IL ORGANES DE L'OUIE
Résonner n'est , à proprement parler , autre chose que vibrer. Aussi arrive-t-il souvent au son de ne se manifester que sous la forme d'un ébranlement , dans les grands phénomènes de la nature , comme lorsque le bruit détache une avalanche , ou fait tomber les glaçons suspendus aux montagnes de glace qui hérissent les mers polaires. Il dépend doiic toujours de conditions purement individuelles qu'un ébranlement soit perçu comme son.
Nous-mêmes nous n'entendons plus les vibrations trop lentes d'une corde , quoique nous puissions encore les voir ou les sentir , et celles qui sont trop rapides échappent également à notre oreille. Mais la première condition pour percevoir les vibrations prolongées du son comme telles , c'est de posséder une masse nerveuse persistant en quelque sorte à l'état de substance animale primaire, à laquelle ces ébranlements puissent être transmis , et qui les sentira d'autant mieux qu'elle sera plus rapprochée de coi'ps parfaitement solides placés vis-à-vis ou autour d'elle.
On doit ne pas perdre de vue ces considérations générales si l'on veut bien apprécier les divers appareils d'audition et se convaincre que la sensation auditive doit être d'autant plus parfaite, qu'il y a contraste plus marqué entre les oppositions dont je viens de parler , connexion plus intime avec les organes centraux du système nerveux , et communication plus hbre avec le monde extérieur.
Il est fort important pour l'appréciation de l'influence que l'ouïe exerce sur le développement des facultés intellectuelles, de rappeler :
1°. Que , de tous les sens , c'est celui-là qui apparaît le plus tard dans le règne animal;
2°. Que , quand il commence à se manifester quelque part, c'est toujours sous la forme d'un appareil composé de deux organes , et disposé symétriquement des deux côtés du corps ;
3°. Que , quand une fois il est devenu la propriété d'une classe entière d'animaux , on ne rencontre plus jamais un seul exemple de son oblitération.