II
3o6 TRAITÉ d’ANÀTOMIÉ COMPARÉE.
quable, é’est que, d’âpres Meÿeri (1) , qui l’a observé surtout chez l’embryon , douze pulsations de suite poussent le sang dans une direction veineuse , et douze autres le chassent dans line direetioil artérielle , de sorte qu’il n’y a point ici de véritable circulâtibn.
Qüand il eiiste ûhe cavité branchiale appartenant en partie au canal intestiiial , comme chez les Ascidies , le système vasculaire est également développé d’une manière fort incomplète. Du moins n’ài-jé aperçu, dans une grande espèce trèsvoisine de XAsciSià 'ttiiàrocosm'ds, qu’une simple cavité membraneuse au fond dil sac musculeux ; cette cavité semblait recevoir les humeurs diï foie , au moyen de quelques branchés , ejt les distribuer dans les autres régions du corps par un canal situé au côté dorsal.
Chez les Pélécypodes , qui sont munis de si grandes lames branchiales , les veines du corps conduisent le sang dans les vaisseaux branchiaux , d’où les veines branchiales le ramènent au cœur , qui le répand ensuite dans le corps par le môÿêh d’uii où dé plüsieurs troncs artériels.
La forme et la situation de cé coeur varient beaucoup. Dans les Tarets , il est situé , suivant Home (2) , au côté tergal du corps (3) , et mühî de déui ventricules, qüi , après avoir reçu le sâug des brânchiés par deux orèillettes , le lancent dans un renflement commun à là basë dé l’aorte. VArca iVbœ possède , d’après Poli (4) et Cuvier, un cœur aortique particu-
(1) Nov. àct. hat.cÜT: àeaâ.i voU XVI, pag. 876. — Avant lai, van Hasselt avait déjà va çe flux et reflux dû sang. Çémt. des sc.nat,, t. III,-p. 8b.j
(2) 2Va«f., 1806, pag. 184. . ■
(3) La situation du coeur au côté tergal est propre aux animaux privés de moelle épinière et de cerveau ; ainsi que celle du principal cordon nerveux au côté ventral, elle annonce la prédominance de la vie végétative.
(4) Voyez les magnifiques planches du système vasculaire de l’Arche de îfoè’ dans Testac.ùtriusqué Sicile, t.lï, pl. xxv. Poli donne des figures très» détâilTées de celui de la Piniia nohilis pl. Xxxviri et xx'xtâ.
SYSTÈME VASCULAIRE. 3oi^
lier pour le sang branchial de chaque moitié du corps. Dans l’Huître 5 au contraire , le cœur est simple , situé entre le foie et le muscle adducteur des valves de la coquille , et tourné en avant vers les branchies, ^on oreillette , encore simple (pi. U , fig. IX, e) , communique cependant par deux branches avec le ventricule (d) ; elle reçoit la veine branchiale (a, b) et les veines du corps , tandis que l’aorte (c) sort du ventricule.
Enfin , chez les Pélécypodes à coquille équivalvé , comme les Mulettes , on trouve le cœur au côté tergal , sous la charnière 5 dans un sac mince , à travers lequel on le voit manifestement battre quand on l’examine sur l’animal vivant retiré de sa coquille ( pl. ii , fig. xviii , D). Ici il est d’un jaune orangé , oblong (fig. xiii) , terminé en avant et en arrière par des troncs artériels , et pourvu de fibres musculaires robustes. Les deux oreillettes , qui reçoivent le sang des branchies , sont situées des deux côtés du cœur , et ont des parois très-minces. J’ai déjà parlé précédemment ( § 496 ) de la singulière organisation de ces Bivalves , chez lesquels le rectum passe au milieu du cœur. Le sang est très-aqueux, et contient quelques globules arrondis.
. Un fait digne de remarque^ c’est que , suivant Home , les Tarets ont déjà du sang rouge , tandis que les vaisseaux de tous les autres Mollusques ne charient encore que des liquides séreux et limpides.
b. Brachiopodes et Cirripèdes-
Les Brachiopodes se rattachent aux Pélécypodes. Ce qui les distingue surtout , d’après Cuvier (1) , c’est qu’ils ont deux cœurs tout-à-fait séparés l’un de l’autre , assez volumineux , et de couleur pourpre , dont chacun est placé à la base de la hranchie de son côté , et ne se partage point en oreillette et ventricule.
