‹ Traité élémentaire d'anatomie comparée, suivi de recherches d'anatomie philosophique ou transcendante sur les parties primaires du système nerveux et du squelette intérieur et extérieur (volume 2)Chapitre 29 sur 129 · III. Céphalozoaires · texte numérisé non relu

III. Céphalozoaires

L. L’anneau nerveux primaire , composé de commissures, a donc paru d’abord autour de là cavité stomacale, remplissant l’office de système nerveux du tronc. Puis , devenu masse nerveuse annulaire dans la tête, il est toujours resté à la partie la plus essentielle du système nerveux , chez les Cor pozoaires, qu’il fût d’ailleurs plus en rapport, soit avec la peau, soit avec l’intestin. Mais on peut déjà induire de là qu’une section du règne animal qui doit être caractérisée , non plus par la prédominance du corps végétatif, le tronc, mais par celle du corps animal , la tête, doit l’être également par une formation nerveuse autre que cet anneau. Or , quand les commissures formant anneau entre deux ou plusieurs ganglions , au pourtour d’un segment du corps , ne sont plus la chose essentielle , il

„(i) Voilà pourquoi il arrive même quelquefois au derrantosqueleîte d’entourer les ganglions ou leurs commissures par des dentovertèbres développées en dedans.

faut que celle -ëi soit un ganglion lui-même et la commissure qui unit les ganglions des divers segmens du corps ou anneaux nerveux primaires.

Li. Si donc il apparaît un système nerveux où , dans chaque segment du corps articulé , il ne se développe qu’un seul ganglion , mais puissant et situé au coté lumineux, c’est-à-dire tergal , et qu ensuite les divers ganglions de tous les segmens du corps soient réunis entre eux , par des commissures , en une grosse masse centrale nerveuse , et ramenés ainsi au type d’une unité supérieure ( pl . xxi , fig. xiv , a — dj ‘ ce système , parfaitement approprié à l'idée d'un animal que caractérise ia prédominance du développement dé là tête , constituera un système cérébral. Si , ën outre, soit par une répétition du type annulaire primitif sur le trajet dès nerfs essentiels aux ganglions lergaux ; soit par une subordination de plus en plus parfaite entré lëÿgMglicins eùx-mêmës , oflraùt d’aillëur s dés proportions nüittëriqüés très-variées , Un pareil système nerveux devient susceptible de subir des modifications infinies et de présenter un type tantôt plus et tantôt moins élevé , cette circonstance, qu’on pourrait désigner sous le nom àe perfectibilité illimitée, correspond encore davantage à l’idée d’un Céphalozoaire.

. Examinons donc comment le développement , soit des ganglions et de leurs commissures, soit des nerfs rayonnans, peut exprimer un type différent, tantôt plus et tantôt moins parfait.

LU. À. Ganglions et leurs commissures.— -Si les ganglions,

- presque toujours largement étalés et réunis par de faibles commissures, que les animaux des classes précédentes offrent dans les divers segmens de leur corps , sont ici plus concentrés et unis par de fortes commissures , il résulte de ces deux facteurs l’idée d’une masse nefo/euse centrale déposée au côté lumineux ou tergal. ■ ,

Le plus bas type de cette formation est celui où les deux facteurs se trouvent unis de manière à ce qu’aucun ne prédomine , les ganglions étant en nombre indéterminé et parfaitement égaux entre eux ( pl. xxi , fig. xiv , a , d ).

Un type plus élevé est celui où cet état d’indifférence cesse, de manière que la formation ganglionnaire domine d’un côté , et celle des commissures ou des fibres longitudinales de

DÉVEtOÉ'PEMENT Dû SYSTEME1 TïÈÊVÉTîX:. **>5

Vautre: Comme le ganglion est supérieur à ia commissure', et que les Géphalozoaires, sont caractérisés par la prédominance du ganglion , le développement ganglionnaire dans la masse centrale nerveuse se rapporte à la moitié du corps de l’animal qui est le plus élevée en dignité, au corps animal, ou à la tête, et nous l’appelons cerveau; la prédominance du dévèloppemênt des fibr ès longitudinales a lieu , au contraire , dans le corps végétatif , le tronc , et il en résulte ce qu On nomme la moelle épinière. Cette division a donc pour résultat que la masse centrale nerveuse sê concentre au pôle du cerveau , et la formation des commissures à celui de la moéiié épinière , qüë toute formation ganglionnaire disparaisse , que par conséquent la niasse nerveuse centrale se termine ümquëmèiit. à sa partie antérieure par une masse ganglionnaire et à sa partie postérieure par des filets longitudinaux ou terminaux (pl. xxi , fig. xvi, a , À , x).

