aussi (pi. xxx, fig. XIV, H, a, b, c). Les lames tectrices (os pariétaux) sont grandes et fréquemment soudées ensemble.
DCLXXVII. Dans nul des Sauriens que j'ai examinés, je n'ai pu trouver aucune partie de la seconde intervertèbre constituant un os distinct. Mais , chez beaucoup de Sauriens , l'idée de cette intervertèbre se répète dans l'œil lui-même , par Tanneau d'écaillés osseuses de la sclérotique (fig. xxni. A).
DCLXXVIII. Les lames tectrices ( os frontal) sont les parties de la vertèbre sincipilale qui ont acquis le plus de développement
(1) Ce que Spix considère, dans le Crocodile, comme pièce épineuse de la vertèbre occipitale, est évidemment l'os wormien ou la pièce épineuse de la première intervertèbre.
(pi. XXX, fig. XIV, III c). Les pièces basilaires (ailes antérieures du sphénoïde) sont très-oblitérées , et ne constituent des os à part que dans les grandes espèces (pi. xxx, fig. xiv, 3 c). Le corps (corps antérieur du sphénoïde) est également oblitéré (fig. vin, 3 a). Dans les petites espèces, il ressemble à une simple épine ; il a davantage la forme d'une vertèbre dans le Crocodile.
DCLXXIX. Je n'ai trouvé aucun os distinct de la troisième intervertèbre. Nul anatomiste ne décrit non plus de pièces osseuses qu'on puisse y rapporter ; car il n'existe pas de lame cribleuse proprement dite. On pourrait tout au plus ranger ici les cornets nasaux cartilagineux sur lesquels le nerf olfactif se résout en filets.
DCLXXX. La première vertèbre faciale (os ethmoïde ) est surtout développée dans ses lames tectrices et sa lame mitoyenne ou cloison. Cette dernière forme la cloison du nez (pi. xxx , fig. xiv, iv c). Les lames tectrices constituent les os propres du nez , qui sont surtout très-longs et forts dans le Crocodile (pi. xxx, fig. XIV, IV c). On rencontre quelquefois un vestige de corps vertébral (iv a), qui représente le vomer , mais qui se soude ordinairement avec les lames basilaires de la vertèbre suivante.
DCLXXXI. Par opposition avec la première, qui n'est développée que comme lame de séparation et lames tectrices , la seconde vertèbre faciale ne l'est que dans ses lames basilaires (pi. xxx, fig. xiv, v6). Ces lames (cornets du nez) se soudent ordinairement avec les côtes qui leur appartiennent, les os maxillaires supérieurs , et quand ces derniei-s ne se ferment pas en bas , pour produire la votite palatine, on les voit paraître à nu à la voûte de la bouche. C'est ce qui a lieu dans les petites espèces, par exemple dans le Lézard vert et dans l'Iguane, où Spix les considère à tort comme os palatins. Chez les grandes espèces , le Crocodile, par exemple, on les trouve déjà dans le canal nasal , presque comme chez l'homme.
DCLXXXII. La troisième vertèbre faciale (pi. xxx , fig. XIV, vi) n'est indiquée ici par aucun os distinct , mais seulement par ses côtes (l'intermàchoire).
DCLXXXIII. Les côtes céphaliques cessaient déjà de ressembler à des côtes, pour la forme,
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et d'être mobiles dans les espèces d'Ophidiens qui font le passage aux Sauriens. Chez ces derniers, elles sont généralement plus fortes, plus larges et plus immobiles encore. Ce qui caractérise surtout cet ordre , c'est qu'on y voit se prononcer d'une manière bien manifeste les côtes de la seconde et de la troisième vertèbres crâniennes , qui souvent manquaient encore tout à fait dans les formations inférieures.
DCLXXXIV. La première vertèbre crânienne est sans côtes.
