‹ Traité élémentaire d'anatomie comparée, suivi de recherches d'anatomie philosophique ou transcendante sur les parties primaires du système nerveux et du squelette intérieur et extérieur (volume 2)Chapitre 45 sur 129 · XVIII · texte numérisé non relu

XVIII

Mais , 1° tantôt une vertèbre secondaire est posée en forme de rayon sur la vertèbre primaire; elle peut ensuite se prolonger en une série d’une longueur indéterminée, et précisément parce qu’elle est rayonnante , elle procède de la sphère

d’après l’hexagone (§ CLV ): Deutovertèbre rayon¬

nante (pl. XXII , fig. xv , F) , et colonne deüto-

VERTÉBRALE RAYONNANTE ( ibid.} F" F'"), OU plus brièvement colonne verté¬

brale rayonnante OU de membre (qui peut être supérieure médiane droite et gauche , ou inférieure médiane droite etgauche ) (pl. xxii, fig. xv, FF', GG',EE').

2° Tantôt l’axe dç la sphère squelettique primaire devenue elle-même

134 application de la construction géométrique. multiple, ou delà colonne proto vertébrale , est parallèle , forme alors une série avec les deutovertèbres homologues des protovertèbres voisines, et se développe surtout d’après la division par quatre , attendu qu’il est déterminé par la sphère primaire tout entière (§ GXLIX) : Vertèbre parallèle

et colonne vertébrale parallèle (pl. XXII , fig. XV,

2 3 ; fig. xvh, 2 2 2).

Cette vertèbre est ou inférieure (sternale), ou supérieure ( tergale ), ou latérale , ce qui fait que la colonne est appelée aussi , par exemple , terf gale ou sternale.

N. B. Du reste , dans les deutovertèbres qui se développent d’après la division par quatre , il peut survenir un autre antagonisme ayant pour résultat que la supérieure et l’inférieure seules soient parallèles à la colonne protovertébrale , tandis que la droite et la gauche (suivant la direction + + + fig. xv ) sont apposées perpendiculairement, comme B B , sur l’axe de la colonne protovertébrale, de manière qu’elles apparaissent sous la forme d’anneaux latéraux ouverts de la protovertèbre. C’est ainsi que naissent les anneaux latéraux dans les arcs costaux du dermatosquelette des Insectes ( stigmates, pl. XxV,fig. XXVII, b b ) , et les trous latéraux des branchies dans les arcs costaux des

application dïï la construction géométrique. i 35 Lamproies (pl, xxvi , fig. h , b).

Mais il doit toujours y avoir , entre les vertèbres apposées perpendiculairement et les vertèbres à proprement parler rayonnantes , un antagonisme , qui consiste en ce qué les premières n’ont point , comme les secondes , une tendance à se multiplier et à se prolonger en colonnes.

Si la triple manifestation de la forme de vertèbre s’accomplit par une répétition de la protovertèbre à la troisième puissance, c’est-à-dire par la formation de sphères tertiaires , il peut aussi résulter de la multiplication de celles-ci une colonne de sphères tertiaires , dont les portions tendent à se transformer en os diconiques. Je donne à chacune des sphères tertiaires en générai , comme troisième répétition de la

forme primaire , le nom de Vertèbre tertiaire ou

tritovertèbre (pl. XXII, fig.

XV , a £ 7 e <P ).

La tritovertèbre peut aussi être , à l’égard de la deutovertèbre :

1° Rayonnante ( surtout dans le nombre six.) , et alors elle peut se prolonger en une série de longueur indéterminée -,

Si alors la colonne deuto vertébrale à laquelle se rapporte cette formation tritovertébrale, est parallèle,

la tritovertèbre reçoit le nom de Vertèbre tertiaire ou tritovertèbre rayonnante , OU apophyse vertébrale ; colonne tritovertébrale

l36 APPLICATION DE LA CONSTRUCTION GÉOMÉTRIQUE.'

rayonnante ou apophyse vertébrale segmentée et prolongée, qu’on distingue en épine droite supérieure ou inférieure, et apophyse latérale transverse supé~ rieur e ou inférieure ( pl.

xxil , fig. XV , y y" e X s'

Si , au contraire , la colonne deutovertébrale est elle-même rayonnante , sa tritovertèbre rayonnante

s’appelle Apophyse d’os de menu

bre ( fig. XV , X ).

2° Parallèle (surtout dans le nombre quatre) , et alors elle peut s’unir en série avec les tritovertèbres homologues des deutovertèbres voisines.

Si alors la colonne deutovertébrale sur laquelle repose cette formation de vertèbres est parallèle ,

l a tritovertèbre s’appelle Corps de vertèbre ou

apophyse articulaire , OU vertèbre articulaire. Ce

corps1 peut être inférieur , supérieur ou latéral ( pl.

xxil , fig. xv , a (3 7 p’).

