‹ Traité élémentaire d'anatomie comparée, suivi de recherches d'anatomie philosophique ou transcendante sur les parties primaires du système nerveux et du squelette intérieur et extérieur (volume 2)Chapitre 26 sur 129 · Animaux articulés · texte numérisé non relu

Animaux articulés

XXXIX. Si nous recherchons ce qu’il y a de particulier dans l’ensemble de la structure des animaux articulés , nous trouvons que leur corps est partagé en un nombre déterminé de segmens , dont chacun doit toujours être considéré comme la répétition d’un autre (1) , mais dont l’antérieur acquiert un plus grand développement , et porte le nom de tête. Ce type laissera aussi son empreinte dans le système nerveux, et la formation nerveuse d’un segment devra répéter celle d’un autre.

Mais l’anneau étant la formation nerveuse primaire , chaque segment du corps tendra aussi à le représenter. Cependant , 1° cette tendance se manifestera diversement dans les divers segmens , en raison de leur dignité ; 2° de même que , dans la

(i) Ainsi , par exemple chez les Vers , nn segment du corps contient toujours les. mêmes organes que celui qui le précède immédiatement. Ainsi l’on trouve dans chaque segment do. corps de la Sangsue une. dilatation intestinale, une paire de vésicules respiratoires , une anse vasculaire , une paire de testicules et un ganglion nerveux.

première apparition d’un système nerveux , les masses de substance médullaire devaient se réunir par des commissures , de même aussi on doit trouver des commissures unissant les divers anneaux nerveux primaires.

XLX. Examinons d’abord , en général , les caractères par lesquels un système composé de plusieurs anneaux primaires unis ensemble peut annoncër qu’il est plus ou moins parfaitement développé. Ces caractères se rattachent à la formation de chaque anneau nerveux primaire , au nombre et aux rapports mutuels de ces anneaux , enfin à la nature des commissures qui les unissent ensemble.

Quant au premier point, j’ai déjà discuté précédemment ( § XXXI) les formes fondamentales de l’organisation plus ou moins parfaite de l’anneau nerveux , et , en renvoyant le lecteur à ce paragraphe , je ne dois m’attacher ici qu’au seul cas dans lequel l’anneau nerveux lui-même n’est plus fermé. Lorsque cet état de choses a lieu ( pl. xxi , fig. ix ou fig. xn) , il indique toujours , 1° que la masse médullaire sensible a gravité vers un seul côté , quelle s’est accumulée uniquement du côté lumineux ou du côté terrestre; 2° qu’il règne une unité plus prononcée dans l’anneau. Ces deux conditions font que les filets nerveux formant anneau, qui ne remplissaient d’abord que l’office de commissures entre les divers centres sensibles au pourtour d’un segment du corps , deviennent des nerfs rayonnans proprement dits.

L’anneau nerveux primaire ouvert doit donc être considéré comme une formation supérieure à l’anneau fermé, c’est-à-dire exprimant mieux l’unité ; sa supériorité augmente quand l’ouverture est située au côté terrestre, l’accumulation centrale de moelle nerveuse au côté lumineux , enfin cette dernière masse volumineuse et développée ; elle diminue, au contraire, quand l’état de choses inverse a lieu.

XLI. À l’égard de la seconde circonstance, le rapport numérique le plus inférieur qui présidera à la multiplication de l’anneau nerveux primaire, sera celui de la pluralité indéterminée, et le plus élevé celui qui exprimera des répétitions déterminées légitimement. Mais le plus beau rapport mutuel a

lieu quand les anneaux nerveux diffèrent entre eux, qu’ils

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sont subordonnés les uns aux autres , ainsi que leurs niasses centrales sensibles , et qu’ enfin on observe un centre suprême et commun à tous.

XLII. En ce qui regarde la dernière circonstance, les commissures qui établissent l’union la plus parfaite et la plus intime entre les anneaux nerveux sont plus parfaites que celles qui les unissent d’une manière plus faible. Ainsi lés commissures entre abc , fig. xiv, pl. xxi , sont plus parfaites que celles entre 5 c d, fig. xnr: Cependant , comme l’unité de chaque anneau nerveux ( en quelque sorte son représentant) est le ganglion nerveux , et que quand plusieurs anneaux nerveux doivent smnir ensemble de manière à produire une unité supérieure , l’elet doit avoir lieu par une union établie entre ces unités, c’est-à-dire entre les ganglions , la nature des commissures dépendra toujours de celle des ganglions, qui déterminera particulièrement leur situation , ainsi que leur force. Si donc les masses centrales sont placées au côté lumineux , ce sera là aussi que Se développeront les commissures ; s’ils occupent le côté terrestre , les commissures apparaîtront également sur ce point. Si les ganglions sont volumineux et développés , les commissures seron t plus grosses et plus multipliées ( elles auront , pàr exemple , des fibres croisées , comme dans lafig. xv , a ) ; si les ganglions sont incomplètement développés, les commissures le seront aussi.

XLT1Ï. Après ces considérations générales , passons à l’exa- ' men de la formation nerveuse dans les animaux articulés.

Ces animaux étant dés Côrpozoaires , Vanneau nerveux primaire demeurera la forme la plus essentielle de leur moelle sensible , ét il arrivera au plus haut degré de développement dans ie segment le plus développé du corps. Mais ce segment est la tête ; c’est donc dans la tête que nous retrouvons l’anneau nerveux , chez les animaux articulés , comme chez les Mollusques ; mais il est plus développé chez les plus parfaits de ces animaux que chez les plus parfaits d’entre les Mollusques ; le ganglion situé au dessus de l’oesophage , .ou le ganglion cérébral, existé notamment partout,.et souvent même il est plus parfait que dans les Mollusques. Les autres segmens du corps répètent bien cette formation d’anneau , mais d’une manière plus

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imparfaite ; laformation ganglionnaire y reste à un degré moins élevé , il ne s’y produit de ganglions qu’au seul côté terrestre, et ces ganglions deviennent les représentans essentiels de leurs anneaux nerveux , qui nulle part ne se ferment plus complètement vis-à-vis du ganglion , circonstance d’où résulte , pour ces ganglions ventraux , un degré de dignité un peu plus élevé ( § XL ). Du reste , les commissures ne peuvent être non plus qu’imparfaites; car elles sont situées au côté terrestre, comme les ganglions , elles sont faibles et étendues , et , de même que les ganglions, elles n’arrivent point à un haut degré de développement.

Nous obtenons donc de cette manière le type exprimé par la fig. x , a, b, c , pl. xxi , et nous trouvons que ce type, prolongé d’une manière indéfinie en arrière et diversement modifié , est caractéristique pour tous les animaux articulés.

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