‹ Traité élémentaire d'anatomie comparée, suivi de recherches d'anatomie philosophique ou transcendante sur les parties primaires du système nerveux et du squelette intérieur et extérieur (volume 2)Chapitre 25 sur 129 · Mollusques pourvus de membres · texte numérisé non relu

Mollusques pourvus de membres

XXXVI. }Le§ nerfs des Brachiopodes sont encore peu connus. Cependant Cuvier a découvert dans la Lingulè , autour de la région œsophagienne , quelques ganglions, qui appartiennent , sans le moindre doute , à un anneau nerveux primaire.

Les nerfs sont plus faciles à apercevoir dans les Cirripèdes.. L’œsophage est entouré d’un anneau nerveux , mais on ne découvre au dessus de lui aucun ganglion , ni par conséquent de nerfs sensoriels (optiques) libres, Mais, au dessous, se trouve un ganglion , d’où partent deux cordons nerveux qui marchent , le long; du ventre , vers l’extréniité anale , en s’unissant à quatre reprises différentes pour forjner des ganglions * d’où partent des nerfs;pour les pieds. Cette formation se rapproché donc déjà de celle des nerfs dans les animaux articulés ;(1).

rXXXV'IL À un plus haut degré sont placés les Ptérqpodes, qui non-seulementse détachent du sol , mais encore ont des organes sensoriels supérieurs, des yeux développés. Ce progrès doit s’exprimer dans le système f nerveux . En effet , d’après Cuvier, l’anneau nerveux primaire offre deux ganglions au dessus de Ï’ œsophage , et un de chaque côté. Derrière l’anneau , s’en trouve encore un second , qui est uni au premia par des filets nerveux. P). v, , ■ • ,

de rfiésopnage un ganglion correspondant, au cerveau Humain , sons le point de vàè- de sà shruàtibn , ët àuqtiêi , par ce Ènoti'f , on donne le nom de ganglion cérébral 6ti de cerveau. Il doit donc être intéressant d’étudier lés nerfs , qui en émanent comme autant de -rayons. Mais '-si - rions réfléchissons qu’il est la première apparition d’un ganglion au êô'té 'lumineux , nous reconnaissons aussi que eenxcle ses nerfs qui se terminent librement vers le monde extérieur , comme nerfs sensoriels, ne peuvent être que des nerfs de la lumière, c’est-à-dire des nerfs, optiques,, ; et, c’est ce qu’ils; sotit en effet. Ce ganglion est donc l’analogue de là première masse, cérébrale des Céphalozoail-es ,> c’est-à-dire des corps quadrijumeaux , proposition fort importante pour la construction de la formedacérvéaa de'sanimàux supérieurs. — V. d’ailleurs la ligure du système ‘nèrvëttx dà Colimaçon et de la Limace dans Cuvier , loc. cil. , pi. ir, fig. 3 , i a , fig. 12 , b , fi.

(r) Voyez la figure dans Cuvier, loc. ci t.. Mémoire sur les animaux

des Anatifes et Balanes , fig. 11. - .

(2) Voyez la figure dans Cuvier, foç. cit., Mémoire sur le CZto , fig. '4 , y ;

44 développement DU SYSTÈME NE11VEUX.

XXXVIII. Maisc’est chez les Céphalopodes que nous trouvons le système nerveux le plus développé , et offrant la réunion de tous les traits épars qui ont été décrits jusqu’ici. Ce qu’il y a encore de plus essentiel dans ces animaux , c’est l’anneau nerveux primaire, qui entoure le commencement de l’œsophage , mais le serre étroitement. Cet anneau est large et fort ; il présente surtout à sa partie supérieure une masse médullaire ou cérébrale qui , presque à l’instar des corps quadrijumeaux de l’homme , se partage en renflemens postérieurs et antérieurs. Au dessous de l’œsophage , les ganglions disparaissent si bien, pour faire place à des commissures très développées , qu’on n’aperçoit plus qu’un simple élargissement de ces filets jointifs, sorte de résidu des ganglions latéraux qui existent chez un grand nombre de Mollusques (pl. xxi, fig. vi ) (1).

Les Céphalopodes sont donc les premiers animaux chez lesquels le ganglion cérébral acquiert décidément la prépondérance sur les autres portions de l’anneau médullaire. C’est donc aussi chez eux que , pour la première fois , les nerfs les plus essentiels du ganglion cérébral apparaissent purement développés , et qu’ils vont gagner sans se diviser l’organe par cela 1 2 même très-développé de la lumière , ou l’œil. Mais c’est chez eux aussi , pour la première fois J que , par antagonisme parfait avec ces nerfs lumineux émanés du ganglion cérébral , nous voyons le côté terrestre de l’anneau médullaire fournir des nerfs sensoriels destinés à l’appréciation des rapports de masse et de pesanteur. Mais la masse , c’est-à-dire le mobile dans l’espace , s’annonce , d’après sa nature propre , par le mouvement intérieur , par l’oscillation , c’est-à-dire par le son. Ainsi , comme les nerfs les plus essentiels du côté cosmique ou lumineux doivent être les Optiques , de même les nerfs les plus essentiels du côté terrestre doivent être les auditifs(pl. xxi , fig. VI , a , nerfs optiques , b , nerfs auditifs ) (2). Antagonisme fort important et pur , dont la manifestation à ce degré de l’échelle animale est un des faits les plus importans et les

(1) Voyez la figure de l’anneau médullaire du Poulpe commun , dans Cuvier , loc . cit. , . pl. i , fig. 4 , “7*

(2) Voyez Cuvier , loc, cit, , fig. 4 > 6 ■

plus {significatifs de ceux que l’anatomie philosophique nous révèle.

Du reste , outre ces nerfs sensoriels purs et indivis , l’anneau nerveux des Céphalopodes produit encore les nerfs viscéraux et de mouvement que nous trouvons aussi , mais moins développés , chez les autres Mollusques. Le développement plus considérable de ces nerfs , dans les Céphalopodes , s’annonce par les renflemens ganglionnaires réguliers que forment les nerfs des bras émanés des renflemens latéraux de l’anneau nerveux, par les beaux ganglions étoilés que forment les nerfs antérieurs de cet anneau , et par les plexus des nerfs viscéraux qui naissent au voisinage des précédens.

Ainsi l’anneau nerveux primaire simple paraît avoir atteint le plus grand développement possible chez ces Mollusques , et les animaux compris dans les classes supérieures doivent par conséquent avoir un système nerveux où l’on retrouve ce même anneau devenu multiple.

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