CHAPITRE IIL
Développement du système nerveux dans les Céphalozoaires.
Rien , sans contredit , n’offre plus d’intérêt à celui qui approfondit la morphologie des différentes organisations , que de voir les métamorphoses les plus considérables résulter ici d’une simple transposition de certains élémens,qui, du reste, demeurent toujours les mêmes. Comme les mêmes lettres» diversement combinées , donnent des mots différens , ainsi les mêmes élémens , diversement arrangés , produisent des
(i) La disposIti..>n du système nerveux est également la même dans la Mentis religiosa.
(a) Recherches anatomiques et physiologiques sur les Hémiptères, Paris i833 , p. 260, pl.xix, fig. 201 , 202, 2o3, représentant le système
nerveux des Pentatorna grisea, Nepa cinerea et Cicada orni.
SYSTÈME IvËEVETJX. 6l
organismes tout autres. Au premier aperçu, le développement de la moelle épinière et du cerveau semble établir une difierence absolue entre le système nerveux des Céphalozoaires et celui des classes inférieures ; cependant l’anatomie comparée démontre fort aisément qu’il doit naissance à des élémens qui tous existaient déjà précédemment , avec de légères modifications dans leur arrangement.
Pour bien apprécier cette proposition, il faut remarquer ;
1® Que les animaux supérieurs , précisément parce qu’on observe en eux un déploiement des facultés dévolues aux animaux inférieurs , doivent être également composés d’articles ;
2° Que le Corpozoaire offrant essentiellement trois régions, celles du sexe , de la digestion et de la respiration , cette division doit se répéter non seulement dans le tronc du Céphalozoaire , mais encore , et à un plus haut degré , dans sa tête elle-même ;
3“ Que le côté tergal ou lumineux de l’animal est le seul qui convienne réellement au système nerveux , de sorte que les masses nerveuses centrales doivent nécessairement s’y développer chez les animaux supérieurs.
Ces données expliquent d’une manière satisfaisante pourquoi , dans tous les Céphalozoaires , la portion du système nerveux qui couronne en quelque sorte les autres , doit être produite par la réunion des ganglions développés au côté lumineux de tous les segmens du corps; pourquoi ces grosses masses, réunies par des commissures longituclinales , se partagent en portion céphalique et portion appartenante au tronc, c’est-à-dire en cerveau et moelle épinière , qui correspondent simultanément aux phénomènes principaux de la vie nerveuse, les fonctions sensorielles et le mouvement ; enfin pourquoi chacune de ces deux portions est essentiellement divisible en trois. Au reste il suit aussi d’un degré de centralisation proportionné à la perfection plus grande de l’organisation , que
fil thaité d’anatomie comparée.
la formation ganglionnaire ne peut se manifester clairement qup dans l’une des deux portions , et la plus élevée , le cerveau , taudis que , dans l’autre , la moelle épinière , elle est presque entièrement subordonnée aux commissures longitudinales. Les trois segmens du cerveau , essentiellement destinés aux sens , se dessinent aussi d’une manière plus franche dans les ganglions cérébraux que dans la moelle épinière , essem tiellement consacrée au mouvement. Le postérieur est en rapport avec la sphère sexuelle , et ses ganglions sont les points centraux pom* le déploiement du côté sensible de la fonction sexuelle , le toucher et l’ouïe. Le mitoyen se rapporte à la digestion , et ses ganglions sont les points centraux pour le côté sensible de la fonction digestive , le goût , et pour la réception des impressions dues à la lumière , c'est-à-dire pour la vue. L’antérieur enfin se rapporte à la sphère respiratoire , et ses ganglions sont, d’une part, les points centraux du côté sensible de la respiration , l’odorat , de l’autre, le centre commun de toutes les autres formations nerveuses, l’organe du sentiment de soi-même, et, chez l'homme, de la conscience , ce qui fait que son plus ou moins de développement peut donner la mesure du perfectionnement de l’organisme entier sous le point de vue de la sensibilité.
