‹ Traité élémentaire d'anatomie comparée, suivi de recherches d'anatomie philosophique ou transcendante sur les parties primaires du système nerveux et du squelette intérieur et extérieur (volume 3)Chapitre 40 sur 71 · REPTILES · texte numérisé non relu

REPTILES

Le foie a aussi un grand volume dans cette classe , et sa eoiileur n y est guère plus foncée que cîiez les animaux de* la classe précédente.

Dans la Salamandre , il descend depuis le cœur , entre les deux poumons et au devant d’eux , jusqu’au fond de l’estomac , qu’il couvre presque entièrement , et sa face antérieure est fixée par un ligament suspensoire à la paroi antérieure du bas-ventre ( pl. xiii , fig. i , f ). Son bord inférieur est partagé eii deux lobes , et sa face concave offre une vésicule biliaire ( fig. ii, l), pleine de bile verte , dont les conduits se comportent comme à l’ordinaire. La rate est petite , allongée , d’une couleur claire , et suspendue au côté gaucbe de l’estomac (fig. i, g).

Dans le Protée , le foie a près de cinq pouces dé long , la longueur du corps n’étant que de" neuf à treize pouces. Il est divisé en cinq lobes. On trouve aussi une vésicule biliaire assez volumineuse.

Le foie , la vésicule du fiel et la rate sont à peu près de même dans les Grenouilles et les Crapauds. Seulement le premier est plus large et plus profondément divisé en deux lobes , dont le gauclie surpasse ordinairement l’autre en volume. Le cœur se trouve entre ces deux lobes , en devant. La rate est plus petite , plus distincte de l’estomac et plus rapprochée du gros intestin.

Le foie du Pipa offre une conformation remarquable , d’après Rudolphi. Il se partage complètement en trois lobes, qui ne tiennent ensemble que par le péritoine. La ■vésicule du fiel est située sous le lobe droit. Cette disposition fait évidemment le passage à celle qu’on observe chez lès Ché- ■ Ioniens.

Dans les Tortues , en effet, le foie est toujours presque entièrement divisé en deux moitiés, D’après Meckel , il a une

9,64 tuaité d’anatomie comparée.

couleur bleue verdâtre , et son lobe droit (pl. xiii, %. v,p) surpas^ de beaucoup le gauche en grosseur. J’ai constaté l’exactitude de cette dernière assertion dans la Tortue bourbeuse, dont le foie a d’ailleurs une teinte de brun jaunâtre. La rate n’est point aussi petite que chez les Reptiles précédens. On la trouve au voisinage de l’extrémité postérieure du canal intestinal. '

, Dans les Serpens , le foie a une longueur très-considérable, mais fort peu de largeur. Chez une Couleuvre à collier de trente-trois pouces, il avait six pouces et demi de long, sur un demi-pouce àpeuprès seulement de large. Une se compose non plus que d’un seul lobe. Or on a vu que ces animaux n’ont qu’un seul poumon , également fort allongé (1). Meckel (2) a observé une forme particulière du foie dans le genre

(i) J’ai fait plnsieurs observations qni me portent à penser qne la formation dn foie est déterminée par le cours de la veine ombilicale , de même que celle du pancréas et peut-être aussi de la rate l’est par celai de la veine omphalo-mésentériqne. Cette circonstance expliquerait et la longueur du foie des Serpens, car la veine ombilicale de ces animaux parcourt un très-long trajet depuis l’ombilic jusqu’au cœur, et la petitesse extrême de leur pancréas, car il ne reste que fort peu d’espace depuis l’ombilic jusqu’à la paroi tergale de la cavité abdominale. De là vient aussi que les Oiseaux ont un très-long pancréas, parce qne la veine vitelline suit l’intervalle de la première et longue circonvolution intestinale, intervalle que plus tard cet organe remplit en entier; leur foie , au contraire, est beaucoup plus large que long, attendu que la veine ombilicale parcourt un trajet peu étendu. 11 est fort remarquable que la veine ombilicale, qui appartient spécialement à la respiration branchiale de l’embryon, semble être précisément la partie qui donne naissance au foie, c’est-à-dire à un organe excrétoire dont les fonctions se rapprochent de celles des poumons, tandis que celui dont la formation dépend de la veine omphalo mésentériqne , qpi appartient à l’organe nourricier extérieur (sac vitellin , vésicale ombilicale) , est chargé delà sécrétion du suc pancréatique, dont les caractères se rapprochent de ceux dn lait.