Enfin la masse nerveuse arrive au plus haut type quand ses deux portions, primordialemënt égales, entrent îunéà l’égard de l’autre dans un rapport pur de centricité , et que, nonsetfleriiént par soit plus grand développement intérieur , mais encore par la prédominance de sa massé , la portion ganglionnaire , c’est-à-dire le cerveau, acquiert une prépondérance décidée (pl. xxi , fig. xxi ):

Du reste , il est dans la nature de la moelle nerveuse que toujours elle tende à s’accumuler de préférence au cote de V organisme qui est lé mieux tourné vers la luimerë. Il suit de là que le passage du second type àü typé suprême ne peut être Sans influence sur la direction de la massé nerveuse centrale et sur celle du corps entier. En effet , si là niasse îierVeuse centrale et le corps entier sont Koriéôniàûcc , lorsque le cerveau et la moelle épinièrd' conservent encore une sorte d’éqüilibre (pl.xxi , fig. xviî ) , le développement plus consi déràblé dciamassè cérébrale doit déterminer un redressement proportionnel , au moins de la région du corps qui touche au . cerveau ( pl. xxr, fig. xx ■), Mais quand le cerveau devient centre absolu , comme l’était primor dialement la masse de la moelle épinière tout entière , la position respective de la moelle épinière et du cerveau doit changer aussi : la

56 développement du système nerveux.

première , comme pôle de la pesanteur , doit se tourner vers la terre , et l’autre , comme pôle de la lumière , vers l’univers ( pl. xxi ,' fig. xxi ). La station droite des êtres chez lesquels la masse nerveuse centrale est arrivée à ce degré de développement , et surtout de l’homme , se trouve donc expliquée par là (1).

LUI: Les divisions et les rapports numériques des ganglions méritent d’être examinés.

A l’égard des divisions des ganglions , un ganglion de la masse nerveuse centrale, comme toute autre partie quelconque,, exprime son progrès de développement par la division , et cette dernière se dirige dans le sens des divisions du corps animal entier , de sorte qpe le ganglion pourrait se partager, et se partage réellement, en portion inférieure et supérieure, droite et gauche , même antérieure et postérieure. On conçoit que la signification et la fonction de ces diverses parties ne peuvent être les mêmes. > •

Si nous prenons, par exemple., un ganglion de la moelle épinière ( pl. xxi , fig xvi, a, 9 ), et que. nous en examinions la coupe verticale (fig. xnf , A), nous voyons qu’il peut se diviser en moitié supérieure droite et gauche , et moitié inférieure droite et gauche , et que les parties supérieures , qui sont plus spécialement tournées vers la lumière , auront nécessairement par cela même une signification plus relevée , une nature plus sensible, que les inférieures.

Ces divisions, qui, à la moelle épinière, produisent une fente longitudinale en haut et en bas, à droite et à gauche (fig. xn', B), deviennent beaucoup plus fortes encore au cerveau , et y entraînent surtout un plus grand développement des deux portions supérieures situées au côté de la lumière ( pl. xii', C ) , jusqu’à ce qu’ enfin , dans la portion antérieure de la masse cérébrale, qui doit être la plus supérieure de toutes, et se trouver dans l’antagonisme le plus pur avec le filet terminal de la

(1) Le rapport est nécessairement inverse dans le fœtus , puisque le corps de la mère est, en quelque sorte , à l’égard de ce dernier , la terre qui le porte et vers laquelle par conséquent il doit diriger son pôle de la pesanteur. "Voilà pourquoi, chez l’homme et les animaux , la tête et le trope du fcelu? sont situés en sens inverse de ceux déjà mère, j

moelle épinière , on voie disparaître tout-à-fait, en même temps qüe les commissures longitudinales, la moitié inférieure , ou ce qu’on nomme la moelle allongée, d’où résulte que cette masse devient exclusivement un côté lumineux développé.

