VIII. Coléoptères. Meloé proscara- v bœus I
Staphylinus / 6 Carahus I
Ditiscus
Hydrophilus piceus 6 ( au côté tergal ; On il’ en voit que 5 au côté ventral).
Buprestis 6
Cerambyx longimanus 6
Scarabœus
Calosoma
6 (en dessous; au côté tergal, on en compte 3 de plus ).
Nous voyons donc que le nombre 14 est le plus bas , et le nombre 10 le plus élevé pour les articles de l’abdomen , mais qüe le nombre légitime 6 ne se retrouve partout que dans l’ordre placé en tête de tous les autres.
GCCXXV. Quant à la longueur proportionnelle des diverses régions du cOrps ët de leurs protovertèbres en particulier , les plus grandes différences régnent à cet égard. Mais, si nous réfléchissons que la respiration prédomine chez l’Insecte parfait , et que la région thoracique correspond à cette fonction, nous conclurons de là que la prédominance de cette dernière, sous le rapport de là capacité , doit caractériser la classe entière.
CCCXXVI. En passant aux divers ordres en particulier , nous trouvons d’abord que , dans toutes les larves, l’abdomen prédomine beaucoup , sous le rapport tant du nombre des articles , que de la longueur , et que sa prédominance devient même monstrueuse dans certains genres , par exemple dans les Myrmeleon et Termes. Nous remarquons , en outre , à l’égard des Insectes parfaits , que l’abdomen prédomine chez ceux qui occupent le bas de l’échelle , par exemple dans tous lés Aptères , et , parmi les Hémiptères , chez les Pucerons , plusieurs Punaises , les Hydromètres. Ce n’est que chez les Insectes placés au sommet de ce dernier ordre, les Fulgores,
SQUELETTE DES AHIMAUX AETÎQULÉS,
qu’on voit la protovertèbre céphalique acquérir une prépondérance extraordinaire. Un petit nombre de genres , qui se rapprochent des Coléoptères ( Coccus , Ligœus) , ont déjà une grande poitrine. ,
CÇCXXYIL C’est aussi l’abdomen qui prédomine en général; chez les Orthoptères et les Névroptères , et il le fait même quelquefois à un degré énorme , par exemple dans le Phasma giganteum et la plupart des Libellules. Il est rare qu’on observe une prépondérance considérable de la poitrine et une oblitération des articles abdominaux ; quand ce cas a lieu , il constitue une difformité , une monstruosité , comme dans la Mantis flabellicorms etVEmpusa.
CCCXXYIII. Les mêmes réflexions s’appliquent assez généralement aux Diptères , aux Hyménoptères et aux Lépidoptères , chez lesquels l’abdomen prédomine partout ; il n’y a qu’un petit nombre d’ Abeilles et de genres voisins où la poitrine acquière un peu plus de volume. Mais elle a Une pré-, pondérance bien prononcée dans lés. Coléoptères. A la vérité, certains genres de cet ordre (Melôe , Staphylinus , Car abus , Ditiscus) ont l’ abdomen proportionnellement très-gros ; , mais , chez les plus parfaits d’entre les Coléoptères , les. Byrrhm > les Sphœridium , les Ohitis , et surtout les Scarabées, les trois: protovertèbres thoraciques ont complètement acquis la prédominance sur les deux autres régions du corps. Si à cela l'on ajoute la régularité des anneaux de l’abdomen et la forme parfaitement ovalaire du corps entier , on doit considérercette organisation comme fort ennoblie , et l’on serait présque tenté de croire que les prêtres de l’Égypte avaient ôté guidés par les inspirations d’une haute science en mettant lës Scarabées au nombre des animaux sacrés.
CCCXXIX. Avant de passer à l’examen de-la protovertèbre céphalique, faisons encore quelques remarques sur- la conformation intérieure et les connexions mutuelles des protovertèbres du tronc.
. A l’égard de la conformation des protovertèbres abdominales , elle est presque toujours lâ même que dans les Cancérides ; en effet , ces vertèbres sont des anneaux parfaits , tantôt plus et tantôt moins larges* Dans les larves et citez les insectes
2^4 SQTJELÈÏTÈ DTîS ANÎMÂ.tJX ÂRTIÇTJLis.
aptères, elles sont presque entièrement membraneuses, et chacune d’elles ne peut être partagée en plusieurs pièces. Les anneaux de l’abdomen paraissentégalement simples dans beaucoup d’insectes ailés , et en même temps il leur arrive fréquemment de s’étendre sous la forme de longs cylindres; c’est ce qui a lieu dans plusieurs espèces de Mantes et de Libellules.