(a) System der vergleichenden ^natomie , tpm. IV, pag. 570.

Tortriæ^où ses deux tiers moyens décrivent une multitude de tours très-serrés , qui donnent à l’organe l’apparence d’un intestin.

Le canal hépatique est très-mince et long ; il ne s’unit au canal cystique que dans le voisinage du commencement de l’intestin , et ensuite il perce le pancréas.

La vésicule biliaire a une forme ovale. Elle est fort éloignée du foie , et contient une bile d’un vert brun. Cependant, chez les Orvets et les Amphisbènes, on la trouve , à peu près comme dans les Salamandres , sur la face inférieure même du foie.

La rate est petite , arrondie , quelquefois multiple , et située à l’extrémité supérieure du pancréas, k la vérité. Mec* kèl pense que les corps arrondis , qu’il a vus aussi dans les 3oa , Pithon et Etaps, sont plutôt des glandes lymphatiques, et il n’admet une véritable rate que dans les genres Anguis et Cœcilia; mais cette opinion ne me paraît pas se concilier avec le faible développehientdes glandes lymphatiques chez les Reptiles, et nous retrouverons plusloin d’autres exemples de rate multiple.

Dans les Sauriens , enfin , le foie ressemble à celui des Grenouilles et des Salamandres. Je trouve , dans le Gecko , qu’il s’étend en longueur , qu’un sillon longitudinal le partage en deux moitiés , qu’il est étroit en dessus , mais qu’en dessous il est large , de manière à représenter en quelque sorte la forme d’un x- Le foie du Crocodile ressemble davantage à celui dé l’homme ( pl. Xii , fig. xix, 1) , et la vésicule du fiel est située à sa face concave (n). Suivant Cuvier , le canal cystique et le canal hépatique s’insèrent à l’intestin , tantôt séparés l’un de l’autre, et tantôt réunis. La rate est un petit corps oblong , situé près du fond de l’estomac (fig. XIX, q).

traité d’anatomie comparée.

y. OISEAUX.

Le foie des Oiseaux est encore , proportion gardée , plus volumineux que celui de l’homme et des Mammifères. Ordinairement il a une teinte de rouge vif, et, de même que dans plusieurs Sauriens ou Chéloniens , il se partage en deux lobes principaux, l’un à droite , l’autre à gauche. Ce dernier est plus petit que l’autre, et le cœur se trouve logé entre eux à leur partie supérieure.

Tiedemann (1) a dressé , sur les différences de grosseur du foie chez les divers Oiseaux, une table intéressante, d’après laquelle on voit que les Palmipèdes et les Échassiers sont ceux qui ont le foie le plus volumineux , puisque son poids va depuis un vingt-neuvième jusqu’à un dixième de celui du corps , tandis que les Rapaces sont ceux qui ont le plus petit foie , le poids de cet organe Valant chez eux que d’un quarante deuxième à un trente-cinquième de celui du corps.

Le foie est couvert en devant par le sternum. En arrière , les poumons descendent derrière lui , et il est même retenu par les parois des cellules aériennes, qui le tapissent de leurs prolongemens- La forme de ses lobes ne varie pas beaucoup dans les diverses espèces.

De sa face inférieure et concave naissent les conduits biliaires, dont un ou quelques uns s’ouvrent ordinairement dans le fond de la vésicule du fiel elle même. Cependant cette dernière n’existe pas chez tous les Oiseaux. Je l’ai cherchée en vain dans le Perroquet et le Pigeon ; d’autres ne l’ont pas trouvée, du moins chez quelques individus, dans la Pintade,

(l) Zoologie, tora. ir^ pag. 49t. — Il est remarquable , au reste, qu’en augmentant la nourriture et diminuant le mouvement musculaire, on parvient, chez plusieurs Oiseaux domestiques, à faire grossir considérablement le foie, et à convertir sa substance en une masse qui tient davantage des caractères de graisse.

la Gélinote , rAutruclie (1) et le Paon. Bu peste les conduits hépatiques, de meme que les conduits cystiques, aboutissent ordinairement au duodénum ( pl. xv, fig. ix, i* ) , loin du

pylore, et au voisinage des conduits pancréatiques; la première .de ces deux circonstances s’explique par la longue circonvolution que le duodénum décrit , et qui le ramène presque immédiatement à restomac. Gependant Meckel avu, chez le Manchot , le canal cystique , qui est fort long , s’insérer auprès du pylore , et à près de sept lignes de distance du canal hépatique (2). licite aussi les Toucans (3) comme ayant une yé§;cule biliaire étroite , mais d’une longueur remarquable , puisqu’elle occupe presque toute la cavité abdominale.

