‹ Traité élémentaire d'anatomie comparée, suivi de recherches d'anatomie philosophique ou transcendante sur les parties primaires du système nerveux et du squelette intérieur et extérieurChapitre 24 sur 95 · Hsxapoâes aptères. G. Hexapodes ailés · texte numérisé non relu

Hsxapoâes aptères. G. Hexapodes ailés

L’immense variété des formes extérieures qui se rapportent ici est cependant déjà enchaînée par une loi explicite , celle de la séparation du corps en ventre , poitrine > en tronc ( ce qui rapproche par conséquent les Hexapodes des Céphalozoaires) , et de l’existence de trois paires de pattes à la poitrine. De là résulte aussi une plus grande fixité dans la disposition du système nerveux , dont l’anneau antérieur , avec ses deux ganglions , et la moelle ventrale , n’oflrent jamais un total qui dépasse douze ganglions. Il s’y joint cependant encore , chez les insectes supérieurs, un petit système ganglionnaire, partant aussi de l’anneau nerveux de la tête, destiné aux organes de la vie vég étative (1) , et à peu près analogue au grand sympathique des animaux supérieurs. En se répétant pour ainsi dire lui-même de cette manière , le système nerveux prouve jusqu’à quel point il est avancé dans son développement. Il n’est pas non plus sans intérêt de faire remarquer que , chez quelques Insectes , les commissures de la chaîne ganglionnaire traversent des parties qui ressemblent à des vertèbres ; c’est ce qu’on voit dans la tête de plusieurs Coléoptères et dans la poitrine des Sauterelles.

La diversité des formes sous lesquelles les élémens don^

(!)Nous devons la démonstration de ce système à J. Muller : ISova act nat. Ciirios. tom, XIV, pag. yr.

56 TRAITÉ d’AkAT0:\1IE COMPARÉE,

il vient d’être parlé se présentent à nous, chez les Insectes, est véritablement infinie. Tantôt les ganglions de la moelle ventrale et ceux de l’anneau nerveux sont égaux en volume et bien distincts les uns des autres , comme chez les Vers ; c’est ce qui a lieu , en général , dans les Insectes inférieurs et les larves. Tantôt le système nerveux se concentre en grosses masses, et ses filets deviennent plus grêles et plus multipliés ; c’est ce qu’on voit chez la plupart des Insectes parfaits et appartenant aux formations supérieures. Je vais donner quelques exemple de l’une et de l’autre disposition.

On peut considérer comme une des formations les plus simples , parmi les Aptères , le système nerveux de la Forbicine {Lepisina), dont nous devons la description à Treviranus (1). Il consiste en une chaîne de douze gangfions arrondis , dont les plus gros sont le ganglion cérébral et les trois ganglions thoraciques.

Quant aux formes supérieures , j’en tirerai les exemples des Coléoptères , des Lépidoptères , des Hyménoptères et des Orthoptères , chez les premiers desquels on observe quelquefois l’inverse de ce qui a été indiqué §. 76 , la masse nerveuse la plus simple appartenant à la larve.

Ainsi , par exemple , la larve du Scarahœus nasicornis oflre, sous la lame frontale de la vertèbre céphalique cornée , un ganglion cérébral manifestement bilobé , d’où naissent deux paires de nerfs , pour les palpes , etc. Une troisième paire provient de la face infériem’e de ce ganglion, se dirige d’abord en avant , puis se reporte en arrière , vers la ligne médiane supérieure de l’œsophage , pour s’y réunir en un cordon nerveux simple , qui marche d’avant en arrière , sous le ganglion cérébral et à travers le collier, suit la face supérieure du canal intestinal , et se renfle de distance en distance en ganglions four-

(i) Vermischte Schrifien, toia. II, pag- ij.

nissant plusieurs branches latérales. On donne communément le nom de nerf récurrent à cette petite chaîne ganglionnaire supérieure, mais il serait mieux de la considérer, avec Muller, comme le nerf sympathique des viscères. Les branches latérales du collier médullaire , qui embrassent l’œsophage , dégénèrent inférieurement en une masse médullaire fusiforme , longue de deux lignes et demie , d’où partent des nerfs rayonnans , qui se rendent aux pattes et au reste du corps.

Comme , dans l’insecte parfait , le corps entier se partage en segmens bien distincts , cette masse médullaire inférieure simple s’y divise également en plusieurs parties , c’est-à-dire en une chaîne de quatre ganglions isolés , tandis qu’en même temps le ganglion cérébral se perfectionne et donne des nerfs plus gros , principalement les optiques.

Cependant la formation qui vient d’être décrite ne se rencontre point à beaucoup près dans tous les Coléoptères; car, chez la plupart , la larve et l’insecte parfait offrent une véritable chaîne ganglionnaire , mais dont les ganglions sont ordinairement plus nombreux dans les larves que dans les insectes parfaits. Je signalerai encore comme un fait remarquable que , dans le Cerf-volant [Lucanus cervus) et plusieurs autres , le ganglion inférieur du collier céphalique est entouré d’une vertèbre crânienne interne et particulière (1).

Le système nerveux des larves de Lépidoptères nous montre surtout d’une manière bien évidente la répétition du type propre à celui des Annélides. En effet , le premier ganghon qui se trouve sur l’œsophage , et qui est bilobé , fournit ordinairement ici huit paires de nerfs , dont la première forme les trois ganglions appelés frontaux par Lyonnet , ganglions

(i) Voyez la description et la Cgare que j’ai données de celte formation dans la Dresdner Zeilung fuer Naturgeschichte und Eeïlhunde , tom. II, pag. 3o5 , pl. tv.

