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tébrale. Ainsi la doctrine des parties solides du squelette vient à l’appui de l’ opinion déjà admise par Meekel, que ces sortes de monstres doubles proviennent d’un germe primordjalement simple. Je renvoie à d’autres temps le développement de cette grande vue , qui permet qu’à l’aide d’un système complet de combinaisons, toutes les multiplications possibles de vertèbres et de formations costales soient déduites des parties élémentaires simples une fois données (1).
DCCCCL. Les difformités de la colonne vertébrale rachidienne et crânienne de l’homme, qui rapprochent de nouveau l’une de l’autre les formations de ces deux moitiés du corps, n’offrent pas moins d’intérêt. Ici se rapportent les cas de scission des deutovertèbres , où ces parties persistent dans l’antithèse de leurs moitiés latérales, sans arriver à la synthèse, et où la division anormale s’étend uniformément sur la région rachidienne et la région crânienne. C’est ce qu’on voit , par exemple , dans le spina hifida, avec hémicrânie , où souvent les vertèbres crâniennes ne paraissent, guère plus développées que ne le sont d’ordinaire les vertèbres sacrées. Un fait très-significatif , c’est que, quoique l’on voie ainsi jusque chez l’homme lui- même la vertèbre crânienne se rabaisser à la formation de la vertèbre rachidienne , jamais on n’a observé de cas pathologique dans lequel les vertèbres rachidiennes se fussent élevées à produire un crâne.
DCCCCLI. Les courbures anormales de la colonne vertébrale méritent une attention spéciale , en ce qu’elles fournissent également de nouveaux et inléressans points de vue , dès qu’on les examine par rapport à la colonné vertébrale rachidienne entière, depuis la vertèbre nasale antérieure jusqu’à la vertèbre caudale postérieure. En effet, l’étude de l’état normal nous montre qu’à proprement parler il ne doit y avoir
(i) Il est fort remarquable que , par exemple dans les colonnes vertébrales ainsi placées vis "à vis l’nne de l’antre, les arcs costaux, changent, c’est-à-dire qu’en cas de deux crânes opposés, ceux des arcs costaux de chaque côté qui sont tournés l’un vers l’autre, forment une face qui consiste en deux moitiés appartenant à deux crânes différens. V. à ce sujet le mémoire sur les monstres doubles , dans mes Kleinè Alhandlungen zur. Relire won Sçhwangerschaft und Geburt, X, I,p. 22s.
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dans cette ligne que des inflexions d’arrière en avant et d’avant en arrière ; mais d’un côté ces courbures peuvent devenir exagérées , et de l’autre une inégalité dans la nutrition des deux moitiés latérales du corps peut donner lieu à des déformations morbides. Les inflexions latérales peuvent également contribuer à rendre la connaissance de la colonne vertébrale entière plus facile. C’est aux extrémités de cette colonne qu’elles ont le plus de tendance à survenir et qu’elles troublent le moins la vie. Elles se manifestent
1° A la colonne vertébrale faciale , par l’obliquité du nez vers la droite ou vers la gauche , anomalie qu’on observe dans les contrées et les familles où les difformités du rachis sont fréquentes, mais qui se rencontre fréquemment aussi chez des individus exempts d’autres difformités ;
2° À la colonne vertébrale caudale , par l’obliquité de la vertèbre caudale.
Ces difformités sont plus rares que partout ailleurs au crâne, et je n’en connais d’exemple que sur un crâne de Poulain, conservé dans le cabinet de l’école vétérinaire de Iéna , qui m’a offert une scoliose complète des corps des vertèbres crâniennes, qu’on ne rencontre d’ailleurs jamais qu’à la colonne des corps vertébraux rachidiens.