La rate des Oiseaux est fort petite , ordinairement arron¬

die, de couleur foncée, et plus voisine du ventricule succenturié et de la moitié gauche du foie , que du gésier (pl. xv, Jfig. IX, h* ).

6'. MJM.11IFÈRES..

Nous avons vu que , dans les classes inférieures du règne animal , le foie a un volume considérable, en proportion de la rate et du corps entier , et qu’il n’exjste même point encore d® rM.c chez les Mollusques , dont le foie a pris un trèsgrand développement. L’histoire de l’évolution des Mammifères et de l’homme Jioijs offre un rapport analogue , qui correspond au développement moins considécable des organes respiratoires , car le foie a bien moins de volume che-z les individus parfaits que pendant les premiers temps de l’existence. Les Mammifères qui se rapprochent à tant d’autres égards des Poissons , c’est-à dire les Baleines et les Dauphins,

(1) Suivant Meckel , l’Aatruclie d'Amérique et le Gasdar ont iine vésicule biliaire. - • *

(2) Sj'stem der vergleichenden. Anatomie , tom. IV, pag. 436.

(3) pag. 476. ; ' .

208 traité d’ai^atomie comparée.

sont aussi ceux qui, comme les fœtus des espèces supérieures , se font remarquer par la grosseur de leur foie et la petitesse de leur rate (1). Du reste, les Cétacés sont dépourvus de vésicule biliaire , quoique , d’après Hunter (2) , leur foie ressemble assez à celui de l’homme , pour la forme, car il se partage également en un grand lobe droit et en un petit lobe gauche , outre qu’il est pourvu aussi d’un ligament rond et d’un ligament falciforme. Le conduit biliaire est large et s’insère au commencement du duodénum. La rate, petite et sphérique , est quelquefois double dans les Dauphins, suivant Hunter , et Tyson assure même qu’on en trouve souvent jusqu’à dix ou douze.

Le Lamantin se rattache aux Cétacés par un très-gros foie, qui n’est également divisé qu’en deux lobes principaux , et par l’absence de la vésicule du fiel (3).

Il fait la transition aux Ongulés , chez lesquels le foie a en général la même conformation , quoiqu’il soit im peu moins volumineux, et que, dans le Chameau, sa face inférieure soit partagée , par de profondes scissures , en un nombre considérable de lobes , les uns grands et les autres petits (4). La vésicule biliaire n’existe pas non plus ordinairement, par exemple dans les Solipèdes et les Cerfs , ainsi que , d’après Cuvier , dans le Chameau , le Pécari , le Rhinocéros et le Daman.

Chez les Phoques , au contraire , le foie est très-gros et partagé en plusieurs lobes, dont Albers porte le nombre à sept. On trouve aussi Une vésicule biliaire. Suivant Steller, le foie du Fhoca ursina a six grands lobes et près de quarante petits.

(i) Lacépède, JKî?. nat. des Cétacés, pag. 36. «La Baleine franche a nn foie.très-volnininenx, etnne rate pea étendne. »

(a) Philos, Traits., 1787, pag. 41 0.

(3) Tiedemawn’s Zoologie, tom. I, pag. 446.

(4) Meckel, System, der vergleichenden Anatomie, tom. IV, pag. 5,6i^

O&GAnES SÉCUÉTOIUESi 26g

Cette division du foie en lobes nombreux, quoique portée moins loin, se retrouve chez la plupart des autres Mammi-r fères , notamment dans les Carnivores, les Chéiroptères et les Rongeurs (1). Jeeiterai,pour exemple;, parmi ces derniers, le Castor ( pl. xix, fig. xvii , u ).

ivfous devons à Tiedemann (2) une table de la masse du foie dans plusieurs Carnivores et Rongeurs, qui nous apprend que cet organe a surtout un volume considérable chez les espèces qui plongent dans l’eau ou qui vivent sous terre. C’est ainsi que son poids était à celui du corps = 1 1 37 dans le Chien, = 1 t 35 dans le Renard , = i I 18 dans le Lièvre,

= 1 1 14 dans le Carnpagnol , = 1 1 10 dans la Marmotte et la Loutre.