N. B. Relativement aux tritovertèbres latérales ( p p' ) , on peut voir se répéter pour elles le même rapport que nous avons remarqué à l’égard des deutovertèbres latérales , c’est-à-dire que , par opposition aux inférieures et aux supérieures , qui sont parallèles aux deutovertèbres, elles peuvent s’apposer perpendiculairement sur l’axe de la deutover-

APPLICATION de la construction géométrique. i3y tèbre ( comme p p fig. xv) , et alors elles paraissent y de même que les deutovertèbres latérales , sous la forme d’anneaux dans les côtés de la vertèbre secondaire , ainsi que sont , par exemple , les trous destinés au passage des nerfs , ou les trous de conjugaison. La différence entre les vertèbres apposées perpendiculairement et les autres vertèbres rayonnantes est la même que pour les deutovertèbres.

Si , au contraire , la colonne deutovertébrale est rayonnante , ou colonne vertébrale de membre, la trito-

vertèbre devient , Corps vertébral démem¬

bre , ou os de membre (pl.

XXII , fig. xv, y y y ).

CLXXVIII. Maintenant on doit remarquer aussi que, quand il se développe plusieurs deutovertèbres sur une protovertèbre , ou plusieurs tritovêrtèbres sur une deuto vertèbre , ce phénomène doit toujours être désigné par la fixation, dans la vertèbre , d'un point d’intersection à chaque endroit où devra s’opérer ùn développement. Ainsi , autant de fois le développement de deutovertèbres est possible à la protovertèbre , ou celui de tritovertèbres à la deutovertèbre , autant de fois aussi la vertèbre doit pouvoir se diviser. Or les constructions géométriques des figures qui procèdent du cercle nous ont appris déjà que , d’abord et au plus bas degré, la division s’effectue sans règle et d’une manière indéterminée , mais qu’ ensuite les mesures puisées dans le cercle lui-même deviennent les conditions déterminantes de la division , et que les divisions primaires résultant de là sont celles qui ont lieu d’après le carré et d’après l’hexagone.

CLXXIX. Ainsi la formation simplement close de l’enveloppement sphérique du corps animal peut se partager d’abord en plusieurs segmens de cercle, au moyen de plusieurs lignes délimitantes.

1 38 application de la construction géométrique.

J’appelle ces portions, ou segmens , Segmens de la sphère

squelettique primaire ( pi.

XXII, fig. VI, a (3. e..s).

Les portions d’une vertèbre qui restent comprises entre les points d’intersection et les vertèbres à une plus haute puissance qui se sont

développées d’elle, portentle nom de Segmens d’arcs verté¬

braux, ou arcs vertébraux, ( pl. XXII, fig. XV , I... IV,

et les côtés de 2 ).

Par conséquent , dans une protovertèbre , Arcsvertèbraux primai¬

res OU protovertèbraux , et pour exprimer toutes ensemble les portions de la moitié d’un arc , arcs costaux OU côtes ( pl. XXII, fig. xviii ,abcd).

Et dans une deutovertèbre, Arcs vertébraux secon¬

daires oudeutovertébr aux, OU arcs vertébraux tout court ( pl. xxii , fig. xix ,

CLXXX. Maintenant la division légitime primaire de la vertèbre étant celle par le carré et l’hexagone, et le carré et l’hexagone ne pouvant nécessairement coïncider qu’en deux points , de sorte que , par leur réunion , la circonférence du cercle doit être divisée en Luit parties, il résulte de là que la division primaire du pourtour de toute vertèbre développée à un degré supérieur doit être celle en huit parties, d’inégales dimensions cependant ( fig. xv ) ; que par conséquent chaque moitié latérale , ou chaque arc costal de la protovertèbre doit avoir primairement quatre parties ( fig. xxm , a b c d) , qu’il doit y en avoir autant dans chaque moitié latérale de l’arc vertébral de la deutovertèbre ( fig. xxii , a. . .d ) , que néanmoins la division du pourtour entier de la vertèbre sollicitée à la fois

par l’hexagone et le carré ( fig. xv + et#- + ) doit être la plus durable, et que celle qui repose uniquement sur le carré ( pi. xv , -r + + ) , ou sur l’hexagone ( + + + + ), doit disparaître plus tôt.

CLXXXI. Afin d’avoir aussi des dénominations fixes pour ces portions d’un arc vertébral qui résultent de sa division légitime primaire , j’appelle ,

À. Dans là protovertèbre ,

1° Les deux portions supérieures de chaque moitié latérale, ou de chaque arc costal , Portions ter gales (parce qu’elles

sont les plus voisines du rachis ) (fig. XV, IV, III).

