DÉVELOPPEMENT DU REGNE AN1MÀ.L
XYI. Mais l’ antagonisme le plus élevé à la manifestation duquel arrive la vie végétale , est celui des sexes, c’est-à-dire des germes de l’ovaire et des grains polléniques de l’anthère. Ces deux substances expriment avec une grande pureté l’antagonisme entre ce qui anime, ou détermine la formation, et ce qui fournit les matériaux, ou réalise la formation. Mais cet antagonisme n’a lieu que sur un seul point, dans la fleur. Le reste de la substance végétale en offre bien des traces , chez les espèces supérieures , dans les vaisseaux aériens , ou trachées, qui se rapportent essentiellement aux anthères, et dans les vaisseaux aqueux ou intercellulaires, qui se rapportent essentiellement au germe ; mais il n’est encore là que purement élémentaire , c’est-à dire représenté par des substances élémentaires de la vie terrestre , et non par des substances particulières , propres à la vie végétale. C’est donc à cet antagonisme suprême entre les germes et le pollen qu’aboutit le développement individuel de la plante , tomme dualité ; car V unité de la graine , qui procède de cette dualité, n’appartient plus à l’ancienne plante , et elle est déjà le commencement d’un nouvel individu.
Recherchons maintenant quelles particularités l’antagonisme intérieur doit offrir pour qu’un organisme soit essentiellement supérieur, à la plante , pour qu’il appartienne au règne animal.
L’animalité ne saurait se rapprocher plus purement de la végétalité que quand l’antagonisme entré des substances particulières , les unes plastiques et les autres déterminant la formation, qui n’apparaissent qu’au sommet de la vie végétale, pénètre l’organisme entier, comme le fait, dans les plantes, l’antagonisme élémentaire de l’air et de l’eau , et réunit par là sur chaque point les conditions de l’accroissement et de la vie.
Or cet antagonisme général s’observe aussi en réalité dans la vie animale , sous la forme des globules du sang (répétition des Ovules dè‘ l’ovaire ) et de la masse ponctiforme de la moelle nerveuse ( répétition des grains polléniques ), ou , pour s’exprimer plus brièvement, sous celle de sang et de moelle nerveuse. Comme la. nouvelle individualité de la graine procède du pol- ' len et de l’ovule , de même aussi l’unité de la vie animale ré i
BÉVELOÏ>PEMEKlr DU RÈGNE ANIMAL, ^9
suite toujours du sang et de la moelle nerveuse. On peut dire que l’animal subsiste par une génération continuelle entre le sang et la moelle nerveuse, qu’en chaque point de sa substance les antagonismes d’un principe planétaire ou plastique et d’un principe solaire ou animateur se confondent pour produire l’unité de son existence propre , et par cela même sa spontanéité. Mais , pour qu’indépendamment de la reproduction individuelle , la génération sexuelle de nouveaux individus se manifeste aussi dans l’animal , il faut que l’ antagonisme du pollen et des ovules se répète une seconde fois , de manière qu’il se comporte à l’égard du sang et de la moelle nerveuse comme celui du pollen et des ovules le fait , dans la plante , à l’égard de l’air et de l’eau. Or ce nouvel antagonisme est celui du sperme et du jaune de l’œuf.
Ces divers antagonismes peuvent être présentés sous la forme du tableau suivant :
Plante.