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II. Splanchnosqueletle

DCCCLXXVI. De même que dans la classe

(1) J'ai déjà démontré plus haut combien Geoffroy Saint-Hilaire s'était trompé en admettant que les osselets de l'ouïe résultent d'une métamorphose de l'opereule.

précédente , le splanchnosqueletle se divise en celui de la tête et celui du tronc; mais il s'y développe ici , dans les deux régions , des parties qu'on ne trouvait point chez les Oiseaux.

Splanchnosqueletle de la tête. Comme chex certains Reptiles et Poissons , il offre à sa région antérieure de forts articles onguéaux, et à la postérieure des arcs costaux diversement développés.

DCCCLXXVlï. Examinons d'abord les articles onguéaux, oulesden/s.

Un fait remarquable d'abord, c'est que les ongles manquent chez ceux des Mammi^ fères qui répètent clairement des classes iuférieures dans lesquelles on n'en trouve point. Ainsi, chez les Poissons les plus réguliers , la formation dentaire était bornée aux seuls ai^cs branchiaux, et chez les plus parfaits d'entre les Reptiles (Chéloniens) , les dents se trouvaient remplacées par de simples lames cornées. De même , les dents manquent, et il ny a qu'une simple formation cornée , dans les Raleines. De même aussi , les Mammifères qui répètent les Reptiles n'ont que dès dents cornées.

Mais lorsque la formation dentaire proprement dite coiïimence à se manifester, les dents apparaissent toujours d'abord sous la forme conique pure , qui est celle que la construction assigne à toute tritovertèbre , comme article terminal. On peut s'en convaincre dans les Cachalots et les Dauphins , qui répètent parfaitement la forme des dents des Poissons. La formation dentaire s'étend même , comme chez les Poissons , sur une grande partie des tissus mous de la bouche , et de là résultent les dents linguales , qui ne s'élèvent cependant point au delà du caractère corné, en conservant toujours la forme conique ^ comme , par exemple , dans le genre Felis.

DCCCLXXVI tï. Lorsque ces articles onguéaux du dermatosquelette prennent une forme plus diversifiée , on remarque surtout la différence existante entre ceux qui , constituant en quelque sorte les véritables ongles des membres céphaliques , apparaissent à l'extrémité antérieure du membre maxillaire inférieur , ainsi qu'à la mâchoire supérieure , où ils remplacent un membre facial virtuellement exigé dans le névrosquelette , et ceux

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qui se développent sur les côtés de la cavité orale.

Les premiers , dents incisives et canines , représentent les ongles des doigts , et les canines peuvent être considérées comme ongles de pouces. Us ressemblent aux ongles proprement dits , par leur tendance à croître d'une manière continue ou indéfinie, et il est fort remarquable que cette faculté ne se manifeste , dans les membres du splanchnosquelette , que phez les animaux de la classe la plus élevée , tandis que , chez ceux des classes inférieures, ces dents se bornent à tomber et reparaître périodiquement , comme les écailles et l'épiderme du dermatosquelette.

DGCCLXXIX. Quoique certaines familles offrent par conséquent un nouveau mode de formation , les articles onguéaux , cependant on continue toujours à rencontrer le plus général , qui consiste en ce que l'ancienne dent est repoussée par une autre , qui prend sa place , et qui persiste ensuite , du moins en ce qui concerne sa substance émaillée. Les membres onguéaux latéraux postérieurs sont les seuls qui subissent plusieurs fois ces métamorphoses; tous, à la vérité, ne sont point dans ce cas , mais il a lieu au moins pour quelques-uns, par exemple chez l'Eléphant.

Au reste , ces modes variés de formation sont très-significatifs, le dernier surtout, parce que la dent offre souvent , par exemple chez les Éléphants, les Rongeurs et les Ruminants ^ une structure inférieure plissée qui , de même que le plissement des crochets à venin chez les Serpents , indique un certain rapport entre elle et une sécrétion.

DCCCLXXX. Enfin , le nombre de ces articles onguéaux n'est jamais non plus sans intérêt. Les Mammifères inférieurs, tels que les Dauphins , portent des dents maxillaires en pluralité indéfinie , ce qui , chez d'antres espèces , ne se manifeste plus qu'à l'égard des dents linguales. Dans les Mammifères supérieurs , le nombre des dents qui garnissent les mâchoires se rapproche toujours de celui que j'ai indiqué lorsque j'ai traité des parties primaires du splanchnosquelettc en général (S 435).

DCCCLXXXI. Arcs protovertébraux du splanchnosquelette céphalique. Nous trouvons les vestiges des six paires de côtes métamorphosés en pièces laryngées et en hyoïde , à

peu près de la même manière qu'ils le sont déjà dans les deux classes précédentes (1).

DCCCLXXXIl. On compte également ici six arcs protovertébraux. L'antérieur est celui qui se développe le plus librement; les quatre suivants sont oblitérés et soudés; le dernier est à peine indiqué.

