‹ Traité élémentaire d'anatomie comparée, suivi de recherches d'anatomie philosophique ou transcendante sur les parties primaires du système nerveux et du squelette intérieur et extérieur (volume 2)Chapitre 55 sur 129 · Crépidopoàes · texte numérisé non relu

Crépidopoàes

CCLXXXIY. Dans les Crépidopodes , il n’y a que la moitié supérieure du dermatosquelette qui se soit développée , à peu près comme dans les Patelles ; mais la coquille tergale ellemême est segmentable , ce qui mérite toute notre attention, comme indice de la résolution d’une protoverlèbre , le tronc originairement simple, en une série de protovertèbres. Tel est le type sous lequel s’offre à nous , mais seulement comme coquille extérieure , la coquille tergale des Oscabrions , où l’on distingue huit demi-anneaux, six grands pour le tronc proprer ment dit, et deux autres plus petits , l’unau dessus de la tête, l’autre au dessus de l’anus. Ce nombre de six demi-anneaux médians doit être remarqué ; car , chez les animaux articulés, nous trouverons , dans chaque grande portion du corps, les nombres trois et six , comme nombres fondamentaux des protovertèbres.

Il n’y a ici aucune trace de splanchnosquelette.

S. CÎTripèdes.

CGLXXXV. Parmi les Mollusques pourvus de membres , les Cirripèdes annoncent leur infériorité par le défaut de séparation entre la tête et le corps , l’absence d’organes sensoriels à la têfey et la fixation dé leur corps. Ils n’ont egalement qu’un dermatosquelette simple portant le type ide la sphère squelettique primaire , et en général divisé d’une manière géométriquement très-régulière.

Ainsi , par exemple , dans les Coronulés et les Balanès , la coquille se divise d’après les nombres quatre et six, c’est-à-dire quelle se partage autour de la bouche en quatre et autour du corps en six pièces (fig. ix). Cette diversité dans le mode de division des régions antérieure et moyenne du corps pourrait être considérée comme indice d’une séparation du dermatosquelette général en moitié appartenant à la tête et moitié appartenant au tronc. La formation tout entière se rattache manifestement encore à celle des Échinides, ainsi que Goldfuss en a déjà fait la remarque.

CCI. XXXVI. La formation de la coquille est fort analogue dans les Xepas; seulement ici ,1a sphère creuse, qui continue toujours à être la forme fondamentale ,^ss partage essentiellement , dans le sens de son àxe„ déterminé par le canal intes^ final, en trois segmens , deux latéraux et un tergal. (fig. viii), dont les latéraux se subdivisent à leur tour ( surtout dans la Lepas anatifera ) en deux autres, l’un plus grand, l’autre plus petit(2, afb) , de sorte que , somme totale , on compte cinq pièces à la coquille. Dans la fente longitudinale entre les deux pièces latérales divisées , sé trouvent la bouche (a) et d’anus (P ) ; l’animal est adhérent à la région de la bouche , comme l’Oursin vivant porte aussi toujours sa bouche tournée vers le bas , et à partir de là l’enveloppe coriace ( qui , dans l’origine,, est fixée immédiatement sans pédicule .) se prolonge en un tube par le moyen duquel l’animal, adulte tient au rocher , comme par une sorte de cordon ombilical.

Quant aux six paires de bras cornés de ces animaux, on doit les considérer ' cornme des , lames branchiales desséchées et

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fendues; ils font saillie dans la fente longitudinale a p, de même que les lames branchiales des Pélécvpodes entre les moitiés latérales delà coquille. Ce phénomène est fort remarquable , parce qu’il nous offre le premier exemple de la métamorphose des branchies en pieds , que nous retrouverons toujours chez les animaux articulés. Il est très-significatif aussi que la substance cornée se manifeste dans un dermatosquelette calcaire. Du reste , il n’y a encore de véritables branchies qu’à la base des premières paires de membres , c’est-à-dire des plus rapprochées de la tête.

Un rudiment de splanchnosquelette est indiqué aussi , presque comme dans les Bullées , par de petites dents cornées à l’orifice de la bouche.

CCLXXXVII. Si la forme des coquilles de Mollusques dont il a été question jusqu’ici nous offre la scission de la sphère squelettique primaire, tantôt en deux moitiés latérales , tantôt en une moitié tergale et une moitié ventrale , enfin en six segmens qui la divisent dans tout son pourtour, les Tubicinelles présentent une autre modification de la sphère creuse primaire qu'on ne concevra bien que quand on connaîtra la manière dont l’animal se développe. La partie essentielle du squelette est bien encore , comme dans les Coronules et les Balanes , une sphère creuse devenue conique et partagée longitudinalement en six pièces ; mais la force et l’épaisseur de cette sphère vont en augmentant depuis la base de l’animal jusqu’à l’orifice buccal , au lieu d’aller en diminuant comme dans les Balanes , et de plus elle forme , de distance en distance , des renflemens globuleux (qui augmentent peut-être pendant la vie ) , de manière que le tout semble déjà prendre le type d’un animal articulé (fig. xix). '

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