‹ Traité élémentaire d'anatomie comparée, suivi de recherches d'anatomie philosophique ou transcendante sur les parties primaires du système nerveux et du squelette intérieur et extérieur (volume 3)Chapitre 68 sur 71 · Ophidiens · texte numérisé non relu

Ophidiens

Les œufs de la Couleuvre à collier sont , comme ceux du Boa , très-allongés , et couverts d’une coquille coriace. On ne peut distinguer ni jaune ni blanc dansleur intérieur, où l’on trouve un mélange jaunâtre de ces deux substances. Il me paraît assez important de faire remarquer que je les ai vus se gonfler considérablement lorsque je les plongeais dans l’eau. Après les avoir fait durcir dans l’alcool , je voyais le contenu solidifié remplir exactement la coquille , de sorte qu’il n’y a pas plus d’air dans les œufs des Serpens que dans ceux des Sauriens, d’après Emmert et Hœchstetter {%).

(i) Dans des larves plus avancées encore, le sac vitellin tout entier se convertit manifestement en nne portion d’inte.stin plnsienrs fois recourbée sur elle-même,mais qui continue encore à offrir nne teinte de jaune clair. F, pour plus de détails à ce sujet, ' Dresdner Zeitsçkr. fuer Natur-und

Heilkunde i34«

(îs) B.eii.’s Archiv , tbm, X j cah. I.

47'^ traité d’anatomie comparée.

Au reste , d’après les observations que j’ai recueillies sur les œufs de la Couleuvre à collier et de la Vipère commune, révolution de l’œuf des Ophidiens paraît ne point différer essentiellement de celle de l’œuf des Sauriens. La seule différence consiste en ce que , comme je l’ai déjà dit plus haut , les œufs de quelques Serpens , par exemple de l’Orvet et de la Vipère , se développent et éclosent dans l’oviducte. Je me contenterai donc ici de dire que la séparation entre la sphère vitelline primitive et l’embryon, et la disposition des organes transitoires de respiration , diffèrent totalement de ce que nous avons observé jusqu’ici dans les Céphalozoaires.

Quant au premier acte , la séparation entre le fœtus et le jaune est ici des plus complètes , car la surface ventrale elle-même se ferme presque jusqu’à l’ouverture ombilicale , et le jaune dont la forme se rapproche plus lard de celle d’un sac entourant le fœtus lui-même (î), finit par entrer peu à peu dans la cavité abdominale. Il est surtout facile de s’en convaincre sur de petites Vipères (2) , où le canal de jonction entre le jaune et l’intestin, c’est-à-dire le conduit vilellointestinal , va toujours en diminuant de longueur (pl. xiii, fig. XVII , b ), jusqu’à ce que le jaune ait été absorbé tout entier par l’intestin. A cette séparation plus tranchée entre le sac vitellin et l’embryon , se rattache la formation d’une enveloppe propre de ce dernier, c’est-à-dire de l’amnios, que nous voyons apparaître ici pour la première fois dans la série animale.

A l’égard de la vésicule allantoïdienne, qu’on rencontre également pour la première fois dans les Ophidiens , elle pousse peu à peu de la région sexuelle , sous la forme d’une poche branchiale parsemée d’un grand nombre de vaisseaux , et meurt dès avant que le fœtus quitte l’œuf. On peut dire que, comme les têtards de Grenouilles répètent le type des Pois-;

( i) Voyez mes Tabula: illustrantes , cah. III , pl. vu , fig. ix, L,

(2 ) Ihid. , fig. x.xrr.

développement de l’organisme individuel. 4?^ sons par leurs grandes branchies qui s’oblitèrent , de même les Ophidiens et les autres Reptiles supérieurs répètent la grande vessie urinaire des Grenouilles par leur allantoïde qui s’oblitère également.

Du reste , on aperçoit aussi des vestiges de fentes branchiales pendant les premières périodes de la vie embryonnaire des Ophidiens ; mais jamais on ne trouve de branchies développées.

Je ne dois point omettre non plus dè^faire remarquer que les œufs des Ophidiens non vivipares sont souvent , comme ceux des Mollusques et des Batraciens , réunis en longues masses par une sécrétion albumineuse des oviductes , qui les agglutine ensemble (1).

^ 3. Sauriens.

L’œuf dés Sauriens est ordinairement très-allongé , et pour la première fois dans la série des animaux supérieurs , il offre à Sa surface un dépôt épais et solide de carbonate calcaire. C’est ce qu’on voit surtout dans les œufs durs et raboteux des Crocodiles. Mais les oeufs de tous les Sauriens n’ont point ainsi une coquille calcaire, car ceux du Monitor (pl. xiii, fig. xYiii ) et du Lézard gris sont couvei’ts d’une croûte coriace. On trouve toujours sous cette première enveloppe un chorion membraneux. Le jaune est volumineux et entouré d’une très-petite quantité d’albumine. L’embryon se déveî loppe dans un amnios dénué de vaisseaux et rempli d’un liquide particulier. Le jaune , dont la membrane est très-vasculaire , parce que c’est en elle qu’il commence à se développer des vaisseaux et du sang , reste uni à l’embryon tant par ces vaisseaux que par le condbit vitello-intestinal. On voit encore apparaître plus distinctement ici l’organe excrétoire opposé au sac vitellin, c’esV-à-dire l’allantoïde , et comme l’embryon des Sauriens n’a de fentes branchiales que pen-

(i) Ibid. ,üg.ix, a.

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dant les premiers temps de son existence ( pl. xiii , fîg. xvi), cette allantoïde figure une véritable poche branchiale , qui communique par un ouraque avec le cloaque, et qui certainement naît ici de ce dernier , comme nous verrons quelle le fait chez les Oiseaux. En sa qualité de poche branchiale , cette vésicule est de nouveau très-richement pourvue de vaisseaux, et on a coutume de lui donner le nom de chorion , quoiqu’elle ne soit analogue qu’à, l’allantoïde des Mammifères , et qu’à l’instar de cette dernière , elle soit placée entre l’amnios et l’enveloppe extérieure de l’œuf. Du reste , pendant l’accroissement progressif du lœtus , le jaune va toujours en diminuant , et le canal intestinal finit par l’absorber en entier. La poche branchiale s’oblitère dans la même proportion , et il n’en reste plus que l’ouraque , sous la forme d’une petite vessie urinaire oblongue; Tamniosetla coquille se détachent, et l’animal se trouve alors développé , ce qui exige néanmoins un laps de temps assez long , qui est de deux à trois mois pour le Lézard gris. Une fois parvenu là, le Saurien est bien sujet encore à de nombreuses mues (1) , mais il ne subit plus de métamorphoses.

Dans un jeune Crocodile , qui probablement avait quitté l’œuf depuis peu , je trouve encore le sac vitellin très-grand et plein , logé dans la cavité abdominale , et communiquant manifestement avec une circonvolution intestinale, par le, moyen du canal vitellin.

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