‹ Traité élémentaire d'anatomie comparée, suivi de recherches d'anatomie philosophique ou transcendante sur les parties primaires du système nerveux et du squelette intérieur et extérieur (volume 3)Chapitre 39 sur 71 · MOLLUSQUES · texte numérisé non relu

MOLLUSQUES

Les animaux de cette classe, chez lesquels prédomine surtout le centre , sont aussi de tous les Corpozoaires les premièsrs où Te foie acquière un développement considérable.

A l’égard des Apodes , les Ascidies composées ofîrent déjà un organe analogue au foie , attaché à l’intestin , et dont la coloration varie beaucoup; Chez les Ascidies proprement dites, du moins dans les individus adultes et dans les grandes èspèces ( par exemple XAscidia microscomus), cet organe a un volume considérable (l)(pl. ii , fig. v , d) , de manière que

(l) 5’ai trouvé l’estomac et i’intestin Ijlires encore dansUe ^‘ennes indivîdus. F’, Msckel’s Arch'f , tom. TI, cah, 4-

ORGANES siCRÉTOIRÊS. 25 1

l’estomac et les circonvolutions intestinales semblent être en quelque sorte creusés dans sa substance. Les Bipbores ont aussi des organes hépatiques, qui, chez \2LSa,lpa'mucronatai d’après Meyer (1) , entourent l’intestin sous la forme d’unq étoile de couleur bleuâtre, tandis que, dans \2t S alpa.pmnorta, ils ressemblent à une poche contenant un liquide épais et jaunâtre , à laquelle tient même encore; une vésicule de; fiel jaunâtre CpL h, fig- i ,A , d’après la -

Dans les Pélécypodes aussi , le foie est situé immédiateinent autour de l’estomac ou du canal intestinal , dont souvent il se détache, si peu, que ces. organes paraissent n’être qu’ime excavation de sa propresubstance (pi. iij fig. viii, de sorte que , comme je l’ai déjà dit précédemment (§ 496), ses sécrétions s’épanchent dans l’estomac par plusieurs ouvertures assez larges (pl. ii , fig. xi ); Dans les Lingules et les TérébratuleSj au contraire, le foie, selon Cuvier, est distinct de l’estomac et enlacé par les circonvolutions de l’intestin.

Le foie des Gastéropodes et des Ptéropodes est trèsrvoltt» mineux , partagé en plusieurs lobes j et bien distinct du canal intestinal. Ainsi ^var exemple, dans le Limaçon des vignes et la plupart des Testacésunivalves , cet organe remplit tous les tours supérieurs de la coquille { pl. m , fig. in u ), Offl^ à sa smfaee plusieurs Girconvolutionsde rinteatitt, etvenBela bile par deux cmiduits dans une dilatation en cubde-sae sitUéB à l’extrémité de l’estomae. ChezrAplÿsiè( pl. m ,fig.' i; ub à peu près comme aussi: chez lès Limaces , il occupe une grande partie du sac musculeux commun du ventre v et il est entouré par plusieurs circonvolutions du canal intestinal. Dansles GZio etles Doris, au contraire ,il entoure i’ëstômac, comme il le fait ordinairement chez les Apodes, et y verse labile par plusieurs Ouvertures. Le foie des Boris en outre remarquable , d’après Cuvier j^parce qu’il possède encore

Nqv. acU A<iad,.Ijeop,,tom, .

aSa TRAITÉ d’anatomie comparée.

un conduit excréteur particulier, qui se dirige en ligne droite vers l’anus. Comme nous retrouverons des organisations analogues chez les Céphalopodes , elles semblent prouver que quand le foie a pris un développement si considérable, il sécrète souvent plus de bile que la digestion n’en peut consommer , et dont le superflu s’épanche directement au dehors. Cuvier a rencontré aussi un corps glanduleux particulier , situé au devant du foie et s’ouvrant dans l’estomac. Meckel, qui ne l’accorde qu’aux Boris fuberculafa et Umhata , laisse dans le doute la question de savoir si on ne pourrait pas le considérer comme une espèce de vésicule biliaire, qui du reste manque à tous les animaux de la classe des Mollusques.

