IV. Système nerveux des Mammifères
i . Moelle épimère et cerveau.
La moelle épimère des Mammifères n’est comparable à leur cerveau , ni par son volume , comme chez les Poissons et les Reptiles , ni par un plus grand développement de quelques unes de ses parties , comme dans les Oiseaux , et nous la voyons peu à peu se subordonner de la manière la plus complète à ce viscère. Du reste , le cerveau lui-même, non seulement a fait de grands progrès sous le rapport de son développement intérieur , mais encore s’est considérablement accru, en proportion de la masse du corps, quoique , sous ce dernier point de vue , la classe précédente se rapproche déjà quelquefois de celle dont nous allons nous occuper.
Un Chat , qui n’était pas encore tout-à-fait formé , pesait 969 scrupules ; le poids du cerveau et de la moelle épinière pris ensemble était de 31 scrupules , celui du cerveau de 25, celui de la moelle épinière de 6 seulement. Le corps d’un Rat pesait, sans la peau, 3,060 grains; le poids du cerveau et de la moelle épinière était de 54, celui du cerveau de 37, et celui de la moelle de 17.
La moelle épinière, considérée d’une manière générale; ressemble encore bien plus que dans les classes précédentes à celle de l’homme, sous le rapport de sa forme, de sa situation et de ses enveloppes. Cependant il ne manque pas non plus de différences considérables entre elle et celte dernière. L’une des plus essentielles consiste en un canal intérieur , que j’ai retrouvé chez des Mammifères très-différens , et qui appartient vraisemblablement à la classe entière ( pl. XIX , fig. 4 , i ). En outre , la moelle épinière continue toujours à descendre bien plus bas que chez l’homme dans le canal vertébral { fig. i ) , et quoique déjà elle forme partout une queue de cheval , parce que les origines des
SYSTÈME KERVEtlX. ^3
nerfs inférieurs sont placées bien au dessus des trous intervertébraux , cependant elle occupe aussi le sacrum (1) , et même elle fournit encore des nerfs qui sortent par les trous du coccyx , quoique elle-même ne pénètre plus nulle part dans les vertèbres caudales , si ce n’est chez les fœtus et peut-être chez les Mammifères pisciformes (2). Enfin elle présente aussi trois renflemens, l’un supérieur, à la moelle allongée, l’autre moyen , pour les nerfs des membres antérieurs, et le dernier ou inférieur, pour ceux des membrespelviens; cependantceluicia ordinairement un volume proportionnel plus considérable que chez l’homme. Un fait remarquable , quoiqu’on n’y ait porté jusqu’ici aucune attention, c’est que, chez certains Mammifères à cou court, par exemple chez les Rats et les Souris, les renflemens supérieur et moyen se confondent tellement ensemble, que la portion de la moelle épinière renfermée dans les vertèbres cervicales en devient près d'une fois aussi grosse que le reste du cordon ( pl. xix, fig. iv ).
Au reste , la scissure postérieure est moins prononcée dans cette classe , et surtout chez l’homme lui-même , que dans les classes précédentes , quoiqu’elle manque si peu cependant, que loin de là elle est parfois encore très-profonde, ainsi qu’on le remarque entre autres chez les Rongeurs et les Chéiroptères.
La disposition du cerveau a reçu, dans cette classe, desperfectionnemens fort essentiels. Les uns s’expriment par le changement que subit peu à peu sa direction , eu égard à la moelle épinière , car il commence à s’infléchir en avant , à peu près comme une crosse d’évêque , et il s’éloigne de plus
(1) Cependant Meckel ( Archiv fuer Physiologie ,Xova.l, cah. III , pag, 344-)^ trouvé que, chez le Hérisson et la Chanve-souris , la moelle épinière ae terminait très-haut, même déjà dans les vertèbres thoraciques.
(2) L'extrémité de la moelle épinière était encore logée dans les vertèbres caudales chez un fœtus à mi-terme de veau.
ïRAlTé D’ATïATÔMlE comparée.
