‹ Traité élémentaire d'anatomie comparée, suivi de recherches d'anatomie philosophique ou transcendante sur les parties primaires du système nerveux et du squelette intérieur et extérieur (volume 2)Chapitre 39 sur 129 · ORIGINE ET COMPOSITION DES PARTIES SOLIDES · texte numérisé non relu

ORIGINE ET COMPOSITION DES PARTIES SOLIDES

répète souvent dans les organisations supérieures, mais comme formation pathologique ( ossification accidentelle ).

CX. 2° D’autres se produisent par la coagulation ou la pétrification en fibres ou en lamelles (1) de liquides exsudés par des surfaces membraneuses la plupart du temps richement pourvues de vaisseaux , de sorte qu’ après la formation de ce corps solide , il n’y a plus aucune réaction plastique entre lui et le reste de la substance animale , parce qu’aucun vaisseau nourricier ne pénètre dans son intérieur.

Ce mode de formation est déjà un peu plus relevé que le précédent ; mais le corps solide qui en résulte n’est encore qu’une excrétion absolument privée de vie.

Ici se rangentles coquilles des Mollusques, les tests des Crustacés, l’émail des dents, les formations cornées, jusqu’à la plus délicate de toutes, l’épiderme, en un mot toutes les parties solides qui , une fois formées par cristallisation d’un liquide exsudé à la surface d’une partie molle et ordinairement vasculaire, cessent de croître.

Au reste , on peut encore établir plusieurs coupes dans ce mode de formation ; mais le but que je me propose ici ne me permet pas de les développer en détail. Ainsi , par exemple , la formation de la coquille ou du test chez les Mollusques et les Crustacés , qui sont pourvus d’un système vasculaire , diffère assurément de celle du test corné des Insectes ; ainsi la formation cornée , chez les Insectes, ne ressemble point à ce qu’elle est chez les Mammifères , où la corne est solidement enracinée dans les parties molles , continue toujours à s’y reproduire , et est repoussée de dedans en dehors. Mais toutes ces formations de coquilles , de cornes , d’ écailles , de soies, de piquans, de plumes et de poils , ont cela de commun qu’une fois complètement développées, elles ne croissent plus, qu’elles cessent dès lors d’être en conflit avec les autres parties molles vivantes , et que leur accroissement tient à de nouveaux dépôts, sur le point où elles touchent à ces dernières, de liqui-

(r) A proprement parler c’est une répétition de la formation décrite dans le paragraphe qui précède; car, ce qni a lieu là pour l’animal entier, arrive ici au liquide exsudé.

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des coagulables, qui, en s’adjoignait à la masse déjà produite, augmentent ses dimensions.

CXI. 3° Enfin certaines parties solides doivent naissance à Xaecuviulation d’une substance terreuse dans l’intérieur de tissus mous , membraneux et vasculaires , de telle sorte cependant que la masse entière ne se pétrifie pas , comme dans le premier cas , mais que le tissu solidifié demeure pénétré de, yaisseaux et en conflit continuel avec les parties molles , circonstance qui élève également ce mode de formation au dessus du second.

C’est de cette manière que se développent le cartilage et l’os , dont aucune partie ne représente une masse privée de vie en elle-même , mais dont , bien au contraire , chaque partie est dans un continuel état de conflit vivant avec les formation molles.

CXII. Le mode d’ accroissement des parties solides ne joue pas un rôle moins important que celui de leur formation, dans la manière dont on doit les classer.

1° Quelques unes d’entre elles, une fois formées, ne s’ accroissent plus en elles-mêmes , et ne font que grandir par des additions extérieures , mais n’en sont pas moins pour cela persistantes.

Tel est le cas des cellules polypïaires des Coraux, du lest des Radiaires, des Bivalves et des Univalves, de l’émail des dents, etc.

2° D’autres , une fois formées , ne croissent plus , quoiqu’il leur arrive quelquefois encore de grandir par des additions extérieures; mais, à de certaines époques , l’animal s’ en débarrasse comme de parties complètement mortes , et les reproduit de nouveau.

Les tests des Crustacés et la plupart des formations cornées, comme le test des Insectes, les piquans, les plumes , les soies , l’épiderme , etc., appartiennent à cette catégorie.

3° D’autres encore es montrent soumises , même apres leur formation , a la loi du renouvellement continuel de leurs matériaux , en sorte qu’elles se détruisent et se reforment sans cesse.

Lès cartilagesyet les os proprement dits sont dans ce cas.

gg 'OP.lGirv'E ÈT COMPOSITION DES PARTIES SOLIDES.

CXIU. Il nous reste encore à examiner la diversité delà substance dans différentes parties, et les différentes espèces de squelettes.

L’ôf^anisme individuel a pour destination , quant à sa substance , dé répéter en lui les élémens de l’organisme terrestre. Ainsi, de même que, dans le corps animal, le principe de l’eau est représenté par le système vasculaire et intestinal, le principe de l’air par le système respiratoire , et le principe du feu par le système nerveux , de même aussi le principe terrestre l’est par le système osseux. Mais la substance du squelette se présente à nous sous trois états différens ; car la matière animale primaire , l’albumine , là substance de l’œuf, se coagule :

4 “ En une masse molle, flexible et pénétrée de parties aqueuses ; cartilage .

2° En une masse molle analogue , mais qui , s’endurcissant à l’air , prend la forme de corne.

3° En une masse molle , au milieu de laquelle des parties terreuses se déposent de manière à ce que le tout produise un corps plus ou moins cassant.

A l’égard de ces parties terreuses elles-mêmes , on voit prédominer en elles tantôt le carbonate de chaux , c’est-à-dire la terre grossière , encore saturée d’acide végétal, et tantôt le phosphate de chaux , c’est-à-dire la terre en quelque sorte spiritualisée , pénétrée de phosphore , qui caractérise les formations animales supérieures. La substance du squelette est appelée testacée dans le premier cas, et osseuse dans le second (1).

(i) Ce tableau suivant fera mieux saisir l'engendrement de cfes parties solides:

Élément indifférent de toute formation organique,

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