Les Céphalopodes ont aussi un foie d’un volume considérable. Dans le Poulpe, je le trouve constituant un corps ovale et jaunâtre , situé à la partie supérieure et postérieure de la cavité abdominale , enveloppé d’un prolongement du péritoine (pl. IV, fig. vm , r ) , et versant la bile dans le cæcum en spirale, par son conduit excréteur (n). A la face extérieure de sa substance , mais cependant couverte encore par le péritoine , on aperçoit la bourse de l’encre , dont j’ai parlé précédemment (§ 503). Quoique cette bourse sécrète probablement elle-même son contenu , et que par conséquent ses rapports avec le foie soient autres que ceux par exemple de la vésicule biliaire avec l’organe hépatique chez l’hommej cependant elle doit évidemment recevoir du foie ses vaisseaux, , et par conséquent les matériaux de sa sécrétion , en sorte qu’on peut la considérer comme ayant le même usage que le conduit accessoire dont j’ai parlé chez les Boris (§ 703 ) ; c’est-à-dire comme étant destinée à décharger au dehors une partie des liquides que le foie prépare.

Le foie du Calmar ressemble à celui du Poulpe. Mais , dans la Seic'^ ordinaire , où les anciens anatomistes lui donnent le nom de mutis , il est situé plus haut , à peu près derrière l’entonnoir , fixé plus soUdement à la paroi tergale , et muni

OE.GÀNES SÉCRÉTOIRES. a5i5

de deux conduits excréteurs. Mais la bourse du noir , ainsi que je l’ai dit aussi précédemment, s’en trouve fort éloignée, dans le fond de la cavité abdominale.

y. ÂNIMAUX ARTICULÉS.

Autant le foie était développé dans la classe précédente , autant iir est peu dans celle-ci , où tout semble tendre davantage au développement de l’extériçur du corps.

Cet organe manque a la plupart des Enthèlminthes et des Annélides. Les premiers surtout en sont dépoürvus , ou bien il n’apparaît que sous l’aspect d’un enduit mince , en forme de tache , ordinairement jaune où noirâtre , sur la face externe de l’intestin , sans qu’On aperçoive de conduits excréteurs spéciaux pour le versement dè la bile. Un semblable enduit jaune s’observe , par exemple , sur le canal intestinal du Ver de terre ( pl. v , fig. iii , 1) et de l’ Arénicole. Dans la Sangsue , au contraire , c’est un tissu muqueux noirâtre qu’on trouve à la face externe de l’estomac. Brandt a le prenaier examiné ce tissu au microscope (1) , et reconnu qu’il se compose d’une innombrable quantité de boyaux variqueux terminés en cul-de-sac , dont l’intérieur est rempli d’une masse grenue , qui se réunissent en grand nombre sous des angles aigus , et qui s’abouchent ainsi dans l’estomac ou l’intestin. Cette organisation fait manifestement le passage à la forme du foie des Crustacés, dont je vais parler tout à l’heure. Du reste, on ne peut point encore dire d’une manière positive si le foie est remplacé , dans d’autres Vers , par des appendices ou diverticules du canal intestinal , tels que les cæcums rameux qui se voient des deux côtés de l’intestin dans l’Aphrodite , et où Pallas (2) a trouvé un liquide vert-brun et amer 5 ce-, pendant cette forme se rallierait très-bien à celle qui existe chez les Sangsues , car on voit sans peine que les cæcums de

{%) Medezinhche Zoologie, tom.lï,

(2) Miicellanea zoologica j pag. 87 .

254 T-RAITÉ d’anatomie COMPARÉE.

l’Aphrodite pourraient être considérés comme ceux de cette dernière moins nombreux et énormément grossis.

Les organes hépatiques des Neusticopodes ne sont presque point connus encore, Nordmann décrit seulement, dans la Lernæocera cyprinacea , un organe jaunâtre qui entoure le canal intestinal entier , à peu près comme chez la Sangsue (1) , et qui paraît remplir l’office du foie.

Lés organes biliaires sont plus manifestement développés dans les Décapodes, Chez les Écrevisses et les Crabes, ils forment d’épais faisceaux de cæcums jaunes, qui remplissent la plus grande partie de la cavité abdominale, s’insèrent au commencement du canal intestinal , et y versent une bile de saveur amère. Les SquiUes , au contraire , ont , d’après Cuvier , un véritable foie , divisé en plusieurs lobes , qui , des deux côtés , accompagne le canal intestinal dans son trajet,

Enfin , chez les animaux articulés à respiration aérienue, les organes auxquels on attribue par analogie la fonction de préparer la bile , prennent souvent une forme si différente de celle qu’ils affectent ordinairement , que l’on conserve encore des doutes sur le véritable office qu’ils remplissent®. Cependant , les considérations suivantes pourront contribuer à faire disparaître quelques contradictions apparentes, fia

{t) Mikrographische Beitr^ge, tom. TzS.

