‹ Traité élémentaire d'anatomie comparée, suivi de recherches d'anatomie philosophique ou transcendante sur les parties primaires du système nerveux et du squelette intérieur et extérieurChapitre 22 sur 95 · üTeusticopodcs. -l. Décapodes · texte numérisé non relu

üTeusticopodcs. -l. Décapodes

Les formes extériem’es des animaux compris dans ces deux ordres passent des unes aux autres par des transitions bien évidentes , et il en est de même pom* celles de leur système nerveux.

Parmi les^'eusticopodes , dont la plupart , par exemple les Pous de poissons ( Caligus ) , sont si petits , et dont les plus gros , tels que le Limulus pohjpkemus , ont été fort peu étudiés sous le rapport de leur organisation intérieure , il n’y a guère que ÏApus cancriformis dont nous connaissions le système nerveux d’après Cuvier , qui le représente consistaxit en un petit ganglion cérébral translucide , et en ime

(l) Memorie sidla siorîa degli anlmalî^ vol, II, pag. Sgg.

SYSTÈME NETIVEDY. Sf.

chaîne ganglionnaire ventrale renflée à chaque article du corps.

Quapt aux Décapodes , nous trouvons en eux, coinme l’ont surtout démontré les recherches de V. Audouiu et de jMUnepdwards (1) , une série fort intéressante , depuis la simple chaîne ganglionnaire uniforme, telle quelle se rencontre chez le Ver de terre , jusqu’à l’accumulation de la masse ner^ veuse dans certaines régions plus centrales , forme, supérieure par conséquent à l’autre.

Le système nerveux placé le plus has est celui du où la chaîne ganglionnaire est presque complètement double, chacune des couples de ganglions accolés étant, .seulement réunie par de courtes commissures transversalesjnt les douze ganglions , qui , placés à la suite les uns des autres, forment chaque chaîne de la tête à la queue , ayant presque tous le même volume. Dans les Squilles , où Cuvier compte dix ganglions, sans le cérébral, lé ganglion supériem’ , qui fournit les nerfs de trois paù’es de membres, est beaucoup plus long que les autres. .

Dans l’Écrevisse de rivière ( Astacus -fluvidtilis ), l’anneau peryeux qui entoure l’œsophage est fortement tiré en long ; il ne serre pas beaucoup le canal, et envoie de chaque côté un faible filet à la mandibule correspondante. Le ganglion cérébral est partagé en quatre lobes , et il donne naissance aux nerfs de la vue , de l’ouïe , du toucher et de l’odorat. Le ganglion inférieur de cet anneau nerveux , qui est situé précisément au dessous de l’estomac, fournit des filets aux muscles des mâchoires surtout , après quoi il forme , par deux filets qui se tournent en arrière^ le commencement d’une chaîne ganglionnaire ( pl. vi , fig. iv ) , le long de laquelle on remarque cinq ganglions sous le bouclier thoracique^

(i) Annales des sciences naturelles, mai j8aS,

5l TRA.[TÉ t>’ANA.TOMlE COMPARÉE,

entre les paires de pattes , et six dans la queue , au dessous de ses muscles ; ces ganglions fournissent des nerfs tant aux muscles voisins qu’aux viscères (1).

A la suite de cette forme on pourrait placer celle du singulier système nerveux des Pliyllosomes , qu’ont décrit Audouin et Milne Edwards ; du ganglion cérébral ordinaire partent des commissimes extrêmement longues , qui embrassent l’œsopliage, se réunissent ensuite , et se renflent de chaque côté en sept ganglions placés immédiatement à la suite les uns des autres ; ces ganglions constituent presque une seule masse nerveuse , ovale , oblongue et percée de trous , d’où six paires de nerfs partent en rayonnant , et qui finit par se terminer en une chaîne grêle , comprenant six paires de petits ganglions.

Enfin le système nerveux des cancéridesest celui qui paraît le plus centralisé. Dans les Maja, il n’existe plus que deux grosses masses centrales, dont l’une est le ganglion cérébral, et fournit cinq paires de nerfs aux organes des sens , tandis que l’autre est la masse centrale du tronc ; cette dernière , qui a une forme annulaire et aplatie , donne neuf paires de nerfs disposées en manière de rayons , après quoi elle se termine par un gros nerf impair , ou plutôt par un prolongement filiforme de la chaîne ganglionnaire , qui est destiné à l’abdomen ou à ce qu’on nomme la queue ( pl. yi, fig. v ). Les commissures situées entre les deux masses médullaires donnent de chaque côté des nerfs qui se rendent aux viscères.

(i) Au printemps de l’année 1814, j’ai tronvé , snr plasienrs individus, à la partie postérieure de la chaîne ganglionnaire, de pelits Entozoaires, longs d’à peu près une ligne et^demie, qne je négligeai d’examiner avec soin, espérant de les rencontrer souvent. Ils tenaient avec tant de force, qn’on pouvait les arracher avec le cordon nerveux et les mettre sur une plaque de verre. Je cite ce fait comme un exemple rare d’animaux vivant en parasites sur les nerfs. C’étaient prohahlement les mêmes üistomes ( Distoma îsosComitm ) qu’on trouve aussi dans les conduits biliaires de l’Écrevisse,

SYSTEME KERVEUX.

' 5. Isopodes.

C’est chez les Isopodes , auxquels j’ai donné le titre de représentans de la classe , qu’on trouve porté au plus haut point d’évidence, ce qui caractérise le système nerveux de ces animaux , la chaîne ganglionnaii e ventrale. Les modifications particulières que celle-ci présente nous sont connues surtout par les travaux de G. -R. Treviranus (1) et de Rathke (2), qui les ont décrites, le premier dans les Cyames elles Scolopendres , le second dans les Idotées.

Le système nerveux des Idotées consiste presque , comme dans les Talitres , en un ganglion cérébral divisé , un anneau nerveux , et onze paires de ganglions , dont quatre plus petites , qui sont unies par des commissures longitudinales.

Un fait remarquable , sous le point de vue physiologique , c’est que , quoique ailleurs les segmentations du système nerveux soient presque toujours indépendantes de l’âge et de la taille de l’animal , les Jules nous donnent un exemple d’un cas où elles doivent changer de toute nécessité, puisqu’elles correspondent constamment , selon Treviranus , au nombre des anneaux du corps , qui , d’après Savi , augmente régulièrement à chaque mue, et finit par s'élever avec l’âge jusqu’à cinquante ou soixante. Ici , du reste , les ganglions sont serrés les uns contre les autres, elles origines des nerfs optiques produisent de forts renflemens au ganglion cérébral.

Dans la Scolopendra forficata , la chaîne ganglionnaire , y compris le ganglion cérébral , se compose de dix-huit paires.

Page 1