‹ Traité élémentaire d'anatomie comparée, suivi de recherches d'anatomie philosophique ou transcendante sur les parties primaires du système nerveux et du squelette intérieur et extérieur (volume 2)Chapitre 30 sur 129 · I. IL III · texte numérisé non relu

I. IL III

Nerfs du côté Nerf auditif. Nerf optique. Nerf olfactif, lumineux.

Nerf optique pro- Nerf accessoire; prement dit. 4e paire.

Nerfs du côté Nerf pulmonaire. Nerf maxillaire, terrestre.

9% 10% 14e et 3% 5% 6e et 1.2e paires. 7e paires.

Nous avons donc en tout 3X4 = 12 paires de nerfs , nombre significatif en ce sens qu’il répète deux fois le nombre six qui exerce une influence déterminante dans la formation du cerveau.

LXIY. Après avoir passé en revue le nombre et l’origine des nerfs , je dois m’occuper aussi de leur trajet.

Il a déjà fallu précédemment distinguer les filets nerveux en ceux qui forment des anneaux et ceux qui sont purement rayonnans , les premiers ayant un type inférieur, parce qu’ils ne constituaient primairement que des commissure s entre plusieurs ganglions déposés au pourtour du corps. Une différence de ce genre ne peut manquer non plus de se reproduire dans le système nerveux parvenu à un plus haut degré de développement.

Si nous sommes obligés de distinguer, dans ce système nerveux, des nerfs ayant une dignité supérieure, qui se rapportent aux ganglions les plus développés et aux divisions de ganglions , et des nerfs d’une dignité moins élevée , qui se rapportent aux masses centrales moins développées , nous devons déjà conclure de là que les premiers constitueront des nerfs rayonnans purs , et que les autres , au contraire , offriront encore des traces sensibles du type annulaire. Or c’est ce que l’observation confirme pleinement , en- nous apprenant que telle est précisément la raison pour laquelle les nerfs cérébraux en général, et en particulier ceux du côté lumineux , oulés nerfs sensoriels, prennent la forme de simples rayons de leurs masses nerveuses centrales , tandis que les nerfs de

la moelle épinière se rapprochent encore de la forme annulaire par leur marche demi-circulaire au pourtour de la cavité du corps , avec cette différence , néanmoins , que parmi eux , ceux qui se rapportent aux points les plus développés de la moelle épinière , aux points correspondons à l’origine des membres , s’éloignent plus que les autres de la simple marche demi-circulaire.

LXV. Si donc le système nerveux de la moelle épinière , chez les Céphalozoaires , ne nous présente nulle part une manifestation réelle de l’anneau nerveux primaire , comme aussi nous avons déjà vu que nulle part, chez les Corpozoaires , l’anneau nerveux primaire ne se représente pleinement sur le trajet de la chaîne ganglionnaire proprement dite , le vestige de cette formation annulaire dans la tête , qu’on trouve dans tous les Corpozoaires , ne peut au contraire manquer chez les Céphalozoaires , puisque toute série de formations manifeste la tendance à répéter, à son point culminant , les formes d’où elle est partie. Or, cette exigence est remplie d’une manière extrêmement remarquable.

En effet , la masse moyenne du cerveau , celle des tubercules quadrijumeaux, est, comme je l’ai fait voir, celle qui cor- , respond au tubercule lumineux de l’anneau nerveux céphalique ; mais ses nerfs sont tout simplement ray onnans , et il ne se forme plus d’anneaux nerveux autour de l’œsophage. Or les nerfs les plus élevés en dignité de cette masse , ceux qui , déjà chez les Corpozoaires , rayonnent librement , les nerfs optiques, offrent une disposition qui répète cette formation annulaire au plus haut degré de puissance. Les racines provenant du côté lumineux entourent (ce qu’aucun autre nerf ne fait ) . les cordons médullaires longitudinaux , étendus de la masse cérébrale moyenne à l’antérieure , se pénètrent d’une manière intime au côté terrestre du cerveau , entrecroisent partiellement leurs fibres , et ne se dirigent qu’ ensuite de dedans en dehors , pour aller se terminer à la rétine dans l’œil. Nous voyons donc , dans cette direction demi-circulaire des racines des nerfs optiques , et dans l’occlusion du cercle que les deux nerfs décrivent ensemble , l’anneau médullaire des Corpozoaires se reproduire à une plus haute puissance , et

dès-lors nous concevons très-bien le sens qu’il faut attacher a cette disposition insolite.

LXYI. Il ne nous reste donc plus à discuter qu’un seul point de l’histoire du système nerveux supérieur , la formation d’un système nerveux spécial pour les viscères.

