‹ Traité élémentaire d'anatomie comparée, suivi de recherches d'anatomie philosophique ou transcendante sur les parties primaires du système nerveux et du squelette intérieur et extérieur (volume 2)Chapitre 104 sur 129 · Wévrosqueleîte · texte numérisé non relu

Wévrosqueleîte

p. S que 'elle du tronc.

DCXLVI. Si les Ophidiens répètent les Sirènes , si les Ché- Ioniens répètent les Batraciens proprement dits , les Sauriens sont la répétition des Salamandres. Comme chez ces dernières, la formation et l’allongement des colonnes proto vertébrales et deutovertébrales du tronc sont limités par le développement des colonnes vertébrales de membres; mais elles le sont comme elles doivent l’être dans un ordre supérieur , c’est-à-dire dans des rapports et d’après des divisions d’un rang plus élevé. Voilà pourquoi les Sauriens sont les premiers de tous les animaux décrits jusqu’ici chez lesquels les principales divisions du tronc en cou , poitrine , épigastre , hypogastre et bassin , s’expriment clairement par les rapports numériques et la conformation des vertèbres, parla distribution des viscères, et par le lieu où s’opère le développement des membres (4).

(i) Il règne nn grand vague dans la manière dont on a dénommé les vertèbres du rachis et divisé la colonne vertébrale rachidienne en régions, tant chez les Reptiles que dans d’autres classes encore. Ainsi , Schultz appelle vertèbre dorsale, dans les Sauriens, ce que Cuvier regarde encore comme vertèbre cervicale; ainsi cet anatomiste refuse au Lézard gris les vertèbres lombaires, que d’autres lui accordent, etc. Cette. confusion tient principalement à ce que les dénominations imposées aux diverses régions du rachis ont été tirées du développement ou du non-développement des côtes, au lieu de l’être du rapport numérique légitime ou normal qui est primairement inhérent à la colonne vertébrale. La méthode de répéter le nombre primaire des vertèbres céphaliques, en ayant égard aux viscères enveloppés par le tronc , est philosophiquement et empiriquement la seule qui fournisse une échelle sûre pour diviser le rachis ; car des arcs protovertébraux existent ' en puissance à toutes les vertèbres rachidiennes , et on les trouve aussi développés réellement avec plus ou moins d’évidence. Donc , si l’on refusait d’appeler les vertèbres du cou cervicales, dans le Crocodile, parce que, chez cet animal , elles portent des côtes cervicales incomplètement dévelop-

462 SQUELETTE DÈS REÈTlLES.

DCXLVII. Deutovertèbres et tritovertebres rachidiennes. Si nous recherchons d’abord leur proportion numérique dans les régions du tronc dont il vient d’être fait mention , nous trouverons que , comme chaque région du tronc tend primordialement à répéter le nombre des vertèbres céphaliques , il devrait y en avoir 5X 6 = 30 (pl. xxvn , fig. ix). En réalité , la colonne vertébrale se divise toujours assez exactement de cette manière. La proportion exige 4X6 = 24 vertèbres entre la tête et le bassin ; or tel est le nombre que Cuvier a compté dans le Crocodile du Nil , et Schultz dans celui, d’Amérique. Je n’ai cependant trouvé que 23 vertèbres dans un Crocodile du Nil long de trois pieds. Schultz en indique également 24 dans le Draco striatus , et Tiedemann 23 dans le Draco viridis. VIguana delicatissima en a 24, d'après Schultz , tandis qu’il y en a W dans le Lézard gris, et 28 dans le Lacerta monitor.

Toujours aussi on distingue fort bien les divisions principales en vertèbres cervicales , thoraciques , épigastriques et hypogastriques : seulement, pour cela, il ne faut pas s’en tenir uniquement à la présence ou à l’absence des côtes.

A l’égard des vertèbres du bassin , le nombre six domine également ici, quoiqu’avec diverses modifications, et toujours. de telle manière que la protovertèbre des membres postérieurs ne tient qu’à deux ou trois de ces vertèbres. Dans lé Lézard gris , on reconnaît très-bien deux vertèbres sacrées, auxquelles tiennent les os iliaques, et quatre coccygiennes,.au dessus desquelles la cavité du tronc se prolonge encore , ce qui empêche de les regarder comme vertèbres caudales , dont d’idée est déterminée par cette considération qu’elles sont uniquement un membre terminal mobile , sous lequel la cavité

pées , il est vrai , on serait obligé d’en agir de même chez l’homme , puisque les arcs qui ferment les trons des apophyses transverses ne sont que des radimens de côtes sondés aux corps des vertèbres cervicales , c’est-à-dire des pièces tergales de côtes cervicales. Cette remarque était nécessaire pour démontrer que la division des vertèbres dn tronc suivie dans mon travail n’est pas dénuée de fondement et arbitraire , reproche mérité souvent par celle -que l’usage a consacrée.

SQUELETTE DES RETTJXES. 4^3

du tronc ne s’étend point. On ne trouve non plus que deux vertèbres sacrées dans les autres Sauriens , et notamment dans les Crocodiles ; mais toujours les deux à quatre premières d’entre les vertèbres que l’on a pour usage de rapporter à la queue, font partie du bassin (1).

DCXLVIII. L’allongement de la colonne rachidienne en vertèbres caudales proprement dites est un fait commun à tous les Sauriens. Déjà chez les Poissons réguliers , on observe une tendance prononcée à répéter , dans le nombre des vertèbres de ce membre terminal impair , celui des vertèbres du tronc et même celui des vertèbres céphaliques. La même chose arrive chez les Sauriens. Si nous fixons le nombre total des vertèbres du tronc à 5 x6 = 30 , et celui des vertèbres de la tête à 6 , nous obtenons pour nombre normal des vertèbres de la queue , 36 ( pi. xxvn , Sg. ix ). La tendance à représenter ce nombre s’exprime d’une manière assez claire. Schultz a compté 39 vertèbres caudales dans le Crocodile d’Amérique ; mais comme on est obligé d’en retirer trois pour le coccyx , il en reste exactement 36. On en trouve 40 dans le Lézard gris , 30 dans le Crocodile du Nil (2) , et 45 dans le Draco striatus. Au resté , ce nombre dépasse souvent de beaucoup le type normal , puisqu’il s’élève à 72 dans l’Iguane , et à 104 dans le Tupinambis. Le Plésiosaure à long cou n’a que 26 vertèbres caudales (3).