(2) Ce développement équivoqne des organes sécrétoires de là bile se rattache loot aàssi bien ici au développement extraordinaire des organes respiratoires, qne le volume considérable du foié, chez les Mollns- -ques, à leur respiration branchiale (§ 700). Meckel,en considérant snrtpat l’action éliminatoire de ces vaisseaux , croit pon voir les considérer plutqt comme des organes urinaires {Archw , 1826, pag. 21 ; System der vergleichenden Anatomie, tOm. IV, pag. 83). Cependant les vaisseaux contournés des Cloportes , dont je parlerai bientôt, font trop évidemment le passage du foie des Écrevisses aux vaisseaux biliaires filiformes des Scolopendres , et de ceux-ci aux vaisseaux biliaires des véritables Insectes, pour qu’on puisse méconnaître qu’ils ont trait aussi chez ces derniers à la sécrétion de la bile.

ORGA.KES SÉCRÉTOIRbS. aSg

fonction du foie , comme organe sécrétoire , diffère de l’action exhalatoire qu’exercent les poumons , en ce que Ces derniers rejettent au dehors des substances combustibles sous forme gazeuse , tandis que celles de même nature , inais plus riches néanmoins en hydrogène et en azote , dont le foie procme l’élimination , sortent du corps sous une forme plus matérielle. La sécrétion elle-même de la graisse se rapproche à plusieurs égards de celle de la bile, liquide abondamment chargé de principes gras et résineux ; car si cette dernière contribue d’une manière indirecte à la nutrition, en fecilitant la digestion, la graisse y concourt immédiatement, en sa qualité de dépôt d’une substance nutritive pure. De là vient qu’amas de graisse et formation d’un foie sont deux phénoîn^es organiques qu’on trouve peu séparés l’un de l’autre dans les classes inférieures. Par la même raison , on conçoit aisément le volume considérable du foie chez les Mollusques, où probablement cet organe joint encore à ses fonctions ôrdinaires celle d’être un dépôt de substance alîbile , et nous Terrons qu’il lui arrive aussi quelquefois , dans les classés supérieures , de se faire remarquer par la grande quantité de gï’aisse qui s’y amasse. Mais, chez les Insectes, où l’on ne trouve plus partout un système vasculaire général et constant , il y a nécessairement une ligne de démarcation plus tranchée entre ces fonctions et les organes qui y président. Nous avons déjà vu , en parlant de la salive, du venin, de la liqueur propre à former des fils , etc. , que , chez ces âuîmaux , les sécrétions ont lieu , non par des glandes, mais par ■des vaisseaux terminés en cul de-sac ; il se peut donc aussi que leur bile soit sécrétée par des vaisseaux analogues , que, chez eux , le foie , comme organe sécréteur de ce liquide , soit représenté uniquement par des vaisseaux biliaires , que l’accmnulation de la matière alibile pure se rattache à un autre organe , et que le foie , comme dépôt de substanée plastique , soit représenté par le corps adipeux dont nous avons déjà parlé précédemment, opinion qui , du reste, ne

256 TRAITÉ d’anatomie COMPARÉE.

serait point renversée quand bien même on trouverait que les vaisseaux biliaires puisent les matériaux de leur sécrétion dans ce corps adipeux , qui , en sa qualité de dépôt général de substance alibile , fournit aussi à d’autres parties les principes dont elles ont besoin pour leur nutrition. Mais ce qui se concilie parfaitement avec cette opinion , c’est que les fonctions du foie et du corps adipeux se confondent ensemble chez les animaux articulés à respiration aérienne, qui se rapprochent de ceux à respiration branchiale par l’existence constante en eux d’un système vasculaire. Tel est particulièrement le cas des Araignées , où le corps adipeux (pl. VII, fig. I, d) adhère tellement à l’estomac, qu’il n’est pas plus possible de l’en détacher que le foie des Bivalves , et où il s’opère sur ce point non-seulement une accumulation de chyle , mais encore un épanchement de bile , attesté par la couleur brune (1) des excrémens qu’on trouve dans la portion suivante de l’intestin. Cependant , il est digne de remarque que les Araignées ont en outre des vaisseaux biliaires particuliers , mais qui ne s’abouchent avec l’intestin qu’auprès de l’anus (fig. i, p , p,p, p), et qui, paraissant n’être destinés qu’à évacuer des matières purement excrémèntitielles , rappellent les organes analogues que nous avons signalés chez divers Gastéropodes et Céphalopodes (§ 703,704).,