La vésicule du fiel manque encore chez plusieurs Rongeurs , par exemple dans les Souris , l’Urson {Hystrix dorsata ) et le Hamster. Elle n’existe pas non plus dans le Paresseux, parmi les Édentés.

Quand il n’y a point de vésicule du fiel , le tronc principal des conduits biliaires est ordinairement fort large, ce qui supplée én quelque sorte à l’absence du réservoir , et se Voit par exemple dans le Cheval et l’Éléphant. Cependant Dâubenton attribue une dilatation semblable à la Loutre , quoiqu’elle ait une vésicule du fiel dans le voisinâgè du duodénum.

Le canal cystique ne s’insère pas toujours au même endroit dans l’intestin. Son insertion sê fait à plus d’ünf pied du pylore dans les Brebis et les Chèvres , et tout près de cet orifice dans les Gazelles.

; Les conduits hépato-cystiques , qui ont été observés sur-

(i) Haller dit (Elem. phjs., tom. VT, pag. anîinaUbiis qnadrupe»

àihus, qiiibits divisi sunt pedes, plerisque etiam hepar in multos lobos divi-^ dhtir,

(p) Zoologie ,tQVa II, pag. 522,

ayo TRAITÉ d’anatomie comparée.

tout chez lé Bœuf et la Brebis (4) , et qui , ainsi que la chose a lieu déjà chez plusieurs Oiseaux , amènent directement la bilè du foie dans le bas-fond de la vésicule , sont remarquables àplusieurs égards, mais prineipalementparce qu’ils nous rappellent la connexion de la bourse du noir avec le foie chez divers Géphalopodes (: § 704 ) , où cette bourse , sans avoir aucun rapport avec la vésicüle biliaire, reçoit du tissu vasculaire du foie la substance qu’elle est chargée d’évacuer au dehors.

Fous avons parlé précédemment de la rate des Gétacés; Celié dès autres Mammifères est ordinairement allongée et presque en forme de langue. Telle est, par exemple , céllé du Gastor ( pl. xix , fîg. xvii , z ). En général aussi, elle est considérablement plus petite et d’un rouge plus vif que celte de l’homme. Du reste , on la trouve toujours au côté gauche du fond de l’estomac , et quand il existe plusieurs estomacs , à la gauche du premier , du jalus gros.

3>. Pancréas.

Èn traitant des organes salivaires proprement dits , nous avons déjà trouvé , parmi les Mollusques , et même chez Tes Mollusco-infusoires , nom sous lequel nous avons désigné les Rotifères nus ( § 40 ), quelques espèces chez lesquelles ces organes sont situés en partie à la région de l’estomac. Tel est le cas, par exemple, des glandes salivaires de l’Aplysie, qui descendent jusque dans la cavité abdominale , ou de la seconde paire de glandes salivaires des Géphalopodes. Lors donc qu’il nous arrive , chez les animaux des classes supérieures , de rencontrer dans cette région un organe particulier analogue aux glandes salivaires, nous pouvons à bon droit le considérer comme une répétition d’un type qui déjà existait précédemment. Cependant ces glandes salivaires pro-

(i) Yoyez les diverses observations sur ces çondubs dans HaweKj

tom. YI, prig, 535.

ORGANES SÉCRÊTOIPÆS. 371

fondes ne sont point encore ce qu’est le pancréas des animaux supérieurs , puisqu’elles versent le produit de leur sécrétion au commencement de l’intestin , tandis que celle du paneréas paraît se rattaclier d’une manière intime à la production de la bile , ou du moins que le suc pancréatique semble agir dè concert avec cette dernière sur le cbyme.

Jfous ne pouvons donc regarder comme réellement anà^ logues au pancréas , chez les animaux inférieurs , que ceux de ces organes dont le produit s’épanche réellement dans le "commencement de l’intestin proprement dit , région où nous avons vu en effet que l’on rencontre quelquefois certainsprolongemens en cul-de-sac des parois abdominales.

