‹ Traité élémentaire d'anatomie comparéeChapitre 39 sur 318 · HISTOIRE DU DÉVELOPPEMENT DU SQUELETTE DANS LA SÉRIE DES ANIMAUX · texte numérisé non relu

HISTOIRE DU DÉVELOPPEMENT DU SQUELETTE DANS LA SÉRIE DES ANIMAUX

A l'étude du système nerveux je fais succéder celle du squelette, parce que ce sont ces deux systèmes qui établissent, bien que d'une manière tout à fait différente , l'individualité, ou ce qui fait que l'animal s'offre à nous sous les traits d'un organisme à part et distinct. Le premier nous apparaît comme un retrait à l'intérieur de ce qui est essentiellement animal, et le second comme un rejet à l'extérieur de ce qui est essentiellement terrestre. Sans l'un et l'autre , un animal est extrêmement imparfait. Plus l'individualité est prononcée, plus aussi le système nerveux et le squelette doivent se développer ; car ces deux conditions se rattachent l'une à l'autre d'une manière toujours évidente , quoique susceptible de varier beaucoup. En sa qualité d'appareil essentiellement terrestre , le squelette , dans son développement , offre un caractère cristallin analogue à celui que présentent les parties de l'organisme terrestre , et , pour correspondre à la Terre , il part du type d'une sphère creuse ; aussi est-il , de toutes les formations animales , celle qui se prête le plus à une construction mathématique, ce qui donne à son étude un intérêt particuher pour l'anatomie philosophique (1).

Les formes essentielles du développement du squelette sont les suivantes :

1°. Il limite extérieurement l'organisme par rapport au monde extérieur, et devient squelette cutané ou dermatosquelette.

2°. Il limite intérieurement l'organisme par rapport aux choses du dehors qui y pénètrent, et devient squelette viscéral ou splanchnosquelette ;

3°. Dès que la masse , à proprement parler , animale , la moelle nerveuse , s'est parfaitement développée , il la limite par rapport aux autres formations animales , et devient squelette nerval ou névrosquelette.

(1) Voyez sur ce sujet , à la fin de cet ouvrage , mes Recherches sur les parties primaires du squelette osseux et lestacé.

La substance du squelette se développe aussi en rapport avec ces trois destinations différentes. Originairement , le squelette est ùeV albumine condensée. Cette albumine, desséchée à l'air ou coagulée dans l'eau ; à la surface du corps , et sous la forme de squelette cutané, devient de la cor^ne ,• ou bien, ne faisant que se pétrifier dans l'eau , elle devient une coquille calcaire. La même albumine se condensant toujours de plus en plus à l'intérieur , comme squelette viscéral, devient cartilage. Enfin, se déposant autour du système nerveux, comme névrosquelette, et se pénétrant de la nature phosphorique de la moelle nerveuse , elle devient phosphate calcaire ou os. Les détails dans lesquels je vais entrer indiqueront comment ces trois degrés passent de l'un à l'autre par des transitions diverses.

Il est dans la nature des choses que les Oozoaires et les Corpozoaires , dont le système nerveux n'a point encore acquis de véritable centricité , ne puissent offrir non plus que des rudiments de squelette nerval, tandis que le squelette cutané et le squelette viscéral atteignent souvent chez eux à un très-haut degré de développement. Il l'est aussi que ces deux derniers squelettes tendent à s'effacer dans les Céphalozoaires , où le squelette nerval a pris toute l'extension possible , et que ce soit seulement pendant la première période du développement de ces animaux qu'il recommence à se manifester comme enveloppe de l'œuf, c'est-à-dire comme moyen extérieur de délimitation.

D'après ces considérations , il est facile de juger du degré de précision avec lequel le développement du squelette permet d'apprécier celui de l'animal en général , puisque lui seul détermine les formes de ce dernier, dont il porte et protège les organes végétatifs et sensoriels, et avec les organes locomoteurs duquel il a des connexions si intimes , qu'on peut même le considérer comme or-

SQUELETTE

TJ

gane passif de la locomotion , si les muscles doivent être regardés comme organe actif de cette dernière.

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