Au reste , d’après les formes fondamentales de la thèse , de l’antithèse et de la synthèse , qui se reproduisent partout , les progrès de la division amènent la nécessité d’une nouvelle réunion , et de là naissent de nouvelles commissures , non plus entre plusieurs ganglions , mais dans l’intérieur même d’une masse ganglionnaire, et entre ses moitiés divisées (pl. xxï, fig. xn', C , a ).

Mais , indépendamment de ces commissures , la division de la substance ganglionnaire donne encore lieu à une particularité fort importante dans la conformation de la masse nerveuse centrale, à la formation de ventricules. En effet, cette masse centrale,. comme tous les organes importans , comme le corps entier lui-même , naît d’un liquide , qui se consolide d’abord à la circonférence , qui , par conséquent-, est dans le principe creux et rempli de liquide (comme l’œuf). Si le développement fait assez de progrès pour que la circonférence surtout se développe et se divise , la solidification ne se terminera point dans l’intérieur , et il s’y produira des cavités permanentes. Yoilà pourquoi dès que la masse centrale cylindrique delà moelle nerveuse est divisée par quatre fentes parallèles à son diamètre longitudinal, nous la voyons offrir, dans toute son étendue , une excavation , un canal. Mais ce canal ne se déploie complètement que là où le développement de la périphérie du ganglion et sa division sont arrivés au plus haut point, c’est-à-dire dans le cerveau (pl. xxï, fig. xn' C. p)(l), tandis qu’à la moelle épinière, où les parties latérales se séparent moins, le canal s’oblitère. aussi.

LIV. Passons maintenant aux rapports numériques qui s’observent dans la division de la masse nerveuse centrale en ganglions.

(i) C’est par là seulement qu’on parvient à bien concevoir que les ventiicules du cerveau sont des déploiemens du canal de la moelle épinière, à peu près comme le cerveau est un développement plus considérable de çette moelle elle*mème.

Chaque ganglion devant être ( d’après la fig. xiv ) le rëprésentant d’un anneau nerveux primaire , et par conséquent le Centré de la sensibilité d’un article du corps , le nombre dès ganglions doit correspondre à celui dès segmèns du corps , et il est déterminé par les mêmes causés que celles qui déterminent ce dernier.

Mais la division essentielle du corps entier, chez les Cëphalozoaires , celle en corps animal et corps végétatif , en tête et tronc, et la division essentielle dé la niàsse centrale du système nerveux en cerveau et moelle épinière , ont déjà été démontrées. Il ne reste donc plus qu’à examiner s’il peut appartenir un nombre légitimement détermine de ganglions à chacune de Ces deüx moitiés , ou si le nombre en peut être indéterminé dans l’une , et, en second lieu, combien chaque moitié possède légitimement de masses ganglionnaires.

LV. À l’égard du premier point, une proportion numérique indéterminée et variable est toujours un type moins élevé qu’une autre déterminée et invariable. Or le cèrvèau étant la principale moitié delà masse nerveuse centrale, celle qui caractérisé essentiellement les Céphalozoâifes , il est Clair que cet organe doit avoir aussi dès masses gàWgtionnaif es ën nombre àè- ' terminé et invariable , tandis qué ce même nombre petit varier diversemerii à là moelle épinier. e. Celte' loi, évidente déjà Cn elle-même , est pleinement confirmée' par T observation .

Quant au second point , il est naturel que nous nous Occupions d’abord du nombre légitime des masses cérébrales.

Nous avons reconnu précédemment que le premier mode de division, dânS toute formation quelconque, est céîl eëndeuà, et qû’immédiatemént après vient celle Ou l’ unité primaire Se reproduit entre les deux termes provenant de la première , c’est-à-dire la division en trois.

Or la division en deux étant celle qu’affecte d’abord la fiiàssé nerveuse Centrale , on doit s’attendre à ce que la division en trois deviendra essentielle à la segmentation ultérieure de chaque moitié.