S’il arrive souvent aux premiers rûdimens des vâfeêàux biliaires de ressembler â dès pinceaux ou à dés séries dè coécttms , ce qu’on voit par exemple dans les Décapodes et lés Aphrodites> de même aussi on trouvé , à îa région du pylore j dans lés Aplysies ( § 499 ) , les Céphalopodes ( § 602 , 603 ) , les Vers ( § 608 ) et les Insectes ( § 6l7.)’ , des cæcums qüi tiennent lieu en quelque sorte du pancréas , jusqu’à ce que , chez lés Poissons , ces appendices en éul-dé-sac deviennent de plus en plus fréqùens dans certains genres ( § 636 ) , et qu’ènfin dans l’Esturgéon ét les Plagiostomes , ils se confondent réellement en uhé seule masse glanduliforme. Il pâràît donc que c’est seulement dans les quatre classes supérieures du règne animal qu’on observe un véritable pancréas , dont la structure correspond, quant au fond, à celle du pancréas de l’homme.

B.,,Poiss0nSi’ .. . .. -

J’ai fait voir plus haut ( § 536 ) comment ragrégation gianduhforme des cryptes muqueuses de l’Esturgeon , à laquelle déjà j’ai donné le nom de pancréas ( pl. iV, fig. xix, c ), doit peu à peu son développement aux appendices pyloriques en cul-de-sac qu’on trouve en nombre tantôt plus et tantôt moins grand chez les Poissons- osseux. C’est dans lés

2^2 TRAITÉ ü’aNATOMIE COMPAREE.

Raies et les Squales qu’on rencontre pour la première fols un véritable pancréas , ainsi que Haller en a déjà fait la remarque (1). Ici , comme chez l’Esturgeon , cette glande est situé à gauche , près du diverticule de l’intestin , derrière le pylore ( pl. x , fig. ii , ni ). Elle forme une masse lohuleuse et à demi-rougeâtre , dont , suivant les observations de Meckel (2) , les conduits excréteurs se distinguent des cæcums analogues des animaux inférieurs par un calibre moins considérable.

b. Hepliles.

Ordinairement , même chez les Reptiles branchiés , ou du moins dans le Protée (3), le pancréas forme une masse glanduleuse aplatie et irrégulièrement lobuleuse , qui se trouve entre les feuillets du mésentère , à la première courbure du canal intestinal. C’est ce que j’observe, par exemple, dans la Grenouille , dans la Salamandre , dans la Tortue bourbeuse , où cet organe est fort gros , et dans un jeune Crocodile. Je le trouve , au contraire , dans la Couleuvre à collier et dans le Coluher thuringicus , constituant une masse un peu plus dense , attachée plus en avant au canal intestinal , et que le conduit biliaire perce à sa partie moyenne.

Cuvier a trouvé le canal pancréatique double dans le Crocodile du Nil.

c. Oiseaux,

Comme le pancréas occupe ordinairement chez les Oiseaux l’espace intercepté par les deux branches de la première cir-

(i) Êlem. phys., tom. Vl, pag. 4’-7» 4^6.

(a) System der 'vergleiclienden Anatomie , tom. pag. Sao. — Brandt {Medicinische Zoologie, tom. Il, pag. 33) décrit ausai, dans le Siiurus glanis, nn pancréas lobé, qui s’aLonche dans l’iniestin par deas condails.

(3) Roscohi, Monografta delproieo, pag. 6o.

convolution intestinale , qui a souvent une grande longueur , en général aussi son volume est, proportion gardée , plus considérable que dans aucune autre classe du règne animal. Tiedemann (1) l’a trouvé surtout très-gros dans les Oiseaux qui vivent de végétaux, et plus petit , aü contraire , chez les Rapaces. Mes observations , sur ce point , s’accordent avec les siennes.