DCCCCL1I. Les dimensions et les connexions des vertèbres rachidiennes et crâniennes subissent aussi diverses modifications très-significatives. Telles sont les ankylosés de plusieurs vertèbres , qui doivent être regardées comme des imitations de la manière dont le crâne et le sacrum se comportent ; telles sont aussi les divisions insolites, qui laissent souvent apercevoir des parties primaires entre lesquelles il n’existe pas de séparation dans les premiers temps de l’organisation normale, comme la scission, d’ailleurs fort rare, des pariétaux en deux moitiés, supérieure et inférieure , qui fait paraître distinctes les unes des autres les lames tectrices supérieures et inférieures de la vertèbre centricipitale.
DCCCCLIII. Enfin , pour ce qui concerne les colonnes tritovertébrales du côté ventral , on doit surtout attacher de l’import nce à celles des difformités humaines qui marquent le passage aux caractères particuliers des colonnes vertébrales
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sternales des animaux. Elles servent d’ailleurs à mettre dans tout son jour la signification du sternum comme colonne vertébrale , attendu qu’il se rencontre des cas où des prolongemens du sternum se rendent jusqu’à l’arcade pubienne, de même que chez le Crocodile , qu’il y en a d’autres où les vertèbres se séparent plus distinctement les unes des autres, enfin qu’on en rencontre où cette colonne vertébrale est divisée en deux moitiés latérales semblables à celles entre lesquelles le sternum scapulaire se trouve ordinairement engagé chez les Reptiles et les Oiseaux.
III. Formation pathologique des arcs protovertêbraux du sque * lette.
DCCCCIV. On doit surtout signaler ici les difformités des arcs costaux de la tête , parce quelles permettent d’assigner avec plus de facilité qu’on ne le peut dans l’état normal , la signification primordialement propre à telle ou telle partie. Ainsi le bec de lièvre nous offre évidemment la séparation des côtes faciales antérieure et médiane , qu’on a si long-temps considérées , chez l’homme , comme ne constituant qu’un seul os. Il est même remarquable que la scission ne s’opère jamais qu’à l’endroit où les deux côtes sont distinctes l’une de l’autre , même lorsqu’elle ne porte que sur les parties molles extérieures. Du moins ne connais-je pas un seul cas , chez l’homme, où elle ait été observée sur la ligne médiane y ce qui annonce, dans l’organisation la plus élevée de toutes, une certaine tendance à se fermer autant que possible vers ses limites extrêmes , même dans l’état pathologique.
DCCCGLY. La scission de la voûte palatine , ordinairement accompagnée delà séparation des côtes faciales antérieures , est très-propre aussi à mettre dans tout son jour l’analogie du thorax de la tête et dé celui du tronc , puisque cette même scission s’observe également au tronc chez les monstres qui ont seulement le cœur à nu.
J’ai déjà dit plus haut combien les faits de monstruosité sont propres à mettre en évidence la nature des côtes de la vertèbre auditive -, car , lorsque la mâchoire inférieure manque ,
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ces côtes se réunissent ensemble' et embrassent souvent ainsi le rudiment du pharynx , absolument de même que l’anneau produit par les premières côtes circonscrit l’œsophage.
DCCCCLYI. Quant aux arcs costaux du tronc , leurs monstruosités ont surtout cela de remarquable que , d’un côté , l’adhérence et l’immobilisation de plusieurs d’entre eux produisent un type rapproché de celui des côtes céphaliques , et que , d’un autre côté , la persistance de la scission en deux moitiés latérales , dans ces arcs qui sont normalement soudés en une seule pièce , annonce une dégradation et un retour de la forme qui leur est propre dans les organisations supérieures à celle qu’ils affectent chez les organismes inférieurs. Le premier cas se voit assez souvent aux côtes de la poitrine , dont plusieurs se soudent ensemble , à peu près comme le font l’intermaxillaire et la maxillaire supérieure ; le second s’observe surtout aux vraies côtes , dont la destination normale est de se fermer complètement (dans les monstres à cœur découvert ) , et aux os du bassin ( dans la scission de l’arcade' pubienne).