Mais les considérations suivantes se réunissent encore pour prouver que la division en trois doit être essentielle au cerveau.

dévÈloppüment du système hervetjx. 5g

Le premier vestige d’un cerveau , chez les Corpozoaires, lé ganglion cérébral sensible , provenait d’ une accumulation de sub « stance au côté lumineux, c'est-à-dire d’un ganglion lumineux, d un ganglion de nerf optique, d’un ganglion optique. Ce, ganglion lumineux devant être aussi , par suite du développement progressif du règne animal , le premier rudiment du cerveau dans les Céphalozoaires , et la nécessité étant pour lui de se subdiviser , mais de telle manière cependant que le ganglion lumineux ressorte de nouveau comme membre essentiel et unité première dans cette segmentation, il doit ss partager en trois, et de telle sortè que la répétition du ganglion optique ôécupe le milieu. Cette loi est également évidente par elle-même, et sur elle repose l’axiome suivant , confirmé par i’ observation : Tous les Céphalozoaires Ont 'une masse optique ( COi’pS quadrijumeaux ) qui apparaît la première dans V embryon , et qui occupe toujours le milieu du cerveau.

LYL La division en trois nous procure donc une masse cérébrale postérieure et une antérieure , entre lesquelles s’en trouve une médiane , qui est la répétition du premier ganglion cérébral simple. La masse cérébrale antérieure ( cerveau, moins les corps quadrijumeaux ) et la postérieure (cervelet) sont donc, les centres proprement dits de toute la niasse médullaire nerveuse du côté lumineux , dans les Céphalozoaires ; mais l’antérieure , celle qui se trouve le plus en antagonisme avec le filet terminal de la moelle épinière , est, comme je l’ai dit , le ganglion dans lequel cessent les commissures longitudinales ( de même que le filet terminal. de la moelle épinière n'est qu’un simple fiîët longitudinal , dans lequel cesse la formation ganglionnaire ) ; et l'on doit la considérer comme un simple développement du côte lumineux de la masse ganglionnaire entière. Ainsi donc , tandis qu’on doit voir dans la masse cérébrale postérieure le centre immédiat delà moellè épinière , l’ antérieure est le foyer du cerveau et de la moelle épinière en môme temps, d’où résulte quelle est encore susceptible d’un développement très - considérable, lequel a naturellement lieu aussi par d’ultérieures segmentations mterhéÀ.

Mais si tout ce qui précède établit que la triade est le

rapport numérique essentiel du cerveau , il s’ensuit aussi que quand une détermination légitime devient dominante dans le nombre des ganglions des autres masses nerveuses centrales, ce ne peut non plus être que la triade qui, en sa qualité d’expression première de la légitimité , doit d’autant mieux se répéter dans le nombre des autres ganglions médullaires , que la tête et le cerveau sont les parties désignantes et par conséquent déterminantes du corps chez les Céphalozoaires.

Il ne nous reste plus qu’à rechercher combien de fois la répétition du nombre trois est commande , par une loi intérieure , dans le reste de là masse nerveuse centrale.

La moelle épinière représentant la réunion des ganglions lumineux des divers segmens du tronc, le développement de ces segmens , qui dépend à son tour de celui de certains viscères du tronc , doit exercer une influence essentielle sur la détermination du nombre de ses ganglions , et comme la nature, en général, tend à réaliser , dans des êtres particuliers , tous les rapports possibles de l’organisation , ce qui est la source de l’innumérable multiplicité des espèces, les rapports numériques qui président à la répétition de la triade des masses cérébrales dans les ganglions de la moelle épinière, doivent être extrêmement variés.

LYII. Mais qu’on parte , soit de la propriété arithmétique du nombre six , comme premier nombre parfait ,oude la construction géométrique de la multiplication possible d’une sphère en une colonne de sphères engagées les unes dans les autres (prototype du corps animal articulé), soit du développement dans l’œuf de l’animal , dont le corps ( déterminé par la colonne vertébrale ) se forme au pourtour d’une sphère ( vésicule vitelline ) , et par conséquent se divise de la manière la plus simple en six parties égales ( comme le plus grand cercle d’une sphère l’est de même par son rayon ) , quelque marche qu’on suive , on arrive toujours à ce résultat que la division du corps animal entier en six régions principales , correspondantes à certaines fonctions fondamentales , est celle qui exprime le plus parfaitement une légitimité déterminée. Ces six régions sont la tête, le cou, la poitrine, l’épigastre, l’hypogastre et je bassin.