La seconde offre un appendice costal pair et bien prononcé (pi. xxx, fig. xiv, n g). Cependant cet appendice n'est développé que comme pièce tergale de la côte (palatin postérieur, os omoïde); il tient solidement à la seconde vertèbre crânienne , de même qu'en arrière à la côte de la première intervertèbre ( os carré ) , et en devant à la troisième côte crânienne (palatin moyen). Chez les petits Sauriens , ces os sont élancés et ressemblent davantage à des côtes. Dans les grands , le Crocodile par exemple, ils sont soudés en un large os avec les côtes de la troisième vertèbre crânienne.
DCLXXXV. Les côtes de la troisième vertèbre crânienne ressemblent , dans leur développement , à celles qui viennent d'être décrites. On n'en aperçoit non plus que la portion tergale (pi. xxx, fig. xiv, ni g). Quelquefois une pièce osseuse particulière , qu'on peut regarder comme le rudiment d'une pièce sternale supérieure (m g), unit cette côte, ainsi que celle de la première intervertèbre , à la mâchoire supérieure. Cette pièce osseuse est donc l'os palatin médian , ou le crochet ptérygoïdien de l'homme. Elle porte parfois encore des splanchnodents. C'est chez les petits Sauriens qu'on l'aperçoit le plus distinctement. Dans les grandes espèces, le Crocodile par exemple , il n'y a que le rudiment de la pièce sternale qui constitue un os à part , la pièce tergale étant soudée avec la seconde côte crânienne. Cette dernière pièce a cependant ici cela de particulier encore de se réunir au côté ventral , en s'appliquant exactement au bord postérieur des véritables os palatins , et de contribuer ainsi à prolonger le canal nasal.
DCLXXXVI. Comme les précédentes , les quatrièmes côtes céphaliques (véritables os
palatins) sont développées seulement dans leurs portions tergales , et ouvertes au côté ventral, chez les petits Sauriens (pi. xxx, fig. XIV, IV g). Spix considère à tort comme véritables palatins antérieurs les cornets nasaux, qui s'avancent jusque dans la voûte du palais, ce qui l'oblige de considérer les vrais palatins comme des parties de l'apophyse ptérygoïde interne et les analogues des cornes antérieures de l'hyoïde.
Dans les grands Sauriens, le Crocodile par exemple , les côtes palatines , ou de la quatrième vertèbre céphalique , se ferment complètement au côté ventral , séparent ainsi tout-à-fait la cavité orale du canal nasal (cavité respiratoire antérieure de la tête), et offrent pour la première fois le prototype d'un thorax fermé à la tête.
DCLXXXVII. Seconde paire de côtes faciales j, ou cinquième de côtes céphaliques. Chez tous les Sauriens , mais principalement dans les grandes espèces , les os maxillaires supérieurs sont très-développés , et partout ils portent des dents. Chez les petits Sauriens, ils manquent encore des portions sternales , de sorte qu'ils ne se réunissent point au côté ventral (pi. xxx, fig. xiv, v g). Mais, chez les grandes espèces , le Crocodile par exemple, ils se ferment au côté abdominal, comme le font les os palatins , et complètent ainsi le thorax respiratoire de la tête.
DCLXXXVîîI. Les sixièmes côtes céphaliques (intermâchoires) sont faiblement développées , comme dans les formations qui ont été décrites plus haut. La sixième vertèbre cervicale n'ayant pas pris de développement , elles s'adossent d'une manière immédiate l'une l'autre (pi. xxx, fig. xiv, vi g) , et tantôt se prolongent en avant sur la ligne médiane, pour former une cloison des narines , comme dans l'Iguane , tantôt se courbent latéralement en arcs, et représentent ainsi une pleine protovertèbre, qui, chose également trèssignificative , enveloppe les narines , comme chez le Crocodile (1).
DCLXXXIX. Si Ton jette un coup d'œil
(1) Dans les Crocodiles à long museau , les os maxillaires se ferment éf^alement d'une manière immédiate à leur partie supérieure , au-devant des os du nez. On voit que Geoffroy Saint-Hilaire s'est souvent trompé dans sa détermination des os de la tète du Crocodile, et j'en citerai pour exemple encore ce qu'il dit des pariétaux.
