‹ Traité élémentaire d'anatomie comparée, suivi de recherches d'anatomie philosophique ou transcendante sur les parties primaires du système nerveux et du squelette intérieur et extérieur (volume 2)Chapitre 46 sur 129 · CLXXXIV. Avant de quitter ces considérations générales · texte numérisé non relu

CLXXXIV. Avant de quitter ces considérations générales

osseux exigeait que cette forme elle-même et ses répétitions fussent désignées par certains mots qui devaient être nouveaux , puisque les idées à exprimer par eux étaient elles-mêmes nouvelles. Or les dénominations de 'vertèbres primaires {protovertèbres ) , secondaires (deutovertèbres) et tertiaires ( tritover tèbres), m'ont paru être les plus claires, et, quoiqu’il m’eût été facile de forger desmots pour les remplacer, j’ai préféré la clarté à la brièveté. Une fois que ces formes fondamentales simples seront plus généralement connues, on n’aura pas de peine à trouver, soit pour elles-mêmes , soit pour les parties squelettiques qu’on observe réellement chez les animaux et chez l’homme, des noms qui , puisés , non dans des- ressemblances accidentelles de configuration , mais dans une notion exacte de l’essence même du sujet , pourront mériter d’être adoptés généralement.

x/i% APPLICATION DE LA CONSTRUCTION GÉOMÉTRIQUE.

relatives aux parties primaires du squelette , il importe de jeter un coup d’œil sur leurs divers modes de connexion.

Sous ce rapport , il va sans dire que , comme toutes les parties du squelette émanent d’une substance animale molle , liquide même , et que comme le corps animal entier , originellement liquide et plus tard encore mou, forme une unité , toutes les parties squelettiques d’un corps doivent aussi être en connexion médiate : mais, indépendamment de cette connexion médiate , il peut aussi s’en manifester une immédiate , et celle-là peut être ou fixe ou mobile , c’est-à-dire avoir lieu , dans le premier cas, par coalescence, et dans le second par articulation. Plus d’une fois déjà j’ai fait remarquer que le squelette n’acquiert sa perfection intérieure qu’en arrivant à son troisième degré de développement ou de puissance. Ainsi on voit se succéder dermatosquelette , spianchnosquelelte et névrosquelette , coquille calcaire , formation cartilagineuse ou cornée, et véritable os, protovertèbre , deutovertèbre et tritovertèbre. De même , entre la simple connexion médiate des parties squelettiques par la substance animale générale ou la chair , la connexion immédiate par coalescence , et la réunion mobile par articulation , ce dernier mode , qui réunit en lui les deux autres, est le plus parfait. Mais nous avons reconnu , en outre , que ces divers degrés de développement du squelette marchent parallèlement les uns aux autres , et que , par exemple , on ne commence à voir paraître les tritovertèbres et la substance osseuse proprement dite que dans le névrosquelette. Il est donc tout simple qu’on ne trouve d’articulations qu’entre les tritovertèbres et par conséquent dans le seul névrosquelette.

En effet , une connexion mobile peut bien avoir lieu également entre d’autres parties primaires, par exemple entre deux anneaux protovertébraux , deux anneaux deutovertébraux , dans le dermatosquelette aussi bien que dans le splanchnosquelette, et même dans le névrosquelette; mais il n’y a qu’aux tritovertèbres qu’on voie se former des capsules articulaires , .qui , pleines de liquide animal primaire ( albumineux ) , n’enveloppent -aucune autre partie ( par exemple des nerfs ou des viscères ) , et ne soient uniquement destinées qu’à établir

APPLICA.TIOM DE Xâ. CON S T RD CTIO NGÉ OTV1ÉTB.I QDË.