(i) Des modifications remarquables de ces proportions numériques ordinaires s’observent surtout dans les genres perdus Plesiosaurus et Ichtkyosaurus. Le Plesiosaurus doUchodeirus -fait le passage aux Oiseaux, par l’énorme allongement de sa colonne vertébrale cervicale , où l’on compte jusqu’à 35 vertèbres, comme Y Ichihjosaurus commuais mène aux Serpens , par le petit nombre dé ses vertèbres cervicales (trois ou cinq).

(a) Les prêtres égyptiens savaient déjà que le Crocodile a en tout 6o (3o-p 3o) vertèbres. Ælien nous l’assure. Le fait est remarquable eh ce que la connaissance de ce rapport numérique normal avait pu contribuer, comme pour les Scarabées , à faire ranger les Crocodiles parmi les' animaux sacrés.

(3) Les colonnes vertébrales caudales qui se reproduisent souvent chez les Lézards, après la perte de la queue , fournissent des considérations d’un haut intérêt. En effet, de même que la colonne vertébrale des Poissons apodes, elles ne forment qu’un type cartilagineux simple et indivis , représentant une

464 SQUELETTE DES RETTILÉS.

DCXLIX. Le type des Ophidiens domine encore assez généralement dans la formation des diverses vertèbres rachidiennes et caudales. Gomme chez les Serpens , mais cependant à un degré un peu moins marqué , nous trouvons encore des têtes et des cavités cotyloïdes entre les corps vertébraux. Le Gecko et plus encore l’Ichthyosaure font exception, en ce quïls offrent de nouveau la formation diconique des corps vertébraux qui caractérise les Poissons , et la jonction de ces corps par des cavités également diconiques.

Les tritovertèbres rayonnantes du rachis , notamment celles qui forment les apophyses épineuses supérieures , sont ordinairement plus fortes que celles des Ophidiens , ce qui est en rapport avec la tendance du tronc de ces animaux à manifester des formations rayonnantes. Ces apophyses sont surtout trèsprononcées, et presque semblables à celles des Poissons, dans l’Ichthyosaure.

Les apophyses épineuses inférieures , dirigées vers là çavité du tronc , s’observent aussi en diverses régions , surtout au cou , et sont très-développées dans les Dragons.

Les apophyses épineuses inférieures à deux jambages des vertèbres caudales, également très-développées dans l’Ichthyosaure , appartiennent en partie aux formations costiforrnes , de même que les grandes apophyses transyerses , légèrement mobiles , des vertèbres cervicales du Crocodile et du Plésiosaure.

DCL. Arcs protovertëbraux . Le tronc des Sauriens se rapproche encore de celui des Ophidiens, en ce que la tendance à produire des arcs protovertébraux entiers existe dans chacun de ses segmens. Yoilà pourquoi la colonne vertébrale offre , sur toute sa longueur , des rudimens de ces arcs , qui sont surtout développés en véritables côtes dans Tlchthyosaure. Fréquemment , au contraire, ils sont oblitérés, et ne se ferment complètement qu’à la région respiratoire es-,

colonne de corps vertébraux seulement , sans nulle trace de deutoVertèbres. On reconnaît donc que la nature peut bien répéter une forme organique qui a été détruite, mais qu’elle ne le peut jamais qu’en la ramenant à un type moins élevé, que cette partie offrait dans des formations antérieures.

sentielle, ainsi qu’aux endroits où des membres se manifestent.

DCLI. Considérons d’abord les arcs protovertébraux de la poitrine , ceux qui se développent de la manière la plus régulière.

Quant au nombre de ces côtes, primairement il y en a six paires qui sont sollicitées. Mais les diverses espèces offrent de nombreuses variations sous ce rapport. Comme à l’égard des vertèbres du tronc , le nombre des arcs protovertébraux de la poitrine est très-régulier dans le Lézard gris (pl. xxvii, fig. ix ). La paire de côtes de la première vertèbre pectorale est aussi la première qui s’unisse avec le sternum , et qui ainsi ferme le cercle de la proto vertèbre. Les deux autres paires de côtes et les trois premières côtes pectorales se comportent aussi de même ( pl. xxvii , fig. xiv , 1 , 2 , 3 ) , et par conséquent se joignent au sternum. La fermeture de la protovertèbre est moins complète dans les trois paires suivantes de côtes , dont la quatrième seule arrive immédiatement au sternum , que la cinquième atteint seulement d’une manière médiate , et auquel la sixième ne parvient point (pl. xxvii, fig. xiv). Dans le Crocodile , des six côtes pectorales dont il est pourvu , les cinq postérieures sont complètement unies avec le sternum, et fermées ainsi en cercles protovertébraux purs ; la première, au contraire , ne s’étend point jusqu’à cet os. Tiedemann attribue six paires de vraies côtes au Draco viridis , qui nena que trois, d’après Schultz.

DCLÏI. Chez la plupart des Sauriens , les côtes thoraciques ressemblent à celles des Serpens par la simplicité de leur connexion avec les vertèbres rachidiennes et par leur forme élancée. Dans les Crocodiles , leur union avec les vertèbres du rachis offre un type plus élevé , ce qui , joint , à la division dé l’arc costal dans le sens de sa longueur , est d’une haute importance pour la construction de cette forme de squelette.

DCLIII. Quant au commencement de la côte à la vertèbre rachidienne , chez le Crocodile , c’est ici qu’on voit apparaître pour la première fois le type qui se retrouve ensuite partout dans les classes supérieures. Quand nous réfléchissons que l’arc protovertébral ou la côte correspond à l’anneau d’une paire de nerfs rachidiens , et que c’est en quelque sorte la répéti-

ni.

tion du nerf dans le système osseux , nous nous trouvons conduits à conclure de là , en ce qui concerne la formation des Cotes, que le nerf rachidien sortant de la moelle épinière par une bifurcation , c’est-à-dire par deux racines, l’une supérieure, l’autre inférieure, cette forme devra se représenter aussi dans la côte parfaite , qui , en conséquence , doit s’unir à la vertèbre rachidienne par deux pièces , l’une supérieure et l’autre inférieure , sorte de reflet osseux d’un segment de la moelle épinière. De là naît le type pl. xxvii , fig. xiv, aa. Or telle est réellement la manière dont les extrémités supérieures des cotes se comportent déjà dans le Crocodile (1).