Quelque chose d’analogue a lieu aussi dans le Scorpion; mais , chez cet animal , le corps adipeux est plus distinct de l’intestin , sur les deux côtés duquel il se trouve déposé ; et J. Muller (2) a reconnu, en outre, de chaque côté, des vaisseaux biliaires spéciaux, qui , liés d’une manière remarquable avec des branches du système vasculaire venant du cœur (pl. VII , fig. XIII , c ) , paraissent sécréter une substance excrémentitielle et la verser dans la partie inférieure du canal intestinal.

(i) Treviranus , Ueber den Bau der Arachn^den , pag. 32*

(a) Mbcreii’s ï8a8, pag. 9.

organes sécrétoires. 25^

Mais les Isopodes semblent être ceux des animaux articulés qui marquent le mieux , sous le rapport des organes biliaires, la transition des Décapodes respirant Veau aux Insectes respirant l’air. Les Cloportes, en effet, se rapprochent beaucoup des Écrevisses. On trouve , chez eux , quatre corps épais , allongés et contournés en spirale , qu’on peut appeler des foies ou des vaisseaux biliaires , et qui aboutissent au. commencement de l’estomac (1). Au contraire , les Scolopendres s’avoisinent des Insectes j en ce qu’elles ont déjà, d’après Treviranus , de longs vaisseaux biliaires filiformes , qui s’abouchent avec l’extrémité de l’estomac , et qui remontent, le long de Vœsophage, jusque vers les corps adipeux (pl. VI, lig. sxn,k).

Cependant , les vaisseaux biliaires semblent perdre leurs connexions avec le corps adipeux chez les Insectes proprement dits , et se développer d’une manière à la fois plus libre et plus prononcée que chez le Scorpion , par exemple. On les trouve dans les larves aussi bien que dans les Insectes parfaits , quoiqu’il soit facile de reconnaître des différences en eux , suivant les divers degrés de développement de l’animal. Ainsi , par exemple , ils sont plus gros dans la Chenille que dans le Papillon, et cet excès de volume correspond à l’ampleur extraordinaire du canal intestinal. Du reste, la forme , le nombre et l’insertion de ces vaisseaux , auxquels les ancieim anatomistes donnaient aussi le nom de vasa varicosœ, varient extrêmement.

La plupart du temps , ce sont des filamens simples et cylindriques. Parfois aussi ils sont inégaux et parsemés de petits cæcums , comme je le vois surtout très-distinctement dans la Chenille du Sphinx de la tithymale (pl. vii ,fig. 23). Leur longueur , suivant la remarque déjà faite par Cuvier,

(i) Voyez B^ahdt et ‘Ratzebubg , Medetsinlsche Zoologie f tom. II, pl.xv, fig. Sg.

258 TRAITÉ d’anatomie COMPARÉE.'

est ordinairement en sens inverse de leur nombre. Ainsi, ils sont longs dans la Chenille du Sphinx de la tithymale (pi. vu, fîg. xxiïi , f. ) , et courts dans la Blatte.

Leur nombre , toujours pair suivant Ramdohr (1) , s’élève jusqu’à cent cinquante. Ils sont très-nombreux surtout dans quelques Névroptères , par exemple les Libellules , et dans les Orthoptères , par exemple la Blatte et le Taupe-grillon, où ils forment une sorte de houppe , et se réunissent tous en un seul tronc , qui s’ouvre dans le canal intestinal. On en trouve deux dans les Coléoptères ( pl. vu , fîg. xlii , xliii , e). Dans les Chenilles et les Papillons , il y en a , de chaque coté , trois , qui cependant s’abouchent avec l’intestin par un seul tronc (pl. vu , fîg. xxix et 23).

Quant à leur insertion , elle n’est point encore suffisamment connue , non plus que la manière dont ils s’ouvrent dans l’intestin. Suivant Ramdohr , ils se borneraient à ramper entre les -taniques de ce dernier, sans perforer l’interne mais un tel. mode de terminaison est peu probable , et Meekel le révoque en doute avec raison (2). Cette insertion a lieu , en général , au commencement du canal intestinal , derrière: le pylore, quoique d’mlieurs la situation de ce dernier puisse être assignée diversement, selon qu’on accorde plus ou moins d’étendue à l’estomac. Au reste., s’il leur arrive , d’auprès Ramdolir , de s’aboucher avec le cæcum ou le rectum, dans les Coléoptères (pL vu, fîg. xlii) et quelques Chenilles , ou , suivant Meekel , de s’insérer à deux points différens du canal intestinal dans les genres Acheta , Locusta et Muprestm. ,, c’est une preuve qu’ici , comme chez certains Mollusques , une partie de leur contenu peut jouer le rôle de bile et; servir à la digestion, tandis qu’une autre est simplement évacuée au dehors , à titre de matière excrémèntitielle et peut-être d’ urine , ainsi que le pense Meekel.