cette connexion mobile. Quant à la condition de celle-ci ellemême , on la trouve déjà réellement dans la forme primaire de la tritovertèbre , c’est-à-dire dans le dicône. Comme le dicône , originellement creux, s’ouvre en forme de godet à chacun de ses bouts , il résulte de là une cavité pleine de liquide albumineux , qui , en s’appliquant à nue autre cavité semblable , s’unit à elle par le moyen d’une capsule close , à peu près de même que dans cette figure > < o > ■** ©. Il se forme donc de cette manière une colonne de tritovertèbres unies ensemble et mobiles les unes sur les autres , qui représente une chaîne d’os diconiques et de capsules articulaires. Or, la capsule articulaire devant être considérée comme une répétition de l’ampoule ou sphère albumineuse de laquelle naît l’os diconique lui-même , on conçoit qu’il y ait tendance en elle à la production de noyaux cartilagineux ou osseux , dont la formation doit cependant être de toute nécessité en opposition avec celle du dicône , de sorte qu’il en résulte ou un os , qui se développe toujours à la périphérie , et constamment d’ un seul côté, parce que l’ossification du dicône commence au centre et s’accroît en rayonnant des deux côtés , ou un cartilage , dont la cristallisation commence bien au milieu de la capsule , mais qui diffère essentiellement de la basé cartilagineuse du dicône, parce que sa substance est fibre-cartilagineuse et parce qu’il ne se transforme jamais en os.

Au nombre de ces formations intermédiaires des articulations, se rangent principalement les os appliqués à la surface des capsules articulaires ,, comme les rotules et les OS sésamoïdes , les disques cartilagineux libres dans l’intérieur de ces mêmes capsules , comme ceux qu’on voit dans les articulations de la mâchoire ou du genou , et même les fibro-eartilages interposés entre lés corps des vertèbres rachidiennes.

CLXXXV. Ayant fait connaître les conditions des squelettes cutané , splanchnique et nerval qui appartiennent au règne animal , ainsi que leurs divisions essentielles primaires , il nousreste maintenant à rechercher quelles sont les causes qui font que telles ou telles parties primaires du squelette se réalisent plutôt que d’autres dans certaines espèces d’animaux, et donnent lieu par là à telle ou telle forme particulière de squelette.

*44 APPLICATION de la. construction géométrique.

Or une pareille discussion ne peut reposer que sur les élémens suivans : 1° recherche des divers degrés de dignité de chacune des parties primaires du squelette lui-même ; 2° appréciation de la nécessité mathématique de telle ou telle partie primaire dans le squelette, et par là j’entends la nécessité idéale de l’apparition d’une certaine partie , par exemple de la formation dedeutovertèbres dans les points d’intersection de la protovertèbre déterminés par l’hexagone , ou de celle de quatre tritovertèbres parallèles et de six tritovertèbres rayonnantes à la surface de la deutovertèbre ; 3° appréciation des parties qui déterminent la formation du squelette , et notamment "des nerfs ; 4° attention à l’antagonisme qui a lieu entre ces parties primaires , eu égard au plus ou moins de développement.

CLXXXYI. Quant à la dignité des diverses parties primaires, les plus essentielles d’entre elles sont la protovertèbre , la deutovertèbre secondaire et la tritovertèbre. Leur dignité ressort de l’office qu’ elles remplissent , car la protovertèbre enveloppe tout le corps animal 3 avec ses viscères ; la deutovertèbre enveloppe la masse centrale nerveuse , et la [ tritover tèbre devient la charpente osseuse solide gui sert à la sustentation et au mouvement . Elles Ont donc rapport à la vie végétative , à la vie nerveuse et à la vie musculaire , Or , de ces trois vies, la seconde est d’un rang plus élevé que les autres. Le développement de la deutovertèbre doit donc être le plus grand , et plus la formation animale est élevée , en totalité ou dans quelqu’une des parties , plus aussi la formation de la deutovertèbre domine dans le squelette.

CLXXXVII. Mais il découle déjà de là plusieurs propositions fort importantes pour l’appréciation des formes squelettiques.

1° Le névrosquelette étant supérieur au dermatosquelette et au splanchnosquelette , il doit se signaler surtout par la formation de la deutovertèbre , ce que les détails de l’anatomie comparée confirment en effet avec la plus grande précision.

2° Le dermatosquelette et le splanchnosquelette étant ceux des trois sortes de squelette qui correspondent à la vie végé:

Application de là construction géométrique, i 4^ tative , la forme de vertèbre qui se rapporte à cette vie , c’està-dire la protovertèbre , doit dominer en eux.