DCLIY. Une autre circonstance fort importante , relativement à la formation des côtes , c'est leur division dans le sens de la longueur. Ici la construction de l’arc protovertébral exige le partage en quatre pièces. Nous avons déjà vu la division des arcs protovertébraux suivre cette loi chez les Poissons , par exemple en ce qui concerne l’arc protovertébral des membres inférieurs (pl. xxvi , fig. iv ). Chez les Sauriens, comme l’arc protovertébral arrive à sa complète expression , on aperçoit aussi cette division des côtes , quoiqu’elle n’ait pas lieu d’une manière bien complète. Ordinairement on ne distingue qu’une pièce sternale antérieure et une postérieure (pl. xxvii , fig. ix , M %' ) , tandis que les pièces tergales postérieure et antérieure sont soudées ensemble ( 3' 4' ) (2).

DCLY. Les arcs protovertébraux des vertèbres cervicales, chez les Sauriens , se montrent développés essentiellement comme os de l’épaule dans leurs pièces sternales supérieures et inférieures , et ce qu’on aperçoit encore sous la forme de côtes cervicales ne peut être constitué que par les portions tergales des arcs protovertébraux de ces régions. Ainsi, quant à ce qui regarde ces rudimens de côtes , il peut y en avoir à toutes les vertèbres du cou ( pl. xxvii , fig. xi, a b). Dans le Lézùrd gris , les trois vertèbres cervicales antérieures en sont dépourvues; dans les Crocodiles, au contraire, où sept ver-

(1) tjvier, Annales du Muséum , tom. xn, pl. il, fig. iv, i k. — Voy. mes Tabulée illustrantes , cah. II , pl. vi, fig. v.

(2) Voy. mes Tabulée illustrantes , cah. II, pl. iv, fig. x.

squelette î>ës mutiles. 467

tèbres du cou sont remarquables par la manière dont leurs côtes se comportent, elles remontent jusqu’à l’atlas lui-même, où elles forment, ainsi qu’à l’épistrophée , des appendices simples et mobiles (1) , tandis qu’aux cinq vertèbres suivantes elles représentent des appendices fourchus , d’après le type pl. xxvih , fig. xi. a. De là résulte déjà, comme chez l’homme, un canal formé par les apophyses transverses, qui seulement continuent encore ici à être mobiles en partie (2).

DCLVI. D’après la construction , les côtes de la région épigastrique sont imparfaites et sans parties sternales complètes. G’ est ainsi , en effet , qu’on les trouve dans la plupart des Sauriens ; seulement , dans le Crocodile , au lieu de six cotes épigastriques , ce qui est leur nombre normal, je n’en trouve encore que cinq qui soient fermées par un sternum épigastrique , lequel est cependant lui-même divisé. Ce qu’il y a de plus remarquable , c’est le très-grand développement de ces six côtes épigastriques chez les Dragons , parce qu’il est le seul exemple connu dans la série animale de réalisation de la tendance à produire des membres qui est inhérente à cette ré gion. En effet , ces côtes sortent du corps et soutiennent la membrane alaire. On voit donc ici s’élever au plus haut degré la mobilité qui déjà existait dans les côtes incomplètes des Ophidiens (3).

(1) V. Cuvier ,loc. cit., pl. n, fig. i, 2, et mes Tabulœ illustrantes , cah. II, pl. iv, fig. x.

(2) Ainsi que Huschke ( Isis, 1 82S , p. no5 ) l’a fort bien fait remarquer, les côtes cervicales oblitérées des Crocodiles sont très-propres à démontrer que les parties auxquelles Weber donne le nom d’osselets de l’ouïe de la Carpe , et spécialement celle qu’il appelle marteau , ne sont autre chose que des côtes oblitérées, .car, dans le Crocodilus biporcatas, il a trouvé les troisième, quatrième et cinquième côtes cervicales conformées absolument comme la seconde côte thoracique de la Carpe ( maliens , Weber).

(3) Pour saisir complètement la signification des grandes côtes épigastriques des Dragons , il faudrait , à la rigueur , connaître l’histoire du développement de ces animaux dans l’oeuf. De toute manière, elles paraissent résulter d’un volume très-considérable de la sphère vitelline , proportionnellement à l’embryon , sphère autour de laquelle la colonne vertébrale de ce dernier se contourne à l’instar d’une zone , de sorte qu’elle doit nécessairement être embrassée par les côtes. Qu’on jette les yeux .snr une larve de Salamandre £

DCLVII. Côtes de la région lombaire. D’après sa signification , cette région est en antagonisme avec celle du cou. Son nombre primaire des vertèbres est encore de six ; mais il se trouve ordinairement réduit à cinq, quand celui des vertèbres cervicales monte à sept, au lieu de six, qu’il devrait êtred’après la règle. Dans le Crocodile , je vois six vertèbres, que la manière remarquable dont leurs côtes se comportent , en antagonisme parfait avec celles de la région cervicale , caractérise comme vertèbres lombaires. En effet, de même que les pièces sternales des côtes disparaissent à la région cervicale , et qu’il n’en reste plus que les pièces tergales , de même aussi, surtout aux quatre vertèbres inférieures , les pièces tergales disparaissent, et les sternales, divisées en portions supérieure et inférieure ( pl. xxvii , fig. ix , yy ), forment les côtes ventrales , qui correspondent aux intersections tendineuses des muscles droits de l’abdomen , chez les animaux supérieurs. La plus inférieure de ces pièces sternales se soude avec le rudiment cartilagineux du sternum pelvien, et, en s'appliquant^ pubis, elle donne le prototype des os marsupiaux, dont nous parlerons àl’article des Mammifères. Dans les autres Sauriens, on observe un état de choses qui ressemble davantage à celui des côtes cervicales , c’est-à-dire que les pièces sternales ont tout-à-fait disparu , et qu’il ne reste que des rudimens de pièces tergales. Dans les Dragons , où la région lombaire est divisée en six vertèbres , les deux supérieures offrent encore, comme celles de l’épigastre , des rudimens de côtes distincts l’un de l’autre , quoique devenus très-petits. Dans le Lézard gris, où l’on compte sept vertèbres à la région lombaire , on trouve de petits rudimens des sept paires de côtes lombaires ( xxvii , fig. ix , E ).