(i) Mém. sur les Mollusques , n'’ xxi.
3o8 TPuAlTÉ d’anatomie COMPARÉE.
La circulation des Cirripèdes est totalement inconnue encore. On a seulement conclu d’une pulsation remarquée derrière les tégfumens extérieurs , que ces animaux avaient un cœur; mais les observations les plus minutieuses n’ont pu faire apercevoir à Wagner (1) de circulation dans les Balanes.
c. Gastéropodes , Ptéropodes et Créjpidopodes.
Les animaux appartenant à ces ordres ont une circulation complètement double à travers le corps et à travers le poumon. Cependant le cœur est toujours simple , quoique sa forme et sa situation varient. Je vais d’abord décrire , à titre d’exemple , la disposition du système vasculaire chez quelques Gastéropodes.
Swammerdam avait déjà décrit et figuré assez bien le cœur et les principaux troncs vasculaires du Limaçon de vignes. Cuvier en a donné depuis une magnifique anatomie , ainsi que de plusieurs autres Gastéropodes. Le cœur de ce Mollusque , enveloppé par un péricarde mince , est situé à gauche , derrière la cavité pulmonaire , entre elle et le foie (2). Au moyen d’une large veine pulmonaire et d’une oreillette arrondie (pl. iii , fig. iv , p , q ) , le sang , qui ressemble en quelque sorte à du lait bleuâtre, pénètre dans un ventricule (r) musculeux , presque triangulaire et pourvu de valvules , d’où naît l’aorte , un peu renflée à sa base, qui le distribue atout le corps. Il revient par une grosse veine cave , située à la concavité des circonvolutions du corps (fig. iîi,mb et par une autre plus petite , placée à leur concavité ( fig. III , n) , qui s’anastomosent ensemble par un canal de jonction ( fig. III , O ) , d’où proviennent les artères pulmonaires. Celles-rci se ramifient sur la paroi interne du poumon , et se
(1) Zur 'verglelchenden Physiologie des Blutes. Leipzick, i833, pag. 62.
(2) Situation qui; par conséquent, est déjà la même qn« chez les ani. maas supérieurs.
SYSTÈME VASCDLAIUE. 3op
continuent avec les veines pulmonaii’es , qui versent le sang dans l’oreillette du cœur. Ainsi l’absence d’un cœur pulmonaire fait qu’ici la petite circulation ressemble parfaitement à celle de la veine porte chez l’homme.
Le sang lui-même ne contient jamais que des granules épais et de forme globuleuse. Il est surtout remarquable parla grande quantité de carbonate calcaire qu’il renferme, et qui est cause qu’il fait effervescence avec les acides (1).
On compte trente-cinq à quarante-cinq pulsations du cœur par minute.
Lorsque la respiration s’exécute à l’aide de branchies , le cœur est presque toujours situé immédiatement derrière elles. C’est ce qui a lieu dans l’Aplysie , dont le système vasculaire offre , d’après Cuvier , plusieurs particularités intéressantes. Des deux côtés du corps , en effet , on trouve deux fortes et musculeuses veines caves , qui s’ouvrent dans la cavité abdominale par de s orifices spéciaux , qu’on pourrait considérer comme des suçoirs tenant lieu d’un système lymphatique particulier (2). Ces deux troncs se réunissent pour donner naissance à l’artère branchiale, des extrémités de laquelle le sangîest ramené , par une veine pulmonaire , d’abord dans l’oreillette (pl. iii , fig. i , p), puis dans le ventricule du cœur, d’où il est reçu par un gros tronc partagé en artère hépatique (tt'), artère gastrique (tt) et aorte (?). Cette aorte porte d’ailleurs encore à sa base une double crête particulière, qui se remplit quand on pousse des injections par l’artère, et qui reverse aussi son sang dans cette dernière.
( I ) Voyez mon traité üeher die Lebensbedingungen âer weîss - und haitbluetigenThiere , ,'ÿzg.
(2) Cuvier lui-même a paru plus tard être incertain de savoir si ces ouvertures existent réellement, ou si ce ne sont que des écartemens entre les fibres musculaires, mais encore couverts d’une pellicule mince. Meckel partage cette dernière opinion {System der vergleichenden Anatomie , t. V, pag. 128).
3lO traité d’anatomie COMPARÉE.