La forme de cette glande , déterminée par remplacement qu’elle occupe, est la plupart du temps allongée , étroite et plate. On peut s’en convaincre , par exemple-, dahslePigeon ( pl. xv , fig. IX, k) (2). Fréquemment, le pancréas est partagé en deux lobes bien distincts, comme on le voit dans la pie , le Perroquet , l’Engoulevent , etc. Il est' plus rare de le trouver complètement double, ce qui arrive par exemple dans l’Oiseau vo'^ÿX^Ardea pavonica ), et même chez certains indb vidus appartenant à des genres où d’ordinaire on rencontre l’organe simple. Dans ce cas , le second pancréas occupe la seconde circonvolution intestinale,

^ . Les Oiseaux ont depuis un jusqu’à trois canaux pancréatiques (3)., Le nombre de ces conduits varie souvent dans les individus appartenant à une même espèce. Ordinairement ils s’insèrent chacun à part dans le canal intestinal, et presque toujours au devant des conduits biliaires ( fig. ix, 1). Ainsi , par exemple , d’après une table dressée par Cuvier , on trouve , dans la Chevêche ( jSfriaypasseriwa ) , d’abord trois canaux pancréatiques , puis le canal hépatique , et enfin le

(1) Zoologie, tom. II, pag. AyS. Ce volnme considérable du pancréas serait -il lié à celui de la vésicale ombilicale (sac vitellin) dans cette classe ?

(2) Voyez, sur la canse probable de cette forme et, sur cet organe en général , la note an § 7 1 3.

(3) On sait (Hal-ler, Eletn. pjvys., tom. VI, pag. 434) lo® découverte dé ce canal, dont cependant Galien avait déjà connaissance , est attribuée à Maurice Hoifiuann,quila fit, dit-on, à Padoue, en 1641, sur le Dindon, après quoi Wirsung décrivit aussi le conduit chez l’homme.

274 TRAITÉ d’aHATOMIE COMPARÉE.

canal cy stique ; tandis que >, dans le Perroquet , l’intestia rer . çoit d’aJjord le canal hépatique , puis le premier et le second conduits pancréatiques , et enfin le canal cystique. Dans l’Au^ truche , c!est d’abord le canal hépatique qui s’insère à l’intestiUj^et après lui vient le conduit pancréatique , qui est simple^

a. Mammifères.

Si les glandes salivaires proprement dites manquent encore à plusieurs Mammifères,! janiais on ne voit manquer le pan^ créas , qui existe partout ^ même chez les Cétacés , où , suivant Hunier. il forme un corps très-long et plat, dont rextrémité jgauche est fixée nu côté droit du premier estomac , et l’autre au duodénum. Chez ces animaux , de même que dans.le Rytine ^ le canal pancréatique s’imit au conduit biliaire , non loin de son insertion dans l’estomac.

On peut en dire autant de plusieurs Ongulés , par exemple du Chameau de la Brebis et de l’Éléphant , chez lesquels cependant , outre le canal excréteur qui s’unit au conduit biliaire, il en existe encore un second, qui va s’insérer seul dans le duodénum. On trouve aussi deux conduits pancréatiques chez le Ghevai ; mais tous deux aboutissent séparément à l’intestin.

Ce canal est fort long et partagé en deux branches dans le Castor (pd, , XIX , fig. xvn, kl m), et en général il aun volume considérable chez les Rongeurs , ce qui établit unenouvelle analogie entre ces animaux et les Oiseaux.

Dans les Marsupiaux , nous retrouvons la jonction du canal pancréatique avec le conduit biliaire.

Il n’est pas rare de rencontrer deux de ces conduits dans les Carnivores, par exemple dans le Chien.

Le canal pancréatique des Phoques et des Morses nous rappelle celui des Cétacés , par sa réunion avec le conduit

(l) 1787, pag, 4f0.

ORGANis SÉCRÉTOmES. . a-g .

biliaire , ejitre les parois duquel il parcourt une certaine éteüTdue i pour s’y ouvrir enfin , un peu avant son enÆouchure (1).

Les conduits biliaire et pancréatique se réunissent également dans les Makis , et la même chose a lieu aussi dans quelques Singes , pnr exemple , d’après Meckel , dans \§. S , les Stèles et les Sapajous. : :

Il arrive quelquefois au canal pancréatique d’çffrir un calibre très-considérable ; c’est ce qu’on observe , d’après Meckel , dans les Cercoÿithecus sahcsnsj -œthiops nosus,^ '

- . â. OrganéS'4iriüàûës.

