‹ Traité élémentaire d'anatomie comparée, suivi de recherches d'anatomie philosophique ou transcendante sur les parties primaires du système nerveux et du squelette intérieur et extérieur (volume 3)Chapitre 45 sur 71 · TRAITÉ d’anatomie COMPARÉE · texte numérisé non relu

TRAITÉ d’anatomie COMPARÉE

latoire ou tournoyant et par conséquent analogue à celui

qu’on remarque dans les Charagnes.

A l’égard des Infusoirs, Ehrenberg a observé, dans la cavité abdominale des Rotif ères, une certaine fluctuation du liquide , qui serait par conséquent analogue au phénomèné dont je viens de parler dans les Plumatelles. Il a même cru voir une sorte de système vasculaire naissant d’un vaisseau dorsal, et neuf paires de vaisseaux qui s’en détachaient à angle droit (1) ; mais il déclare que Corti et Gruithuisen se sont trompés en parlant d’un battement de cœur et d’unmouve^ ment d’humeurs.

Comme j’ai déjà fait remarquer plus d’une fois que les Acalèphes offrent les préludes de l’organisation des Mollusques , on doit s’attendre à rencontrer chez eux un système vasculaire plus parfait. En effet , ils sont les premiers animaux chez lesquels non-seulement on observe une circulation complète , mais encore on commence à trouver la masse du sang douée d’une organisation spéciale ; car la forme globuleuse primaire de l’organisme s’y répète plus d’une fois , et l’on y voit nager des granules sanguins , dont la présence permet de constater la circulation (2). C’est surtoutdans les Acalèphes cténophores , et en particulier dans le Cestum najadis , que le système vasculaire se prononce bien , suivant Eschscholtz : de chaque tentacule naît un vaisseau, qui descend le long de "l’estomac , reçoit des sucs de ce viscère, gagne son fond, et s’y réunit avec les autres en un vaisseau circulaire dont le bord produit quatre troncs droits; ceux-ci se dirigent vers les crêtes branchiales , d’où en proviennent d’autres , qui ramènent le sang au milieu du corps. Tous Ces vaisseaux sont des conduits d’égal calibre, sans cœur. On voit les petits globules jaunâtres du sang rémonter des tentacules et descendre

(i) Organisation der Infusionsthierchen , Berlin, i83o, pag, 49- 'S.&CB&ca.ovîz , System der Akalephen , X

SYSTÈME vasculaire.

danslesquatre vaisseaux supérieurs 5 tandis qu’ils tournent dans le vaisseau circulaire. Le plus important organe vascu- , laire est aussi un vaisseau annulaire dans les Béroïdées. Les conduits stomacaux ramifiés des Âcalèphes discopliores se réunissent également en un anneau vasculaire au bord du disque. Toutes ces conformations sont fort remarquables , tant comme prototypes des anses nerveuses , que comme conditions des vaisseaux circulaires dont je parlerai plus tard dans la figure veineuse du jaune de l’œuf des animaux supérieurs. On a aussi observé des vaisseaux et un mouvement de globules sanguins dans les Acalèphes syphonophores.

Les Échinides ont un autre genre de système vasculaire plus compliqué , qui se rapporte davantage aux organes locomoteurs , et qui , en cette qualité, renferme un liquide plus aqueux que sanguin. Nous devons à Tiedemann (1) les premières notions exactes sur ce singulier système difficile à concevoir, et à l’étude duquel Belle Chiaje s’est également livré avec application (2). Cependant , il règue entre les descriptions données par ces deux naturalistes d’importantes dissidences , qui rendent de nouvelles observations nécessaires. Ce qu’il y a de certain , c’est que , soit dans les Holothuries , soit dans les Étoiles de mer et les Oursins , on trouve toujours deux divisions du système vasculaire , qui diffèrent par la nature du liquide, qu’elle charrient et par la manière dont elles se distribuent. Ainsi , par exemple , le système vasculaire du canal intestinal des Holothuries renferme un liquide jaunâtre ou brunâtre , tandis que celui de leur peau contient une humeur aqueuse et blanchâtre , dans laquelle nagent de petits globules bruns. Mais , dans l’état actuel de

(1) Anatomie der Ræhrenholothufie , des pomeranzenfarbigen Seesterns und des Steinseeigels , Landsbat, 1817 ,in-fol. , fig.

(2) MémoriesuUastoriae notomia, tom. I, pl. 15, tom, II , pl, sxx, XXTI«

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nos connaissances, on ne saurait décider si ces deux systèmes sont réellement privés de communication ensemble , comme l’admet Tiedemann , ou s’ils en ont une semblable à celle que Delle Chiaje a décrite et figurée. Il est toujours possible de distinguer une portion artérielle et une portion veineuse dans celui de ces systèmes qui a rapport au canal intestinal. Ainsi , par exèmple dans les Holothuries , on trouve , au bord libre des circonvolutions intestinales , un vaisseau qui exécute des pulsations manifestes (aorte) , et qui forme , au commencement du canal intestinal, un anneau vasculaire , d’où partent des artères destinées aux organes génitaux, etc. Les veines sont placées au bord interne d,u canal intestinal : elles forment , à la région des organes respiratoires , quelques pinceaux vasculaires, presque semblables aux vaisseaux branchiaux des animaux supérieurs , et elles finissent par se réunir toutes en une veine cave , qui s’abouche ensuite dans Taorté, ou qui, d’après Delle Chiaje, s’épanche dans l’ampoule du système vasculaire cutané ( cœur) , d’où l’aorte tire son origine. Le système vasculaire de la peau consiste en une-, ou plus rarement deux ampoules oblongues et pourvues de fibres musculaires , qui s’ouvrent dans un anneau vasculaire situé autour de l’œsophage , d’où naissent cinq vaisseaux longitudinaux descendant sur les parois du corps ; ceux-ci se prolongent des deux côtés en des vaisseaux transversaux , terminés en cul-de-sac , qui ont des connexions avec le petit pied. On n’observe point ici de vaisseaux efférens, et le liquide n’est agité que d’un mouvement de flux et de reflux , la contraction de l’ampoule (pl. i, fig. xvi, q) le chassant dans les vaisseaux et le pied , et; celle du pied le faisant revenir dans l’ampoule centrale.

Un même antagonisme règne entre le système vasculaire de la peau et celui du canal intestinal dans les Astéries et les Oursins. Cependant , je signalerai à l’attention des observateurs futurs un phénomène qui a lieu /chez ces . derniers animaux, et qui mérite de nouvelles recherches. Là où les ca-

SYSTÈME VASCttLAlUE.

neaux appartenant au système vasculaire de la peau et de ses tentacules passent derrière les ambulaCres, on aperçoit, en détachant une petite partie de ces conduits , sur l’animal ouvert vivant, et l’examinant au microscope , une circulation extrêmement vive de petits globules , qui ne cesse que peu à peu , et dont Delle Chiaje fait mention aussi. Il serait à désirer qu’on recherchât quel rapport peut exister entre ce mouvement et la circulation.

Quant aux Actinies, elles se montrent aussi sous ce rapport les plus imparfaits de tous les Oozoaires ; car les canaux que j’ai décrits en parlant des organes respiratoires, et qui reçoivent l’eau de la mer afïïuente dans leurs cellules et leurs tentacules, paraissent êtrela seule trace de système vasculaire qui existe chez elle.

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