Le cœur de la PàïuMnamvipara est également situé entre les branchies et le foie ( %. Vîii , n ).
Le système vasculaire des Ptéropodes et Crépidopodes est construit à peu près sur le même typé.
Quoiqu’on ne sache pas encore parfaitement quelle est la distribution des vaisseaux de la CliO , on sait cependant que, -de ses branchies, proviennent deux veines, qui se réunissent en formé dé Y , et dont le tronc commun ( pl, iii , fig. m), aboutit au cœur (m'.). Celui-ci, renfermé dans un péricarde, est situé à gauche, le long des viscères, et fournit les artères du corps.
Les Crépidopodes , qui , par leur coquille singulièrement segmentée , sé rapprochent déjà des animaux articulés , ressemblent aussi à ceux des ordres supéfieürs eu égard à la forme dé leur système vasculaire: Ainsi Cuviér à trouvé, dans les Oscabrions , à l’extrémité postérieure du dos, au dessus de l’ovaire , et exactement dans le milieu , un cœur arrondi et oblong, qui reçoit le sang des veines branchiales, des deux côtés du corps, par un canal commun , médian et postérieur j et par deux autres canaux latéraux , taiidis qu il fournit , de sa partie antérieure, une aorte qui remonte lé long du dos ', et qui est destinée à répandre le sàng dans le corps. Le sang revenu de la grànde circulation se réunit en deux tronCs vëineux , qui , devenant ensuite artères branchiales , marchent de chaque côté, le long du bord du corps où se trouventlës branchies, ét fournissent les petites artèfes brànchiâles. Celles-ci , revenant sous la formé dé veines branchiales , sé réunissent en deux troncs, qui suivent la mèmè marche èt vont se jeter dans le cœur.
d- Céphalopodes.
Les organes de la circulation des Céphalopodes diffèrent de ceux de tous les autres Mollusques èn cè qu’on trouve
SYSTÈTME VASCOLA-IRE. 3ti
ici un plus grand nombre de cellules centrales ou de coeurs que cbiez nul autre animal. En effet , il y en a trois , un aortique , qui correspond au cœur simple ou double des a,utres Mollusques , et deux pulmonaires , qui poussent le sqng du corps dans les vaisseaux branchiaux. -
Dans la Seiche ordinaire , qui , sous ce rapport , diffère très-peu des autres Céphalopodes , le tronc principal des veines du corps descend de la tête , se partage en deux branches tournées vers les deux branchies , et montre sur ces points une organisation qui paraît ressembler à celle , assez mal connue encore il est vrai , des veines caves de l’Aplysie ; car les veines y sont garnies d’une multitude d’appendices glanduleux , qui communiquent avec elles , et pompent vraisembiablement des liquides de la cavité abdominale (1) (pl. iv , fig. xviii , d , d ), De chaque côté, ces troncs veineux se terminent par un cœur branchial muni d’un petit appendice (fig. xviii , b , c) , qui , au moyen d’une artère branchiale, pousse le sang séreux dans la branchie elle-même, d’où la veine branchiale , qui offre une légère dilatation (e, f), le ranaène de chaque côté au cœur aortique , dans lequel il pénètre par une ouverture que protègent des valvules. Le cœur aortique lui-même est fortement musculeux et placé en travers du corps (a) ; outre deux petites branches destinées aux organes de la génération et à la bourse du noir , il fournit en haut le tronc artériel principal (g) , dont la base offre aussi un renflement. Ce tronc envoie ses ramifications aux diverses parties du corps (fig. vm , s , t) , et , de même que le système nerveux , il forme dans la tête un anneau autour de l’œsophage.
{System der vergleichenden Anatomie, iom. V, pag. l36) est enclin à regarder ces appendices da tronc de la veine cave comme uii rudiment de la veine porte. Du reste , Gwen nous apprend qu’il existe aussi quelque chose d’analogue dans le Nautilus pompilius , où la grande veine du corps est percée d’une multitude d’ouvertures qui pénètrent dans la cavité abdominale.
