‹ Traité élémentaire d'anatomie comparée, suivi de recherches d'anatomie philosophique ou transcendante sur les parties primaires du système nerveux et du squelette intérieur et extérieurChapitre 34 sur 95 · HISTOIRE DU DÉVELOPPEMENT DU SQUELETTE DANS LA SÉRIE DES ANIMAUX · texte numérisé non relu

HISTOIRE DU DÉVELOPPEMENT DU SQUELETTE DANS LA SÉRIE DES ANIMAUX

A l’étude du système nerveux je fais succéder celle du squelette , parce que ce sont ces deux systèmes qui établissént , bien que d’une manière tout-à-fait différente , l’individualité, ou ce qui fait que l’animal s’oflre à nous sous les traits d’un organisme à part et distinct. Le premier nous apparaît comme ün retrait à l’intérieur de ce qui est essentiellement animal , étie second comme un rejet à l’extérieur de ce qui est essentiellement terrestre. Sans l’un et l’autre , un animal est extrêmement imparfait. Plus l’individualité est prononcée , plus aussi le système nerveux et le squelette doivent se développer ; car ces deux conditions se rattachent l’une à l’autre d’une manière toujours évidente , quoique susceptible de varier beaucoup. En sa qualité d’appareil essentiellement terrestre , le squelette , dans son développement , offre un caractère cristallin analogue à celui que présentent les parties de l’organisme terrestre , et , pour correspondre à la Terre , il part du type d’une sphère creuse ; aussi est-il, de toutes les formations animales , celle qui se prête le plus à une construction mathématique , ce qui doime à son étude un intérêt particulier pour l’anatomie philosophique (1).

(i) Voyez sur ce snjet, à la fin de cet ouvrage, mes Recherches sur les parties primaires du squelette osseux et testacé.

Iô8 TUAITÉ d’àNATOMIE COMPARÉE.

Les formes essentielles de développement du squelette sont les suivantes :

1“ Il limite extérieurement l’organisme par rapport au monde extérieur , et devient squelette cutané ou dermatosquelette ;

2° Il limite intérieurement l’organisme par rapport aux choses du dehors qui y pénètrent , et devient squelette viscéral ou splanchnosquelette ;

3® Dès que la masse , à proprement parler , animale , la moelle nerveuse, s’est parfaitement développée , il la limite par rapport aux autres formations animales, et devient squelette nerval ou névrosquelette.

La substance du squelette se développe aussi en rapport avec ces trois destinations différentes. Originairement, le squelette est de Y albumine condensée. Cette albumine , desséchée à l’air ou coagulée dans l’eau, à la surface du corps, et sous la forme de squelette cutané , devient de la corne; ou bien , ne faisant que se pétrifier dans l’eau , elle devient une coquille calcaire. La même albumine se condensant toujours de plus en plus à l’intérieur , comme squelette viscéral , devient cartilage. Enfin, se déposant autour du système nerveux , comme névrosquelette , et se pénétrant de la nature phosphorique de la moelle nerveuse , elle devient phosphate calcaire ou os. Les détails dans lesquels je vais entrer indiqueront comment ces trois degrés passent de l’un à l’autre paur des transitions diverses.

Il est dans la nature des choses que les Oozoaires et les Corpozoaires, dont le système nerveux n’a point encore acquis de véritable centricité, ne puissent offrir non plus que des rudimens de squelette nerval , tandis que le squelette cutané et le squelette viscéral atteignent souvent chez eux à un très-haut degré de développement. Il l’est aussi que ces deux derniers

squelettes tendent à s’effacer dans les Céphalozoaires , où le squelette nerval a pris toute l’extension possible, et que ce soit seulement pendant la première période du développement de ces animaux qu’il recommence à se manifester comme enveloppe de l’œuf , c’est-à-dire comme moyen extérieur de délimitation.

D’après ces considérations , il est facile de juger du degré de précision avec lequel le développement du squelette permet d’apprécier celui de l’animal en général , puisque lui seul détermine les formes de ce dernier , dont il porte et protège les organes végétatifs et sensoriels , et avec les organes locomoteurs duquel il a des connexions si intimes , qu’on peut même le considérer comme organe passif de la locomotion , si les muscles doivent être regardés comme organe actif de cette dernière.

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