En parcourant les principales formes du système nerveux dans les Corpozoaires , nous avons reconnu qu’à proprement parler ce système se développait primairement comme système nerveux splanchnique ; que , plus tard , destiné à établir une relation intime entre le monde et l’individu , il se tournait davantage vers la surface cutanée , opposée à la surface viscérale , et qu’ enfin la première de ces deux circonstances rendait nécessaire , chez les Corpozoaires placés au sommet de l’échelle, que la chaîne ganglionnaire se répétât intérieurement pour produire un système nerveux splanchnique spécial. Si cet effet a dû avoir lieu déjà chez les Corpozoaires , le système nerveux des Céphalozoaires étant parvenu à un bien plus haut degré de formation , mais aussi se rattachant plus intimement à la sphère animale , pour être l’intermédiaire des relations avec l’univers ," une répétition de la première forme de ce système, destinée à la sphère végétative, devenait plus impérieusement commandée encore chez ces animaux.

Dans les Corpozoaires supérieurs, la chaîne ganglionnaire nerveuse essentielle occupait le Côté terrestre , et le cordon nerveux splanchnique se trouvait au dessus d’elle , réuni avec le ganglion cérébral. Dans les Céphalozoaires , la chaîne ganglionnaire nerveuse essentielle est située au côté lumineux ; par conséquent , le système nerveux splanchnique -devait se trouver au dessous d’elle , et , pour qu’un antagonisme pur pût se manifester , il devait partir du ganglion terminal inférieur, de l’anneau nerveux primaire de la tête ( pl. i , fig. xiv ,«,S, 7, §). Mais des causes d’un ordre supérieur s’opposant à la manifestation complète de l’arc nerveux primaire chez les Céphalozoaires , et faisant aussi que les ganglions analogues aux ganglions du côté terrestre des Corpozoaires manquent entièrement , la réalisation de cet antagonisme pur était par cela même impossible. On explique donc par là : ï° pourquoi le

JO DÉVELOPPEMENT du système nerveux.

système nerveux splanchnique doit être placé au dessous de la chaîne, nerveuse centrale ; 2° pourquoi les ganglions de ce système ne pouvant plus se rapporter à un ganglion jointif inférieur d’un anneau nerveux primaire , ils doivent au moins s’accoller aux paires nerveuses demi-circulaires de la moelle épinière , qui répètent à plusieurs reprises cet anneau nerveux primaire ; 3° pourquoi la chaîne nerveuse splanchnique , qui est simple chez les Corpozoaires , doit devenir double chez les Géphalozoaires , ou elle se rapporte à deux demi-cercles nerveux latéraux (pl. xxi , fig. xiv , SS] SS); 4° pourquoi le système nerveux splanchnique se développe davantage au tronc, et s’efface dans la tête , puisque c’est au tronc que les paires nerveuses demi-circulaires de la moelle épinière apparaissent le plus développées , et que le tronc est en général le siège proprement dit de la vie végétative ; 5° pourquoi enfin ce système doit se terminer , dans la tête , à celles des paires nerveuses qui représentent les nerfs intervertébraux , en particulier aux nerfs pulmonaire (vague) et maxillaire (trijumeau).

LXVII. Nous connaissons les traits généraux par lesquels le système nerveux des Céphalozoaires diffère de celui des animaux inférieurs , et par cela même toutes les circonstances qui expliquent la possibilité en lui d’un développement de plus en plus élevé. Maintenant nous allons voir comment ce développement marche peu à peu dans les Poissons , les Reptiles , les Oiseaux et les Mammifères , jusqu’à ce qu’ enfin il atteigne à son point culminant, chez l’homme. Là aussi nous aurons occasion de remarquer que la méthode dont je propose l’emploi exclut entièrement l’arbitraire du classement des for mations par rapport à la subordination organique qu’on doit établir entre elles , et qu’en jugeant d’après l’appréciation de rapports numériques plus ou moins purs , d’après le développement intérieur plus ou moins varié de certaines parties , d’après la manifestation d’antagonismes simples ou devenus multiples , enfin d’après l’apparition de rapports plus ou moins grossiers , plus ou moins beaux , entre les formes , on ne perd jamais de vue des principes mathématiquement démontrés. Quiconque comprend que la forme d’une sphère ou d’un œuf est supérieure à celle d’une grossière motte de terre , et que

développement du système servecx. 71

la manifestation de l’unité dans la pluralité est un rapport plus pur que celui d’une pluralité indéterminée de parties égales en dignité , quiconque enfin s’est élevé à l’idée de l’unité dans la nature , ne pourra méconnaître la supériorité de cette méthode.

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