‹ Traité élémentaire d'anatomie comparée, suivi de recherches d'anatomie philosophique ou transcendante sur les parties primaires du système nerveux et du squelette intérieur et extérieur (volume 3)Chapitre 58 sur 71 · ORGANES GÉNITAUX · texte numérisé non relu

ORGANES GÉNITAUX

remplie de ces corps à l’état de liberté ; mais ils en sortent ensuite par les ouvertures que ces Poissons , même les individus mâles , offrent auprès dai’anus , et qui ressemblent à celles qu’on trouve chez les Raies et les Squales , si ce n’est qu’ici elles se réunissent extérieurement en un seul orifice. Cette organisation , que personne n’avait décrite avant moi , est remarquable en ce qu’elle répand un grand jour sur les usages des ouvertures abdominales, dont l’interprétation avait été jusque-là une énigme ; elles servent ici d’orifices de parturition, qui n’existent que comme répétition dans les Raies et les Squales, où cependant elles contribuent à la fonction respiratoire , qui se rattache toujours à celle de la respiration par des liens étroits. J’ai représenté ( pl. ix, fig. xiv et xv ) la manière dont les ovaires du Saumon se comportent à l’égard de la cavité abdominale.

L’organisation delà Lamproie est la même , quant aux points essentiels ; le testicule et l’ovaire se composent de lames transversales , mais l’un et l’autre sont toujours simples ; la semence (1) et les œufs tombent dans la cavité abdominale , qui s’ouvre à l’extérieur , derrière l’anus , au sommet d’une élévation conique (pl. IX, fig. xvii).

L’ovaire simple ( § 840 ) de la Blennie vivipare mérite surtout de fixer l’attention , à cause du développement des petits qui a lieu dans son intérieur. Suivant Rathke (2) , il représente un sac formé de trois couches , dans la portion interne et la plus large de laquelle les œufs naissent sur les parois. Après la déhiscence de la membrane la plus inté-

(1) La semence des Lamproies^ comme celle des Angnilles, des Esturgeonset des Plenronectes , est composée de grains qui ne diffèrent des œufs que par leur petitesse , et qni remplissent tont le parenchyme des testicales. Vcfyez un mémoire de Mnller à ce sujet dans Tiedemakn’s Zeitschrift , tom. IV , I*' partie , in-4, pag. io6.

(2) Abhandlungen zur Bildungs - und Entwicklungsgeschichte , Leipzig, i832, în-4, fig., cah. II . pag, 3.

SgS TRAITÉ d’anatomie comparée.

rieure de Tovaire proprement dit , ils tombent dans sa cavitéj et y mûrissent , après quoi les petits sortent derrière l’anus , par la portion extérieure , qui correspond à Toviducte.

En général, les parties génitales des Poissons n effilent aucune trace d’organes accessoires spéciaux. On ne peut en citer que deux de ce genre , 1° l’organe analogue à une vésicule séminale, que Rathke (1) a décrit dans le Gobius wigér ^ et qui s’ attache à l’extrémité inférieure de chaque testicule , dont il semble être un lambeau arraché ; 2® l’orgahé incubateur externe du Syngnathus acus. Aristote avait déjà dit que les petits de ce dernier Poisson sortent par une large fente du bas^ventre, qui se referme ensuite. Gavolini a constaté l’exactitude du fait , et il ajoute que les petits se développent dans un sac situé derrière l’anus , qui s’ouvre lorsqu’ils sont arrivés à maturité (2). Jusqu’à présent on n’avàit envisagé cet organe que comme un appareil externe d’incubation appartenant.à la femelle , et l’on pensait que les œufs, sortis de l’ovaire , s’y introduisaient pai’ l’effet d’un ramollissement de la peau du dessous de la queue , suivi bientôt de sa déhiscence. Mais, d’après les observations multipliées de Retzius , c’est au mâle qu'il appartient. Le Syngnathe.aiguillé mâle porte sous la queue une fente constante à la peau , dans laquelle la femelle pond ses œufs , probablement à l’aide d’une Sorte d’accouplement , et où ils se développent ensuite d’une manière complète. D’àutres espèces , par exemple le Syngnathus ophidion , n’ont point d’organe incubateur ; ici les œufs sont seulement suspendus à la peau du ventre des mâles, où ils se développent à peu près comme le font ceux des Écrevisses sous la queue des femelles.

Passons maintenant aux organes génitaux dés Plâgîostoffiês.

{ï) Behrcege zur Geschichte der Thîerweh,

(a) la Égaré de cet organe et des ovaires dans mes Tabùlœ illustrantes , cah, III , pl. V.

0U4AKES GiNITAUX. 3gg

Les femelles desRaies et des Squales ont deux petits ovaires , situés sous le foie , dans lesquels les oeufs se développent un à un , et non pas simultanément , comme chez les Poissons osseux. On aperçoit deux oviductes , dont chacun reçoit les œufs de Tovaire par une' ouverture Hbre , située près du cœur et du foie ( pl. x, fig. ni , h ). La partie inférieure de ces oviductes , qui est plus large que le reste de léuï* étendue (1), retient presque toujours l’œuf jusqu’à l’entier développement du petit , qui s’y trouve comme dans une sorte de matrice , et qui sort enfin par une ouverture située derrière l’anus et munie d’une saillie analogue à une verge ( clitoris ). Home (2) a toujours rencontré , dans le S qualüs acanthias , plusieurs œufs entourés d’une gelée transparente , et renfermés dans une capsule commune, qui se terminait en pointe par le haut et par le bas ( fig. xv, G ) , et il a vu les petits se développer complètement dans ces œufs. Le Squalus canicula ne pond , au contraire , qu’un seul œuf à la fois , suivant lui.

Dans lea mâles , les testicules occupent le même emplacement que les ovaires chez les femelles. Ils sont allongés et proportionnellement assez; petits ( pl- x, fig. ii , n ). Chaque conduit excréteur décrit un grand nombre de circonvolutions , qui forment un épididyme situé dernière le testicule, il descend ensuite en serpentant au-devant des reins , puis s’élargit ( en p ) : après quoi, plissé en travers dans son intérieur , suivant Treviranus , il se réunit à l’uretère du même côté, à peu près comme chez l’Esturgeon, et s’ouvre tout auprès de celui du côté opposé , à la base de la verge , dans le cloaque, qui communique avec une espèce de longue vessie urinaire. La verge elle-même ressemble à une bouteille pour la forme , et elle a cela de particulier qu’elle est perforée à son extrémité , de sorte que déjà elle sert à évacuer tant l’u-

(1) Treviranus a donné une très-belle figure de cette dilatation , intérieurement plissée en long, d’après le Squalus acanthias, dans TiBbEMAiîH’a Zeitschrift,\.ova.Tl un.,

(2) Philos. Trans. iSro.

4oO TRAITÉ d’anatomie COMPARÉE,

rine que la semence ( fig. ii , 1 ) , tandis que les Poissons osseux n’offrent que dans quelques espèces des saillies que l’on puisse lui comparer.

Il y a donc, chez les Squales, un véritable accouplement, pendant la durée duquel le mâle retient la femelle avec les «noignons de membres postérieurs dont j’ai parlé précédemment ( fig. ii , s ).

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