Et la supérieure , Portion ter gale supérieure OU pos

teneur è ( IV ).

L’inférieure , Portion ter gale inférieure OU an¬

térieure ( III ) .

2° Les deux portions inférieures de chaque

moitié latérale , Portions sternales (parce qu elles

sont les plus voisines du sternum) (fig. xv , II, 1).

Et la supérieure , Portion sternale supérieure ou

postérieure (il).

L’inférieure , Portion sternale inférieure ou an¬

térieure ( I ).

B. Dans la deutovertèbre -,

1° Les deux portions

Lames tectrices (parce quelles couvrent le ganglion par le haut ) , ou portions épineuses (parce qu’ elles tiennent immédiatement à l’apophyse épineuse).

Lame tectrice supérieure ou portion épineuse supérieure (fig. XIX, 4).

Lame tectrice inférieure , OU portion épineuse inférieure (fig. xix, B).

supérieures ,

La supérieure , L’inférieure ,

2° Les deux portions

inférieures. Lames basilaires (parce que le

ganglion rèpose sur elles) , ou portions de corps (parce qu’elles se rapprochent le plus de la tritovertèbre ou corps vertébral).

La supérieure , Lame basilaire supérieure, OU por¬

tion supérieure du corps (fig. xix, 2).

L’inférieure , Lame basilaire inférieure, OU por¬

tion inférieure du corps (fig. xix, 1).

CLXXXII. Les parties que je viens d’énumérer étant , à proprement parler , les parties primaires d’où proviennent TOUTES LES FORMES POSSIBLES d’un squelette supérieur, par les modifications les plus variées , V accroissement des unes et l’oblitération des autres, il importe de les avoir toujours présentes à l’esprit dans l’histoire que je vais tracer des parties solides de l’animal. Aussi, pour rendre plus facile de concevoir clairement la manière dont la loi géométrique de la formation du squelette se réalise dans la nature, ai-je fait graver ( pl. xxm) un tableau en lettres, dans lequel 1 désigne la protovertèbre, 2 les deutovertèbres , et 3 les tritovertèbres. Ce tableau , joint à la fig, xv , pl. xxii , suffira pour donner une idée exacte de toutes les parties primaires d’un squelette , et dispensera d’employer un modèle analogue à ceux dont on se sert avec tant d’avantage pour l’étude des formes cristallines. Cependant il serait facile d’obtenir un modèle de ce genre en faisant tourner une grosse boule de bois , détachant la zone médiane de manière à représenter un anneau protovertébral , comme dans le tableau, et fixant ensuite à ce dernier d’autres anneaux en bois plus petits , pour figurer les deutovertèbres , et des corps diconiques plus petits encore pour correspondre aux tritovertèbres (1).

(i) Il ne me parait pas hors de propos d’ajouter encore quelques mots sur les dénominations des parties primaires du squelette qui viennent d’être passées en revue. J’étais fort éloigné de vouloir introduire des noms nonveauxcréés d’une manière arbitraire ; mais la connaissance d’une certaine forme primaire qui se répète à trois reprises différentes dans le système

application de la construction géométrique» i4* CLXXXIII. Si maintenant nous jetons encore un coup d’œil général sur la diversité des formations squelettiques qui procèdent d’une protovertèbre -, si nous réfléchissons que , par la multiplication centrale de l’animal en un corps articulé , la protovertèbre elle-même devient multiple , quelle produit ainsi une colonne protovertébrale , et que toutes les diversités sans exception peuvent se répéter dans chacun des segmens de cette colonne , nous nous formons l’idée d’une multiplicité possible , qui , au premier aperçu , menace d’être une source de confusion par le nombre immense des détails. Si nous songeons, en outre , que cette forme primaire du squelette peut se reproduire trois fois , savoir comme dermatosquelette , comme splanchnosquelette et comme névrosquelette , et que cette triple apparition est possible chez un seul et même individu, le nombre des parties élémentaires monte presque jusqu’à l’infini. Dans un tel état de choses , on doit commencer par bien se pénétrer de cette infinie diversité ; car , pour me servir d’une comparaison , on trouve en elle les diverses couleurs dont la nature a employé certaines , suivant un certain ordre, pour produire des tableaux donnés; elle représente en quelque sorte une gamme , qui ne donne point d’harmonie quand tous les tons se font entendre à la fois , mais seulement lorsque certains d’entre eux frappent l’oreille dans un certain ordre , avec tantôt plus ou tantôt moins de force , ce qui n’em- ' pêche pas que nous ne soyons obligés de connaître la gamme entière pour bien saisir les diverses harmonies.

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