‹ Traité élémentaire d'anatomie comparéeChapitre 74 sur 318 · Oiseaux · texte numérisé non relu

Oiseaux

Sens cutané , et , en particulier, loucher. — Les plumes qui couvrent la surface du corps , la transformation des membres antérieurs en ailes , l'enveloppe écailleuse des pieds , qui sont d'ailleurs changés en espèces de rames chez la plupart des Palmipèdes, et les forts ongles qui arment les orteils empêchent aussi le sens clu toucher de se développer chez les Oiseaux , à tel point même qu'il ne lui reste plus d'autre partie où U puisse s'établir que le bec et la langue. Or, le bec est revêtu d'une membrane qui reçoit beaucoup de nerfs chez certains Palmipèdes , et la langue est très-protractile chez divers Oiseaux , tels que les Pics , ou munie d'épines ( Pics) ou de filaments {Philedon) qui la rendent propre à servir de sonde. Les orteils , même lorsqu'ils sont très-mobiles, comme par exemple chez les Perroquets , ne remplissent jamais que le rôle d'organes de préhension. Il est digne de remarque aussi que c'est presque toujours à l'aide du bec seul que les Oiseaux dressés accomplissent leurs diverses fonctions, attirent à eux les aliments , prononcent certaines lettres, etc.

Quant aux diverses excroissances charnues qui se voient autour du bec de plusieurs Oiseaux , par exemple du Dindon , elles paraissent être, du moins si l'on en juge d'après le lieu qu'elles occupent , la répétition des tentacules qui existent dans les classes précédentes , quoique ici elles contribuent peu ou point au toucher.

Du reste , la membrane des ailes peut toujours être considérée comme un organe de toucher pour les courants d'air.

Sens intestinal ou goût. Les Oiseaux non plus ne mâchent pas réellement leur nourriture, et presque toujours ils l'avalent à la hâte. Aussi , n'est-il guère possible d'admettre chez eux un sens du goût qui ressemble à celui de

l'homme , d'autant plus que leur langue ne reçoit point encore le nerf gustalif proprement dit , c'est-à-dire le rameau lingual de la cinquième paire , et que les seuls nerfs qui s'y rendent sont l'hypoglosse et le glossopharyngien. La langue charnue, molle et papilleuse des Perroquets paraît être la plus propre à servir de siège au sens du goût , de même que la langue molle des Chouettes et des Canards. DamVd Loxia pyrrhula, suivant Treviranus , la langue paraît dépourvue de papilles gustatives tant que l'épithélion la recouvre, maison la trouve couverte de petites papilles nerveuses dès qu'on enlève cette membrane.

Dans la plupart des autres genres , la langue manque entièrement de la mollesse , de la structure spongieuse et du tégument mince qui sont des conditions indispensables pour faire d'elle un organe de goût. Il lui arrive même quelquefois , particulièrement chez les Palmipèdes , d'être garnie sur les côtés de dents dures et même osseuses. Il est bon de rappeler ici que , comme nous l'avons déjà dit en traitant du squelette , la langue des Oiseaux est encore soutenue par un os hyoïde souvent considérable , ce qui ne s'accorde pas non plus avec un haut développement de la sensibilité en elle.

Il serait difficile d'attribuer à d'autres parties de la cavité orale une participation quelconque à l'exercice du sens du goût.

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