CCCXCII. Occupons-nous d’abord des protovertèbres delà tête
Comme le nombre des protovertèbres doit toujours correspondre à celui des deutovertèbres , on ne peut pas trouver , à la tête , plus de paires d’arcs protovertébraux qu’il .n’entre de deutovertèbres dans la composition de la colonne vertébrale céphalique. Mais comme les protovertèbres ne se développent point à toutes les deutovertèbres, on en rencontre souvent moins de neuf.
Mais c’est un résultat de l’antagonisme existant entre les protovertèbres et les deutovertèbres qu’il n’y ait aucune vertèbre céphalique où les arcs protovertébraux soient moins développés qu’aux vertèbres sincipitale , centricipitale et occipitale, puisque celles-ci sontles principales vertèbres du crâne. Au contraire , nulle part ils ne se développent davantage et plus constamment qu’aux trois vertèbres faciales , c’est-à-dire dans les points où le développement de ladeutovertèbreestle moins avancé , et où la protovertèbre prédomine déjà le plus , parce que, comme j’en ai fait la remarque précédemment, les vertèbres céphaliques, obéissant à la loi de l’antagonisme , diminuent à partir du sinciput , attendu que les tritovertèbres sont sollicitées à devenir prédominantes en arrière de ce point et les proto vertèbres en avant. Ces trois protovertèbres de la face sont donc aussi les seules qui puissent se développer complète-
NÉVK.OS<jTJELETTE DES CÉPHÀ.LOZOÀIRES. 2g5
ment, c’est-à-dire se clore par le bas , quoiqu’au plus bas degré de formation du névrosquelette ( dans les Petromyzon ) , nous trouvions l’exemple , mais unique, de la protovertèbre antérieure de la face enveloppant aussi le commencement du canal intestinal (l’intestin ) , tandis que , chez les animaux supérieurs, les protovertèbres faciales closes par le bas ne circonscrivent , dans la règle , que le canal aérien (le canal nasal). Les arcs protovertébraux des interverîèbres tiennent le milieu, pour leur développement , entre lés plus développées des trois vertèbres faciales et les moins développées des trois vertèbres crâniennes principales. Cependant jamais non plus leurs arcs ne se ferment complètement au côté terrestre , et ordinairement leurs pièces de chaque côté tiennent les unes aux autres en manière de chaîne , à peu près comme les fausses côtes dans le tronc de l’homme.
CCCXCIII. Il est nécessaire maintenant aussi de mettre les dénominations usuelles de ces parties primaires du squelette en regard de celles qui découlent de leur signification.
On doit se rappeler que, d’après les § CLXXX et CLXXXI, chaque arc protovertébral peut se diviser en quatre parties, savoir deux tergales, supérieure et inférieure, et deux sternales, supérieure et inférieure , divisions qui néanmoins s’observent rarement dans les arcs protovertébraux peu développés de la tête , et ne s’y aperçoivent que chez les animaux des classes inférieures. Du resté , il faut nécessairement admettre par la pensée l’existence des quatre parties dans chaque moitié ou chaque côté , là où les deux moitiés latérales de la protovertèbre se ferment complètement par le bas , tandis qu’il peut souvent manquer une ou plusieurs de ces parties lorsque les arcs ne se ferment point.
A l’égard de l’union des côtes ou arcs protovertébraux de la tête avec les vertèbres crâniennes , l’unité régnante à la région cérébrale influe également ici , et fait que , quoique toutes ces parties naissent séparées les unes des autres , cependant elles s’unissent toutes d’une manière intime ayec les vertèbres crâniennes chez les animaux supérieurs ; les espèces inférieures sont les seules chez lesquelles les arcs costaux res-
296 NÉVROSQUELETTE DES CÉPHALOZOAiKES.
tent mobiles en partie ; ils le sont même tous encore chez les Poissons le plus réguliers.
CCCXCIV. En parcourant les divers arcs vertébraux , le mieux sera de conserver l’ordre et les chiffres dont je me suis servi pour les vertèbres du crâne ( comp. les pl. xxvi à xxsr, et surtout pL xxxi, fîg. met v), où les côtes céphaliques portent toujours la lettre g et le chiffre de la vertèbre à laquelle elles appartiennent.
Arcs protovertébraux ou côtes de la tête.
Dénominations primaires.