3i2 teaitjé d’anatomie comeaeée,
Le sang des Céphalopodes est incolore et comparable à de Falbiimine étendue d’eau. Suivant Wagner (1) les globules du Poulpe musqué ( Octopus moschatus) sont ronds, un peu disciforines, et pour la plupart incolores; cependant on en remarque quelques uns qui sont d’un violet foncé.
s. Animaux articulés.
a. Enlhelminlltes et Annélides. ■ '
Sous le rapport du système sanguin , les Enthelminthes sont dans le même cas que les Oozoaires , c’est-à-dire que tantôt ils n’en offrent aucune trace ( par exemple dans les Vers cystiques ), tantôt on rencontre dans l’intérieur de leur corps ( par exemple dans les Tæniosomes ) quelques conduits qui semblent cependant être plutôt des ramifications d’un canal intestinal que des vaisseaux proprement dits. L’absorption extraordinaire elle-même qui se fait par la surface extérieure du corps , chez tous ces animaux , et dont j’ai parlé précédemment , paraît être plutôt le résultat d’une pénétration immédiate de la substance organique, que l’effet d’une action exercée par des vaisseaux absorbans spéciaux. Quelquefois néanmoins on voit se développer seulement des ramifications d’un système vasculaire dans lequel se meut un sang incolore et probablement dépourvu de granules. C’est ce qu’a vu, dans le Disfomahepctticum (2),Mehlis, dont les observations s’accordent avec celles de Bojanus , d’Ehrenberg et de Laurer. Mais le plus remarquable des Enthelminthes est le Diplozoon paradoûsum , chez lequel Nordmann (3) décrit un double système sanguin très-ramifîé , c’est-à-dire dont les deux moitiés du corps renferment deux vaisseaux latéraux , un externe où Je sang incolore marche en avant , et un interne où ce liquide revient sur ses pas.
(lyZur vergleîchenden Physiologie des Blutes , 19.
(2) De Distomaie hepatico et lanceolato. GtewSn'ÿae, 182 5.
[31) Mikrographîsche Beitrcege, c&h.i, O,
SYSTÈME VAS'GtîIiA.lRE.
Si l’on excepte peut-être les gendres Qordius et Nemertes , tous les animaux désignés sous le nom d’Ann élidés ont un système vasculaire très-développé , mais qu’on ne connaît point encore complètement partout , et qui semble même quelquefois charrier un liquide rouge.
En général , la disposition de ce système se rapproché de ' celle que nous avons rencontrée chez les Mollusquès voisins des Vers, comme les Oscabrions, c’est-à-dire qu’on trouve au dos de l’animal un tronc aortique dirigé de la région postérieure du corps à l’antérieure, que le courant veineux, placé au côté ventral , descend de l’extrémité orale à l’extrémité anale , et qu’à l’endroit où ces deux courans communiquent ensemble, on aperçoit, tantôt, ce qui est le plus ordinaire, à l’extrémité postérieure du corps , tantôt aussi à l’ antérieure ^ une dilatation en forme de cœur, qui exécuté des pulsations.
Le système vasculaire des Naïs , dont nous devons là première description exacte à Gruithuisen (1) , est extrêmement simple , mais déjà construit parfaitement d’après le type que que je viens d’indiquer. L’artère principale , située au dos , chasse un sang limpide comme de l’ eau ver s l’ extrémité céphalique , où un anneau vasculaire qui entoure l’œsophage et exécute des pulsations à la manière d’un cœur, le reçoit et le fait passer dans la veine placéé lé long du ventre-, de celle-ci il revient dans les artères par les vaisseaux capillaires, qui accomplissent la respiration. Quand l’animalse partage en deux individus, une métamorphose fort remarquable ti'ansforme l’une des anses de vaisseaux capillaires en coeur annulaire.
Wagner (2) a trouvé dans les Néréides ( là/coris nuntia)\m réseau vasculaire semblable à celui des iVais, quant aux qualités essentielles , mais fort beau et contenant du sang rouge. ,
(i) Nov, act '. acdd. nat. ciir.) tom. XIV, P. i, pag. 4i5.'
(a) Loc. cit., pag. 53.
3l4 l'RAlT.É d’anatomie comparée.