DCLVIII. Pour ce qui est de la colonne vertébrale pelvienne

qa’on voie combien est volumineuse la sphère vitelline, formant l’intestin, qui se trouve annexée au ventre, qu’on imagine des côtes développées dans les parois abdominales largement étalées , et l’on trouvera que, de toute nécessité, il devrait résulter de là une '^rmation parfaitement semblable à celle des Dragons. C’est ainsi qu’en cette occasion , comme dans beaucoup d’antres cas, la contemplation des formes développées mène à des conclusions certaines par rapport au mçdé de développement.

et caudale , les arcs costaux proprement dits s’y oblitèrent toujours davantage ; tantôt les pièces sternales des côtes sacrées sont employées à la formation des os du bassin , tantôt les arcs costaux se contractent , comme chez les Poissons , au dessous des vertèbres coccygiennes et des caudales antérieures (pl. xxyii , fig„ ix , as'), en apophyses épineuses inférieures , dans lesquelles finit même par s’oblitérer le canal qui., chez les Poissons , reçoit la continuation de l’aorte, de sorte qu’ alors elles n’apparaissent plus que comme de simples apophyses épineuses inférieures tenant aux corps des vertèbres caudales. C’est ce qu’on voit très-manifestement surtout dans le Crocodile. : :

DCLIX. Les arcs protovertébraux des membres antérieurs, ceux qui correspondent à la respiration pulmonaire , ou les os de la ceinture scapulaire , sont un développement des pièces des arcs protovertébraux du cou , qui n’ont point la forme de côtes , ce qui fait qu’ils se montrent au devant et au dessus des côtes pectorales. Par la même raison il doit y avoir antagonisme entre leur développement et celui des côtes cervicales , en 'sorte que, quand ces dernières sont peu prononcées, comme chez la plupart des Sauriens , les os de l’épaule sont plus composés et plus forts , tandis que, quand les côtes cervicales sont fortement développées , comme dans le Crocodile, ces dernières ont beaucoup plus 4e simplicité. Voici quelle est la division de ces arcs protovertébraux chez les petits Sauriens.

D’abord la division en trois domine dans le sens de la longueur, puisque chaque arc est composé d’ une pièce sternale inférieure , d’une pièce sternale supérieure , et d’une pièce tergale inférieure ( pl. xxvn,fig. ix, xiv , a, (3 , y), tandis que la pièce tergale supérieure est suspendue , comme fausse côte, aux vertèbres cervicales (fig. xiv, S).

Dans le sens de sa largeur , la ceinture scapulaire renferme, à proprement parler , l’idée d’une division en six ( pl. xxvm , fig. v, G). En effet, chez les petits Sauriens, non-seulement la pièce sternale est divisée en deux , la vraie clavicule et la fausse , dont la première est toujours la plus faible , mais encore chacune de ces deux portions indique , par sa division en deux moitiés inégales , que le nombre trois est inhérent eu

elle Çpl. xxvil, fi g. Xiv , 1' %' 3', clavicula ver a s. furmla ;

4' 5' 6', clavicula spuria s. os coracoïdeum). C’est dans cette dernière , l’os coracoïde , que la division en trois se trouve exprimée le plus clairement , de telle sorte que la pièce postérieure ( 6' > est plus longue , se courbe en avant , et reçoit lés autres. Dans les grands Sauriens , tels que le Crocodile , où les côtes cervicales ont acquis un grand développement , les os de l’épaule paraissent plus simples. Au lieu de la pièce sternale supérieure et de la pièce tergale inférieure , qui , chezle Lézard gris, représentent une omoplate divisée, on trouve, dans le Crocodile, une omoplate simple, composée uniquement delà pièce tergale ; la pièce sternale inférieure n’existe plus que comme simple clavicule (1). Aureste, cette clavicule simple n’est point , ainsi qu’on l’admet ordinairement , l’analogue dé la clavicule humaine ; c’est seulement l’os coracoïde , comme le démontre sans réplique la comparaison avec l’épaule des autres Sauriens et des Oiseaux.

DCLX. Les arcs protovertébraux de membres postérieurs , ceux qui correspondent à la respiration allantoïdienne . ou ïes membres pelviens , ont cela de particulier , que leurs pièces sternales antérieures et postérieures se réalisent dans les os du bassin , tandis que les portions tergalès sont oblitérées , ou indiquées seulement par la largeur plus considérable dés apophyses transverses des vertèbres sacrées. Les os du bassin eux-mêmes se divisent d’après Cela dans le sens de la longueur de l’arc protovertébral , comme les os scapulaires du Crocodile , c’est-à-dire, de chaque côté, eh une pièce sternale supérieure (pl. xxyiii , fig. ix , è) , formant l’ilion , qui ne se subdivise point dans le sens de sa largeur, et en une pièce sternale inférieure (5) , qui, de même que celle de la Ceinture scapulaire chez la plupart des Sauriens , se partage en deux , à cause des deux vertèbres sacrées. Le segment tourné en devant de cette pièce sternale antérieure est le pubis (pl. xxvii, fig. ix , â'), et celui qui regarde en arrière , l’ischion (5). Ges parties se comportent dans le Lézard gris comme la figure le

(i) Cuvier , lojc. cit., pl. iï, fig. 9 et 10. — Voy. mes Tabules illustr.., cala. Il , pl. iv? fig.

représente. Les Crocodiles s’éloignent du type , en ce que leur pubis est mobile sur la pièce cotyloïdienne de l’ischion (1) .

DCLXI. Avant de passer aux os des membres , il faut encore parler de la colonne vertébrale antérieure OU sternale du tronc, qui , comme les membres eux-mêmes , est plus développée ici que chez les Batraciens.

On se rappellera d’abord qu’une colonne vertébrale sternale existe en puissance à toutes les régions du tronc , et que sa réalisation est en raison directe du grand développement des proto vertèbres. De là vient que . chez les Sauriens, où les protovertèbres des membres de la poitrine , de l’épigastre et même de l’hypogastre, se sont complètement développées dans leurs portions sternales , on doit pouvoir distinguer un sternum scapulaire , un thoracique ,. un épigastrique , un pelvien , et même un cervical , lorsque les côtes cervicales ont pris un développement considérable.

d° Sternum scapulaire. Il est très-manifestement développé dans les Sauriens. Celui du Lézard gris constitue un corps vertébral simple et allongé , avec deux branches transversales (pl. xxyii, fig. ix , x), ce qui donne au tout la forme d’une croix ( fig. ix, æ). La même chose a lieu dans les autres Sauriens , par exemple dans le Monitor et XAgama , où les branches transversales qui, à proprement parler, se rapportent à la division incomplète de la vraie clavicule en trois, sont seulement situées plus près de l’extrémité antérieure du corps vertébral , et où , chose remarquable , celui-ci s’engrène dans le sternum thoracique. Chez le Crocodile , ce corps vertébral se prolonge fort loin du côté de la tête , d’où résulte un vestige de sternum cervical (2).

