Splanchnosquelette
DCCXXI. Splanchnosquelette de la tête.
Une chose très-remarquable , c'est qu'à sa région antérieure ji\ est développé comme continuation bien manifeste du dermatosquelette , de môme que la surface cutanée et la surface viscérale se continuent d'une manière immédiate Tune avec l'autre à la bouche et à l'anus. Dans d'autres circonstances , nous avons vu des tritovertèbres rayonnantes et tournées en dehors du dermatosquelette , c'est-à-dire des épines , se continuer, à la partie antérieure de la cavité splanchnique de la tête , sous la forme de tritovertèbres rayonnantes tournées en dedans, ou de dents. Ici , les plaques protovertébrif ormes du dermatosquelette , dont je parlerai plus loin , dégénèrent de même en lames protovertébriformes , divisées ellesmêmes en arceaux supérieurs et inférieurs ( pi. XXX, fig. xvn. A.), qui revêtent la mâchoire supérieure et la mâchoire inférieure. Non-seulement ces plaques sont intimement unies avec les plaques extérieures voisines du dermatosquelette , de manière à ne faire qu'un avec elles , mais encore lasubstanee cutanée du dermatosquelette se continue avec celles de ces plaques tenant lieu de dents , à peu près de même que les plaques pétrifiées de l'épithélion , dans les Diodons , parmi les Poissons , doivent être considérées comme une répétition et une prolongation des plaques osseuses du dermatosquelette.
En un mot , l'enduit des plaques cornées , internes et externes , soudées ensemble , de la mâchoire inférieure , forme un véritable ongle simple ou un sabot sur les articles terminaux réunis de la paire antérieure des membres crâniens. Si cette disposition se répète sur les côtes maxillaires et intermaxillaires , et d'une manière exactement semblable , c'est que , aussi , il y a en puissance place pour le développement d'une paire de membres faciaux , qui , bien qu'ils ne se réalisent point dans le névrosquelette , sont positivement indiqués ici par la répétition de la forme que le dermatosquelette et le splanchnosquelette
affectent à la mâchoire inférieure , de même qu'ils le sont , dans d'autres circonstances , par des dents.
DCCXXII. La portion postérieure du splanchnosquelette de la tète présente également plusieurs particularités dans les Chéloniens.
On est surtout frappé de la forme parfaitement semblable à celle d'arcs branchiaux qu'affecte ce qu'on a coutume d'appeler l'hyoïde. Nous connaissons encore trop peu l'histoire du développement des Chéloniens pour pouvoir décider la question de savoir s'il n'y aurait peut-être point là réellement des fentes branchiales à une époque peu avancée de la vie. Mais ce qu'on aperçoit sur-lechamp , c'est qu'indépendamment de ces côtes linguales , la forme des deux premières côtes branchiales est répétée telle que nous avons appris à la connaître chez les Poissons ; d'où il résulte en même temps que la plaque osseuse , garnie de six cornes , ne doit point être considérée tout entière comme hyoïde , ainsi que l'a faitBojanus, mais qu'il n'y a que sa partie antérieure qui corresponde à cet os, tandis que la postérieure , avec ses cornes , est l'analogue du cartilage thyroïde. C'est ce qui explique pourquoi Bojanus n'a décrit et figuré au larynx que les cartilages cricoïde et aryténoîde.
La meilleure manière de concevoir la segmentation des arcs proto vertébraux du splanchnosquelette céphalique postérieur , est de l'envisager comme le représente la pi. xxx , fig. xxu , B. Nous y retrouvons , en efïet , les cinq paires de côtes , qui déjà représentent l'hyoïde et les arcs branchiaux chez les Poissons , et qui font ici la base du tout. La plus oblitérée est l'antérieure (vi >) , ou la tritovertèbre (Jl) , et les pièces sternales inférieures des côtes {() sont soudées entre elles , comme ces dernières le sont avec la tritovertèbre de la côte suivante {ï") , de sorte qu'entre vi ? et V ■> , il reste un trou. On n'aperçoit plus qu'un petit rudiment {ff) de la pièce sternale supérieure de la côte antérieure. Viennent ensuite deux tritovertèbres soudées (/'" t) avec les deux arcs costaux v > , iv a- , qui ailleurs se développent en cartilage thyroïde , mais ici répètent assez bien la simple forme costale des Reptiles les plus inférieurs. Peut-être trouverait-on des branchies à ces côtes , chez
SQUELETTE DES REPTILES
T-il
les embryons de Tortue. Enfin on aperçoit ' les deux proto vertèbres postérieures trèsoblitérées (ni y, uy) , qui produisent le cartilage cricoïde et les cartilages aryténoïdes , mais qui cependant , comme les premiers anneaux du squelette trachéal, remontent audessus des tritovertèbres de la quatrième et de la cinquième splanchnocôtc.
Nulle part on n'aperçoit de rayonnements d'aucune espèce à ces anneaux protovertébranx.
DCXXIII. Le splanchnosquelelte du tronc n'est développé, comme chez les Sauriens ^ que dans les anneaux de la trachée-artère et des branchies.
Il n'existe aucun vestige de splanchnosquelette à la région pelvienne.