Mais le système nerveux n’est pas uniquement le centre de la vie animale , en tant que celle-ci se manifeste au dedans et au dehors sous la forme de sentiment et de mouvement ; il est de plus centre de l’organisation en général , de sorte qu’il doit égalementjouer tmrôle actif et passif dans la sphère végétative. Si donc , dans les classes inférieures , nous avons déjà vu apparaître , outre la moelle ventrale et le ganglion cérébral , les vestiges d’un système nerveux particulier pour les appareils qui constituent la sphère végétative , il ne peut pas manquer d’arriver , dans les classes supérieures , qu’on voie se développer d’une manière bien plus prononcée encore le système nerveux consacré aux fonctions végétar
SYSTEME NEUVETJX. 63
tives. Comme ce système enveloppe de toutes parts le canal intestinal et les vaisseaux , et qu’il offre le type de la chaîne ganglionnaire, incontestablement il est la répétition de la forme nerveuse consacrée à la classe précédente ; du reste il se rattache au système central suprême par l’intermédiaire surtout de la moelle épinière.
Ces aperçus suffiront ici pour mettre en évidence le rapport qui existe entre le système nerveux des Céphalozoaîres et celui des Corpozoaires en général , pour démontrer que la chaîne ganglionnaire de ces derniers ne correspond pas plus au seul nerf grand sympathique des premiers , que le cerveau et la moelle épinière de ceux-ci ne représentent uniquement la chaîne ganglionnaire de ceux-là, enfin pour faire soupçonner d’avance quelles sont sm’tout les portions du système nerveux dans lesquelles se manifesteront les perfectionnemens progressifs qu’il nous reste maintenant à décrire. Je crois néanmoins devoir rappeler encore que la plus grande légitimité du type des Céphalozoaires entraîne, pour conséquence immédiate , qu’à partir du point où nous sommes arrivés , les formations essentielles varient beaucoup moins dans le système nerveux, de sorte que le type connu d’après l’anatomie humaine constitue déjà une espèce de modèle ou de patron bien mieux arrêté que tout ce qu’On serait tenté de lui comparer dans les classes inférieures.
ï. Système nerveux des Poissons, i . Moelle épinière et cerveau.
Les deux portions de la grande masse nerveuse centrale déposée le long du dos conservent encore un rang presque égal dans la classe des Poissons. En effet , bien que la forme ganglionnaire du cerveau permette de dire qu’ill’ emporte de beaucoup sur la moelle épinière , à l’égard de la structure , cependant l’avantage , en ce qui concerne la masse, est près-
64 TRAITÉ d’aNATOMIB COMTARÉE.
que toujours du côté de cette dernière , à tel point que , dans les Poissons analogues aux Vers, les Cyclostomes , la moelle épinière , dont la conformation offre d’ailleurs des particularités sur lesquelles je reviendrai tout à l’heure , dépasse encore de soixante à cent fois le volume du cerveau. Mais cette prépondérance de la masse nerveuse centrale du tronc sur le cerveau chez les Poissons , tient à ce que la segmentation du tronc en général l’emporte encore de beaucoup sur celle de la tête , et à ce que la moelle épinière , sauf quelques exceptions peu nombreuses , occupe encore toute la colonne vertébrale , même les vertèbres caudales , disposition qui n’a plus lieu dans les animaux supérieurs, et qui, en raison du grand nombre des vertèbres chez les Poissons, exige quelle ait une longueur considérable
(pl. IX, fig. 1).
Arsaki (1) nous apprend néanmoins qu'elle est courte, en proportion du canal vertébral, dans le Tetrodon viola, où par conséquent ses paires nerveuses forment déjà une espèce de queuede cheval, comme chezl'homme (pl. ix, fig. viii); mais, en revanche, sa face supérieure est pourvue de plusieurs renflemens gangliformes , de sorte que , si elle le cède au cerveau, eu égard à la masse, elle s’en rapproche d’autant plus sous le rapport du développement.
Dans la Baudroie {Lophius piscatorius),\üm.oe\[e. épinière se rapetisse aussi beaucoup derrière la troisième vertèbre et cesse avant la huitième, au delà de laquelle on ne trouve plus qu’une queue de cheval formant deux faisceaux, dont chacun, composé de soixante-quatre filets , contient les racines supé rieures et inférieures des trente-deux paires de nerfs.