DCLXII. 2° Sternum thoracique. Il est déjà plus incomplètement développé dans les petits Sauriens , ce qui s’exprime , tant par la dépression de ses corps vertébraux , que par le nombre moins grand de ceux d’entre ces derniers qui se sont développés , et par sa division imparfaite (3). Dans le Lézard

(1) Cuvier, lac. cic., pl. h, fig. i5.

(2) V. ines Tabulez illustrantes , cah. II , pl. v , fig. x.

(3) Les vertèbres rachidiennes ne sont pas non plus encore divisées dans les formes les plus inférieures, par exemple dans la Lamproie»

gris , on ne trouve de corps vertébraux que pour les trois côtes thoraciques antérieures (plî xxvn , fig. xiv, y) ; ils sont soudés en un os plat et rhomboïdal. La pièce qui , dans le Monitor et YAgama , représente les corps vertébraux du sternum thoracique proprement dit , est également aplatie par lé haut. Mais une chose remarquable, c’est qu’ici, et dans d’autres Sauriens , comme chez les Oiseaux , les corps vertébraux aplatis du sternum thoracique ont de la tendance à se diviser latéralement en moitié droite et moitié gauche. La division devient même assez forte pour que le sternum scapulaire puisse s’insinuer et se loger entre les deux moitiés (xxvn , fig. xv, y , 1 , 2,3). Une telle diduction latérale , qui résulte d’une exubérance de développement du sternum scapulaire , annonce toujours des membres'robusles , et c’est ce qui fait qu’on la trouve portée au plus haut degré chez les Oiseaux (1).

DCLXIII. 3 0 Sternum abdominal. Comme le développement des côtes devient incomplet aux régions épigastrique et lombaire , le corps vertébral sternal se trouve aussi dans le même cas. De là vient qu’on ne voit aucun vestige de sternum abdominal dans les petits Sauriens , tandis que , chez le Crocodile , où trois côtes épigastriques deviennent des anneaux complets , et où les pièces sternales de six côtes lombaires vont même jusqu’à s’ossifier , comme fausses côtes abdominales, le sternum existe , quoique seulement à l’état cartilagineux (2).

DCLXIY. Sternum, pelvien. A proprement parler , il devrait être situé entre les os pubis et ischions , comme le scapulaire entre la vraie et la fausse clavicule ; cependant il ne paraît pas s’être développé chez les Sauriens comme chez l’homme , où le

(r) Le sternum scapulaire des Sauriens , qu’Ôken appelle la pièce moyenne ( Isis , 1819, p. i52g, et 1 sis 1823, p. 4 44 )> correspond an segment supérieur de la poignée du sternum humain , qu’indique généralement un poigt particulier et plus considérable d’ossification, qui est même le premier à paraître. Le sternum thoracique d:s Sauriens correspond au segment inférieur de cette poignée, qui s’ossifie plus tard que l’autre, et au corps du sternum hu. main, savoir, sa première vertèbre au segment inférieur de la poignée, et les deux suivantes au corps.

(2) Il résulte des constructions précédentes que le cartilage xyphoïde et la ligne blanche, chez l’homme, sont l’analogue de ce sternum abdominal,

SQUELETTE DES UEPTILES. 47 ^

cartilage de la symphyse pubienne l’indique. Le Lézard gris en offre un indice dans une pointe osseuse située derrière cette symphyse (pl. xxvii, fig. ix,ij/). Au contraire, dans le Crocodile, il se forme , entre les os pubis , une large plaque cartilagineuse, avec laquelle se confondent l’extrémité postérieure du sternum abdominal et la sixième côte hypogastrique. Cette plaque représente un sternum pelvien très-développé , ayant la forme aplatie que j’ai signalée en décrivant le sternum abdominal de certains Sauriens, et qui est d’une haute importance , surtout pour l’interprétation exacte de la carapace de plusieurs Chéloniens.

DCLXV. Membres du tronc. Chez les Serpens , il n’y avait de membre essentiel au tronc qu’un seul impair ; la colonne vertébrale caudale et les membres pairs se trouvaient réduits à d’imparfaits rudimens. Ce membre terminal impair persiste chez les Sauriens : j’en ai indiqué la construction à l’article de la colonne vertébrale rachidienne. Des membres pairs du tronc se développent complètement , et dans toute la plénitude de leur segmentation ternaire. On voit d’abord paraître , dans le Bipes , ceux de derrière , qui caractérisent spécialement lés Reptiles, en leur qualité de Gastrozoaires, qui, par cela même, sont d’ordinaire les plus forts , et dont nous avons déjà trouvé des vestiges dans les Ophidiens. Ensuite se montrent , dans le Bimanus , les antérieurs , qui sont en général plus délicats et construits d’après un type supérieur. Puis on voit à la fois, dans les Seps et Chalcis , des membres thoraciques et des membres abdominaux, tous extrêmement petits. Enfin les Sauriens proprement dits ont ces deux paires de membres parfaitement développées (1).

DCLXYI. La structure des membres est , chez la majorité des Sauriens , conforme en tous points au type que j’ai déjà indiqué dans la construction générale du squelette osseux. Chaque membre représente une colonne de corps vertébraux, composée d’os manifestement diconiques, et qui, en s’éloi-

(i) Site singulier Amphiuma means appartient à cet ordre, et ne fait pas plutôt partie du précédent, comme tout porte à le croire, il nous fournirait l’exemple de membres sans os , et purement charnus encore.

474 squelette des reptiles.

gnant de l’arc protovertébral , se divisent par deux et par trois. Tous les Sauriens , lTchthyosaure excepté , ont donc un article supérieur simple.

DCLXVII. Cet article supérieur , aux membres de derrière et de devant , est simple , et déjà semblable à l’humérusetau fémur humains ( pl. xxvii , fig. ix , oo).

DCLXVTIK Les inter-articles , entre les articles supérieurs et inférieurs , l’olécrane et la rotule , ne sont presque point développés , surtout aux membres abdominaux. Je trouve seulement, chez le Lézard gris , un noyau cartilagineux plat dans le tendon des muscles extenseurs. Mais , aux membres thoraciques, on observe fréquemment les inter-articles , sous la forme de rotules ou d’olécranes libres (pl. xxvn, fig. ix,p). Tel est , d’après Meckel , le cas de Xlguana delicatissima , du Polychrus marmoratus, des Lacerta ocellata et viridis.