nâvËÏ.OPI'ËràEIîT Dtî SYSTEME NEttVÉÜX. ^ I

La division primaire du cerveau étant celle par trois, chaque segment de la masse nerveuse centrale située au dessus des cinq régions du tronc , devrait, à proprement parler, se diviser aussi par trois. Mais comme , dans un organisme parfait, l’éssentialité du tout doit aussi s’exprimer dans la nature des parties , ce serait un rapport plus élevé encore si la division générale par six, qui est la double division par trois , se répétait dans chacun des six segmens du corps. Voilà pourquoi , quoique des rapports numériques extrêmement variés puissent et par cela même doivent s’offrir à nous , dans le règne animal , sous le point de vue des ganglions de la moelle épinière , cependant un rapport numérique tel que la masse centrale nerveuse entière représente une chaîne de 6 X 6 = 36 ganglions, est le plus légitime et par conséquent le plus élevé en dignité (1).

LVIII. Si une première division en six grands segmens et une subdivision de chaque segment en six masses ganglionnaires sont l’état de choses le plus légitime pour l’ensemble de la masse nerveuse centrale , comme le cerveau , d’un côté , est un des plus gros segmens , et d’un autre côté forme la moitié de la masse nerveuse centrale, il devra également avoir une division en six , pour correspondre à un type supérieur de formation. Cette condition peut être remplie , et, dans le règne animal , elle l’est réellement de deux manières : tantôt les trois masses cérébrales demeurent simples , mais le nombre trois se répète dans trois ganglions pairs situés en avant d’elles (pl. xxi, fig. xviii, e, f, g), tantôt les trois

(i) Ces considérations sur les rapports numériques des ganglions sont applicables aussi au nombre des ganglions de la chaîne ganglionnaire des Corpozoaires, chez lesquels également les organisations plus régulières offrent un rapport numérique permanent qui est déterminé-par les nombres trois et six (par exemple a 4 pour les Yers , x 2 pour les larves d’insectes, î -}- 3 6 pour les Insectes parfaits). C’est en ayant égard à ces rapports

de nombre et de forme que l’on trouve la raison mathématique du placement de certains animaux à Un degré plus ou moins élevé, et que l’on exclut l’arbitraire de cette subordination; car il n’ëst pas nécessaire de prouver qu’une organisation développée d’après des rapports numériques plus purs et plus réguliers, d’après des formes plus pures et plus diversifiées, doit occuper un plus haut rang que celle qui n’est point développée ainsi.

6à DÉVELOPPEMENT DU SYSTÈME NERVEUX.'

masses cérébrales elles-mêmes se subdivisent. Si ce dernier cas arrive , la masse cérébrale antérieure , foyer essentiel de tout le système nerveux, est par cela même plus disposée que les autres à se diviser , et à répéter en elle la triade du tout , ce qui a lieu par les couches optiques', les corps striés et la masse des hémisphères. Arrive-t-il en outre à la masse cérébrale moyenne de se partager en deux , nous obtenons une progression de 1 + 24-3 = 6 (pl. xx i , fig. xxi , y, § (1, 2) a (1, 2, ‘3). Du reste , ce dernier mode de division est évidemment supérieur à l’autre , parce qu’il repose sur une segmentation intérieure de parties essentielles , qui annonce toujours un plus haut degré de développement.

La division du cerveau en six parties , jointe à celle de la moelle épinière en 5X 6 ganglions , ne se réalise que dans la plus parfaite des organisations , chez l’honnne (1).

LDL Les nerfs qui se distribuent dans le corps méritent aussi de fixer notre attention.

Les nerfs sont primordialement des espèces de commissures entre les diverses parties du corps et les masses centrales du système nerveux. Cependant , plus ils se développent , plus ils deviennent des moyens de connexion entre ces masses et l’univers , plus ils favorisent le conflit avec le monde extérieur, par l’apperception sensorielle et l’excitation du mouvement. Nous devons donc considérer comme les nerfs les plus élevés en dignité ceux qui se dirigent vers le monde extérieur sans se diviser, et qui, mettant l’individu en rapport avec la nature entière , sont les conditions les plus essentielles d’un dévelop-

