‹ Traité élémentaire d'anatomie comparéeChapitre 38 sur 318 · NERF GRAND SYMPATHIQUE · texte numérisé non relu

NERF GRAND SYMPATHIQUE

Chez les Mammifères , de même que chez

l'homme , la portion cervicale du nerf grand sympathique ne repose déjà plus immédiatement sur la colonne vertébrale , et le nombre de ses ganglions , dans cette région , ne correspond plus à celui des vertèbres. Les autres portions du système ganglionnaire offrent également si peu de particularités importantes, que je crois inutile de les décrire en détail , et que je me bornerai à indiquer les plus essentielles , dont nous devons la connaissance aux travaux surtout de Weber. Je signalerai en premier lieu la connexion intime , déjà remarquée par Emmert , qui a lieu chez les Carnassiers, les Ruminants, les Pachydermes, les Solipèdes et aussi les Singes, d'après Weber , entre la portion cervicale du grand sympathique, dans l'intervalle de ses deux ganglions cervicaux , et le nerf de la paire vague. Cette connexion est si intime , chez le Chat principalement , que les deux nerfs sont renfermés ensemble dans une même gaîne.

En second lieu , la portion du grand sympathique contenue dans le tronc, et dont AVeber a trouvé le ganglion supérieur très- volumineux et semilunaire dans le fœtus de la Vache, a également des rapports fort importants avec la paire vague ; car elle se réunit à ce nerf , qui joue , par rapport au système nerveux central , le même rôle , à peu près , que le nerf viscéral des Insectes à l'égard de leur chaîne ganglionnaire , et elle forme de concert avec lui plusieurs grands plexus : c'est ainsi qu'on voit paraître pour la première fois dans la classe des Mammifères le plexus solaire , que Weber a trouvé , dans le Veau , disposé déjà comme chez l'homme , quant aux points essentiels, tandis qu'au contraire il paraît être beaucoup moins considérable dans les Rongeurs et les Carnassiers. Enfin , pour ce qui regarde la réunion des deux chaînes ganglionnaires en un ganglion coccygien unique, Weber a reconnu qu'elle avait déjà lieu au commencement du sacrum dans le Chat, mais que du point de réunion partaient ensuite deux nouvelles chaînes ganglionnaires écartées l'une de l'autre.

Après avoir terminé cette exposition des différents systèmes nerveux , si nous jetons encore un coup d'œil sur ce que la formation des nerfs et du cerveau offre de particulier chez rhomme , nous trouvons la confirma-

SYSTÈME NERVEUX

tion de ce qui a été dit plus haut relativement à la mesure du degré de perfection de l'organisation , qu'on ne peut assigner d'une manière l)ien précise que dans celui des systèmes organiques qui domine tous les autres. C'est en effet dans le système nerveux , réunion des plus nobles organes , que la perfection de l'organisation humaine s'exprime le plus clairement , et elle le fait surtout par la manifestation la plus évidente de l'unité au milieu de la pluralité des parties. Aussi l'homme at-il le plus gros de tous les cerveaux , en proportion non pas seulement de son corps entier, mais encore et principalement de ses nerfs et de sa moelle épinière (1). Et si certains animaux se rapprochent encore de lui sous le premier rapport , nous n'en connaissons aucun dont le cerveau ait , à tous égards , une prépondérance si décidée sur les nerfs et la moelle épinière.

L'examen des diverses parties du système nerveux confirme aussi la proposition que c'est une centralisation plus parfaite qui caractérise ce système chez l'homme. Ainsi , soit par l'absence ( commune à la plupart des Céphalozoaires de renflements gangliformes particuliers pour chaque paire de nerfs , soit par la disparition totale du canal intérieur qui appartient encore à la plupart des Mammifères , soit par l'abandon qu'elle fait des

(1) N'ayant trouvé nulle part aucune donnée précise sur le rapport du cerveau à la moelle épinière dans l'homme , je pesai , de concert avec Seiler , ces deux organes sur un homme et sur une femme. Le cerveau de la femme pesait, sans dure-mère, 43 onces 6 gros et 2 scrupules, et la moelle épinière, 1 once 6 gros, avec la dure-mère , 1 once et 6 gros sans la membrane. Le cerveau de l'homme pesait 41 onces etl gros, et la moelle épinière , sans ses membranes , 1 once 6 gros. (Suivant Hamilton, qui a publié aussi quelques recherches intéressantes, en 1831, sur des cerveaux d'animaux , le cerveau de l'homme est généralement plus pesant. ) D'après ces résultats , le rapport de la moelle épinière nue au cerveau est à peu près de 1 : 43. Quelle différence entre cette proportion et celle que nous avons signalée plus haut chez les animaux , par exemple, 1 : 4 dans le Chat, 1 : 3 dans le, Rat, et même 11/4:1 dans un poisson !

régions inférieures de la colonne vertébrale, soit enfin par la diminution de son volume et de sa masse , proportionnellement à ceux du cerveau , la moelle épinière de l'homme adulte paraît non-seulement se rapprocher davantage de la nature d'un simple nerf , mais encore se subordonner d'une manière plus positive au cerveau. Ainsi , de toute la troisième masse cérébrale , c'est le cervelet , centre immédiat de la moelle épinière et des nerfs de l'ouïe et du toucher, que nous trouvons le plus développé , surtout par l'apparition des lobes latéraux munis de leurs corps frangés. Mais le cervelet et la seconde masse cérébrale sont subordonnés aussi , dans l'acception la plus rigoureuse du mot , aux hémisphères , qui ont acquis un développement extraordinaire. Les hémisphères eux-mêmes se sont rapprochés de la forme sphérique , qui caractérise la vie animale ; leur masse s'est considérablement accrue, ils ont perdu le caractère de simples ganglions olfactifs , et , quoique demeurés toujours le centre des nerfs olfactifs, ils sont devenus incontestablement la masse centrale suprême du système nerveux tout entier , les trois lobes de chacun d'eux répétant en quelque sorte les trois masses cérébrales qui seules , dans l'origine , existent à la suite l'une de l'autre. Au reste , ce développement du cerveau devient d'une haute importance encore pour l'attitude de l'homme: car c'est lui qui l'oblige à se tenir dans une position telle que le principal organe nerveux soit tourné du côté de la lumière; c'est de lui que dépend l'inflexion complète de la masse centrale nerveuse , dont le résultat est que les derniers prolongements de cette dernière, les nerfs olfactifs, projettent leurs fibres rayonnantes dans un sens parallèle à celui de la moelle épinière ; c'est lui enfin qui exerce l'influence la plus décisive sur le développement du squelette humain, influence qui sera mise hors de doute par les considérations auxquelles nous allons maintenant passer.

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