3° Comme la vie végétative prédomine dans les Oozoaires et les Corpozoaires , la vie animale, au contraire, dans les Céphalozoaires , il suit de ce qui précède que la formation de la protovertèbre doit dominer dans les squelettes des premiers , et celle de la deutovertèbre dans ceux des autres. Cette proposition s’accorde parfaitement avec les précédentes / puisque , comme j’en ai déjà fait la remarque plus haut , le névrosquelette ne s’est point encore développé dans les Oozoaires ni dans les Corpozaires.

4° Enfin la remarque précédente sur la dignité des diverses vertèbres est encore confirmée par la proposition suivante que , dans l’animal arrivé au maximum de développement , le tronc étant caractérisé essentiellement par la vie végétative , la tête par la vie sensitive , et les membres par la vie locomotive , le tronc doit l’être aussi surtout par le développement des protovertèbres ( côtes ), la tête par celui des deutovertèbres (vertèbres crâniennes ), et les membres par celui des tritovertèbres{ os de membres) (;!).

CLXXXVIII. Mais la dignité des diverses parties primaires du squelette n’est qu’une des conditions déterminantes de leur réalisation et de leur développement plus ou moins considérable. Une autre condition tient à la sollicitation simple ou plusieurs fois répétée de l’apparition d’une partie quelconque , par suite des lois géométriques qui président à ces formations. Or, en idée, la réalisation de tout ce qui est possible doit nécessairement s’opérer dans un temps, dans un lieu quelconque. Mais il est impossible à la nature d’être opposée à sa propre és-

(i) Un lecteur impartial qui méditera ces propositions et les comparera avec la forme d’un squelette parfait, se convaincra bientôt de la simplicité et de la justesse de la voie que je propose ici pour arriver à l’interprétation philosophique de la structure du squelette. Il sera forcé de convenir que les détails dans lesquels je suis entré lui font déjà concevoir plus clairement la nécessité du développement des diverses formes dé vertébrés d’après les différentes formes et régions du squelette. Il reconnaîtra combien sont peu propres à satisfaire les considérations auxquelles on s’ést livré jusqu’ici sur les causes suffisantes de ces formes , et sè sentira engagé par là à s’exercer lui-méme dans l’applicationldés lois mathématiques de lâ’fdftuStion â l'infinie

sence , c’est-à-dire d’être et cependant de ne point être. Delà vient aussi qu’elle est , mais que nulle part elle n’est raison pure ,, c’est-à-dire que nulle part elle , ne peut correspondre parfaitement et absolument à la raison , à la loi , h l’idée d’une existence antérieure à toute existence (1).

CLXXXIX. Ainsi , sous le rapport du squelette, toutes les formations sont possibles ; mais la manifestation du tableau pur de ses formes primaires légitimes ne l’est point. Ce tableau ne fait pour ainsi dire que marquer les limites en dedans desquelles se concentre l’infinie diversité des formes de squelettes testacés et osseux produits par la nature. Il représente en quelque sorte les asymptotes dont la nature , comme l’hyperbole , s’approche toujours sans jamais y atteindre. Mais, entre la construction de la forme élémentaire d’une simple sphère et lé développeraient légitime de toutes celles qui peuvent en procéder, comme autant de points auxquels aboutit en idée upe série d’évolution déformés squelettiques, il y a la possibilité de l’apparition infiniment diversifiée des diverses parties primaires du squelette, tant sous le rapport du nombre et de la grandeur, que sous celui de la forme et de la substance. Ceci établi , il s’ensuit :

1° Que toutes les formations squelettiques réelles ou naturelles tiennent le milieu entre la sphère creuse purement géométrique et la complète manifestation simultanée de toutes les vertèbres qui procèdent de la vertèbre primaire (à peu près comme dans Ja fig. xv, pl. xxii) ;

2° Qu’il est aussi impossible à l’une qu’à l’autre de ces deux formes de se présenter à l’état parfait dans la nature ellemême^

3° Que , par conséquent , toute formation squelettique réelle et naturelle doit être plus que la pure et simple forme sphé-, rique , MAIS MOINS QUE LA FORME DE VERTÈBRE DÉVELOPPÉE AU PLUS HAUT DEGRÉ,

(i) Par conséquent nulle formation naturelle n’est idéale , en tant que ce mot exprime une légitimité pure, quoique , d’après son essence, elle n’en doive pas moins être parfaite. Les formes géométriques sont le moyen le plus simple dé nous en convaincre ; car quiconque sait qu’il ne peut y avoir de point , de ligne , de corps, qui corresponde parfaitement à l’idée expri* mée par ces mots, n’aura pas besoin d’autre preuve.

