‹ Traité élémentaire d'anatomie comparéeChapitre 297 sur 318 · C. Dermatosouelette · texte numérisé non relu

C. Dermatosouelette

DCCXXIV. La conformation du dermatosquelette offre les particularités les plus remarquables chez les Chéloniens , et , ce qui la distingue surtout ici , c'est qu'il se développe , non pas seulement des plaques cornées, mais même des plaques osseuses, comme parties constituantes du squelette cutané. Nous en trouvons la cause dans ce que les Reptiles et les Mollusques , de même que les Oiseaux , répètent les animaux articulés , en sorte qu'ils doivent représenter aussi les formations particulières à cette classe inférieure. Ainsi , comme le développement des plumes était appelé , dans le dermatosquelette des Oiseaux , par la nécessité de reproduire les rayonnement'* de la peau des Insectes , de même les Reptiles doivent nécessairement répéter les coquilles calcaires qui entourent le corps des Mollusques. Dès lors , nous concevons très-bien la formation de leur carapace et de leur plastron.

DCCXXV. Examinons d'abord le dermatosquelette osseux au tronc , où , par analogie avec les Molhisques , il se développe d'une manière plus complète , et acquiert plus de solidité , afin d'envelopper les viscères abdominaux , quoique d'ailleurs il permette à l'animal de retirer ses membres et même sa tête sous ce test général, absolument comme le fait un Limaçon qui rentre dans sa coquille.

Le dermatosquelette du tronc consiste d'abord en une couche cartilagineuse commune, qui s'applique immédiatement aux os du nc-

vrosquelette , notamment aux vertèbres et aux côtes rachidiennes , ainsi qu'au sternum scapulaire et au sternum pelvien. Peu à peu , un certain laps de temps après que l'animal a quitté son dermatosquelette primitif ou la coquille de l'œuf , cette couche s'ossifie , et alors elle se divise normalement en certains segments , d'après la segmentation du névrosquelette. La pi. xxvu , fig. XXI , représente la disposition de ce dépôt , qui naturellement rend impossible le développement de tous les muscles rachidiens et pectoraux extérieurs (/S' est la couche osseuse du dermatosquelette . et /3 la couche de corne qui recouvre cette couche osseuse en dehors). On voit , fig. XIX et XX , comment le test osseux se divise ordinairement en plaques. Ces figures montrent que , dans la plupart des cas , deux deutovertèbres supérieures sont couvertes et unies par une plaque médiane , tandis que deux arcs protovertébraux le sont par une plaque latérale. Cependant il est facile de reconnaître , même à la carapace d'une Tortue adulte , et en pratiquant une coupe transversale à cette dernière , que la substance de la plaque surajoutée du dermatosquelette diffère tout à fait de l'os costal (1).

DCCXXVI. A l'égard des formations cornées du dermatosquelette au tronc , elles ressemblent beaucoup à celles des autres Reptiles , notamment des Sauriens. Les unes entourent les régions enveloppées par le dermatosquelette osseux , la segmentation de leurs plaques se réglant sur celle des plaques osseuses. Les autres forment des anneaux, c'est-à-dire des protovertèbres de petites plaques ( écailles ) , la plupart du temps affectant des figures géométriques , autour des autres régions du tronc (le cou et la queue) , ainsi qu'autour des membres , et , la plupart du temps , elles se terminent , à l'extrémité de ces dernières , par des productions simplement coniques, c'est-à-dire par des ongles.

Du reste, le dermatosquelette corné n'offre pas plus de formations rayonnantes que le dermatosquelette osseux (2).

(l)Commeonpeuts'encoiivaincreclans mes Tabulœ illustr., cah. II, pi. ii. — F. clans Bojanus, Anat. testud., le dépiécement général de la carapace et du plaslron de la Tortue d'Europe, sans mélange toutefois avec aucun os du névrosquelette.

(2) Je ne puis passer ici en revue la multitude de

DCCXXVII. Le dermatosquelelte de la tête donne lieu aux mêmes considérations que celui du tronc , chez les Chéloniens. En eff^^et, nous le trouvons développé en plaques cornées , qui sont placées , tantôt sur des parties molles ( muscles et autres ) , tantôt sur des os. Assez souvent aussi il forme , aux os du névrosquelette , des prolongements qui se comportent absolument de même que les plaques osseuses du dermatosquelette osseux au tronc , et qu'on doit considérer comme des indices d'un dermatosquelette osseux à la tête.

DCCXXVIII. Les plaques cornées ont ordinairement des formations géométriques pures , tels que hexagone , pentagone , etc. Souvent elles reflètent , dans leur segmentation , comme chez d'autres Reptiles ( S DCXLÏV ) , des parties profondément situées , par exemple les divisions de la masse cérébrale , celles de pièces osseuses , etc. C'est autour de l'ouverture de la bouche qu'elles s'épaississent le plus; elles y deviennent en quelque sorte des ongles de la mâchoire supérieure et de la mâchoire inférieure (§ DCCXXI) , et elles s'y réfléchissent en dedans pour constituer les plaques antérieures du splanchnosquelette de la tête ( pi. xxx , fig. xvn, A).

DCCXXIX. On doit considérer comme plaques osseuses du dermatosquelette à la tête, dans les Chelonia surtout , les grandes expansions latérales des pariétaux et les expansions latérales desjugaux. Les premières ne recouvrent pas le cerveau , mais bien les fosses temporales (fig. XVI, xx) , et les dernières ressemblent parfaitement aux côtes élargies par l'adjonction des plaques du dermatosquelette. Il suffît de comparer la fig. xvi, pi. xxx, ou le crâne d'une Tortue franche, vu par le côté occipital, avec la fig. xxi, pi. xxn, pour se convaincre que le rapport entre les plaques

modifications diverses que les formations cutanées cornées offrent dans les différentes espèces, et je dois me contenter d'avoir fait connaître en général quelle est leur signiilcation. Mais certainement l'anatomie philosophique doit se promettre une ample récolte de recherches ayant pour ohjet les angles réguliers que présentent souvent les grandes placjues du tronc, l'absence des écailles dans les Tortues coriaces, et la résolution de la substance cornée en formations pileuses, par exemple dans le Chelys fimbriata, ei\)\us encore dans la Tortue velue du Japon, queTilesius a décrite.

et les deutovertèbres est le même à la tête qu'au tronc.

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