■GGGXXX. Cependant on trouve aussi des exemples d’un développement plus élevé de ces protovertèbres , qui commencent quelquefois à se diviser en diverses portions d’arc , c’està-dire en arcs tergaux et ventraux. Cette division s’aperçoit surtout très-bien dans plusieurs Gryllides , par exemple dans la Locustaverrucivora , où les ar cs ventraux des proto vertèbres abdominales se trouvent séparés des tergaux , qui sont plus grands , par des pièces intermédiaires moins dures , à peu près éomme, chez l’homme , les côtes le sont du sternum par les cartilages costaux , et où ces arcs élastiques supérieurs exécutent déjà réellement des mouvemens respiratoires , comme lès côtes des animaux placés au sommet de l’échelle.
GCCXXXI. Mais il est digne de remarque que ce développement n’a plus lieu chez les Insectes supérieurs , les Coléoptères , où l’abdomen se partage bien, il est vrai, en arc inférieur et arc supérieur , mais où il paraît aplati de haut en bas, précisément parce que la respiration, qui , dans les ordres inférieurs , lui appartient encore en grande partie , se trouve entièrement concentrée ici dans la poitrine. Mais ce qu’il y a surtout de remarquable , c’est que , .chez aucun insecte , il ne se développe de deutovertèbres aux protovertèbres abdominales.
- CGCXXXII. Mais il en est tout autrement des trois protovertèbres thoraciques (protothorax, mésothorax et métathorax d’Audouin), qui ne diffèrent point de celles de l’abdomen dans la larve, mais qui, chez l’Insecte parfait, acquièrent un degré beaucoup plus élevé de développement , tant sous le rapport de leur connexion , que sous celui de leur segmentation intérieure.
CCCXXXIII. Leur mode de connexion nous offre d’abord cela de particulier que les protoverlèbres thoraciques médiane et postérieure se réunissent en une seule pièce , coalescence qui est surtout bien prononcée dans les Insectes supérieurs
(Coléoptères), tandis que , dans les ordres inférieurs, par exemple dans les Phasmes , parmi les Orthoptères , les deux proto vertèbres sont encore très-distinctes l’une de l’autre.
CCCXXXIV. À l’égard de la segmentation intérieure des protovertèbres thoraciques , des deux divisions primordiales de la protovertèbre en quatre et en six parties (pl. xxii, fig. xv), c’est la seconde surtout qui prédomine, précisément parce que la conformation de l’Insecte tout entier a une tendance au rayonnement , au développement vers l’extérieur. Aussi peuton très-bien distinguer , dans les protovertèbres du thorax , deux lames tergales (pl. xxv, fig.xxyii, c c), deuxlatérales ou costales ( h b ) et deux basilaires ( a a) , dont les deux premières et les deux dernières se réunissent ordinairement eh une seule pièce. Cependant il ne résulte point de là un hexagone à côtés égaux ; car chaque côté, comme la poitrine entière, se divise, d’après le rapport six , en deux pièces plus grandes et une autre plus petite, suivant le type de la fig. xxvii; de là résulte que la poitrine des Insectes est aplatie de haut en bas.
Cependant , outre cette division essentielle par six , on aperçoit encore des traces d’une division non moins essentielle par quatre , qui entraîne le développement de deutovertèbres parallèles à la protovertèbre , tout aussi formellement que la . division par six entraîne celui de colonnes deutovertébrales rayonnantes sur cette proto vertèbre. C’est au côté terrestre seulement , mais à la réunion des lames basilaires des trois vertèbres thoraciques , sur lesquelles repose la chaîne ganglionnaire, que , d’après le type de la fig.xxvii,pl. xxv, x , il se développe une deutovertèbre relative à cette formation nerveuse. Cette deutofertèbre, nommée entothorax parÂudouin, se forme assez souvent d’une manière complète , et plus fréquemment encore sa division dichotomique laisse apercevoir tout simplement l’indice dü carré qui résulte de la segmentation par quatre (1).