APPLICATION DE LA construction GÉOMÉTRIQUE* i4?

CXC. On peut aussi exprimer cette importante loi delà manière suivante : %a forme réelle ou naturelle du squelette est toujours plus complexe que celle absolument simple de la sphère squelettique primaire , et toujours plus simple que ne peut l’être cette même sphère , parvenue à son dernier degré d’évolution (1). :

GXCL Si donc il résulte de là que , dans une formation squelettique réelle , une ou plusieurs des deutovertèbres ou des tritovertèbres qui procèdent en idée de la protovertèbredoivent toujours manquer nécessairement , on se demande maintenant quelles sont~célles de ces parties qui restent le plus rarement sans se développer . '

CX CIL Quand la sphère squelettique primaire, ou laprotovertèbre, vient à être divisée par un rapport numérique simple, comme par quatre , ou par sia;, ou par cinq, seulement, la formation de toutes les deutovertèbres qui procèdent des points d’intersection et cette division elle-même sont sollicitées au même degré (par exemple , fîg. Y, A , pl. xxv). Lorsqu’au contraire le rapport numérique d’après lequel se divise la protovertèbre est double , comme lorsqu’elle est partagée à la fois par quatre et six ( fîg. xv, pl. xxv) , les divisions qui résultent de ces deux rapports numériques réunis (par exemple , y et fîg. xv) et les deutovertèbres qui en procèdent (2 , 3 , fîg. xv) sont celles qui se trouvent le plus fortement sollicitées , et qui peuvent le moins souvent manquer. La même chose s’applique aux deutovertèbres , sous le rapport de leur division et de leur développement en tritovertèbres (2).

(i) Gette loi est d’une application si générale que, par exemple, dans le nombre immense des formations organiques globuleuses, nous n’en trouvons aucune qui, parvenue à son plein et entier développement, corresponde à l’idée géométrique pure de la sphère. Leur figure est toujours celle d’un ellipsoïde, d’un oeuf, d’nne sphère aplatie, etc. La Terre elle-même n’est pas parfaitement ronde. Il n’y a que les premiers germes d’êtres organiques , les premiers linéamens de l’oeuf et de la graine, qui puissent être des sphères parfaites, précisément parce qu’ils se rapprochent beaucoup de la goutte indifférente.

(2) Nous trouvons surtout en cela la cause qui fait que , dans toutes les formes supérieures du squelette , il y a prédominance du développement des vertèbres tergales et sternales qui procèdent de la colonne protovertébrale; car c’est précisément en ces points que coïncident les deux divisions pri*

1 48 Application de la. CONSTRUCTION GÉOMÉTRIQUE»

CXCIII. Déplus , comme, en idée , le développement des protovertèbres , des deutovertèbres et des tritovertèbres est sollicité dans le même temps , c’est aux endroits où ces trois sortes de vertèbres coïncident ensemble que la manifestation réelle des parties squelettiques se trouve le plus impérieusement sollicitée. Mais il suit des constructions précédentes que les points où les tritovertèbres inférieures tombent sur les deutovertèbres parallèles coïncident en même temps avec les protovertèbres. Ces points sont donc précisément aussi ceux où la manifestation de parties squelettiques réelles est sollicitée d’une manière plus spéciale (pl. xxii, fig. xv, a, a) (1).

CXCIV. Enfin , comme la protovertèbre est toujours la première partie essentielle , et que , parmi les deutovertèbres et les tritovertèbres , il n’y a jamais que celles qui se trouvent parallèles à cette protoverlèbre qui se rapportent immédiatement à elle , il faut aussi toujours , quand le développement d’ordres entiers de vertèbres vient à manquer, que ce soient les colonnes rayonnantes de tritovertèbres ou de deutovertèbres qui les premières fassent défaut ( F. par exemple , fig. XVII Oufig. xviii) (2).