(i) Au reste, quand le nombre six apparût dans le cerveau par l’effet d’une segmentation interne ultérieure de ses masses , comme le cerveau était primairement divisé en moitié postérieure et moitié antérieure par un segment médian (ganglion optique) , la répétition de ce segment médian devient nécessaire, et d’autant plus , qu’il est lui-même celle du ganglion cérébral primairement simple. Ainsi donc , entre les trois masses postérieures (fig, xxi, y/3, i a ) et les trois antérieures ( «, i a 3) doit apparaître une partie simple (+). Or cette partie est la glande pinéale, qui, par conséquent, a l’importante signification d’être la troisième répétition du ganglion cérébral primaire, et par conséquent d’annoncer que la formation du cerveau est complète.

BÉVHLOPfEMENT DTJ SYSTÈME NERVEUX. 63

pendent intellectuel infini. Ce sont là les nerfs des sens supérieurs , dans lesquels seuls aussi les extrémités périphérique et centrale se ressemblent , en ce que chacune est garnie d’un ronflement ganglionnaire (î).

DX- Nous aurions à rechercher quels nerfs se rattachent aux diverses masses ganglionnaires centrales , et comment ils s’y unissent. Si les ganglions tergaux , unis par les commissures longitudinales, étaient encore simples et égaux entre eux, il ne pourrait non plus émaner d’eux que des nerfs simples et tous égaux- Si, au contraire, tous ces ganglions, et surtout quelques uns d’entre eux , étaient plus développés et divisés , les nerfs qui leur appartiennent devraient non-seulement avoir un carac tère plus élevé , mais encore se diviser en eux-mêmes.

LXI. Mais les ganglions de la masse nerveuse centrale , outre leur partage en deux moitiés latérales ( qui est la condition de la disposition par paires de tous les nerfs rachidiens offrent encore une division de chaque moitié latérale en une portion Supérieure et une autre inférieure. De là vient que ce n’est point une paire simple de nerfs qui appartient à chaque ganglion , mais que chaque membre de cette paire se compose dé deux origines nerveuses , l’une inférieure et l’autre supérieure (pi. xxi , fig. xii.' A). Or les portions supérieures des ganglions l’ emportant en dignité sur les inférieures , les nerfs qui procèdent des unes et des autres doivent avoir ensemble le même rapport.

Examinons d’abord le développement de ces doubles origines nërveuses.

LXIL Si le degré le plus bas consiste en ce que d’un ganglion simple il sorte de chaque côté un nerf simple , dans lequel les origines supérieure et inférieure ne sont point encore distinctes l’une de l’autre , le plus élevé consiste en ce que les deux origines soient complètement séparées et forment des paires de nerfs différentes (pi. xxi , fig. xii', C). On pourrait

(î) Cette manière d’envisager tes nerfs est la seule qui puisse faire concevoir pourquoi ceux des sens supérieurs perdent entièrement l’aptitude à sentir leurs propres états et ne sont plus propres qu’à percevoir les relations de l’organisme avec le monde. Ainsi le nerf optique est insensible aux coups , aux coupures , aux déchirures.

64 développement du svsteme nekvëux.’

encore concevoir un degré intermédiaire, où les deux origines seraient distinctes de chaque côté , mais ne tarderaient pas à se réunir ensemble (pl. xxi , fig. xii', B).

Si le degré le plus inférieur correspond au ganglion simple, le pius élevé correspondra au cerveau , et l’intermédiaire à la moelle épinière , précisément parce que celle-ci doit être considérée comme tenant le milieu entre le simple ganglion nerveux et le cerveau. L ' observation prouve que les choses se passent réellement ainsi.

Nous trouvons donc que chaque paire de nerfs est formée, dans la moelle épinière , de deux racines , l’une inférieure , l’autre supérieure, et si des recherches récentes ont établi, par la voie de l’observation , que les racines supérieures sont réellement plus sensibles que les inférieures (1), il sera facile de se convaincre , d’après la manière dont j’envisage le cerveau , que la chose ne pouvait être autrement.