en plus de la direction horizontale , que les parties centrales du système nerveux n’affectaient déjà plus chez les Oiseaux. Mais les principaux consistent dans rapparition d’ufte nouvelle et forte corntnissure , qui réunit les hémisphères , lesquels sont plus abondamment pourvus éüxmémes de substance fibreuse , et dans le développement plus prononcé du cervelet, tandis que les masses optiques vont toujours en diminuant et se partagent en deux paires dé ganglions , après quoi leur masse entière reçoit le nom de tubercules quadrijumeaux. En général , la forme du cerveau, telle qu’on l’observe dans les Rongeurs, est celle qui marque le mieux la transition de la classe des Mammifères aux classes précédentes. Cependant la proportion du cerveau à la masse du corps continue encore à offrir de nombreuses différences , car bien que, chez la plupart des Mammifères , elle se rapproche peu à peu de celle qui a lieu chez l’homme ( 1 ; 20 à 30 ), il en est plusieurs aussi chez lesquels elle s’éloigne un peu de ce qu’on observe dans les classes qui précèdent. J’ai trouvé que lè cerveau formait 1/82 de la masse du corps dans le Rat, et 1/38 dans un Chat non encore parfaitement adulte ; d’autres indiquent la proportion de 1 : 500 dans l’Éléphant, 1 : 151 dans la Brebis, 1 ; 48 dans le Gibbon, et 1 : 25 dans le Simia capucina. Considéré d’une manière absolue, le plus gros cerveau paraît être celui de l’Éléphant, qui, d’après Perrault, a huit pouces de long, sur six de large, . et un poids de neuf livres, qu’ Allen Moulins porte même à dix , car le cerveau d’une Baleine , longue de 75 pieds, qui à la vérité était demeuré plongé dans l’alcool, ne pésait que cinq livres cinq oUces et un gros ; quoiqu’il eût huit pouces sept lignes et demie de long , sur six pouces et cinq lignes de large. Du reste , chez les Mammifères aussi, le cerveau est presque de tous les organes celui qui achève le plus tôt son développement , et plus le reste du corps continue à croître, c’est-à-dire plus sa masse augmeftte après cette époque, plus
SYSTÈME WEEVEUX. g5
aüssî la proportion entr& lui et le cerveau doit devenir défa? vorable à ce dernier (1).
Les enveloppes du cerveau se cdihpôrtent comme ehéz l’homme : seulement lés prolohgemens de la duré-nière qui font saillie dans l’intérieur dii crâne sont plus petits , et en pàrticulier on ne voit ordinairement aucune trace de la faux du cervelet.
Quant aux vaisseaux de l’ organe , les artères en général commencent déjà, comme chez l’homme, à former sur la base du crâne un cercle oblongqui entoure la glandé pituitaire, tandis que les veines se rassemblent davantage à la face sujiérieure. Mais ce qu’il y a de particulier. C’est que, chez les Ruminans et les Pachydermes, lès carotides cérébrales naissent d’un plexus artériel très-compliqué et partagé en deux masses , qu’on désigne sous le nom de réseau admirable. Ce réseau n’existe pas chez les Carnassiers , d’après Rapp (2) , qui ne veut point y rapporter celui du Chat, quoique Barkow en ait donné depuis une fort belle figure , dans laquelle on voit comment les carotides cérébrales en proviennent (3).
Dans la Marmotte, le cerveau ne reçoit, suivant Mangili (4), qu’une très-petite quantité de sang , qui lui arrive seulement par les artèrés vertébrales.
Quoique les sinus veineuxsoient, engénéral, disposés comme chez l’homme , cependant il leur arrive quelquefois d’être enveloppés , non pas seulement par la dure-mère , mais par
(t) On trouve dans F. Tiedemahn , Icônes cerebri simîartim et quorumdam animalium rariorum (Heidelberg, 1821 , in-folio ), de belles planches du cerveau de divers Mammifères , avec des tables importantes sur les proportions respectives de ses parties constituantes.
(2)Meckei.’s Archiv fiier Physiologie , 1827, cah, I.
(V) Disquisitiones circa originem et decursum arteriarum mammalium , Leipzick 1827, in-4°, tab. III , fig. ir. On trouve , aux deux endroits , de fort belles figures des artères de la base du crâne.
(4). Annales du Muséum d’hist. nat. , vol. X , pag, 4,62.
96 TRAITÉ d’anatomie comparée.
des os. C’est ce qui me paraît du moins avoir lieu dans la faux osseuse du cerveau, chez le Dauphin ( pl. xvii, fig. vu, e ), et il en est de même d’un vaisseau veineux du crâne de la Taupe, à la région delà lame cribleuse. La tente osseuse du cervelet des Chats ne contient point de sinus.