CXCV. Des idées plus précises encore sur le développement ou le non-développement de certaines parties primaires du

maires de la protovertèbre déduites de la périphérie et du rayon. On explique de même pourquoi , parmi les tritovertèbres rayonnantes, ou apophyses de la deutovertèbre, ce sont les médianes supérieures, ou apophyses épineuses supérieures, qui se développent le plus à la deutovertèbre médiane supérieure (fig.xv, a), et à la deutovertèbre médiane inférieure ( fig. xv, 2) les tritovertèbres médianes inférieures ou apophyses épineuses inférieures (fig. xv, 3) ; en effet c’est parce qu’elles sont sollicitées sous deux rapports , comme rayons de la deutovertèbre et comme rayons de la protovertèbre.

(r) Ceci explique pourquoi, dans un squelette supérieur, quoique toutes' les autres parties d’une protovertèbre manquent souvent, le corps de la vertèbre tergale est cependant encore développé (pl. xxu , fig. xvm, « /3 ), et eu même temps pourquoi, dans l’histoire de l’évolution du squelette chez l’embryon , ce sont toujours précisément les corps des vertèbres qui représentent les premiers germes de la colonne vertébrale entière.

(2) Voilà pourquoi , dans les squelettes, nous trouvons si souvent les colonnes protovertébrales sans membres, tandis qu’il ne peut jamais, même à titre de monstruosité , apparaître de membres , quand il n’y a aucun vestige de colonne protovertébrale.

squelette naissent de l’attention portée à la troisième des circonstances dont j’ai parlé plus haut , et qui embrasse la détermination de la formation squelettique par les parties molles f et notamment par les parties les plus essentielles de l’animal , c’est-à-dire par les nerfs.

De nos premières considérations sur l’essence du squelette , il est résulté que sa destination proprement dite consiste à établir une limite entre le corps animal et le monde extérieur , ainsi qu’entre la masse nerveuse et le reste du corps animal.

Il s’ensuit nécessairement aussi que la manière dont les parties molles, et surtout les parties nerveuses, sont configurées, dans un animal quelconque , doit essentiellement déterminer la configuration de son squelette. Déjà plus haut j’ai appelé l’attention sur les points principaux du rapport qui existe entre le squelette et le système nerveux. Il me reste maintenant à descendre dans les détails , pour mettre en parallèle les parties primaires du squelette avec les parties primaires du système nerveux , et démontrer la correspondance qui existe entre elles. Or

La sphère squelettique

primaire correspond au corps animal entier simple et non encore divisé en systèmes organiques particuliers.

( Ex. La coquille de l’œuf au jaune, la cellule polypiaire au corps du polype.)

La protovertèbre , à l’anneau nerveux primaire.

(Ex. le test médian de l’Astérie à l’anneau nerveux (pl. xxiv, fig. Y, a, pl. xxi , fig. i, C) ; chaque anneau du corps d’une Chenille à un anneau de la chaîne ganglionnaire ( pl. xxiv, fig. XIX ,a,h; pl. XXI , fig. X , a , b ); chaque anneau costal d’un Céphalozoaire à un anneaunerveux ou aune paire de nerfs rachidiens (pl. xxii, fig. XVIII, a , b , pl. i , fig. XVII, a, p ).

Les arcs de la protovertèbre, aux arcs de l’anneau nerveux pri¬

maire.

ï5o APPLICATION de LA construction géométrique.

( Ex. les arcs costaux aux paires de nerfs rachidiens. )

La colonne proto vertébrale y à la chaînes d’anneaux nerveux pri¬

maires^

( Ex. les anneaux d’un animal articulé à la chaîne des anneaux nerveux réunis dans les ganglions ventraux ; les côtes et la colonne vertébrale d’un Céphalozoaire à la chaîne des nerfs des paires rachidiennes , réunis dans les ganglions rachidiens).