Le système sanguin de la Sangsue a été interprété de plusieurs manières différentes, Ce qu’on aperçoit le plus facilement , ce sont deux gros vaisseaux latéraux flexueux et battant d’une manière sensible ( pl. v , fîg. xvni , i, xix, a ) , avec un yaisseau dorsal médian et d’un calibre moins fort; suivant Cuvier, les premiers sont veineux, et celm-ci est artériel. Il n’existe aucune trace d’organes centraux particuliers. Thomas dit même que le sang paraît ne pas suivre de direction déterminée , mais, se mouvoir tantôt en arrière et tantôt en avant (!)• Dans ces derniers temps, on a découvert un quatrième tronc principal situé au milieu du ventre , et qui renfernae la chaîne ganglionnaire (2). J. Muller et R. Wagner regardent comme des cœurs ees quatre vaisseaux, dont on ne connaît pas bien; encore les connexions. Suivant Wagner, le vaisseau dorsal est un coeur aortique , les latéraux sont des qœnrs, branchiaux , et le ventral est le tronc commun des, yèines.XS).,
Le sang paraît ne point contenir: de globules.
Le systènie. vasculaire du Lombric terrestre est mieux dessiné que celui delà Sangsue. Le long du corps de ce Ver, j’ai aperçu trois troncs, i’ un supérieur , probablement artériel,( pl. v, fig.Wî a )î et deux inférieurs;, dont le plus gros pourrait être considéré çonime tronc des veines caves, tandis que l’autre, situdau dessous, plus petit et d’un rouge plus vif, semble éî^êda veine branchiale. Celle-ci reçoit le. sang amené peut-être aux vésicules respiratoires par des ramifica-
(^iyjUéinoîré pour seri-ir à l’histoire 'dés Sanffsues. Vaxis , 1806, in-8, fig.
(2) Voyez-en nnè belle figàré dans Bràhdt et Ratzèburg, Medizinische Zoologie f tom.ïL, pl. xxiXjÀ
'{3) On trbùvè dans Froriep’s Nbiizen fuer Natur-und Heilknnde, 1829, no 5tr et 5i2, des observations snr la circulation des Annëlides, qui méritent qn’On y ait égard , en ce qu’elles établiraient déjà une grande analogie entre cette circulation et celle, que je décrirai bientôt chez les Inseetes,
SYSTÈME VASCULAIRE. 3j5
tiens de l’aorte , et le porte à l’extrémité antérieure du corps, où les troncs supérieur et inférieur se réunissent ensemble , et où il se confond avec le reste du sang veineux. Cette anastomose entre les vaisseaux longitudinaux supérieur et inférieur’ est surtout remarquable en ce quelle a lieu par des anses vasculaires entourant l’œsophage et offrant plusieurs renfïeinéns cordiformes(pl. y , fig. xn, xiii, m ni m; fig. xyi, les mêmes'gTOssis ). Chaque anse ressemblé plus à un vaissèâu lymphatique renfle ^ans l’intervalle de ses valvules qu’au coèur des animaüx supérieurs, quoiqu’elle en remplisse
lèS fonéliôhs ,(i). ’ é ■' . ' ' ' . ' ■ ? '
; té sang lüi-mêmé est rouge , et contient si manifestement des i^rahules ronds et aplatis, que je suis étonné qu’ils n’aient ^oint été aperçus par Wagner.
Cuvier assigne à V Arénicole un système vasculaire analogue et seulement un peu plus complexe. D’après les recherèhes d’Okèn (2) , lès veinés branchiales, situées des deux côtés ’ près, de la veine cave , qui occupé la région du ventrè , pôrtént lé sang à là'partié antérieure du corps , où elles le versent dans deux oreillettes , puis dans deux ventricules ; céùx-ci , outré qu’ils fournissent des arterés ascendantes et d’ autres dëscéndantes^ ' sé réunissent dans le nriiliëü eh un lori^' Vaissèàu dorsal, fermé supérieurement et inférieur eméht (’èoeuf en cüi-dë-sacî). d. Muîlér a décrit cetté circùlatiOn d’ühë autre mahièréXSl.
(if teo, Home, Meckel et antres ont donné une description an peu différente du système vascnlaire dn I.omkric ( MECK.ki.’s System der vér- - gleichenden Anatomie, tom. "V, pag. 54); mais ils ne sont point rioh plus arrivés à se faire une idée parfaitement satisfaisante de sa circnlation, qui, par conséquent, a besoin qu’on l’étudie de nouveau.
(2) /sis, tom. I, cah.TVj pag. 470-
(3) Btjrdack’s Physiologie. 'Ls\ÿv.c^, i83a , in-8 , tom. IV, pag. 147.