A l’égard des masses cérébrales en particulier , ce qui caractérise principalement la première , c’est , comme je l’ai déjà dit , l’apparition du corps calleux et de la voûte à trois piliers , qui , indépendamment de la commissure antérieure , déjà existante chez les Poissons , unissent ensemble les deux hémisphères, outre que les deux lames de la cloison transparente permettent encore de reconnaître les deux cloisons rayonnées des grands ventricules latéraux des Oiseaux ( § 113). Laforme extérieure des hémisphères, dans lesRongeurs(pI.xix, fig . I V , a ) , de même que dans les Monotrèmes et dans les Marsupiaux, les Musaraignes, les Taupes et les Chéiroptères, est celle d’un ovale rétréci en devant, et leur surface est parfaitement |isse, comme chez les Oiseaux. En arrière, ils ne couvrent ni le cervelet , ni souvent même les tubercules quadrijumeaux ( fig. rv). En dedans, le corps calleux est ordinairement très-court encore , car sa longueur égale à peine celle des tubercules quadrijumeaux dans les Chauve-souris et le Kanguroo , disposition qui rappelle celle qu’on observe chez les Oiseaux. Le genou et les prolongemens du corps calleux dans les ventricules latéraux, (cornes d’Ammon ) sont remarquables parleur longueur et leur grosseur ( fig. v, e, g ). Les piliers antérieurs de la voûte sont très-courts , car ils se perdent immédia;tement derrière le genou du corps calleux, elles ventriculeslatéraux se prolongent par devant en un canal qui pénètre jusque dans le tubercule olfactif (fig. v. 1* ),ce qui est bien manifestement une répétition de la manière dont ces parties se comportent chez certains Poissons ( § 92 ). Engénéral , les hémisphères présentent, chez les Mammifères, une conformation qui coïncide remarquablement avec celle des masses optiques dans
SYSTÈME NERTEUX.
beaucoup de Poissons osseux ( § 93 ) , ce qui fait aussi qu'on a souvent , mais à tort , considéré ces derniers organes cérébraux des Poissons comme les représentons des hémisphères.
Les hémisphères prennent une forme plus ovale dans les Carnassiers,les Pachydermes, les Ruminans elles Solipèdes. Lalamelle médullaire, recouverte de substance corticale, qui forme le toit des grands ventricules latéraux, acquiert aussi de plus en plus d’ampleur , et elle devient par là obligée de se plisser , ce qui donne naissance aux circonvolutions de la surface des hémisphères ( pl, xix, fig. i, iii, vi). En même temps , chaque hémisphère cérébral se divise de plus enplusen deux lobes, qui correspondent aux lobes antérieur et moyen du cerveau de l’homme. Dès lors aussi les tubercules quadrijumeaux sont parfaitement couverts par les hémisphères. Mais le cervelet ne commence à l’être que dans le Dauphin, dont le cerveau est remarquable en ce que c’est celui de tous qui a le plus de largeur et le moins de longueur , et dans les Quadrumanes, chez lesquels, aux deuxlobes dont il vient d’être question, s’en joint encore un troisième, le postérieur. En même temps que ces perfectionnemens6nt lieu,le corps calleux devient plus long , proportionnellement aux hémisphères, elle nombre des circonvolutions augmente à la surface de ces derniers , quoique, sous ces deux rapports , le cerveau des Mammifères n’arrive jamais à égaler complètement celui de l’homme. Les grands ventricules latéraux changent aussi de forme, et ils ont d’autant plus de capacité proportionnellé , que la substance des hémisphères s’est moins développée. En général, ils ne se terminent que par une corne antérieure et une corne descendante ; on ne trouve des vestiges d’une corne postérieure que dans les Singes ( pl. xix, fig. ii ) , les Phoques et les Dauphins , et ce défaut, joint au peu de développement qu’acquièrent toujours les lobes postérieurs des I* 7
gS TRAIT3É p’ANjiTpMIE ÇOMPARÉE.
hémisphères , aanonçe que partout nous sommes çnçore à unç grande distance du cerveau de rhpmroe (1).
Les ganglions supérieurs des hémisphères ( corps striés ) se font encore remarquer, chez les Rongeurs et les Édentés, par une disposition qui indique dp l’analogie avec les Oiseaux , c’est-à-dire par un volume considérable en proportion de celui du eerivcau , et c’est dans la classe des Mammifères seulement qu’ils cojmmencent à offrir intérieurement les stries cal^âçtéristiqués dues aux progrès du rayonnement des fibres yer,s la snb^anee corticale dé la périphérie.
