‹ Traité élémentaire d'anatomie comparée, suivi de recherches d'anatomie philosophique ou transcendante sur les parties primaires du système nerveux et du squelette intérieur et extérieur (volume 3)Chapitre 59 sur 71 · Reptiles · texte numérisé non relu

Reptiles

Les organes génitaux des Reptiles (1) se rattachent de la manière la plus complète à c; ux des Raies et des Squales, Ceux surtout des Reptiles branchiés paraissent êtré construits exactement sur le même plan, si l’on en juge d’après les recherches de Rudolphi (2) , de Rusconi (3) et de Rathke (4) sur le Protée , et d’après celles de Home (5) sur l’Axolotl.

Dans le Protée , on trouve , à la partie inférieure de la cavité abdominale , deux ovaires allongés , où les œufs se développent jusqu’au point d’acquérir le volume d’un pois. On aperçoit ensuite , des deux côtés du corps , deux longs oviductes flexueux , qui descendent jusque derrière le tiers supérieur du foie , où ils offrent un large orifice , et qui s’ouvrent inférieurement dans le cloaque. Les testicules du mâle occupent la même place que les ovaires de la femelle , et tiennent à l’extrémité inférieure des vésicules pulmonaires. Rusconi en avait déjà donné la figure (6). Suivant Rudolphi , ils sont munis d’un petit épididyme.

Dans les Grenouilles , les ovaires sont situés à la région

(i) c. DuMERir. et Bibb.'Ok, Erpétologie générale , ou Histoire naturelle complète des Reptiles , tom, I. Paris , i834 , in-8 , avec figures.

{ti) Isis , 1817, pag. 1017.

{^) Giornale di Jisica di Pavia, 1826.

{4) Beitrœge zur Geschichte der Thierwelt , céî. î.

(5) Philos. Trans., 1824) P- II, pag. 429.

(6) Monografia del prolco , pi, IIÎ.

' OCGANIiS GÉKITATJX.

lombaire. Chacun d’eux se divise en plusieurs lobes, dont on compte quelquefois jusqu'à neuf. Ils consistent en, des membranes minces , sur la paroi interne desquelles les œufs se développent , à peu près de la même manière que chez les Poissons osseux, En effet , à l’époque du frai , il s’en produit toujours une quantité considérable , qui gonflent l’ovaire , et finissent par être excrétés. Du reste , on aperçoit encore, à la partie supérieure de l’ovaire, des lobules adipeux, allongés, digitiformes et nourris par des vaisseaux sanguins particuliers , qu’on a plus d’une fois considérés comme des capsules surrénales, mais qui, à raison surtout de leur volume considérable dans les têtards, me paraissent être plutôt des dépôts de substance alimentaire devant concourir à la fonction génitale , presque comme le corps adipeux des Chenilles.

Les trompes de Fallope , ou oviductes , s’ouvrent des deux côtés , entre le cœur et le foie (i) , et descendent ensuite, en serpentant beaucoup, le long de la colonne vertébrale. Avant de s’aboucher avec le cloaque , chacune d’elles se dilate en une vésicule membraneuse , où les œufs s’accumulent , et gonflent prodigieusement le corps de l’animal , jusqu’à ce qu’ enfin celui-ci les ponde réunis en masse par une matière glaireuse , qui rappelle les œufs en grappes de raisin des Mollusques.

Quant à ce qui concerne cet enduit glaireux des oeufs , il est sécrété dans les oviductes pendant l’hiver. D’après les recherches de Brandt (2) , il tient le milieu entre le mucus et l’albumine , sous le rapport de la composition chimique , ce

, (t) Celte grande distance entre l’onyertare de Tovidacte et l’ovaire fait que le passage des œufs de ce dernier organe dans son conduit excréteur est fort difficile à concevoir, et qu’on ne peut guère l’expliquer qu’en admettant le concours d’une action attractive immédiate..

(p.) Philos. Trans., i8io, pag. 2o5. — Home rapproche celle matière glaireuse de celle qu’on trouve dans rovaUe du Squale.

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4o2 traité d’akatohie comparée.

qui lé rend apte à se gonfler beaucoup dans l’eau (1);

Le Pipa possède en outre des organes incubateurs èx-* ternes^ qui rappellent parfaitement ceux dont j’ai parlé plus haut , à l’occasion du Syngnathe. Le mâle place les éeufs sur le dos de la femelle , dont la peau prend bientôt te forme de cellules , où ils séjournent jusqu’à ce que lés pè' tits éclosent. Il est très-remarquable de voir l’organe cutaUêj qui précédemment était l’appareil primitif de la respiration^ së charger ici du développement des petits.

Les mâles des Grenouilles ont deux testicules ovales j d’unê Substance grenue , qui sont munis de lobules adipeux , comme les ovaires j et qui s’enflent également beaucoup à Fépoqué des amours. Leurs deux conduits déférons sont unis aux uretères , et ils se renflent en vésicules séminales avant dé S’ouvrir dans le cloaque.

