‹ Traité élémentaire d'anatomie comparée, suivi de recherches d'anatomie philosophique ou transcendante sur les parties primaires du système nerveux et du squelette intérieur et extérieur (volume 3)Chapitre 48 sur 71 · TRAITÉ p’ANATOî^IE COMPARÉE · texte numérisé non relu

TRAITÉ p’ANATOî^IE COMPARÉE

SOUS la forme d’un courant artériel. D’après Wagner (!) , les cour ans veineux qui tiennent d’être déciûts §e jettent aussi plus haut dans le cœur aortique par des ouvertures latérales qui correspondent assez bien aux anneaux du corps , et ressemblent à celles que Straus décrit chéz, le Hannetou (§ 762). De nouvelles obseryations m’ont appris que ce fait est exact , du moins en ce qui concerne les larves d’Éphémères. Je n’ai pu découvrir aucun courant latéral partant du coeur , dont l’extrénaité se bifurque dans la tête , et forme des anses à la Jpase dea antennes , après quoi le sang redescend par les courans veineux dont j’ai parlé.

Chez la larve de XAgrion puella , c’est surtout dans les lames caudales et les rudimens d’ailes qu’on aperçoit les courans du sang. Le sang coule dans les rudimens des ailes absplument de la tnêrne manière que dans des lames branchiales , et il serait difficile de citer un autre cas plus propre à démontrer que l’aile qui pousse est une brancliie.

Si l’on coupe les filets delà queue d’une larve d’Éphémère, le sang coule par saccades des vaisseaux ouverts (pl. vu, fig. XXXV ) ; ee qui prouve que le mouvement général de ce liquide peut être accéléré par les pulsations de la seule portion du canal vasculaire qui se soit développée organique^ ment.

Du reste , il.est hors de doute que le sang de quelques larves d’Inseçtes ne renferme point de globules , ce qui fait qu’on aperçoit bien les pulsations du cœur chez ces animaux, mais qu’on ne distingue point les courans , qui ne deviennent visibles qu’à la faveur des globules du sang. C”est ce que j’observe mar exemple dans les larves des Cousins et des Notonectes.

Quant aux Insectes parfaits , le système vasculaire se com-

' (l) Voyez ses observations snr la cifcalation da sang cheA les Insectes dans t832 , pag. Sao.

système vAsCtTiiAiuE. ^

porte, chez eux, comme nous avons vu que le fait le système digestif des Cigales, et comme en général ce dernier système se comporte à l’égard du système respiratoire chez la plupart des Insectes , par exemple dans tous les I^épidoptères, c^est-à-dire qu’il disparaît peu à peu à mesure que le système respiratoire se développe davantage. Cependant on " aperçoit très-distinctement la circulation chez un grand nombre d’insectes parfaits , et elle s’y elFectue , quant aux circonstances essentielles , de la même manière que dans les larves , avec cette seule différence qu’on voit souvent plu ■ sieurs courans de la masse du sang qui marche vers le côté et en bas , parcourir des canaux particuliers des ailes (1). On peut très-bien s’en convaincre, avec le secours du microscope , dans les ailes et les antennes des Semblis, de même que dans les élytres et les boucliers thoraciques de& Lampyres, enfin dans le Melolontha Frisçhii, le Dermestes lardarius, le Lycus sanguineus, la lÂhelluïa depressa , etCi

Dii'reste, le cœur aortique demeure partout actif, comme vaisseau exerçant des pulsations , et il' ne change que trèspeu pendant les métamorphoses (, § 762). Au contraire , les courans cessent peut-être peu à peu chez la majorité des Insectes, quand ils sont parvenus à l’état parfait , cessation qui correspond au grand développement acquis par les organes respiratoires , et à laquelle on doit attribuer le peu de durée de la vie des Insectes 'parfaits. La mort des vaisseaux d’un grand.nombre d’organes branChiformes , chez les animaux supérieurs, est analogue en tous points à cette oblitération de la circulation chez les Insectes.

Je n’ai pas besoin d’insister sur la connexion intime que l’absence presque totale de parois vasculaires établit entre le

(i) Wagner est dans l’errenr quand il refuse de considérer ces condtiits comme des vaisseaux , parce que , suivant lui , ils n’ont point été produits parle sang. On n’a qu’à observer la circulation dans les rudimens d’ailes des larves de Libellules , pour se convaincre qu’ils doivent réellement naissance aux courans sanguins.

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sang qui parcourt la cavité du corps et les trachées qui pénètrent partout ; ici l’air va chercher le sang , comme ailleurs c’est le sang qui va au devant de l’air.

II. Système vasculaire dans les animaux pourvus de moelle épinière et de cerveau.

Entre le système vasculaire des animaux compris dans les quatre classes supérieures et celui des êtres qui viennent d’être passés en revue , il existe la même différence qu’entre le système nerveux des uns et celui des autres. D’un côté , le système vasculaire , qui préside d’une manière spéciale au renouvellement de la masse organique , se concentre davantage , et nous ne trouvons plus partout qu’un seul cœur , organe qui représente le plus haut degré de développement de la structure vasculaire^ comme le cerveau représente celui de la structure nerveuse , et qui exerce la même influence sur son système , que l’encéphale sur les nerfs. D’un autre côté , la situation du cœur dépend presque autant de celle du centre nerveux que de celle des organes respiratoires; car toujours chez les vertébrés inférieurs , et primi-, tivement , c’est-à-dire pendant la vie embryonnaire , chez les autres , il occupe à la face ventrale du corps une région correspondante à celle où le cerveau se développe à la face tergale (1) , de même que constamment on le trouve opposé à la masse de la moelle épinière , c’est-à-dire au devant et au dessous du conduit alimentaire ; tandis que , dans les classes inférieures , il était placé au dessus ou derrière, par opposition également à la masse nerveuse ventrale. Mais l’aorte demeure partout placée en arrière ou au dessus des organes digestifs.

(i) Qaand le cerveau, en s’infléchissant , occupe le point le pins élevé du corps, le cœur doit naturellement se trouver plus au dessous qu’au devant de lui.

SYSTÈME vasculaire. 3^5

Tout cet embranchement du règne animal, est caractérisé en outre par la couleur rouge du sang , qui contient davantage de globules , et qui , dans les deux classes supérieures , a une température fort élevée. Il l’est de plus par la disposition du système sanguin , qui , indépendamment de la petite circulation à travers les organes pulmonaires , dévolue aussi aux animaux sans vertèbres , en offre encore une autre partielle à travers le foie. Ici , en effet , le sang veineux qui reflue des organes assimilateurs dans la veine porte , absolument de même que, chez les Mollusques, par exemple, celui de tout le corps passe dans l’organe respiratoire, se distribue de nouveau dans le parenchyme du foie, au sortir seulement duquel il reflue dans la veine cave commune. Enfin un système vasculaire particulier , destiné à l’absorption, et qui, par son liquide incolore, rappelle les vaisseaux des animaux invertébrés en général , mais surtout les conduits absorbons spéciaux que possèdent quelques uns d’entre eux (§ 627) , se sépare complètement du système vasculaire sanguin, quoiqu’il finisse cependant par s’aboucher avec lui.

Au reste, ce type offre, dans les diverses classes, quelques modifications et divers perfectionnemens graduels , que je vais maintenant faire connaître.

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