(l) Utber. die Verdamngiwerhzeuge der Insekien , Halle, i8îO'<

(a) S/s(em <kr vergleichenden Anatomie, tom, IV, pag, Sa.

ORGAKES SÉCRÉTOIRES.

' c. Cépîialozoaîres.

Dans les quatre classes de Céplialozoaires, on tÉOüve un foie bien développé , qui ne diffère essentiellement de celui des Mollusques qu’en ce que le sang nécessaire à la sécrétion de la bile ne lui vient j^oint seulement dej’artère principale du corps , Cômmë dans les classes inférieures et. dans , lés; autres orgânès sécrétoires , mais .lui est amené aussi par uii système veineux particulier., celui de la veine porte, dont là description sera donnée plus loin. Les animaux compris dans ces quatre classes possèdent en outre un organe particulier, lie au foie par la circulation du sang.-Çetï organe est la rate , à làquelle ce n’est point sans raison .que nous attribuons de prendre une certaine part à la sécrétion, de là bile, ne fût-cé qu’en convertissant une plus grande quantité de sang artériel en sang veineqx , destiné à passer dans la veine porté , èt que l’on doit par conséquent cpnsidéfér , à l’instar du foiè , comme un appareil préparatoire. Enetfët, nous, trouverons que ces deux organes se développeriî en sens inverse l’un de l’autre , la rate étant toujours d’autant plüs petitè que le foie lui-même est plus volumineux. , ; :

Au resté , nous devons faire encore remarquer , à l’égard; du foie-, que , chez les. animaux des classes supérieures, il s’y rattaché ordinairement un réservoir particulier de la bile, la vésicülé du fiel, qu’on peut considérer comme une répétition de la bourse du noir des Céphalopodes, puisqu’il arrive fréquemment à ce dernier organe de recevoir du foie l’humeur qu’il renferme, et que, chez certains Mammifères j là bile passe immédiatement du foie dans la vésicule du fiel. Cependant , d’un autre côté , la vésicule biliaire et la bourse du noir diffèrént beaucoup l’une de l’autre , en ce que le liquide contenu dans cette dernière est purement excrémentitiel et prebablement sécrété par les parois de la pèche

260 traité d’ahàtomie comparée.

eiie-même , tandis qu’on ne peut point encore assigner une origine semblable au liquide renfermé dans la vésicule du fiel , et que ce liquide joue un rôle important par rapport à la digestion.

a.POISSOm.

Le volume considérable du foie chez les Poissons est une circonstance qui rapproche évidemment l’organisation de ces animaux de celle des Mollusques , et qu’on doit considérer aussi comme une suite de la respiration branchiale , attendu (^e presque toujours le développement de l’orgàne respiratoire et celui du foie sont en sens inverse l’un de l’autre ( § 700 ). Sous un autre rapport ( § 706 ), il est fort remarquable que , d’après les remarques de Blumenbach(l) , le foie de plusieurs Poissons, d’ailleurs presque privés de graisse , comme la Raie et le Cabliau , regorge d’une substance huileuse. Au reste, cet organe renferme déjà chez les Poissons un système particulier de la veine porte, qui sert à la sécrétion de la bile.

Le foie a ordinairement un volume si considérable , qu’il remplit une grande partie de la cavité du ventre , et qu’il enveloppe souvent plusieurs circonvolutions du canal intestinal, absolument de même que chez beaucoup de Mollusques. C’est ce qui a lieu surtout dans les Cyprins.

La forme de cet organe varie beaucoup. Ordinairement il est oblong, comme la cavité abdominale, et représente une masse convexe en dessus , concave en dessous ( pl. xi, fig. xvï ) tantôt simple , comme dans X Ammocœtes hranchialis ( fig. XVII , 21 ) , les Lamproies , les Saumons et les Brochets, tantôt divisée par des scissures, soit en trois grands lobes , comme dans la Lote et l’Esturgeon (2) , soit en un très-grand nombre de lobes , comme dans les Carpes , ou en

,(i) Handbtich der vergleichenden Anatomie , pag. 184.