Si nous passons au 'cerveau , nous voyons les racines nerveuses supérieures sortir de la moitié supérieure ou lumineuse des ganglions cérébraux , se séparer entièrement des racines inférieures , et correspondre , quant au nombre , aux trois masses cérébrales. De là résultent les trois principaux nerfs qui , tournés librement et simplement vers le monde extérieur, offrent, à leurs extrémités périphériques , un antagonisme pur avec leur masse centrale, dans les ganglions déployés qu’on y remarque, c’est-à-dire dans les nerfs olfactif, optique et auditif se développant en ganglion olfactif, rétine et sac du labyrinthe de l’oreille. Mais , parmi ces trois nerfs , l’optique , qui est le premier qu’on voie naître du ganglion cérébral, se trouve placé dans le milieu, parce que les tubercules quadrijumeaux sont une répétition du ganglion cérébral entre le cerveau proprement dit et le cervelet.

(i) Magendie regarde les racines supérieures comme consacrées exclusivement au sentiment , et les inférieures au mouvement. Cette opinion a été attaquée, et elle peut être blâmée, en effet, comme trop absolue ; mais quand on suit avec attention le développement du système nerveux, il est impossible de douter que les fibres supérieures ou postérieures doivent avoir une sensibilité plus exquise , une signification plus relevée , que les inférieures ou antérieures.

La construction exigerait maintenant , pour correspondre aux trois gros nerfs sensoriels , trois gros nerfs émanant de la moitié inférieure du cerveau , et que j’appellerai accessoires ou complémentaires. Mais, si nous considérons que, des quatre segmens essentiels dans lesquels chaque ganglion pourrait se résoudre ( pi. xxii , fig. Xii, B, C ), les inférieurs ont entièrement disparu dans la masse cérébrale antérieure , qui né représente maintenant que le ganglion lumineux absolu , et > que tout devient développement de la portion supérieure , de celle qui est en rapport avec la lumière , on conçoit que le nerf complémentaire ou accessoire doive s’oblitérer dans la masse cérébrale antérieure , et qu’en conséquence nous ne puissions plus trouver essentiellement que deux paires de nerfs accessoires. Or l’observation nous atteste aussi l’existence réelle d’un pareil état de choses , et , plus l’organisation animale est simple , plus on aperçoit distinctement tant le nerf branchial ou pulmonaire (paire vague) , comme accessoire de la masse cérébrale postérieure et du nerf auditif , que le nerf maxillaire (trifacial ), comme accessoire de la masse cérébrale moyenne et du nerf optique. Du reste, c’est un vestige de développement d’une troisième paire de nerfs accessoires quand, à l’endroit où la masse cérébrale antérieure commence à se déployer, on voit se porter de haut en bas une certaine quantité de moelle médullaire molle et non fibreuse , qui cependant ne tarde pas à se terminer en un bouton médullaire de masse plus grossière. Ce rudiment du troisième nerf accessoire est communément désigné sous le nom à' entonnoir et de glande pituitaire.

LXIII. La formation essentielle du cerveau et les nerfs cérébraux essentiels pourraient donc être présentés sous la forme du tableau suivant :

ni.

Nerf optique.

Cinquième paire.

Nerf olfactif.

Simple rudiment ( entonnoir ).

Comparez avec ce tableau la pi. xxi , fig. xiv , b , ou

fig. XXI.

Je dois cependant encore faire remarquer que le développement supérieur, qui comporte une division plusieurs fois répétée dans l’intérieur du cerveau, exerce aussi de l’influence sur la formation des nerfs , en ce sens que non-seulement les racines supérieures et inférieures, toujours réunies de chaque côté en une paire de nerfs , à la moelle épinière, sont susceptibles de former des nerfs particuliers , mais qu’ encore les diverses racines situées l’une derrière l’autre d’une paire de nerfs simples dans la moelle épinière , peuvent produire des paires de nerfs distinctes , également situées l’une derrière l’autre. Cette séparation , comme tendance à un isolement de plus en plus prononcé, appartient surtout aux paires nerveuses produites par les nerfs cérébraux qui proviennent des racines inférieures , attendu que par antagonisme , les supérieures expriment toujours une unité d’un ordre plus élevé , et la masse cérébrale moyenne , celle de toutes les parties du cerveau entier qui apparaît la première , est la seule dans laquelle on observe cette division simple , au moins du côté lumineux , tandis quelle se répète deux fois dans les nerfs nés du côté terrestre. Il résultera donc de là le tableau suivant :

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