III. Dermalosqueletle
DCCCXC. La classe des Mammifères répétant toutes les classes antérieures, les parties de la surface du corps offrent une variété qui peut fournir matière aux considérations les plus diversifiées.
Mais ici , comme partout , les parties du dermatosquelette se partagent en formations protovertébriformes , qu'on ne rencontre cependant jamais que très-divisées , et en rayonnements tritoveitébriformes , qui ont également plus de tendance à entourer la surface du corps en pluralité indéfinie qu'à se concentrer en formations analogues à des membres.
Nous n'avons à nous occuper ici que d'un petit nombre d'entre les plus remarquables de ces formations. Il sera facile au lecteur de réduire les autres à leurs parties élémentaires, et de se convaincre par lui-même que partout règne une légitimité à laquelle il ne s'attendait point.
DCCCXCÏ. Quant aux parties protovertébriformes, il est intéressant de voir que la classe des Mammifères répète jusqu'aux tests composés d'anneaux divisés des Sauriens et des Chéloniens , à la vérité seulement chez les espèces placées au plus bas de l'échelle ( Dasypus , Chlamyphorus ) ^ et que ces ceintures de plaques peuvent même acquérir la dureté osseuse par des dépôts de substance calcaire. Cependant , soit à cet égard , soit en ce qui concerne les plaques cornées squamiformes qui cristallisent sur la peau de certains Pachydermes et autour de la queue de plusieurs Rongeurs , on ne rencontre plus ici la régularité géométrique qui se voyait dans les classes inférieures , car une organisation en général élevée ne se concilie point avec la raideur des formes élémentaires. Au lieu de la cristallisation de lliexagone , c'est fréquemment aussi celle du carré ou du pentagone irrégulier que l'on rencontre.
DCCCXCIL Chez les Mammifères supérieurs , ces ciistallisatious de la substance
PARTICULARITÉS DU SQUELETTE CHEZ L'HOMME
cornée de l'épiderme s'amincissent de pins en pins à mesure que la sensibilité de la surface cutanée augmente, et les extrémités des membres sont les seules parties où l'on continue à trouver de grandes plaques cornées jusque chez les Singes. Tantôt ces plaques , ayant la forme de protovertèbres coniques , s'étendent sur les tritovertèbres coniques du névrosquelette qui terminent les membres , comme font les ergots, les griffes et les sabots. Tantôt elles constituent de simples écailles ou des radiments de protovertébres , des lames courbes isolées , qui s'appliquent an côté tergal des extrémités de membres , comme les ongles proprement dits.
Les enduits cornés qui revêtent les tritovertèbres rayonnantes d'autres régions du coi'ps , notamment les cornes de la vertèbre sincipitale , ont la même signification que les griffes et sabots qui entourent les articles terminaux des membres (1).
DCCCXCIII. A l'égard des parties tritovertébriformes du dermatosquelette , elles se présentent ici sous des formes bien plus grêles que dans les classes précédentes. Elles constituent les poils, qui entourent plus ou moins le corps entier, en pluralité indéterminée , et s'endurcissent assez souvent au point de devenir des soies ou des épines. La formation de ces poils , comme celle des plumes , toutefois à un moindre degré, décèle la fonction respiratoire dont jouit la peau, puisqu'elle consiste essentiellement en une excrétion de
( 1 ) La tendance constante du dermatosquelette à se développer davantage au côté tergal ou lumineux de l'organisme, est fort remarquable. Déjà dans les Corpozoaires, dès qu'il commence à s'établir une distinction bien tranchée entre le côlé tergal et le côté ventral , on voit apparaître une propension formelle à une induration plus considérable de la surface cutanée dorsale. Cette tendance s'exprime aussi par le développement d'écaillés et de plaques plus fortes et plus solides au côté tergal des Poissons et des Reptiles, par une coloration plus foncée et un plus grand allongement des plumes de la région dorsale des Oiseaux , par un développement plus consistant et plus énergique des écailles et tests du dos des Mammifères, comme aussi par la plus grande abondance et la coloration plus forte des poils de cette région. Si nous cherchons la cause de ce phénomène, comme le dermatosquelette a pour destination de limiter, d'isoler, nous n'en pouvons pas trouver d'autre que le suivant: V organisme doit nécessairement tendre plus à se limiter et à s'isoler du côté où il est exposé aux influences puissantes de la nature cosmique, que du côté où tl n'entre en conflit qu'avec la nature terrestre.
charbon animal , c'est-à-dire -en une production de pigment.
L'homologie des poils et des plumes se prononce d'une manière bien évidente dans les épines ou piquants, ceux, par exemple, du Porc-épic , et en général dans la chute périodique des poils.
Du reste, il est digne de remarque qu'assez souvent certaines parties qui n'arrivent point à se développer dans le névrosquelette , ou qui du moins s'y développent fort peu, sont remplacées par des rayonnements du dermatosquelette. Ici se rangent les formations cornées qui tiennent lieu d'apophyses épineuses aux vertèbres du névrosquelette , comme les cornes sur les vertèbres nasales du Rhinocéros. Les bois , productions rameuses du dermatosquelette, qui consistent en substance cornée mêlée avec de la masse osseuse , l'emplacent les tritovertèbres rayonnantes latérales supérieures de la région frontale , qui ne sont point développées. Les crêtes de poils qui garnissent si fréquemment la ligne médiane du côté tergal tiennent en quelque sorte lieu des membres supérieurs impairs non-développcs du névrosquelette ( nageoires dorsales des Poissons). Les poils d'une force extraordinaire qui garnissent quelquefois l'ouverture de la bouche , et figurent des espèces de barbillons, remplacent les membres que la construction exige à la région faciale , comme à la région crânienne, mais qui ne s'y développent point.
Enfin les différences dans la densité et la coloration du pelage pourraient donner lieu à de longues discussions , qui ne rentrent toutefois point dans le plan de cet ouvrage. Il me suffira de faire remarquer que les taches du pelage ont souvent un rapport manifeste avec des parties du névrosquelette , comme l'attestent les zones latérales costiformes d'un si grand nombre de Mammifères , la raie foncée qui se voit siu' le rachis de plusieurs , etc.