NERFS CÉRÉBRAUX ET RACHIDIENS
Comme ces nerfs se distribuent déjà tous , quant aux points essentiels , d'après les mêmes lois que chez l'homme , et qu'ainsi qu'on le conçoit aisément , les seuls qui manquent sont ceux dont les organes correspondants ne sont point encore formés , par exemple les nerfs diaphragmatiques , attendu qu'il n'y a pas de diaphragme , et les nerfs tant du bassin que des membres chez les Serpents auxquels la nature n'a donné ni membres ni bassin, comme enfin le nombre des nerfs rachidiens ressort de celui des vertèbres , il reste peu de chose à dire ici de ces organes.
La cinquième paire et la paire vague continuent encore à porter le caractère de nerfs intervertébraux de la tête, comme le prouve, surtout dans les Grenouilles , la manière dont se comporte le grand sympathique.
Le nerf acoustique se montre bien décidément un nerf à part, et il a un volume considérable dans les Ghéloniens (pi. xn, fig. m, 2) et les Sauriens.
Les nerfs optiques sont très-gros , lorsque les yeux ont beaucoup de volume , comme dans les Tortues, l'Iguane, etc. Chez cette dernière, une incision transversale faite au
SYSTÈME NERVEUX
chiasma démontre très-bien l'entrecroisement par des lames médullaires qui passent d'mi côté à l'autre. Lorsque les yeux ne sont point développés, comme dans le Protée^ l'existence du nerf optique est douteuse. Treviranus la nie complètement chez cet animal. Ce qu'il y a de certain , c'est qu'on ne voit point de chiasma; cependant j'ai trouvé une paire nerveuse grêle descendant des masses optiques , et dirigée tout droit en avant , qui pourrait bien être un rudiment de ces nerfs , semblable à celui qu'on rencontre dans la Taupe.
Les nerfs olfactifs sont assez courts chez les Serpents ; ils se terminent par un renflement en massue (fig. iv, 1 ) , et du reste ils semblent, chez la plupart des Reptiles, n'être presque qu'un prolongement immédiat des hémisphères.
Nous trouvons une excellente description de la distribution des nerfs du corps entier des Tortues dans l'ouvrage de Bojanus (1) , et en la parcourant on n'aura pas de peine à reconnaî're combien ces animaux , dont la forme du corps est encore , sous tant de rapports , arrêtée à un degré fort inférieur , se rapprochent cependant du type humain en ce qui concerne le système nerveux , notamment par la formation des plexus brachiaux et cruraux, par la distribution des nerfs de leurs membres , par celle de la paire vague , etc.