Du reste , la moelle épinière des Poissons se rapproche beaucoup , pour la forme générale, de ce quelle est chez l’homme. Déjà elle constitue ordinairement un long cordon
(l) De pîsclum cefebro et medulla spinali. Halle, i8i3, pag, 5.
système nerveux. 65'
cylindrique ; déjà on y aperçoit deux scissures , l’une supérieure assez profonde, et l’autre inférieure plus superficielle; presque toujours même elle est , comme dans le fœtus humain, creusée d’un canal intérieur proportionnellement trèslarge (pl. IX, fig. I). La forme qu’elle présente dans les Lamproies ( Petromyzon ma/rinus , -jluviatilis , hranchialis ) , et que j’ai découverte en 1816 , n’en est donc que plus remarquable. En effet , cette forme s’éloigne entièrement de celle que la moelle épinière revêt chez tous les autres animaux à vertèbres qu’on a observés jusqu’ici. La scissure inférieure s’ouvre à tel point , immédiatement derrière le cerveau , que la moelle prend l’aspect d’un ruban , et que le canal central s’efface tout-à-fait, à cause du peu d’épaisseur du tout ( pl. IX, fig. VI, VII) ; mais j’ai prouvé, contre Desmoulins , et démontré par des figures (1) , que , malgré l’imperfection de son développement, cette moelle épinière n’en fournit pas moins des nerfs comme toutes les autres.
La moelle épinière des Poissons se termine par un filet simple appartenant à ses commissures longitudinales inférieures ( car les fibres longitudinales supérieures cessent plus tôt ) , et cette terminaison a lieu généralement dans les dernières vertèbres caudales.
Les nerfs rachidiens naissent par des racines supérieures et inférieures , dont les dernières ont leur origine placée un peu plus en arrière que celle des premières. Les racines inférieures sont les seules qui offrent de petits ganglions , comme chez l’homme. Les filets supérieurs ne se réunissent aux inférieurs que hors du canal vertébral , qui , en général , dans les Poissons osseux , n’est que très-imparfaitement clos , à cause de la faiblesse des branches des apophyses épineuses.
Du reste , partout où des nerfs volumineux sortent de la moelle épinière , celle-ci office des renflemens bien pi’onon-
1827, pag. ioo5, tom, XI.
66 traité d’anatomie comparée.
cés. On peut s’en convaincre sur la moelle épinière , si singu. lièrement raccourcie, de la Mole ( Tetrodon Mola ), de même ' qu’à la partie supérieure de celle d’une espèce de poisson volant ( Tr igla ), dont les nageoires pectorales extrêmement développées reçoivent six paires de nerfs , à chacune desquelles correspond une paire de ganglions sur le côté supérieur de la moelle (pl. ix, fig. iv, )
Le cerveau des Poissons ne semble guère non plus être autre chose qu’une série de ganglions accouplés au côté supérieur des cordons de la moelle épinière. Il saute aux yeux que , par cette disposition des masses cérébrales les unes derrière les autres , et non les unes au dessous des autres , la forme du cerveau des Poissons diffère autant de celle de l’homme adulte qu’elle se rapproche de celle du très-jeune embryon humain. L'encéphale des Poissons ressemble également à celui du fœtus humain par un moindre développe’ ment de la substance fibreuse blanche. D'ailleurs , comme on l’a déjà vu plus haut , sa masse est fort peu considérable , par rapport tant à la moelle épinière qu'à l'ensemble du corps. Ainsi je trouve que , dans une Lote du poids de douze onces ( 5,760 grains), le cerveau pèse 8 grains, et la moelle épinière 12 , de sorte que le cerveau est au corps dans la proportion de 1 : 720. On a trouvé que le cerveau faisait un treize cent cinquième de la masse du corps dans le Brochet , un dix-huit cent trente-septième dans le Glanis , et un trente-sept mille quatre cent quarantième , dans le Thon.
Au reste , on doit remarquer que commimément le cerveau des Poissons ne remplit point, à beaucoup près, le crâne. Mais, tant sous le rapport de cette circonstance qu’à l’égard de la petitesse du cerveau en général , il ne faut pas perdre de vue que l’âge surtout de l’animal entraîne plusieurs modifications; car , chez les Poissons comme chez l’homme , le cerveau pa raît achever de très-bonne heure son accroissement , tandis que le squelette et toute la masse du corps continuent à aug-
menter de dimensions , ce qui nécessairement fait paraître l’encéphale d’autant plus petit , et le rend d’autant moins capable de remplir le crâne , que l’animal avance davantage en âge. Cependant il y a quelques genres, par exemple les Spareset les Scombres , d’après Arsaky , dans lesqùels le cerveau remplit le crâne presque tout-à-fait , ou même entièrement.