Il n y a point d’accouplement chez ces animaux. Le mâle émbrassé seulement sa femelle , la retient au moyen d’uiiè dilatation particulière qui lui survient aux pouces des pattes de devant, et, à mesure que les œufs sortent, il les arrose de semence. ,

Les Salamandres diffèrent des Grenouilles , en ce qu’il se développé continuellement des œufs dans leurs ovaires , et qu’elles en pondent une moins grande quantité à la fois ( pl. XIII, fig. ïi , g ). Chacun de leurs oviductes(d) est dilaté ^érîeurementjnon enune vésicule,. mais en tin canal obloùg, dans lequel les œufs se développent d’une manière complété, eomfiftë dans une double matrice. Les mâles ont deux testicules de chaque côté ( pl. xiii , fig. i , h ) , plusieurs vésicules

(i)‘ Au printeftips, on trouve souvent , dans les ruisseaux ou dans les flaques d'eati pluviale, des masses de mucus glaireux, contenant des fraginens de cés oviductes , qné des Oiseaux ont vomies, à cause du volume extraordinaire qu’elles avaient acquis en se gonflant. On les prenait jadis pour une espèce de Tremèlle} mais j’y ai reconnu bien distinoteinetit des fragtnens de irompest de PnMope<

OEGiNES GÉNITADX.

SéfflÎBiales tubulîformes, noirâtres etdirigéeaversîes reins (k); enfin deux petits plis triangulaires du cloaque , qui paraissent être des rudimens d’une double vergé (e e). On peut citer j du resté , eommë organes séérétoires spéciaux appartenant encore à l’appareil génital dés Salamandres , les gros corps glandüleüx qui sont situés des deux côtés de la fente dU cloaque, mais qui né sê rencontrent que chez lés mâles.

Je trouve , dans la Tortue bourbeuse , ainsi que Bojanus l’a déjà décrit (1) , deux gros ovaires placés au fond de la cavité abdominale , et parsemés d’ oeufs libres , pédiculés et d’un 'jaune foncé. Cè'üi-ci sônt couverts d’une membrane três-riebe en vaîssëaux , qui , après leur sortie , resté' sous la forme d’un calice et s’oblitère. Les ovidUétèS sônt fort longS (pl. Xïii, fig. V, P; pl. XII , fig:. XX) , et attacbés à un mésentère abondamment chargé de vaisseaux. Dans la Tortue que j’ai disséquée , ils contenaient , celui du côté droit six , et celui du côté gauche trois Oeufs, longs d’iiii pouce , couverts d’une coquille dure , et cependantnon ëncore à maturité. Du reste, lès dèux oviductes, dilatés à leur partie inférieure^ s’ ouvraient dans le cloaque , àtiquel étaient adossés , à droite et à gâuche , deux sacs membraneux vides , qu’on doit mettre au nombre des poches alîantoïdiénnes qui persistent sous la forme de vessie urinairé ( pl. xiii , fig. v , o ). Le cloaque contenait aussi un œuf, et j’y ai aperçu une petite verge entièrement semblable à celle de l’hommè.

Le mâle m’a offert , au dessous des reins ,, deux testicules ovales et d’un jaune rougeâtre , dont le canal déférent , volumineux et noirâtre , forme une sorte d’ épididyme avec la vésicule séminale longue et roulée isur ëlln -même. Ce canal s’ouvre dans le cloaque ,à la base d’une très-grosse verge (2)

(i) Anatome testudinis , P, IL

(a) Anssl ces animaux ont-ils nh véritable aeconpletsaent , gai dàré bngUempsr

4o4 TRAITÉ d’anatomie COMPARÉE.

linguiforme , sillonnée à sa face supérieure , au lieu d’être perforée comme celle de l’homme , et mise en mouvement par des muscles particuliers ( pl. xx, fig. xxii ).

Treviranus a décrit (1) , d’après YJÈmys serrata , la conformation spéciale du testicule des Tortues^ qui se compose de tubes serrés les uns contre les autres , et enveloppés d’une membrane élastique ferme , ainsi que celle du canal déférent, qui résulte d'environ une douzaine de vaisseaux séminifêres, nés du bord du testicule , et aboutissant à im canal commun.

Geoffroy et Martin ont découvert , dans les Tortues femelles , une paire de conduits péritonéaux , qui unissent la cavité abdominale avec le clitoris , et qui rappellent les fentes péritonéales des Plagiostomes (2).

Je ferai remarquer , à l’égard des Ophidiens , que leurs ovaires sont deux corps oblongs , parsemés d’œufs grands et petits , qui régnent des deux côtés du rachis , au dessus des reins , que les oviductes ont une longueur considérable , et que , quand ils contiennent des œufs, la disposition de ceux-ci est toujours telle qu’au même endroit où il y en a dans un oviducte , l’autre se trouve vide. Du reste , les oviductes servent à l’incubation des petits , dans la Vipère , comme dans la Salamandre. Ces canaux s’ouvrent, avec les uretères, dans le cloaque.

Les mâles ont de chaque côté un testicule allongé et un canal déférent très-contourné , qui s’ouvre dans le cloaque , avec celui du côté opposé , à la base d’une verge presque toujours double (3) , et sillonnée , qui ne fait pas beaucouis de saillie à la vérité, mais qui néanmoins permet un véritable

(1) Dans un mémoire qui contient clés faits intéressans sur la forme de

la verge de la Caretta imhricata% V. Tiedemank’s , tom. II

pag. 283,

(2) Ann. des Sa. nat. , 1828 , T. XIII , pag. i53.

(3) Celte double verge rappelle la langue bifide des Serpens j la verge

organes génitagx. 4o5

accouplement. Nitzsch a fait l’intéressante observation , sur une Gécilie , que le mâle a une verge unique ou simple , mais d’un volume considérable.

Les parties génitales des Sauriens se comportent presque entièrement de la même manière ; seulement le conduit déférent, après un court trajet, produit un épididyme bien prononcé. La verge est également double , si ce n’est chez le Crocodile , qui l’a simple.

Otto (1) considère comme organes accessoires externes de l’accouplement, les glandes ou verrues crurales des mâles, qui ne se développent beaucoup qu’au temps des amours.

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