Si le foie , comme ergane sécrétoire lié au canal intèstihai, répète manifestement la fonction de la respiration, ce qui fait qu’un rapport inverse existe entre lui et les organes res- -fiiratoires , sodsle point' de' vue du développement^ de m|«ie les organes urinaires , liés à l’ appareil génital , sont , Ta' plü- -Siéurs égards , une répétition évidente des organes respiratoires , de sorte que , quoiqu’on ne lès observé d’âné maiiièr^ bièn distincte que chez les animaux des quatre classes supefeures, ils sont presque toujours plus volumineux chez les derniers d’entre eux que ch^z ceux qui èccupent le’ sommet de l’échelle, tfnfait trèS-remarquable cependant , et qui rés/ sortira des détails dans lesquels nous entrerons sur T état fcetM , dès animaux compris dans les classes supérieures , c’est qu’ici une portion des organes urinaires èux-mêmes , savoir la yèssie, avec son prolongénient , l’allantoïde, devient un véniabi|i appareil respiratoire, attendu que les vaisséaitx chargés d’accomplir la respiration du foetus Se ramifient , soit immérdiatement sur leurs membranes , soit sur une membrane (.chorion) produite par une extension de raÜantoïdé. Cet état de

(i) Tiedemann a cm voir ici dans le conduit biliaire dilaté , nn réservoir particulier du suc pancréatique.; ( Fcyez Meckél’s Archii>', iom. V , pag. 35o.) •

^7^ TRAliÉ dViîATOMIË COMPÀÏIÉE.

choses est surtout facile à constater dans l’embryond’ Oiseau, •où la vésicule qui sort du cloaque , c’est-à dire l’ allantoïde, à laquelle on est dans l’usage de donner à tort le nOm de cliorion , porte évidemment le caractère d’une branchie , conime aussi l’on sait que, même chez le fœtus humain, lés artères ombilicales se prolongent sur les côtés delà vessie et de l’ouraque , pour donner naissance au chorion. Nous trouverons même des animaux chez lesquels l’allantoïde (vessie urinaire prolongée ) ne sort pas du tout de la cavité abdominale , et n’en atteint cependant pas moins des proportions considérables, quelle conserve pendant toute la vie , recevant des ramifications vasculaires semblables à celles que partout ailleurs nous voyons n’être fournies que pendant la vie fœtale par les vaisseaux ombilicaux.

-Ces remarques préliminaires étaient indispensables pour démontrer que les reins et la vessie doivent évidemment être considérés comme des répétitions du rapport de branchies et de vessie natatoire. En effet, de même que lés branchies débarrassent la masse du sang de l’excès de carbone, de même aussi les reins sont destinés à la purger des matériaux hydrogénés etoxigénés qu’elle contient en excès. Mais comme nous avons vu qu’une partie des substances gazeuses absorbées parles branchies , même de l’oxigènepur, dont la vessie natatoire de certains Poissons contient une quantité assez considérable , est évacuée et réunie dans cette poche aérienne, par l’intermédiaire du système vasculaire, de même les substances liquides éliminées par les reins se rassemblent dans la vessie urinaire. Enfin , comme nous avons vu que la vessie natatoire n’accompagne pas toujours les branchies , de même aussi nous trouverons que la vessie urinaire manque quelquefois , bien que les reins existent toujours.

Au reste , quand je dis qu’il n’y a de véritables organes urinaires que chez les animaux des classes supérieures , il ne faut point en conclure qu’aucun vestige de ces organes

ORGÂ.NES SÉCRÉTOIRES. 2^^

ne se rencontre chez ceux qui sont dépourvus de moelle épinière et de cerveau. Bien loin de là , en exposant rhistoire des fonctions génitales , j’aurai occasion de faire remarquer que , dans les classes inférieures du règne animal^ ôn trouve réunis à cet appareil , non seulement les organes respiratoires eux-mêmes , mais encore divers organes sécrétoires auxquels on ne peut souvent assigner qu’un usage près- , que analogue à celui de l’appareil urinaire des classes supérieur^es. Du reste, comme les animaux appartenant à ces dernières offrent souvent , au voisinage de leurs organes génitaux, des organes de sécrétions particulières, il m'a paru plus convenable de renvoyer l’étude de ceux-ci au chapitre qui aura les fonctions sexuelles pour objet , et de me borner ici à donner une description générale et rapide des organes auxquels on peut assigner , dans les classes inférieures , une destination analogue à l’office que remplissent les reins proprement dits. ;

A. Indices d’oeganes deinaires dans les animaux dépourvus de moelle

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