La deutovertèbre , aux organes nerveux supérieurs.

Là deutovertèbre parallèle j ou vertèbre , aux ganglions nerveux.

(Ex. chaque vertèbre rachidienne à chaque renflement de la moelle épinière ( pl. xxii , fig. xvm ,22, pl. xxi, fig. xiv, a , b).

La colonne deutovertèbrale, ou colonne vertébrale parallèle, ou rachis , à la chaîne nerveuse , à la moelle.

La colonne vertébrale

ter gale , OU rachis tergal , à la chaîne ganglionnaire ter gale, à la moelle épinière.

La colonne vertébrale

venir ale, ou rachis ventral, à la chaîne ganglionnaire ventrale.

La colonne deutovertèbrale rayonnante , OU de

membre , à la substance sensible des membres.

Les arcs de la deuto-

vertèbre, au renflement des masses nerveuses

centrales.

Lë Crâne , provenant d’arcs protovertébraux a-

grandis, au cerveau, formé des renflemens

grossis de la masse nerveuse centrale ,

La formation de irito-

vertèbres, aux parties du mouvement.

La formation de tritovertébres sur la dëiiioVertè-

hre parallèle , à la faculté motrice inhérente à la

ÏPPLÏCÂTION DË LA CONSXUUCTION GÉOMÊTRIQ'G'E. IOI masse nerveuse centrale et à ses cordons longitudinaux. ^

La formation de la tri-

tovertèhre rayonnante , à la détermination du mouvement par d’autres organes- , c’est-à-dire aux muscles i '

(Voilà pourquoi les premières forment , comme corps de vertèbres , la jonction articulaire des deutovertèbres , les autres fournissant , comme apophyses / des points d’attache àüx muscles. )

La formation de la tritovertèbre sur la deutover-

tèbre rayonnante ou de ,

membre , à la substance mobile des membres.

La formation de la tri- '

tevertèhre parallèle , à la mobilité du nerf dit membre ,

c’est-à-diré à soin cordon longiiudi - * . : mal.

La formation de la tri-

tovertèbre rayonnante, à la détermination du mouvement par les muscles des membres.

(Voilà pourquoi les premières forment les jonctions articùlaires des os des membres, parce qu’elles sont lès os des membres proprement dits eux-mêmes , tandis que les autres fournissent principalement, comme apophyses , dés points d’attache à des muscles. )

GXGVI. Il suffit presque de ce parallèle pour pouvoir , la configuration d’un système nerveux étant donnée , déterminer avec précision celle du système osseux qui y correspond. Cependant je vais citer quelques exemples pour plus de clarté.

CXCVII. Prenons le crâne et la Colonne vertébrale' chez l’homme , c’est-à-dire sous leur forme la plus parfaite , afin de reconnaître comment leur forme dérivé ■ par uüe légitimité intérieure , de Celle qu’ affectent la moelle épinière et le Cerveau . Si l’on se rappelle que là détermination pour le sentiment et celle pour le mouvement sont1 réunies dans la masse nerveuse centrale , que cette réunion est exprimée par la fusion de la masse ganglionnaire et des cordons longitudinaux , qu’elle cesse aux deux extrémités, de telle sorte qii’ën devant et èn

hïïs \ APPLICATION DE LA CONSTRUCTION GÉOMÉTRIQUE.'

haut la formation ganglionnaire produit le cerveau, tandis qu’en arrière et en bas la formation de cordons nerveux donne naissance à la queue de cheval , enfin que , cette triade se répétant dans les masses cérébrales , le nombre des renflemens médullaires de la moelle épinière se trouve ainsi porté à trente, il sera facile , en suivant le parallèle établi plus haut , de déterminer la formation de la colonne vertébrale dans tous ses points essentiels.

