III. Dermatosquelette
DCCCCVII. Si une grande solidification du dermatosquelette caractérise les organismes inférieurs, son peu d’épaisseur et de Consistance doit être le caractère des organismes supérieurs. C’est ainsi, en effet , que nous le trouvons chez- l’homme. Ce qui , aux derniers échelons du règne animal , s’offrait sous la forme de plaques dures et cristallines à la surface du corps, est remplacé ici par les feuillets cornés extrêmement minces de l’épiderme. Et une chose fort remarquable , c’est que , malgré cet amincissement , les feuillets épidermiques portent encore des traces de la division géométrique propre aux dermatosquelettes osseux , comme on peut s’en convaincre lorsqu’on examine l’épiderme humain à la loupe sur le dos de la main. La disposition stellaire des écailles cornées rappelle , mais très en petit, le dermatosquelette d’un Ostracion par exemple, tandis qu’au côté interne des membres, elles forment des lignes rappelant les anneaux protovertébraux , par exemple ceux qui se voient au côté ventral d’un grand nombre d’Ophidiens. Il en est de même aux extrémités des membres : chez les animaux , le dermatosquelette y avait de la tendance à produire des sabots et des ergots , c’est-à-dire à prendre la forme conique, qui caractérise toujours la terminaison d’une série de vertèbres; mais, chez l’homme , il ne reste plus , représentant les ongles des doigts et des orteils , qu’un segment de la superficie d’un de ces cônes cornés , nouvelle répétition d’une formation inférieure portée à une plus haute puissance.
DCCGCVIII. Lés portions rayonnantes et tritovertébriformes du dermatosquelette ne sont pas moins atténuées , chez l’homme , que les parties enveloppantes et protovertébriformes. Tandis ^qu’il arrive si souvent à ces productions , chez les animaux , d’acquérir un grand degré de solidité , ce qui est le cas , par exemple , des piquans , des soies et des plumes , elles ne se présentent chez l’homme que sous
6o8 particularités du squelette chez l’homme, la forme la plus raffinée , celle de poils ; et si , de plus /cette formation rayonnante n’est plus répandue d’une manière totalement indifférente sur toute la surface du corps , mais se concentre exclusivement sur des régions déterminées par certaines considérations , elle acquiert du moins là son maximum de développement. Mais, si l’on recherche avec soin les lois qui président à cette répartition , les circonstances suivantes semblent devoir être prises plus particulièrement en considération.
1° Le côté lumineux de l’organisme , celui qui s’éloigne le plus du côté terrestre et qui regarde l’univers , est , dans l’homme , comme chez l’animal , celui qui a le plus de tendance à un rayonnement multiplié.
2° On ne peut méconnaître , dans ces ravonnemens squelettiques , une tendance , en antagonisme parfait avec celle du névrosquelette , à produire précisément les parties qui ne sont point développées dans ce dernier.
3° Enfin , le dermatosquelette a aussi de la tendance à indiquer de nouveau , par ses rayonnemens déliés , les points où, dans les organisations inférieures, les rayonnemens appartenant à la surface se présentaient sous la forme de membres et de branchies.
DCCCCIX. Sous le premier point de vue, on explique pourquoi , même chez l’homme , la surface crânienne supérieure de la tête est la plus velue , et pourquoi aussi , bien que la surface tergale ne soit plus, à proprement parler, le côté lumineux , le côté tergal , tant du tronc que des membres, est cependant le plus chargé de poils , car c’est là une répétition atténuée de l’étatde choses qui prédominait chez les animaux.
Sous le second point de vue , on explique pourquoi la formation des poils s’effectue principalement dans les régions où certaines parties élémentaires du névrosquelette , possibles d’après la construction géométrique , ou en puissance, n’ont cependant pas d’existence réelle ou actuelle. Ainsi nous trouvons en cela une seconde cause de la chevelure, et en même temps une condition de son développement plus considérable , puisque des apophyses épineuses et même des membres supérieurs impairs ( comme les nageoires crû-
PARÏICÜLÀRÎTÉS DtJ SQTJËLETTE CHEZ l’HOMME. GûQ
niennes des Poissons ) peuvent naître sur la surface du crâne. Les considérations précédentes nous ont appris, en outre, qu’à proprement parler , la formation de membres faciaux est sollicitée aux côtes faciales absolument de même que celle des membres crâniens ( dont on trouve des vestiges osseux chez les Poissons) l’est aux côtes crâniennes; et ceci nous explique aussi pourquoi , en l’absence des membres faciaux , que des motifs supérieurs empêchent de se développer au névrosquelette , les poils se développent à la région maxillaire supérieure , mais , chose extrêmement remarquable à son tour , chez le sexe masculin seulement , dont la nature sollicite plus vivement la formation des membres en général. Sous le troisième point de vue, enfin, si l’on n’a pas oublié que , déjà chez les animaux les plus inférieurs , des membres tactiles se développent autour de la bouche , des faisceaux de branchies autour de l’anus, des membres de toute espèce, supports d’œufs , lames branchiales incubatrices , etc. , autour de la région génitale , et qu’il est très-commun de rencontrer des faisceaux branchiaux unis à des membres ( principalement chez les Crustacés ) , on ne pourra point non plus méconnaître que les formations pileuses autour de la bouche , de l’anus et des parties génitales , ainsi qu’à la base des membres , sous les aisselles, aux aines et à l’articulation de la mâchoire inférieure, chez l’homme , sont des répétitions manifestes , quoique extrêmement atténuées et plus significatives, auxquelles la différence des sexes imprime souvent les plus grandes modifications.
DCCCCX. Si déjà la contemplation des partiesMu dermatosquelette , envisagé sous ces divers points de vue, nous a paru un problème aussi compliqué qu’intéressant , et qu’il n’était possible non plus que de signaler ici , le champ s’agrandit encore lorsqu’à chacune des parties qui le constituent, nous portons aussi nos regards sur les diversités de leur coloration , c’est-à-dire sur les dépôts de pigment qu’elles effectuent. Mais n’ayant pas la possibilité d’entrer dans aucun détail à Cet égard , je me contenterai de faire remarquer qu’il est très-significatif que la principale race humaine , c’est-à-dire la caucasique , ait les parties enveloppantes de l’épiderme in-
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