j&nfijU y c’est aussi dans cette classe qu’on voit apparaître pour la pçemièreiois l’un des caractères des hémisphères , qui çonsiste en ce que les nerfs ojfactifs ne tiennent plus que comme des mmnelons creux {processus mamülares ) à l’extrémité antérieure dè ceux-d { fig. iv , yi , 1 ), , et , reposant sur làJame cribleuse, fournissent les filets nerveux à la membrane pituitairé. 4 â déjà été dit^ue la cavité de ces mamelons communique aveclesgrandsYentricules latéraux; j’ajouterai que les deux sont unis ensemble par un faisceau fibreux, courbé en arc et dirige en avant de la commissure antérieure, ■et que iaifaee inférieure des hémisphères offre également ici 1 presque comme dans les Oiseaux , § 413) une commissure médullaire entre le lobe moyen du cerveau et le mamelon alfactifl fig. Yi ,d** ). Les ^ngés sont les seuls chez lesquels
;(i);Froriep croyait avoir tronvé , dans te cervean dn Kangnrôo, des caryités.particalièresAa dessus des- ventricnlestatéran-x ; mais, ayant euoccajsioii , d’examiner Ja préparatidri dans son cabinet, j’acqnis, ainsi' que lui, la cpnyiction qa’il.s’ptait trompé. yoUimann vient de reproduire celte vieille extenr '{ Jnatomîfl aaimalium tahulis illustrata^ vol. I, lib, 2, pag. 43).: il décrit et figure, dans le cerveau de la Taupe, de chaqnecôté et an dessus des corps striés, un ventricule accessoire, qui, évidemment, a été produit par l’immersion dans l’alcool , dont l’action, en resserrant les fibres, a détaché la substance corticale de la médullaire, dans l’endroit où les fibres sortent en'rayonnant du corps strié. Je ne l’ai iamaîs trouvé dans tes cerveau? frais, mais je l’ai toujours rencontré dans le^ cerveau* endurcis.
. SYSTÈME NERVEUX.' gg
on rençontre , coîiime chez l’homme , des cordons libres de nerfs olfactifs ( fig. iii , 1 ) ; mais les nerfs olfactifs manquent entièrement dans les Cétacés , oç bien dsy sont seulement remplacés par des jfilets nerveux trèsrdéliéS. , comme dans le Dppiiin (1).
La masse cérébrale moyenne, presque uniquement formée des masses optiquesproprement dîtes, chez les Poissons, h’ est' plus comlituée ici qu’en assez faible partie par ces ganglions , qui y représentent la paire antérieure des tubercules quadrlf pumeaux ; mais , en revanche , les ganglions inférieurs des hé- , m^phères, ouïes couches optiques (fig. v,i, k), ont im volume considérable, et finissent par devenir, chezrhomme, plusgros. que chez tous les animaux, proportionnellement à là , moelle épinière. Les masses optiques propremèntdites se sont déve^ loppées en deux paires de gangliojïs, les tubercules, quadrijumeaux , dont la paire antérieine contient encore les racines essentielles des nerfs optiques , tandis que la postérieure est( autant surpassée en masse par la précédente , dans les herhtYpres ( çomp. pi. xk, figy y, betc.) , les Taupes, les Musaraignes et les Chéiroptères^ qu elle-même la surpasse dans les. Carnivores. Les cavités des masses optiques ont disparu aussi dans les ilammif ères, et il n’eu reste plus qu’une petite fpssette des deux côtés de l’aquéduc.. Au dessous des tuber- cules quadrijumeaux , il se développe encore de cliaque côté im renflement particulier j le corps genouillé externe. Du reste, c’est une répétition remarquable de formations antérieures, que , dans les Souris , les Rats (pl. xix, fig. iv, b, b*) ,
(t) Bulletin des sciences de la Société philomatique , décembre iSiS.Ces mdimens des nerfs olfactifs , découyerts d’abord par Jacobson etBlaînvilIe , ont été ensuite trouvés aussi et figurés par Treviranus {Biologie , toin.'V ^ pl. iv). Rndolphi, au contraire ( Grupdriss der Physiologie , tom. II, pag. io5) , et Otto, ne les ont observés ni dans le Dauphin , ni dans la Baleine . ni dans le Narwal, ce qui fait qu’ils en nient l’ existence, que Tiedemann n’admet pas non plus {Zeitschrift fuer Physiologie ^ toni.II, pag. 261).
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traité d’anatomib comparée.
les Musaraignes et les Chauve-souris, la masse des tubercules quadrijumeaux soit encore située si haut , à la surface du cerveau ,étpar conséquent plus derrière que sous les hémisphères. La face inférieure de la masse cérébrale moyenne ne présente, à l’entonnoir, qu’une élévation simple et grise, dans les Souris et les Chauve-souris, tandis que , dans les genres supérieurs , on distingue très-bien les éminences mamillaires C fig. vi , k ) , qui sont cependant encore partout fondues en une seule masse. La glande pituitaire se comporte également déjà comme dans le cerveau humain , et elle est , proportion gardée , plus voltunineuse encore. Dans les Rongeurs (fig. V ) , la Taupe, et même le Hérisson, la glande pinéale tient solidement aux vaisseaux veineux, et cependant deux petits cordons médullaires l’unissent toujours avec les ganglions des hémisphères. On n’y trouve de sable que dans quélques Ruminans , d’après Sœmmering ; mais ni moi , ni Tiedemann , n’ en avons rencontré la moindre trace , soit chez les Singes, soit chez aucun autre Mammifère.