(s) Voyez mes Tahulce illustrantes, cah. tv, pl. iir, j

deux grosses moitiés presque séparées , dont chacune se compose d’un petit lobe et d’un autre grand et oblong , comme dans la Torpille , etc.

La substance du foie est ordinairement d’autant plus molle, que l’organe est plus gros , et d’autant plus ferme que celui-ci est plus petit. Cependant Meckel fait observer qu’il y a des exceptions à cette règle , par exemple dans les Plagiostomes.

Chez les Poissons qu’on pourrait appeler réguliers , les Cyprins par exemple, la plus grande partie du foie est située à droite , comme chez l’homme , et par analogie avec le caractère respiratoire généralement plus prononcé du côté droit du corps. Chez d’autres , au contraire , suivant la remarque de Rathke (1) , on trouve à gauche, tantôt l’organe tout entier , comme dans les Pleuronectes , le Lièvre de mer, le Saumon , la Perche et les Cottes , tantôt au moins son plus grand lobe , comme dans les Clupées et les Gades.

Le foie a ordinairement une couleur jaunâtre , rougeâtre, ou brunâtre. Il est d’un jaune orangé dans le Peiromyzon Planeri. La teinte verte herbacée qu’il offre dans la Lamproie ordinaire est d’autant plus remarquable que ce Poisson manque de vésicule biliaire (2).

La vésicule biliaire n’existe pas non plus , d’après Cuvier, dans X Ammocœtes hranchialis , la Perche du Nil, la Plie , et quelques Sciènes. Du reste , on la rencontre presque partout dans cette classe , et elle ne diffère point essentiellement de celle de l’homme , tant sous le rapport de sa structure , que sous celui de sa situation ( pl. xvi , s ).

Il y a ordinairement plusieurs conduits biliaires qui, suivant la remarque de Cuvier , s’insèrent pour la plupart sous un angle obtus à la vésicule biliaire ou à son canal excréiteur.

(G Meckel’s i8a6, pag. 134.

(2) La vésicule du fiel est cependant remplacée ^ chez la Lamproie , par pue assez grande dilatation du conduit biliaire.

a63 traité d’akatomie comparée.

A la faveur de ces conduits , la bile , généralement d’un beau vert , passe dans la vésicule , d’où elle est versée dans l’intestin par le canal cystique. Suivant Cuvier (1) , le conduit biliaire du Poisson lune ( Orthagoriscus luna) s’insère à l’estomac même. Dans le Turbot, ce conduit offre une dilatation particulière un peu avant son insertion à l’intestin, et dans le Squalus maximus , suivant Home , son orifice fait saillie , en manière de longue papille , dans la dilatation que l’intestin offre auprès du pylore (2) ,

La rate des Poissons est très-petite , en proportion du foie, et elle a une couleur beaucoup plus claire que chez l’homme. Sa forme est tantôt arrondie, tantôt oblongue (pl. ix, fig. xv,n), parfois anguleuse ou irrégulière. Dans les Squales et quelques autres espèces , par exemple dans la Truite. , où , de même que chez l’Esturgeon, elle a un assez grand volume, tandis que le foie est assez petit, pn la trouve près d.u culde-sac de l’estomac. : Chez d’autres Poissons, elle est plus rapprochée du canal intestinal, et logée entre les feuillets du mésentère : tel est le cas de la Lote et du Saumon.

Un fait digne de remarque, c’estque quand le foie se trouve plus à gauche qu’adroite, la rate est reportée aussi davantage vers le cpté droit. Ce cas a Ijeu , suivant Rqthke, dans XAm- ‘i}ioâ<fytestohiaims.

Les Lamproies paraissept être entièrement privées de rate; (3).

(1) Histoire des Poissons , par ,G. Cuvier et Valenciçmies , Paris 1828 , tom., I, pa?. 5o6.

(2) J’dt)serve aassi la inème chose à l’orifice du conduit biliaire dans i’Estdrgeon.

• '■ (S'^-Gependant Mayei* a crii pouvoir considérer comme une raie, dans le Congre {Petromyzon marinus'), une petite glande rougeâtre , située derrière le foie et le péricarde cartilagineux. F. FfiORiEp’s Notizen fuer Naturi832.> juillet; n° 737.

ORGAHES SÉCIIÉTOIUES.

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