3i6 traité d’anatomie comparée,
h. Neuslicopodes et Décapodes, l
Le sang des Neusticopodes et des Décapodes est clair comme de l’eau et chargé de très-petits granules arrondis, qui font que la circulation peut facilement être observée au microscope dans les petits Crustacés dupremier de ces deux ordres, tels que lès Daphnies. Ce qui la rend surtout remarquable, c’est qu’on voit clairement les courans artériels s’infléchir sur eux-mêmes pour produire les courans veineux. Le cœur bat dans le dos, au dessus de l’intestin. Gruithuisen (l) le dit composé d’une oreilletté et d’un ventricule. L’oreillette reçoit les veines du corps , au tronc principal desquelles aboutissent aussi les vaisseaux branchiaux.
Les derniers des Décapodes , tels que ceux du genre Gammarus (2) , ressemblent parfaitement aux Neusticopodes sous le rapport du système vasculaire, et leur circulation offre aussi un coup d’œil fort intéressant lorsqu’on l’observe au microscope.
Dans lés Squilles , qui viennent ensuite , l’organe central de la circulation a encore la forme du cœur allongé et dorsal des Bivalves , ou de l’aorte dorsale des Annelides ; car à peine diffère-t-il d’une aorte qui marcherait le long du dos. Il reçoit le sang des veines branchiales , et le distribue au reste du corps, d’où ce liquide se réunit dans une veine cave, située au côté ventral , qui le fait passer aux branchies , de sorte qu’au fond la circulation ressemble parfaitement ici à ce, quelle est chez les Mollusques.
Le cœur des Cancérides est plus arrondi. Celui de l’Écre-
(1) iVot», «cï. Zeo/»,, tom. XIV, P. I, pag, 4o3.
(2) Voyez quelques remarques à ce sujet par Zeïîkkr, De gammari pullcis historia naturali et circuitu sanguinis , 1822. L’auteur a seulement eu l’idée peuLeureuse de comparer le cœur de cet animal à la vessie natatoire des Poissons, de mêmeqn’il a pris une espèce de Rotifère pour un nouvel Hnthelmintbe.
S'^STÈME VASCULA-IRE. 3j^
visse est dentelé sur les bords , et offre des colonnes charnues bien prononcées dans son intérieur ( pi. vi , fig. ix ), On le trouve immédiatement au dessous du bouclier dorsal , après l’ablation duquel on le voit battre vivemént. Il fournit plusieurs artères, tant en devant qu’en arrière ( fig. ix , b c d ). Cependant sa substance est encore très-molle , et les artères sont fort petites , tout-à-fait transparentes. D’après les belles recherches d’Audouin et de Milne Edwards (1) , le sang du corps se rassemble dans de grands sinus placés au côté ventrale et communiquant ensemble, d’où partent des branches qui vont aux branchies ; les veines branchiales se réunissent en deux gros troncs principaux , à parois minces , qui s’ouvrent dans le cœur par deux orifices oblongs ( pl. yi, fig. IX , A a ). J’ai parlé ailleurs (2) des globules du sang et des pulsations du cœur des Écrevisses; je me bornerai ici à faire remarquer que le sang a évidemment une teinte rougeâtre , et que les globules non seulement^ ne sont point encore aussi gros que ceux de l’homme , mais même ressemblent davantage à des disques (3).
c. Isopades , Arachnides et Atarides.
Autant qu’on en peut juger d’après les faits recueillis jü§^ qu’à ce jour, le type du système vasculaire est, au fond , le même que dans les ordres précédons ; seulement les ramifications commencent à disparaître aussitôt que la respiration aérienne devient plus parfaite et quelle est confiée à des trachées.
Ainsi, parmi les Isopodes , les Cloportes, qui sont pourvus
(1) Annales des Sc. nat., 1827 , toro.XI. pag. 288 et 352. .
(2) Ueher dis ceiissern Lehensbeclingttugen der weiss- und kalthlimtîgen Thiere, pag 80.