- De toutes les parties de la troisième masse cérébrale, c’est principalement le cervelet qui diffère de celui des classes précédentes , parce que , outre les petits appendices latéraux dont j’ai parlé plus haut (§ 117), et qui sont encore reçus ici dans un enfoncement particulier du rocher ( fig. v , n ) , il se partage en plusieurs segmens, savoir, une portion moyenne et deux lobes latéraux. Cependant cette séparation est bien moins sensible encore dans les Rongeurs , la Souris principalement, que dans les genres supérieurs ( comp. fig. iv et v). De ces trois parties , celle du milieu , ou l’éminence vermifôrme , qui est si petite chez l’homme , est ordinairement fort grosse dans les Mammifères; il n’y a que le Singe, mais surtout le Dauphin, selon Cuvier, qui se rapprochent de l’homme à cet égard. Le nombre des feuillets ou plis transversaux du cervelet est beaucoup plus considérable , à la vérité , que dans les classes précédentes, mais il est toujow»l?ien moindre
ÏOI
SYSTÈME NEUVEUX.'
que chez l’homme. Quant aux feuillets eux-mêmes , ils sont plus épais proportionnellement et plus contournés ; le ver luimême tout entier a même quelquefois la forme d’une (5. Au reste , la masse du cervelet , comparée à celle du reste de la masse cérébrale , est plus grande que chez l’homme, où les hémisphères se sont développés à tel point que le cervelet n’est plus qu’un neuvième du cerveau proprement dit , tandis qu’il en égale la moitié dans la Souris , le tiers dans le Castor, le cinquième dans la Brebis et le septième dans le Cheval. La longueur de la partie moyenne du cervelet est à celle des hémisphères, selon Tiedemann , = 400 : 187 dans le Cochon d’Inde, = 400 : 249 dans le Lion, = 400 : 274 dans le Simia cœpMcma, tandis que la proportion est de 400 : 406 chez l’homme. Je dirai encore qu’à la surface du cervelet de plusieurs Rongeurs , des Chauve-souris et de la Taupe, les grands lobes latéraux sont quelquefois unis avec l’éminence vermi-i forme par de petites lames de substance médullaire ( fig. v, o ).
J’ai déjà fait remarquer précédemment que , chez plusieurs Mammifères , le cervelet est séparé des hémisphères par une tente osseuse.
Les acquisitions que le cervelet a faites dans cette classe , sous le rapport du volume et du développement , se rattachent d’une manière intime à l’apparition simultanée du pont de Varole , dont aucun vestige n’existait encore dans les classes précédentes , et qui doit être considéré comme une commissure inférieure du cervelet. Cette partie , qui est si forte chez l’homme, est très-mince dans les Mammifères en général , principalement chez les Carnassiers et les Rongeurs. Suivant Tiedemann , sa largeur est à celle de la moelle allongée = 403 : 400 dans le Cochon d’Inde, = 400 : 400 dàns le Lion , = 443 ; 400 dans le Phoque, =440 ; 400 dans le «Simiœ capucina, tandis que la proportion est de 205 ; 400 chez l’homme. Du reste , le pont de Varole se partage ordinairement en deux faisceaux , l’un postérieur et l’autre antérieur
ÏO® TRAITÉ D’AjNÀTOMIE COMPARÉE.'
( fig. VI, é , f ). L’anterieur porte bien clairement , dans ^ les Souris et les Chauve-souris , le caractère d’une commissitfe inférieure des tubercules qUadri-jumeaux postérieurs , et lé postérieur est souvent si plat encore, que les pyramides, qui sont toujours très-prononcées chez les Mammifères , pâsseüt ordinairement sur lui. On doit encore mentionner la largeur de là moelle allongée, qui continue toujours à être très-côfi' sidéràble , et qui ne diminue peu à peu que dans les genfès supérieurs, le Daüpbih principalement. Enfin le quatrièmé ventricùlè , qui du reste est conformé de la même manière que dans l’hoin'mé , n’offre point encore les bandélêttés médullaires qui unissent les ganglions des nerfs acoustiques chez ce dérnier , ét lés corps olivaires manquent totalemeàt chez la plupart des Mammifères (1), ou du moins n’offrent pas lès arborisations de substance grise et blanche qu’on y aperçoit dans rhbmine (2).