Du reste , il résulte de ce que j’ai dit en parlant des colonnes deutovertébrales , que la colonne protovertébrale tout entière peut également se diviser et devenir multiple.
IV. Formations pathologiques des colonnes vertébrales de membres.
DCCCCLVII. Les difformités qui se rangent ici sont la plupart du temps simples et d’une interprétation si claire , que je n’ai pas lieu de m’étendre beaucoup sur leur compte. Ordinairement elles ont le caractère d’oblitérations ; et alors , pour ce qui concerne les membres du tronc , on voit presque toujours l’oblitération porter sur les articles supérieurs ( par analogie avec cç qui a lieu dans leur développement), et les articles terminaux s’appliquer d’une manière immédiate au tronc. Je n’ai à signaler que quelques cas importans pour la connaissance des analogies des parties élémentaires.
DCCCCLYIIL Parmi ces cas , je range : 1° une monstruosité qui n’est pas très-rare chez les Oiseaux; car je l’ai trouvée
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sur un Moineau et Otto dans une Poule ; elle consiste en ce que chacun des deux membres crâniens inférieurs (chaque moitié delà mâchoire inférieure) demeure complètement séparé de l’autre. Non-seulement elle fait très-bien ressortir la signification de membres latéraux en général, mais encore elle est, remarquable par sa fréquence plus grande dans la classe des Oiseaux, qui répète celle des Insectes; car la présence de membres latéraux mobiles à la tête , chez les premiers de ces animaux , rappelle ce qu’on observe , à cet égard , chez les seconds.
. DCCCCLIX. On doit rapprocher de cette difformité ;. 2° une autre monstruosité des membres du corps qui est importante en ce quelle offre une élévation de ceux-ci au type des membres céphaliques , dé même que celle dont je viens de parler indiquait le passage d’un membre céphalique au type des membres du tronc. C’est le cas où les deux membres pelviens se soudent et se confondent en un seul , de sorte que les membres supérieurs sont encore séparés comme parties de membres latéraux , mais que les inférieurs se trouvent réduits à un. De là résulte que les deux membres pelviens acquièrent, relativement à la partie inférieure du tronc , la même conformation que les membres crâniens inférieurs à l’égard de la têtë. Ce qu’il y a encore de très-significatif ici, c’est que celte monstruosité ne se présënte qu’aux membres pelviens, qui, en raison de leur situation, correspondent exactement aux membres inférieurs du crâne , d’après le parallélisme entre la tête et le tronc.
DCCGCLX. Enfin, je dois parler aussi de l’augmentation ou de la diminution du rayonnement des colonnes tritovertébrales des membres. J’ai fait voir plus haut que primordialement ces articles terminaux ont une tendance à se diviser par six en proportion croissante des rapports entre l’article supérieur et l’article inférieur, comme 1 ! 23X2, et que cette tendance ne peut être convertie en 3 x 2 que par l’apparition de nouveaux antagonismes. Il est donc très-significatif que celte division en six se manifeste réellement dans le cas de formation exubérante , et que le côté externe du membre, où j’ai démontré qu’existe la disposition à produire un sixième
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doigt, soit précisément celui où il s’en développe le plus souvent un. Cependant la scission en deux d’une colonne vertébrale originairement simple est possible encore sur tout autre point , par conséquent aussi au côté interne , et de là vient qu’il n’est pas rare non plus d’observer la division dichotomique du pouce.
DCCCCLXI. Je termine ici ce que j’avais à dire des formations pathologiques du squelette, et en même temps la série des recherches par lesquelles je me suis efforcé d’arriver à la connaissance de l’unité qui fait la base de toute formation squelettique. Une époque viendra où , poursuivant avec ardeur la voie dans laquelle je me suis engagé , on sera généralement convaincu que l’esprit humain n’éprouve, de véritable satis-, faction dans la science qu’ après s’être bien assuré qu’il y a conformité entre la loi simple de la raison et la nature.