(3) y oyez }&'i\r\e-'E.àv<&vàs , Histoire naturelle des Crustacés ^compreneittt Vanatomie, la physiologie et la cla^sijicdl'on de ces âminaiiX, Toni. Paris, i834
3 i8 ïrAîté d'araïomie compabée.
dé bràttchîés, ont un cœur dorsal simple et fusiforme, à peu près comme les Squilles, Ce cœur se partage antérieurement en trois grosses branches , dont la médiane , qui marche vers la tête , est la continuation du cœur lui-même. En arrière, il fournit également trois paires de vaisseaux (1). Ôn né connaît point encore le système veineux. , ,,
Tréviranus n’ai trouvé dans la Scolopendre qu’un coeur aortique simple, renflé de distance en distance , et situé le long du dos ( pl, vi, fig. xxvi, m ) , des côtés duquel il n’a vu soHif auçun vaisseau (2). Cependant l’analogie, fondée sur ce que nous rencontrons chez les Insectes , ne permet pas dé douter qu’il n’y ait ici un système vasculaire fermé. , ,
Quant aux Arachnides, lès observations de Cuvier, Meckel, Treviramis, j. Muller, Brandt et Ratzeburg, ont démontré que chez les Araignées, comme chez les Scorpions, il existe, le long du dos , un coeur semblable à une aorte , fixé par plusieurs paires de muscles triangulaires , et dont les pulsations ,s’aperçoivént même a l’œil nu, chez les grosses Araignées qui ne sont point couvertes de poils. De ce cœur partent plusieurs vaisseaux , dont . quelques uns ont toujours des connexions avec les branchies et d’autres avec le corps (pl. vu, fig. viii, a b , Araignée ; fig. xii , b j Scorpion ). Cependant la ténuité excessive des vaisseaux n’a point encore permisd’ arriver à.des données certaines et complètes sur la manière dont s’effectue la circulation elle-même. Si l’on s’en rapporte à l’analogie , ellç doit ressembler beaucoup à celle des Décapodes.
Les globules du sang des Scorpions ont été figurés par Wagner (3).
Ôn né sait rien de positif sur le système vasculaire des Acarides. Cependant tout porte à croire qu’il se rapproche assez de celui des Arachnides.
(1) Brahdt et B.ATZEBDRG, Med^zinische Zoologie, lom. II, pRg- 7.5«
(2) Vermischte Sclirifien, totn, II, pag, 3», s
(3) Loc, cit; Gg, XT.
SYSTÈME VASCÜLÂIUE. 3j^
d. Insectes.
‘î'ei.
Tant qu’on ignora que les Insectes ont réellement une circulation, ces animaux furent une véritable pierre d’achoppement pour la physiologie. On était obligé dè concevoir le développement d’êtres doués d’une organisation si perfectionnée sans courant régulier d’un liquide analogue au sang, et d’admettre un vaisseau semblable aü cœur , exécutant même des pulsations visibles , sans que rien s’en échappât. Ces contradictions déterminèrent Oken , dès 1817 , a s’exprimer de la manière suivante ; « Il^reste encore à chercher les «moyens d’union entre l’intestin et le cœur , ou vaisseau dor- »sal ; car on ne saurait croire que , dans le corps de l’Insecte, «ce vaisseau soit privé de toute communication avec le reste »du monde. Comment le liquide qu’il renferme y pénétre- »rait-il? Est-ce par inhalation? Mais comment un vaisseau «affaissé sur lui-même parviendrait-il à sè remplir de cette « manière ? » Ce fut donc une ^ande joie pour moi lorsqu’ en 1826 , je parvins à découvrir une circulation fort simple, mais éxtrêmenient remarquable , d’abord dans des larves dé Névroptères , puis peu à peu dans les Insectes appartenant à d’autres ordres , et tant à l’état imparfait qu’à l’état parfait (1).
Le vaisseau dorsal , déjà décrit par Malpighî , d’après la Chenille qui ronge le bois du saule , est un canal à parois
(i) J’ai communiqué d’abord cette découverte au congrès tenu par les naturalistes allemands, à Dresde, dans l’automne de 1826, et depuis j’en ai fait l’objet de deux mémoires, publiés en 1.827 {Entdeckung eines einfachen vom. Herzen aus. heschleunigten Blutkreislaiifs in den Larven netz~ flueglicher Insekten. Léipzick, in.4°)j el {Nova acta Acad. Leop,,
vol. XY, P, it ), Dans l’introduction du premier de. ces mémoires, que l’Institut de France a honoré d’un des prix Montyon , j’ai rapporté les opinions de mes prédécesseurs sur le système vasculaire dès Insectes, dont on n’avait encore jusqu’alors remarqué que le coeur aortiforme. -
3aô tkaité d^anatomîe gomï aeéë .