A l’égard de la conjuration du cerveau , qui présente un si grand nombre de variétés chez les Poissons , la méthode au moyen de laquelle on parvient le plus aisément à la connaître , consiste à étudier les modifications que chacune des masses cérébrales particulières présente dans les divers genres , en même temps que des figures ( pl. ix ) donnent quelques exemples des différentes formes envisagées dans leur totalité.
La masse cérébrale d’où sortent lès nerfe olfactifs , qui est l’analogue des grands hémisphères du. cerveau de l’homme , et que désormais je désignerai toujom’s sous le nom de 'première masse cérébrale , est trèsrsubordonnée aux autres , quant à la formation , et souvent aussi quant à la masse , dans les Apodes et Calapodes, ou dans ce qu’on appelle les Poissons osseux. Le genre Anguilla offre trois à quatre paires de ganglions ( pl. IX, fig. H , m , a* , a , a** ), qui diminuent de volume d’arrière en avant , et dont les deux postérieurs ^ les plus gros de tous , sont , ici comme partout , unis par une petite commissure ( comwissMra. ).
Les nerfs olfactifs sont ordinairement grêles , excepté dans r Anguille de mer ( Murœna conger ) , où chacun d’eux se partage en deux branches asses grosses. - • ’
Dans les autres PoissonSosseux, la premièremasse cérébrale est formée tantôt de deux paires de ganglions (par exemple dans le Brochet ) , et tantôt d’une seule ( par exemple dans la Carpe, fig. ix^ a). Les ganglions eux-mêmes consistent presque entièrement en substance grise , etn’ont aucune cavité dans leur intérieur.
68 TKA.TTÉ d’anatomie COMPAREE.
Dans les Plagiostomes , où la formation de l’organisme a fait de grands progrès sous tant de rapports , la première masse cérébrale nous offre aussi des changemens qui la rapprochent davantage du caractère de masse centrale suprême ou d’hémisphères cérébraux. C’est ce qui a lieu surtout dans les Raies et les Squales , où cette première masse cérébrale forme un seul gros ganglion , d’où naissent les nerfs olfactifs , qui sont d’ordinaire très-forts , et rarement (par exemple dans la Torpille ) extrêmement faibles. Un fait plus important encore néanmoins , que Meckel et Arsaky ont découvert dans quelques espèces de Squales ( Squalus catulus et car ch arias), c’est que ces animaux offrent déjà la cavité correspondante aux deux ventricules latéraux réunis du cerveau de l’homme , et prolongée dans les nerfs olfactifs , qui ne manque nulle part dans les classes suivantes. J’ai observé aussi cette cavité dans les Squalus galeus et musteîus ( pl. IX , fig. XII , a ).
LAmassecéréhrale moyenne, dontlesrenflemens supérieurs, qui deviennent les tubercules quadrijumeaux dans les classes suivantes , donnent naissance aux nerfs optiques , est celle dont le ganglion cérébral des Corpozoaires offrait déjà le rudiment , et qui , par cela même , doit nécessairement prédominer , sous le rapport du volume et du développement , dans la classe qui se rattache immédiatement à ces animaux. Chez les Cyclostomes , où la première masse cérébrale est fort peu considérable , et où la postérieure ne forme point de ganglions , la masse moyenne est presque la seule qui soit développée et au centre de laquelle on aperçoive une cavité. De même , chez les représentons proprement dits de la classe , les Poissons osseux , elle est signalée par un développement intérieur très-prononcé , ainsique par une plus grande abondance de substance fibreuse , et elle consiste , sur le côté tergal du cerveau , en une paire de ganglions, qui souvent se confondent presque en im seul renflement (fig. i,n, vni,l)).
SYSTÈME MERVKtIX.
A l’intérieur, celte masse renferme une cavité spacieuse], dans laquelle on trouve quelques autres ganglions ( fig. ix , b* ). Tout cet appareil doit être considéré comme correspondant , non aux hémisphères, [ainsi que l’a dit Cuvier dans son Anatomie comparée (1) , mais aux masses optiques, aux tubercules quadrijmneaux antérieurs de l’honune ; c’est çe que met hors de doute l’histoire de leur développenaent ultérieur (2).