DCLXIX. L’ article inférieur est ordinairement partagé en deux , radius et cubitus , tibia et péroné (pl. xxvu , fig. ix , qq). Chez lTchthyosaure , où les membres sont fort oblitérés et pinniformes , cet article , par lequel commence ici le membre , est encore simple , et n’offre qu’un indice de division.

DGLXX. A X article terminal , tant des membres thoraciques que des membres abdominaux , le nombre cinq est déjà le diviseur dominant. LTchthyosaure, qui ne présente point encore de distinction entre les articles carpiens, métacarpiens et phalangiens, est le seul où l’article terminal des deux paires de membres se divise tout simplement ( comme la nageoire ventrale , par exemple , des Poissons réguliers ) en six colonnes vertétébrales , dont les deux externes sont les plus fortes , et dont chacune consiste en des rangées de noyaux diconiques , au nombre de vingt-quatre à trente. Chez la plupart des Sauriens, au contraire , comme , par exemple , dans le Lézard gris , on trouve cinq doigts aux deux paires de membres et l’on peut distinguer des articles carpiens , métacarpiens et phalangiens.

Cependant, on trouve encore des rapports numériques plus imparfaits , par exemple des cas de division par quatre, et où , en conséquence , chaque os de l’article inférieur ne se partage qu’en deux colonnes vertébrales. Ainsi le Crocodile du Nil a bien quatre doigts aux membres caractéristiques de

la classe , ceux de l’abdomen ; mais il en a cinq à ceux de la poitrine. Chez les Ophidi-Sauriens même , l’article terminal est tout-à-fait simple , et parfois divisé seulement en deux, trois ou quatre doigts.

Enfin je dois faire remarquer que , sous le rapport des membres , l’Iehthyosaure fait manifestement le passage aux Poissons , comme le non moins remarquable Ptérodactyle le fait aux Oiseaux. Celui-ci paraît être le premier des animaux supérieurs chez lequel la nature soit arrivée à métamorphoser les membres pectoraux en ailes ; mais probablement elle n’y était parvenue que d’une manière fort imparfaite ; car un seul doigt a pris l’ extension qu’on remarque dans tous les os du bras des Chéiroptères.

Au reste, c’est une source abondante de considérations, que précisément les formes transitoires les plus remarquables de la classe des Reptiles aient disparu (1).

DCLXXi. Lorsqu’on peut distinguer un article carpien ou tarsien , un article métacarpien ou métatarsien , et des articles phalangiens , Y article carpien ou tarsien se rapproche de ce qu’il est chez les Salamandres. Chaque rangée, au lieu des cinq à six os se rapportant à la division par dix, quelle devrait offrir d’après la construction typique , n’en présente qu’un à quatre , surtout aux membres postérieurs , et même chez les grands Sauriens, dont le squelette a pris d’ailleurs un si grand développement. En général donc , une paire de ces os semble être la continuation du cubitus et du péroné (2).

Ainsi le carpe et le tarse sont développés d’une manière incomplète , de même que , chez les Poissons , l’article supérieur du membre entier se trouvait encore oblitéré.

DCLXXII. Le métacarpe ou le métatarse et les phalanges sont parfaitement développés.

Les os de l’article métacarpien ou métatarsien sont partout simples , diconiques , et en même nombre que les doigts.

Les doigts consistent en colonnes de corps vertébraux ou de

(1) Oken a parfaitement démontré ( Isis , 1819 , p. 1788 ) , contre l’opinion de Sœmmerring , que le Ptérodactyle était réellement un Reptile.

(2) Cuvier, Annal, du Mus, , t, Xil , pl. 11 , fig. i3 et 16.

petits os diconiques , et aboutissent en grande partie aux ongles ou aux griffes du dermatosqueletle.

Une chose remarquable , c’est la progression régulière suivant laquelle le nombre des phalanges augmente ordinairement de dedans en dehors ( pl. xxvii , fig. ix , r"' ). Ainsi , par exemple, dans le Lézard gris ^ on trouve deux phalanges au doigt interne ( pouce ), trois au second, quatre au troisième, cinq au quatrième , et trois au cinquième. Le doigt externe est aussi le plus long et le plus fort dans le Ptérodactyle, c’est-àdire que là il est le doigt alaire. On ne saurait méconnaître le rapport qui existe entre cet allongement régulier des colonnes de l’article terminal (d) et les rayons des nageoires de Poissons qui , plus longs dans le milieu , deviennent plus courts vers le côté interne. On trouve même, chez les plus parfaitsd’ entre les Sauriens , tels que les Crocodiles , des rudimens d’une membrane natatoire unissant ensemble ces colonnes. Pour rendre l’analogie plus parfaite encore , quelques doigts perdent leurs ongles , ce qui les fait ressembler davantage à des rayons inermes de nageoires.

Au reste , l’inégalité du nombre des phalanges annonce un type inférieur ; car, d’après la construction normale , il devrait y en avoir trois, par répétition des deux rangées du carpe ou du tarse et de l’os métacarpien ou métatarsien.

Ii. Squelette de lu télé. •"'<*

DCLXXIII. La colonne deutovertëbrale de la tête diffère trèspeu dans les Sauriens de ce qu’elle est chez les Serpens. Elle continue à se trouver dans le même plan que celle du rachis , c’est-à-dire à suivre une direction horizontale. Les diamètres transversal et vertical ne diffèrent pas non plus beaucoup de ceux du rachis , et y comme chez les Ophidiens , les vertèbres faciales sont ouvertes pour le passage de l’air.

DCLXXIV. La vertèbre occipitale ressemble tout-à-fait à une vertèbre rachidienne , comme chez les Serpens. Son corps est également pourvu d’une tête , qui forme une articulation

(1) V. mes Tabul. illustr., cah.II , pl. ix fig. 7.

très-complète avec la cavité cotyloïde de la première vertèbre cervicale (pi. xxx , fig. xiv , 1 ) (1).

DCLXXY. Lsl première intervertèbre n’est pas seulement développée complètement en lames basilaires et tectrices , dans les genres supérieurs , le Crocodile par exemple ; mais encore les lames basilaires (rocher) se divisent d’un côté en supérieures et inférieures , de l’autre, en antérieures et postérieures ( pi. xxx , fig. xiv , 1 , « , a * , (3 , (3 * , pour les pièces antérieures et postérieures des lames basilaires ; 1 b , 1 b * , pour les pièces supérieures de ces mêmes lames). Il résulte de là que la vertèbre auditive entière peut se développer d’une manière très-complète dans cet ordre , ce qui est fort remarquable , à cause de la. coïncidence entre le perfectionnement de l’organe auditif et celui des membres extérieurs.