Quant à l'antérieur, ou à l'hyoïde ^ nous trouvons qu'il a encore très-sensiblement la forme costale , et qu'il embrasse la partie supérieure du canal aérien et du canal alimentaire. Il lui arrive fréquemment encore de se diviser de chaque côté , comme une côte du névrosquelette , en quatre parties primaires. Cependant, les pièces sternales inférieures (pi. xxxi , fig. in , VI /■) sont toujours soudées avec la tritovertèbre sternale (fig. m, vi l). Mais un fait fort remarquable , c'est que la classe des Mammifères nous offre de nouveau un vestige des rayonnements qui peuvent virtuellement exister à chaque protovertèbre, et qui sont développés en si grand nombre aux os hyoïdiens des Poissons, où ils constituent les rayons de la membrane branchiostége (fig. m, VI k). Ces vestiges sont décrits, chez l'homme , sous le nom de grandes cornes de l'hyoïde , mais , dans les Mammifères , ils sont toujours beaucoup plus petits que l'arc costal proprement dit. Ce dernier consiste fréquemment, surtout dans ses pièces tergales supérieures , en os larges et trèsforts (par exemple, chez les Ongulés), et il ne s'oblitère que dans les espèces supérieures,

(1) J'ai déjà parléprécédemmentdelaremarquable observation faite par Rathke, Huschke etBaer, qui ont trouvé des fentes branchiales à la région laryngée, dans des embryons d'Oiseaux et deMammifères. Cette observation jette un grand jour sur la métamorphose des arcs branchiaux en cartilages laryngiens. Cependant . à part même ce fait, il en existe plusieurs autres qui démontrent avec non moins d'évidence que cette région du corps était primordialement le siège de la respiration. Tels sont: l^le développement de la glande Lliyroide, car, déjà cliez les Batraciens, l'emplacement des branchies disparues est indiqué par une glande, et rien n'est plus commun dans le règne animal que de voir des organes glanduleux, même réellement sécrétoires , tenir lieu d'organes respiratoires; 2» le développement de sacs aériens, pulmoniformes , souvent trèsconsidérables , qui apparaissent entre les portions du larynx, précisément chez les Mammifères dont l'organisation se rapproche le plus de celle de l'homme. Ces considérations pourraient mener à des résultats d'une haute importance pour la physiologie des organes laryngiens et vocaux , leur sympathie avec la fonction génitale, etc.

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mais principalement chez Thomme , où l'on ne trouve qu'un rudiment de la pièce sternale supérieure ( petites cornes de l'hyoïde), plus un rudiment de la pièce tergaie supérieure ( apophyse styloïde ) , implanté , presque comme une dent , dans le névrosquelette , derrière la côte auditive, devenue le conduit auditif externe. Mais la côte hyoïdienne s'attache déjà , chez les Poissons , à cette même côte (1).

DCCCLXXXIII. D'autres particularités de la splanchnocôte antérieure présentent de l'intérêt sous le point de vue physiologique. Ce sont :

1° Les indices fortement prononcés d'une vertèbre sternale libre (pi. xxxi , fig, m , II). On les aperçoit surtout très-bien dans le Cheval. On découvre même le rudiment de l'os lingual , si développé chez les Oiseaux , car on doit considérer comme tel un filet cartilagineux , pointu aux deux bouts , qui se trouve dans la langue des Chiens et d'autres Mammifères.

2° Le corps de l'hyoïde peut devenir creux , et renfermer un sac vésiculeux du larynx. Du reste , l'origine de cette importante production , qu'on rencontre chez certains Singes, par exemple dans le Mycetes ursinus, doit être conçue de la même manière que celle du glissement des circonvolutions de la trachée-artère entre les lames du sternum de la Grue. Ce qu'on appelle communément le corps de l'hyoïde étant un composé d'une tritovertèbre et des deux pièces sternales inférieures de la tritovertèbre , comme le sternum de la Grue résulte des moitiés séparées de la protovertèbre sternale proprement dite et du sternum scapulaire , lorsque la membrane hyoïdienne acquiert plus d'ampleur, elle peut également faire saillie au dehors , à la manière d'une hernie naturelle , autour de laquelle les parties élémentaires , écartées les unes des autres , se réunissent en une vésicule ossifiée , par le moyen d'une masse osseuse qui remplit leurs interstices.

( 1 ) L'apophyse styloïde de l'os temporal humain appartenant au splanchnosquelette , on conçoit pourquoi cette pièce varie plus souvent que d'autres , manque , s'allonge, etc. On comprend aussi qu'il ne peut point y avoir d'apophyse styloïde chez les animaux où les pièces tergaïes supérieures de cette côte se sont développées en pièces constituantes de côtes tt d'hyoïde.