membraneuses minces, d’uu calibre égal partout, et seulement un peu rétréci à ses deux extrémités. Les pulsations qu’il exécute , et qui , suivant la remarque de Lyonnet , sont plus fortes à son extrémité inférieure , le font quelquefois paraître alternativement plus étroit et plus large , ce qui a déterminé Malpighi à le décrire comme une série de cœurs placés à la suite les uns des autres. On avait signalé les ramifications trachéennes extrêmement déliées ( pl. vu , fig. xxvii ) qui l’entourent des deux côtés. On savait aussi qu’il est fixé à la paroi tergale par des faisceaux musculaires particuliers, de forme triangulaire. On l’avait trouvé dans tous les états de développement de l’Insecte ; cependant les recherches de Marcel de Serres (1) et de Herold (2) avaient appris qu’il a un diamètre plus inégal dans l’animal parfait que dans la larve. Plus tard enfin , Straus (3) avait donné une description déjà meilleure du vaisseau dorsal du Hanneton : il pensait que ce canal reçoit le sang de la cavité générale du corps par des ouvertures latérales garnies de valvules , et le dirige vers la tête , où il le reverse dans la cavité du corps. Marcel de Serres croyait aussi que les muscles et les trachées exercent plus d’influence que les nerfs sur son mouvement ', et en général on lui attribuait un rôle peu important dans l’économie, parce qu’on avait vu des Chenilles , par exemple , continuer à vivre et à respirer après qu’on le leur avait enlevé, ou qu’on en avait fait coaguler le liquide au moyen de l’acide hydrochlorique(4) , tandis que les Araignées et les Scorpions ne tardent pas à périr après l’ablation de l’organe. Cette observation conduisit même plusieurs physiologistes à partager l’opinion de Marcel de Serres , et à ne voir dans le vaisseau
(1) Ri ém. du Muséum, lova. IV.
(2) Ueber das Rnechengcfœss der Tnsekten. Marlîoorg , iSaS.
Considérations génér. sur l’anat. comp. des anim. articulés. Xiavis y
1828, in-4, pag. 356.'
(4) Combi'en de temps les Angallles ne continuent- elles pas à se mou-
SYSTÈME vasculaire. Ssi
dorsal que l’organe sécrétoire du corps adipeux. Des observations microscopiques sur la circulation elle-même pouvaient seules fournir des idées plus exactes à ce sujet : je vais en faire connaître les résultats.
Les larves qui jusqu’à présent m’ont paru convenir le mieux pour observer cette circulation , sont celles des petites espèces d’Ephémères, àe.Y Agrion puella et des Semblis : cependant on l’aperçoit très-bien aussi dans d’autres , par exemple dans celles d’ Orthoptères , de Coléoptères et de Diptères. Au reste, si j’insiste sur la description de ce phénomène physiolo gique , c’est parce qu’ évidemment une partie du système vasculaire n’a point encore ici de parois propres, et, qu’en conséquence la direction des vaisseaux n’est indiquée que par le courant du sang , qui ressemble à celui du suc végétal dans les entrenceuds des Charagnes.
Le sang lui-même est assez limpide : il contient la plupart du temps des granules oblongs , et ordinairement il prend une teinte verte, en se desséchant.
Si l’on observe une larve d’Éphémère à un grossissement d’environ cent diamètres , on aperçoit à chaque bord latéral un faible courant de globules sanguins , et plus en dedans , à la face ventrale , de chaque côté , un autre courant plus fort. Ces deux courans , privés de parois , sont descendans , et par conséquent de nature veineuse. Ils fournissent à la base des pattes , aux lames branchiales et aux filets de la queue , de petites anses qu’on peut considérer comme des indices d’artères et de veines pulmonaires naissant immédiatement des troncs veineux vers l’extrémité postérieure du corps , à peu près comme, dans l’Oscabrion ( § 754 ), le vaisseau dorsal, ou cœur aortique , naît des courbures que les courans veineux / décrivent en dedans (pl. vu , fig. xxxiii, a). Ici le système vasculaire acquiert des parois distinctes , et l’on aperçoit des pulsations régulières , assez rapides , qui se prolongent dans tout le vaisseau dorsal , et qui poussent le sang vers la tête,,