Du reste, la cavité auditive., formée par la vertèbre auditive ,' renferme encore dans son intérieur une concrétion amylacée ; extérieurement , dans la caisse du tympan , on y remarque un simple osselet de l’ouïe [columella) , qui cependant est libre dans une bien plus grande étendue que chez les Batraciens , et qui se porte depuis la membrane tympanique jusqu’au vestibule. J’ai parlé plus haut de sa signification comme répétition interne de la vertèbre sensorielle. II est remarquable ici par sa forme diconique , quoique très-allongée, qui le fait ressembler à un os métacarpien (pl. xxx, fig. xviii , B).

DGLXXYI. Le corps , les lames basilaires et les lames tectrices de la vertèbre centricipitale sont complètement développés aussi (pl. xxx , fig. xiv, 11, a, b, e). Les lames tectrices (os pariétaux ) sont grandes et fréquemment soudées ' ensemble.

DCLXXYII. Dans nul des Sauriens que j’ai examinés, je n’ai pu trouver aucune partie de la seconde intervertèbre constituant un os distinct. Mais , chez beaucoup de Sauriens , l’idée de cette intervertèbre se répète dans l’œil lui-même , par l’an-

(i) Ce que Spix considère , -dans le Crocodile, comme pièce épineuse dé' la vertèbre occipitale , est é videmment l’os wormien ou la pièce épineuse delà première intervertèbre. , ,

4?8 SQUELETTE DÈS RETT1LËS.

neau d’ écailles osseuses de la sclérotique ( fig. xviïi , a).

DCLXXVIII. Les lames tectrices (os frontal) sont les parties de la vertèbre sincipitale qui cnt acquis le plus de développement (pl. xxx, fig. xiv, iii c). Les pièces basilaires ( ailes antérieures du sphénoïde ) sont très-oblitérées , et ne constituent des os à part que dans les grandes espèces ( pl. xxx, fig. xiv, 3 c). Le corps (corps antérieur du sphénoïde) est également oblitéré (fig. vin , 3a.). Dans les petites espèces, il ressemble à une simple épine ; il a davantage la forme d’une vertèbre dans le Crocodile.

DCLXXIX. Je n’ai trouvé aucun os distinct de la troisième inter vertèbre. Nul anatomiste ne décrit non plus de pièces osseuses qu’on puisse y rapporter ; car il n’existe pas de laine cribleuse proprement dite. On pourrait tout au plus ranger ici les cornets nasaux cartilagineux sur lesquels le nerf olfactif se résout en filets.

DCLXXX. La ‘première vertèbre faciale (OS ethmoïde) est surtout développée dans ses lames tectrices et sa lame mitoyenne ou cloison. Cette dernière forme la cloison d»i nez (pl. xxx, fig. xiv, iv c). Les lames tectrices constituent lès os propres du nez , qui sont surtout très-longs et forts dans le Crocodile (pl. xxx, fig. xiv, ivc). On rencontre quelquefois un vestige de corps vertébral ( iv a ) , qui représente le vomer, mais qui se soude ordinairement avec les lames basilaires de la vertèbre suivante.

DCLXXXI. Par opposition avec la première , qui n’ést développée que comme lame de séparation et lames tectrices , là seconde vertèbre faciale ne l’est que dans ses lames basilaires (pl. xxx , fig. xiv, v b). Ces lames (cornets du nez) se soudent ordinairement avec les côtes qui leur appartiennent , les os maxillaires supérieurs , et quand ces derniers ne se ferment pas en bas , pour produire la voûte palatine , on les voit paraître à nu à la voûte de la bouche. C’est ce qui a lieu dans les petites espèces , par exemple dans le Lézard vert et dans l’iguane , où Spix les considère à tort comme os palatins. Ghez les grandes espèces , le Crocodile , par exemple , on les trouve déjà dans le canal nasal , presque comme chez l’homme.

PGLXXXII. La troisième vertèbre faciale (pl. xxx, fig. xiv,

SQUELETTE des EEPTÎLÊSi 4? 9

VI ) n’est indiquée ici par aucun os distinct, mais seulement par ses côtes ( l’ intermâchoir e ) .

DCLXXXIII. Les côtes céphaliques cessaient déjà de ressembler à des côtes , pour la forme , et d’être mobiles dans les espèces d’Ophidiens qui font le passage aux Sauriens. Chez ces derniers , elles sont généralement plus fortes , plus larges et plus immobiles encore. Ce qui caractérise surtout cet ordre , c’est qu’on y voit se prononcer d’un manière bien manifeste les côtes de la seconde et de la troisième vertèbres crâniennes, qui souvent manquaient encore tout-à-f ait dans les formations inférieures.

DCLXXXIY. La première vertèbre crânienne est sans côtes.

La seconde offre un appendice costal pair et bien prononcé (pl. xxx, fig. xiv , ii g). Cependant cet appendice n’est développé que comme pièce tergale de la côte (palatin postérieur , os omoïde ) ; il tient solidement à la seconde vertèbre crânienne , de même qu’en arrière à la côte de la première intervertèbre (os carré), et en devant à la troisième côte crânienne (palatin moyen). Chez les petits Sauriens, ces os sont élancés et ressemblent davantage à des côtes. Dans les grands , le Crocodile par exemple , ils sont soudés en un large os avec les côtes de la troisième vertèbre crânienne.

DGLXXXV. Les côtes de la troisième vertèbre crânienne ressemblent, dans leur développement, à celles qui viennent d’être décrites. On n’en aperçoit non plus que la portion tergale (pl. xxx, fig. xiv , in g). Quelquefois une pièce osseuse particulière , qu’on peut regarder comme le rudiment d’une pièce sternale supérieure ( ni g' ) , unit cette côte , ainsi que celle de la première intervertèbre , à la mâchoire supérieure. Cette pièce osseuse est donc l’os palatin médian , ou le crochet ptérygoïdien de l’homme. Elle porte parfois encore des splanchnodents. C’est chez les petits Sauriens qu’on l’aperçoit le plus distinctement, Dans les grandes espèces , le Crocodile par exemple , il n’y a que le rudiment de la pièce sternale qui constitue un os à part , la pièce tergale étant soudée avec la seconde côte crânienne. Cette dernière pièce a cependant ici cela de particulier encore de se réunir au côté ventral, en s’appliquant exactement au bord postérieur des véritables os

48ô SQUELETTE DES EÉETlLES.

palatins , et de contribuer ainsi à prolonger le canal nasal.