En effet, la voûte de la cavité contenue dân&ceê.g|^lions, lamelle médullaire agréablement striée à l’intérieur , -^t qui offre une petite ouverture en devant (fig. ix, p) , donne naissance aux nerfs optiques, qui en proviennent, de chaqqe côté , par des racines larges et rubanées. A un petit .^fipmbre d’exceptions près, comme par exemple dans les Pl^onectes ( dont , les deux yeux étant situés du même côté^ le cerveau tourne sur son axe longitudinal , et se rejette un peu de l’autre côté , de sorte qu’ime des masses optiques et une des masses olfactives se trouvent un peu plus en bas et légèrement atrophiées, sans que d’ailleims la symétrie de la construction du cerveau en soit altérée ) j-et dans la Morue , le nerf optique droit se porte à l’œil gauche , et le gauche à l’œil droit , en passant au dessus du premier , sans cependant former un chiasma proprement dit , quoiqu’à leur origine ils soient certainement unis par une commissure ( fig. x , 2 * ). Les nerfs optiques ne
(i) C’est pour n’avoir pas fait attention au caractère essentiel et fondamental du cerveau , qui est de se partager en trois segmens , quoiqu’il eût été facile de le reconnaître d’après les trois vertèbres céphaliques , partout identiques , des Céphalozoaires , et aussi pour avoir négligé d’étndier cet organe et les autres d’après une méthode génétique, c’est-à-dire en remon¬
tant des derniers échelons aux degrés supérieurs , qu’on a reproduit der¬
nièrement encore cette opinion erronée de Cuvier, et qu’en donnant le
nom d’hémisphères postérieurs à la masse cérébrale moyenne , qui repré¬
sente réellement les’ masses optiques, on a porté la confusion dans cette partie de l’anatomie comparée.
(a) Voyez à ce sujet mon Versuch einer Dartellimg des Nervensystems Léipzkk, i8i4-
70 TRAITÉ d’anatomie COMPARÉE.
croisent point, d’stprès Desmoulins , dans les Plagiostomes et le Cyclopterus ïumpiis.
Da masse lîél’ébr'âle moyenne donne encore naissance aux ■filets ’aecèsSoirês d’n nfeif optique , c’est-à dire à la troisième ^Érè , jpro venant dès plus gros ganglions internes de la cavité de la tnàsse optique , à la quatrième paire, pée de la lame médullaire qui unit les iUasSes optiques avec la troisième masse cérébuale, et à la sixième paire, tirant son origine de la moelle allongéé , immédiatement au dessous de la quatrième, comme la troisième naît au dessous dé la seconde.
Le èoté inïérîem' dé la masse èérébrale moyenne offre encore qU^ques émineinceS de substance grise , que Cuvier et autrës ednsidèrent cOinrrte lés Uiasses dptiqncs 'proprement ^t‘é^ ,’ mtns qui ne coiTespondeUt qu’à Ih portion grise de ‘ce qu on a^^m l’ëntonn'oir 'é^ez ifiomme. H y a 'ordinairement trois dè'Cés'émTnchces cbez les Poissons'('fig. ifi , é)'- celle du milièii eà toujours creUsè , dt lés déux làtéiuléslesontla plupart du temps. A ceïlé dumifréu trerit également M , par lé moyen dè ren'tonnoir , la'giaridè pituit'airé ', qui e^ogèe daUs un 'enfoncement du çrkne , 'côniposb ide idegA s'ul/siances diCférèîitès , ■'et U^rè Un trèé-^i-ds Véliïme'. èompàra'tiVenient à cel'ùîdû'ecrVeau. Dans quelques Poissons, le' saumon, paî* exemple , derrière la glande pituitaire proprement dite, j’en ai ericdrc' fiUùvé' Uiî’e sCcoMe phls pëtiie et plus Vasculaire , qui né tenait au cerVeau que pal’ deS Vaî'àèaûx, à peu près comîne il arrive quelquefois à la glande pinëale chez les animaux, des classes supériem*es.