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général sur le développement des cotes céphaliques proprement dites, on reconnaît (pi. XXX , fig. vni) qu'elles forment une série non interrompue depuis la seconde jusqu'à la sixième vertèbre céphalique , et qu'elles vont en grandissant jusqu'à la cinquième, qui est la plus forte, tandis que la sixième se trouve réduite à de faibles proportions.
Il nous reste maintenant à examiner les intercôtes , qui sont également développées , chez les Sauriens , d'une manière assez complète aux trois intervertèbres.
DCXC. La première intercale {os carré) conserve absolument le même type que chez les Serpents ; elle ne se distingue ici que par sa connexion plus intime avec le crâne et par sa largeur plus considérable.
Une circonstance digne surtout d'être remarquée , c'est que le bord de l'os carré, qui correspond au cercle tympaniquede l'homme, offre déjà ime forme annulaire dans les petits Sauriens , et porte également la membrane du tympan (pi. xxx , fig. xiv , i g*).
Le segment antérieur de l'os carré ou de la première intercôte , qui correspond à l'apophyse zygomatique de l'os temporal humain, n'est ordinairement développé que dans sa portion tergale , de sorte qu'il se termine par l'apophyse articulaire pour la mâchoire inférieure (pi. xxx , fig. xiv , i g"). Sa portion sternale , qui est destinée à l'articulation avec la seconde intercôte (jugal) , n'est indiquée , dans les petits Sauriens , que par un simple ligament. Dans l'Iguane et le Crocodile, au contraire, elle se développe en un os à part , qui établit alors une connexion complète entre la première et la seconde intercôte (pi. xxx , fig. XH , 1 g ").
DCXCI. La seconde intercôte (os jugal) se compose , en général , comme chez les Poissons, de trois pièces, savoir, deux tergales et une sternale. Elle entoure donc complètement l'orbite en arrière et en dehors (pi. xxx , fig. XIV, 2 g, 2 g, 2 g').
DCXCII. La troisième intercôte (os lacrymal) , moins développée que les deux autres, s'applique immédiatement à l'intermâchoire (pi. xxx , fig. XIV ,3 g). Elle reçoit l'extrémité de la seconde , de même que cette dernière reçoit celle de la première.
DCXCIII. En étudiant d'une manière générale le développement des, intercôtes,
nous voyons qu'elles augmentent en sens inverse des côtes proprement dites , que l'antérieure est la plus faible , et la postérieure la plus forte (pi. xxx , fig. xiv). Leur rapport avec les organes sensoriels devient aussi de plus en plus prononcé. Le segment postérieur de la première entoure déjà en grande partie la cavité auditive extérieure ( caisse du tympan) ; la seconde entoure l'œil , et la troisième complète la fermeture latérale de la cavité nasale.
DCXCIV. Membres céjjhaliques. On ne trouve que des membres pairs à la tête des Sauriens.
De même que chez les Ophidiens , les membres crâniens seuls sont développés, et comme leur formation diffère peu de ce qu'elle est dans les Serpents , je puis renvoyer pour ce qui les concerne à ce que j'ai dit de cette dernière.
Les membres crâniens postérieurs (opercules) manquent entièrement.
Les membres crâniens antérieurs (mâchoire inférieure) ne sont encore développés non plus que comme article inférieur et article terminal. Ils se joignent encore par une fosse articulaire avec leur côte (segment antérieur de l'os carré). On distingue fort bien leur segmentation en cinq pièces principales , dont deux (pi. xxx, fig. XIV, /?/3 } représentent les deux os longs de l'article inférieur , deux ('^■J') les interarticles (olécrane ettubérosité du radius), et un i^- s ) l'article terminal, divisé en portion externe et portion interne. Les articles terminaux , en se réunissant ensemble soUdement, ferment l'arc de la mâchoire inférieure , qui est toujours armé de fortes dents (1).