DCLXXXYI. Comme les précédentes, les quatrièmes côtes céphaliques (véritables os palatins) sont développées seulement dans leurs portions tergales , et ouvertes au côté ventral, chez les petits Sauriens (pl. xxx, fig. xiv , iv g). Spix considère à tort comme véritables palatins antérieurs les cornets nasaux, qui s’avancent jusque dans la voûte du palais, ce qui l’oblige de considérer les vrais palatins comme des parties de l’apophyse ptérygoïde interne et les analogues des cornes antérieures de l’hyoïde.

Dans les grands Sauriens , le Crocodile par exemple , les côtes palatines , ou de la quatrième vertèbre céphalique , se ferment complètement au côté ventral, séparent ainsi tout àfait la cavité orale du canal nasal (cavité respiratoire antérieure de la tête) , et offrent pour la première fois le prototype d’un thorax fermé à la tête.

DGLXXXVII. Seconde paire de côtes faciales, OU cinquième de côtes céphaliques. Chez tous les Sauriens , mais principalement dans les grandes espèces,. les os maxillaires supérieurs sont très-développés , et partout ils portent des dents. Chez les petits Sauriens , ils manquent encore des portions sternales , de sorte qu’ils ne se réunissent point au côté ventral (pl. xxx , fig. xiv, v g). Mais, chez les grandes espèces, le Crocodile par exemple, ils se ferment au côté abdominal, comme le font les os palatins , et complètent ainsi le thorax respiratoire de la tête.

• DCLXXXVIII. Les sixièmes côtes céphaliques { intermâchoires ) sont faiblement développées , comme dans les formations qui ont été décrites plus haut. La sixième vertèbre cervicale n’ayant pas pris de développement , elles s’adossent d’une manière immédiate l’une à l’autre (pl. xxx, fig. xiv , vig) , et tantôt se prolongent en avant sur la ligne médiane , pour former une cloison des narines , comme dans l’Iguane , tantôt se courbent latéralement en arcs , et représentent ainsi une pleine protovertèbre , qui , chose également très-significative , enveloppe les narines , comme chez le Crocodile (1).

(x) Dans les Crocodiles à long tnaseau, les os maxillaires se ferment égale»

DCLXXXIX. Si l’on jette un coup d’œil général sur le développement des côtes céphaliques proprement dites , on reconnaît (pl. xxx, fig. vm ) qu’elles forment une série non interrompue depuis la seconde jusqu’à la sixième vertèbre céphalique, et qu’elles vont en grandissant jusqu’à la cinquième, qui est la plus forte , tandis que la sixième se trouve réduite à de faibles proportions.

Il nous reste maintenant à examiner les intercôtes , qui sont également développées, chez les Sauriens, d’une manière assëz complète aux trois intervertèbres.

DCXC. La première intercôte { os carré) conserve absolument le même type que chez les Serpens ; elle ne se distingue ici que par sa connexion plus intime avec le crâne et par sa largeur plus considérable.

tlne circonstance digne surtout d’être remarquée , c’est que le bord postérieur de l’os carré , qui correspond au cercle tympanique de l’homme, offre déjà une forme annulaire dans les petits Sauriens , et porte également la membrane du tympan (pl. xxx , fig. xiv , ig* ).

Le segment antérieur de l’os carré ou de la première intercôte , qui correspond à l’apophyse zygomatique de l’os temporal humain , n’est ordinairement développé que dans sa portion tergale , de sorte qu’il se termine par l’apophyse articu» laire pour la mâchoire inférieure (pl. xxx , fig. xiv , i g" ). Sa portion sternale , qui est destinée à l’articulation avec la seconde intercôte (jugal), n’est, indiquée , dans les petits Sauriens , que par un simple ligament. Dans l’Iguane et le Crocodile , au contraire , elle se développe en un os à part , qui établit alors une connexion complète entre la première et la seconde intercôte ( pl. xxx, fig. xii , ig"").

DGXCI. La seconde inter côte (os jugal) se compose , en général , comme chez les Poissons, de trois pièces, savoir, deux tergales et une sternale. Elle entoure donc complètement forment d’une manière immédiate à leur partie supérieure; au devant des os du nez. On voit que Geoffroy Saint-Hilaire s’est souvent trompé dans sa détermination des os delà tête du Crocodile , et j’en citerai pour exemple encore ce qu’il dit des pariétaux,

bite en arrière et en dehors (pl. xxx, fig. xiv, % g, 2 g', 2g").

DCXGII. La troisième intercôte ( os lacrymal ) , moins développée que les deux autres , s’applique immédiatement à Vintermâchoire (pl. xxx, fig. xiy, 3g). Elle reçoit l’extrémité de la seconde , de même que cette dernière reçoit celle de la première.

DCXCIII. En étudiant d’une manière générale le développement des intercotes , nous voyons qu’elles augmentent en sens inverse des côtes proprement dites , que l’antérieure est la plus faible , et la postérieure la plus forte (pl. xxx , fig. xiv). Leur rapport avec les organes sensoriels devient aussi déplus en plus prononcé. Le segment postérieur de la première entoure déjà en grande partie la cavité auditive extérieure (eaisse du tympan) ; la seconde entoure l’œil , et la troisième complète la fermeture latérale de la cavité nasale.

DCXCIV. Membres céphaliques. On ne trouve que des membres pairs à la tête des Sauriens.

De même que chez les Ophidiens , les membres crâniens seuls sont développés , et comme leur formation diffère peu de ce qu’elle est dans les Serpens , je puis renvoyer pour ce qui les concerne à ce que j’ai dit de celte dernière.

Les membres crâniens postérieurs (opercules) manquent entièrement.

Les membres crâniens antérieurs (mâchoire inférieure) ne sont encore développés non plus que comme article inférieur et article terminal. Ils se joignent encore par une fosse articulaire avec leur côte (segment antérieur de l’os carré). On distingue fort bien leur segmentation en cinq pièces principales, dont deux (pl. xxx, fig. xiv, pp' ) représentent les deux os longs de l’ article inférieur, deux (y§) les interarticles (olécrane et tubérosité du radius ) , et un (as) l’article terminal, divisé en portion externe et portion interne. Les articles terminaux , en se réunissant ensemble solidement , ferment l’arc de la mâchoire inférieure , qui est toujours armé de fortes dents (1).

(ï) Rien n’est pins propre à faire connaître la signification de ces parties de la mâckoirç inférieure , que la figure donnée par Spix (pl. v? fig. i) de

squelette des keptiles.

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