La conformation do la masse cérébrale moyenne qui vient d’être décrite se montre surtout bien prononcée dans les Poissons thoraciques et abdominaux: Dans le genre Anguilla, au contraire , les masses optiques sont plus petites et moins développées à l’intérieur, état de choses plus sensible encore dans les Raies et les Squales ( lig. xi , xii , b ) , dont le cerveau
SYSTÈME KEKVEÜX.
exprime davantage le caractère de la centralisation , par la prédominance de la première masse cérébrale. Chez ces animaux , en effet , non-seulement les ganglions intérieurs des masses optiques ont disparu , mais encore les masses optiques elles-mêmes sont tout aussi inférieures aux autres niasses cérébrales , qu’elles l’emportent sur elles dans d’autres Poissons, par exemple dans les Carpes.
A l’égard de la troisième masse cérébrale ,\&S, Cyclostomes ( fig. V ) n’offrent pas la moindre trace de renflement ganglionnaire qui y corresponde. Dans les autres ordres, il en existe un , qui est formé en grande partie de substance grise. Ce renflement, ou ganglion impair , est la partie la plus constante et la plus importante de cette portion du cerveau , et l’on doit en même temps lé considérer comme un rudiment du cervelet. Il est toujours situé immédiatement derrière les masses optiques ; il a d’ordinaire une forme ronde , et il renferme une cavité qui est le prolongement du ventricule cérébral commun produit par l’écartement des cordons supérieurs de la moelle épinière et l’élargissement du canal de celle-ci. Telle est la simplicité de sa coiifwmation dans l’Anguille, par exemple (fig. ii , c). Chez d’autres Poissons, ce ganglion porte des appendices latéraux, qui sont peu marqués dans le Brochet , et plus pi^ononcés dans l’Aiglefin. Parfois aussi on aperçoit au dessous un second ganglion impair ; c’est ce qui a lieu dans la Carpe (fig. ix, c , c) et le Misgurne ( Cohitis /bssiZts). Enfin on rencontre quelquefois en arrière deux autres ganglions encore, qui sont alors principalement destinés à l’origine du nerf vocal ou de la paire vague (plusexactementappeléicinerfbranchial) ; laCarpe(fig.ix,g), le Misgurne , le Hareng , etc. , en fournissent des exemples.
La troisième masse cérébrale offre une disposition fort remarquable dans les Plagiostomes ou Poissons cartilagineux supérieurs. Ici le ganglion qui représente le cervelet porte
TUAITÉ u’AriATOMili COAlPAlliE.
des traces sensibles de la structure qu’offre ce dernier chez l’homme. En effet , dans les Raies et les Squales , nous le trouvons sous la forme d’une lamelle médullaire simple , qui couvre le quatrième ventricule , et qui , dans plusieurs Squales ( par exemple le Squalus carcharias ) , non-seulement a une étendue considérable , mais encore décrit plusieurs plis transversaux ( fig. xi , xii , c ) , ce qui la rapproche de la forme que le cervelet affecte chez les Oiseaux. La moelle alongée se fend déjà en dessus comme chez l'homme, pour produire un quatrième ventricule ; en dessous elle est plate et d’une largeur considérable , qui va depuis les sept huitièmes jusqu’aux trois quarts de celle des hémisphères.
Le cerveau et la moelle épinière des Poissons sont immédiatement enveloppés d’une pic-mère très-mince , qui , chez ]dusiem’s de ces animaux , la Carpe , par exemple , forme , à l’ouverture antérieure des masses optiques (§ 93), une petite bourse (fig. ix, 7), qu’on doit considérer comme le seul analogue existant de la glande pinéale. La pie-mère des Poissons paraît ne point se prolonger en plexus choroïdes , à moins qu’on ne veuille prendre pour tels les vaisseaux en grand nombre qui existent dans les masses optiques de lu Ç^pe (fig. IX, b*). Quelques Poissons cartilagineux seuls offrent un organe que l’on pourrait regarder comme plexus choroïde du quatrième ventricule : je l’ai remarqué principalement dans les Lamproies (fig. v, e); il y a presque la forme d’un 8 (fig. 5) , couvre entièrement le quatrième ventricule, ainsi que la scissure de la moelle allongée , et offre à sa face inférieure un grand nombre de fibres transversales , avec une fibre longitudinale.
L’arachnoïde est ordinairement remplacée par une quantité considérable d’un tissu cellulaire écumeux, analogue à de la gelée et à de la graisse , qui a en môme temps pour destination de remplir la portion du crâne non occupée par le cerveau.
SYSTÈME MERYEEX. ^3
Enfin la dure-mère tapisse déjà rintérieiir du crâne, ainsi que le canal vertébral.