DCCCLXXXIV. A l'égard de la cinquième et de la quatrième splanchnocôte , elles se réunissent également ici pour produire le cartilage thyroïde , dont la forme subit des modifications infinies , parmi lesquelles je signalerai seulement celle qu'on observe dans rOrnithorhynque , attendu qu'elle est fort importante pour expliquer la manière dont ces parties se développent. Non-seulement chaque moitié du cartilage thyroïde de cet animal est partagée en plaque antérieure et plaque postérieure (pi. xxxi , fig. ui, v^, iv>) , ce qui répète parfaitement le type des arcs branchiaux, mais encore la plaque antérieure (v?) s'allonge à tel point qu'elle embrasse le pharynx ( fig. ui , it ) , derrière lequel elle s'adosse à celle du côté opposé j d'où résulte un arc bi-anchial complet.

Ici donc , et peut-être toujours , les cartilages aryténoïdes ne peuvent être considérés que comme les pièces tergaïes de la quatrième splanchnocôte.

DCCCLXXXV. Aux deux paires de côtes réunies pour produire le cartilage thyroïde , s'ajoute , chez les Mammifères , une nouvelle partie , qui est l'épiglotte. Cette pièce a les mêmes rapports avec la paire de côtes du cartilage thyroïde que le prolongement impair de la tritovertèbre hyoïdienne (pi. xxxi , fig. ni , / 1) avec les côtes hyoïdiennes ; mais , au lieu de se porter en avant , comme ce prolongement , elle prend la forme d'un S et se réfléchit en arrière (fig. m , m) , comme si elle avait été gênée dans son accroissement par la côte hyoïdienne située au-devant d'elle.

Ce rudiment d'une tritovertèbre devient surtout très-grand chez les Singes qui ont le larynx garni de vastes sacs pulmoniformes , comme l'Alouate (2).

DCCCLXXXVl. La formation des troisième et seconde splanchnocôtes , réunies en cartilage cricoïde, est des plus simples. Ces côtes se réunissent en une protovertèbre , qui ne varie jamais d'une manière essentielle.

Quant à la première splanchnocôte , qui est si fortement développée et dentée dans les Oiseaux (mâchoires pharyngiennes des Poissons ) , elle ne constitue ici que deux petits noyaux cartilagineux (cartilages de Santorini) , situés à la limite des voies aérieime et alimentaire.

(2) Voy. mes Tabul. ilhistr., cah. II, pi. m.

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DCCCLXXXVII. Splanchnosquelette du tronc. Pour la première fois, chez les animaux supérieurs , nous y pouvons distinguer des régions cervicale , thoracique et pelvienne.

Le splanchnosquelette des régions cervicale et thoracique ne difïére point essentiellement de ce qu'il est dans les classes précédentes; seulement il offre un type plus parfait à certains égards.

1° Les anneaux de la trachée-artère présentent souvent des divisions , qui rappellent celles des arcs costaux du thorax. Ainsi Rudolphi a vu , dans le Lion , six anneaux ( répétant par conséquent les six côtes laryngiennes) se partager en arcs latéraux imis par une pièce sternale commune (pi. xxxj,fig. ui, xy), absolument de même que les côtes le sont par le sternum.

2° Les anneaux de la trachée - artère , comnie les côtes laryngiennes, offrent avec plus de constance la substance cartilagineuse qui appai'tient en propre au splanchnosquetette.

3" Cette colonne protovertébrale n'offre plus ni l'excessive longueur ni les renflements vésieuleux partiels (comme au larynx inférieur de certains Oiseaux ) , qui annonçaient un développement exagéré de la respiration.

BGCCLXXXVIH. Pour bien saisir la signification de ce qui se développe comme splanchnosquelette de la région pelvienne, il faut surtout avoir égard au lieu qu'occupe cette formation. C'est autour du canal excréteur du débris de vessie respiratoire primitive (allantoïde), autour de l'urètre, qu'elle apparaît sous la forme d'os de la verge. Lorsque j'ai parlé des parties primaires du squelette des Céphalozoaires en général , j'ai démontré que l'os qui se manifeste dans cette région , est essentiellement analogue soit aux anneaux supposés réunis de la trachée-artère', soit plus encore au corps vertébral sternal antérieur de cette colonne, c'est-à-dire à l'hyoïde. Je renvaie à l'anatomie descriptive pour les variétés qu'elle présente chez les Cétacés , les Carnivores , les Singes , etc.

DCCCLXXXIX. J'ai également dit, dans les Considérations générales, que le splanchnosquelette tend aussi à se reproduire dans l'intérieur même des organes de la vie végétative , et qu'on peut expliquer par là les ossifications qui se rencontrent dans le cœur.

J'ajouterai ici que ces ossifications normales n'ont pas lieu uniquement dans le cœur luimême , comme chez le Cerf , mais que , d'après Jaeger, on en trouve aussi quelquefois immédiatement au-dessous de cet organe, par exemple dans le diaphragme du Chameau^

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