CXCYIII. En effet, dans la formation d’une colonne vertébrale correspondante à ces particularités de la masse nerveuse, celle des deutovertèbres et celle des trilovertèbres doivent se réunir ensemble , et cette union doit cesser vers les extrémités, de telle sorte qu’à l’antérieure et supérieure la deutovertèbre arrive1 au point de développement, tandis qu’à la postérieure et inférieure la formation de la tritovertèbre devient prédominante, et donne lieu en quelque sorte à une simple colonne rayonnante de corps vertébraux, comme dans les membres, ou à un membre terminal impair, à une vertèbre caudale. Il faut en outre qu’à la triade des masses cérébrales corresponde une triade de deutovertèbres ( vertèbres crâniennes), et ce même nombre trois doit aussi déterminer la proportion numérique de l’ensemble des vertèbres rachidiennes proprement dites ( — 30 ). Il y a plus encore ! Si l’on se rapr pelle que chaque renflement de la moelle épinière se divise en deux parties latérales inférieures et en deux parties latérales supérieures ( pl. xxi, fig. xii ), dont les inférieures (2, 3 ) correspondent au mouvement, et les supérieures ( 1, 4) au sentiment, il suit de là que la formation de la tritovertèbre doit prédominer au côté inférieur de la vertèbre rachidienne, sur le milieu du rachis , et que l’arc simple de la deutovertèbre doit s’offrir d’une manière plus prononcée au côté supérieur ( pl. xxii, fig. xix). On reconnaît, en outre , que nécessairement plus ,1a tritovertèbre rayonnante eu les apophyses se développent à une vertèbre rachidienne ou crânienne, plus aussi celle-ci acquiert le caractère du mouvement et perd celui du sentiment , tandis qu’au contraire plus la deutovertèbre se développe purement et simplement, plus aussi elle porte le caractère de la sensibilité et perd celui du mouvement, de sorte que la mobilité de cette sorte de vertèbre ( par exemple

Application de la construction géométrique. i53 des vertèbres crâniennes ) doit finir par cesser tout-à-fait. On reconnaît également , d’après les autres particularités d’un système nerveux arrivé à un haut degré de développement , pourquoi , dans la forme de squelette qui lui correspond , il ne doit pas se développer de deutovertèbres au côté ventral et dans les membres ,' où nul développement de masses nerveuses centrales n’a lieu ; pourquoi les deutovertèbres ne sont indiquées sur ces points que par les tritovertèbres qui leur appartiennent ; pourquoi c’est dans les membres que les colonnes de tritovertèbres se développent le plus ; pourquoi les deutovertèbres , qui sont toujours rattachées à la formation de masses centrales nerveuses , se développent constamment en haut, vers le tôté tergal ( par conséquent les inférieures dans la pro tovertèbre et les supérieures hors de cette vertèbre , pl . xxir , fig. xv ) , car la formation ganglionnaire dans l’anneau nerveux primaire a également toujours de la tendance à se porter vers le côté tergal ( pl. xxi, fig. iv ) ; pourquoi les apophyses tournées en bas, à la deutovertèbre ( pl. xxii, fig. xv, ep), et les membres tournés en bas , à la protovertèbre (fig. xv,f), sont les plus développés, car les racines nerveuses qui sortent inférieurement de la masse nerveuse centrale sont des nerfs de mouvement , et celles qui en émanent supérieurement sont des nerfs de sentiment , etc.

CXCIX. En un mot , ce sont ces mêmes considérations qui nous apprennent à reconnaître que le squelette des animaux supérieurs est en quelque sorte X empreinte solidifiée du système nerveux , vue à l'aide de laquelle seule on peut porter la lumière dans l’ostéologie et l’élever au rang de science.

Mais j’ai faitremarquer que si le squelette testacé et osseux est déterminé en particulier par le système nerveux , il l’est aussi en général par tout l’ensemble des parties molles. Il devient donc nécessaire d’examiner ici la division et la disposition des différentes parties molles essentielles. Cependant comme un examen détaillé de cette question m’entraînerait trop loin , je me bornerai à donner le résultat de mes méditations assidues sous la forme de tableau , avec la seule attention de rappeler que j’ai déjà indiqué la division des fonctions de la vie en animales et végétatives, comme étant la plus essentielle et la première de toutes.

Vie animale

Vie végétative

Produisant l’existence de l’organisme par leur pénétration mutuelle:

Propagation de la vie individuelle Propagation de l’espèce

Côté exhalant.

Corps respiratoire.

Côté inhalant.

Corps digesteur.

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