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parmi lesquels le premier donne à son tour le nerf nommé récurrent, qui marche le long du dos et se distribue aux viscères. Les sept autres paires appartiennent , soit aux organes manducatoires , soit aux yeux , soit à des trachées. Enfin du gatiglion cérébral partent les commissures latérales de l’anneau nerveux entourant l’oesophage ; elles se réunissent inférieurement pour produire le premier ganglion de la chaîne ganglionnaire. Celle-ci offre en tout douze ganglions nerveux , dont les deux postérieurs s’appliquent immédiate-* ment l’un contre l’autre, tandis que les autres sont au contraire toujours unis par deux commissures longitudinales. De tous ces ganglions partent ordinairement deux à trois paires de nerfs , dons les uns sont destinés aux muscles et aux viscères voisins ^ et dont les autres montent le long des parois latérales du corps jusqu'à la région du vaisseau dorsal , représentant ainsi sur chaque anneau du corps le vestige d'un anneau qui embrasse le canal intestinal ( pl. vu, fig- xxiv) (1).

Herold surtout a étudié et figuré avec soin , d’après le Papillon du chou ( Fapilio brassicœ ) , les changemens considérables qui s’effectuent dans le système nerveux pendant la métamorphose de la chenille en insecte parfait (2). Déjà dans la chrysalide on aperçoit une plus grande centralisation de la chaîne ganglionnaire j dont plusieurs ganglions se sont confondus ensemble ( fig. xxv ) ; mais le système nerveux du papillon diffère bien davantage encore de celui de la chenille. Ce n’est point assez , en effet , que la chaîne ganglionnaire y ait à peine la moitié de la longueur qu’elle offre dans la chenille ; plusieurs ganglions ont disparu toul-à-fait, et la chaîne entière ne se trouve plus maintenant formée que

(t) Lyonnet surtout a donné d’excellentes figures du système nerveux des chenilles , dans son Traité de la chenille qui ronge le bois de saule. La Hüye, iSSa, à 4 fig*

(aj EhtwickiüngsgescMchte des Schmetterlings , anatomisch und physioîogisek bearbeltet, Çassel et Marbourg , i8i5 , pl. i.

SYSTÈME NEEVEtX. 5cj

de deux masses nerveuses centrales plus grosses dans la poitrine , et de cinq ganglions abdominaux qui ont subi peu de changement (fig. xxvi) (1),

L’Abeille , parmi les Hyménoptères , est un des insectes qui méritent sans doute le plus , à cause de ses hautes facultés intellectuelles , que nous examinions avec soin son système nerveux. Oh voit reparaître chez elle une particularité remarquable , la centralisation plus grande des masses nerveuses de la tête et de la poitrine. Dans la tête, un ganglion cérébral et un ganglion inférieur de l’anneau nerveux se sont réunis en ime masse médullaire proportionnellement très-grosse , solide et traversée par l’œsophage , qui a été figurée exactement par Treviranus d’après le Bourdon (2) , et par Ratzeburg d’après T Abeille domestique (3). Les parties les plus essentielles du ganglion cérébral paraissent être les deux ganglions pour les gros nerfs optiques , et nous trouverons qu’ils correspondent à la première paire des tubercules quadrijumeaux des animaux supérieurs. Dans l’Abeille domestique , les ganglions thoraciques se conHîentrent presque entièrement en un gros ganglion solaire , tandis que l’abdomen contient encore quatre petits ganglions de la chaîne.

Enfin , pour ce qui concerne les Orthoptères , le système

(i) Snccow a donné anssi des détails cnrîeni sur la métnrtiorphose da système nervenx , particulièrement du cerveau et du premier anneau médullaire, pendant les métamorphoses de la Phalœna piniaria {^Anatomischphysiologische Untersuclmngen der Insekten und Kmstenthiere , pl. vir. ) On lira surtout avec intérêt ce qn’il dit des nerfs optiques qui, dans la chenille , sont très-longs et se terminent en six petits boutons , tandis que, dans le papillon , ils deviennent courts , épais et en forme de pinceau.

(à) Biologie , tom. V, pl. i, pag. 2,

(3) Darstellimg und Beschrcibung der arzneylichen Thiere , tom. Il, cah. V, pl. XXV.

6o TRAITÉ d’anatomie comparée.

nerveux du Phasma ferula est fort allongé, mais n’ofire d’ailleurs rien d’extraordinaire (1). Du ganglion situé sous l’œsophage partent , comme de coutume , deux commissures qui vont se rendre au premier ganglion thoracique , et d’où émanent aussi des filets nerveux déliés , qui embrassent le canal intestinal en manière d’anse , et produisent à sa partie supérieure un ganglion dont le pourtour donne le nerf destiné aux viscères. On trouve ensuite , à la moelle ventrale , deux ganglions thoraciques et six ganglions abdominaux, dont le dernier fournit , comme à l’ordinaire , les nerfs des organes génitaux.

D’après Léon Dufour , les Hémiptères n’ont , outre le cerveau , que deux ganglions logés tous deux dans le thorax , et l’abdomen en est dépourvu ; mais le cordon médian se divise enplusieurspairesdenerfs très-développés, dont les subdivisions se distribuent dans les viscères de la cavité abdominale (2).

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