‹ Traité élémentaire d'anatomie comparée, suivi de recherches d'anatomie philosophique ou transcendante sur les parties primaires du système nerveux et du squelette intérieur et extérieurChapitre 45 sur 95 · B.eptiles puîmonés · texte numérisé non relu

B.eptiles puîmonés

. A^.Batiiaciens. (f) .

Ea structuré du squelette des Batraciens â l’état de têtard ressemble presque en tous points à ce qu’elle est chez les Eeptiles branchiés , et même , dans l’état parfait , le névro-

(i) A. Dûgès, Recherches sur l’ostéologie et la myologie des BcàficienS à leurs différens âges. Paris , i834 > iD'4 > avec 20 planches.

l8o ÏRA.ITÉ d’anatomie COMPARÉE.

squelette de ces animaux ne diffère essentiellement de celui de ces derniers que chez les espèces anoures ( Grenouilles et Crapauds).

Névrosquelette. — Squelette du tronc. Le rachis des Batra- ^ien8 anoures est remarquable en ce que ces Reptiles , lorsqu’ils ont atteint leur état parfait , sont de tous les Céphalozoaires ceux chez lesquels il offre le moins de vertèbres libres ; dont le nombre n’est qu’égal précisément à celui des vertèbres et des intervertèbres céphaliques, c’est-à-dire de neirf, savoir: dans la Grenouille (pl. xi,fig.ii) et le Crapaud, huit vertèbres dorsales libres (sept seulement dans le Pipa), une vertèbre sacrée et un long corps vertébral unique , qui résulte .de . la soudure et de l’oblitération de la colonne vertébrale caudale existante chez le têtard.

Les Batraciens urodèles ont quinze à dix-sept vertèbres au tronc , et vingt-sept à trente vertèbres caudales.

Les vertèbres sont plus plates , les apophyses transverses fortement prononcées, et les apophyses épineuses très-peu développées. On aperçoit encore , dans les Salamandres , des traces de la forme diconique des corps des vertèbres.

Les côtes manquent , comme chez les Reptiles branchiés, à cela près de petits appendices qu’on trouve , dans le Pipa, à la seconde et à la troisième vertèbre du dos , dans la Salamandre terrestre , à douze ou quatorze vertèbres dorsales. Cette dernière offre aussi, sous les vertèbres de sa queue, des apophyses épineuses produites par de pareils rudimens de côtes , et embrassant le prolongement de l’aorte.

Les protovertèbres développées en ceintures de membres, chez ces Reptiles, se manifestent toujours sous la forme d’os de l’épaule et d’os du bassin , et , à plusieurs égards , elles ont de l’importance pour l’interprétation des formations squelettiques.

Dans les Grenouilles et les Crapauds , la ceinture scapulaire se soude avec les corps vertébraux d’un sternum sca-

SQUELETTE. l8l

pulaire ( pl. xi , fig. ii , o , p ) , dont l’appendice en forme de plaque ( q ) devient très-large dans le Pipa et prépare en quelque sorte par là le plastron des Tortues. La ceinture elle-même se partage , dans sa moitié sternale ( r ) , en un col d’omoplate simple et en doubles clavicules ( clavicule et apophyse coracoïde). De sa moitié supérieure (s) , il n’y a, comme à l’ordinaire, que la large plaque de l’omoplate qui se développe. Dans les Salamandres , ces pièces sternales de la ceinture scapulaire ne forment, de chaque côté , qu’une large plaque cartilagineuse, qui ne lient qu’aux chairs, et entre laquelle et celle du côté opposé se trouve un petit rudiment de sternum.

La ceinture pelvienne des Salamandres consiste , de chaque côté , en une courte pièce tergale ayant la forme d’une côte et tenant au sacrum, une pièce sternale qui se partage elle-même en un os ilion et une plaque produite par la soudure de l’ischion et du pubis , enfin , un rudiment médian et figuré comme un y d’im sternum pelvien. Chez les Batraciens anoures, elle ne consiste, de chaque côté, qu’en un trèslong os ilion et une courte pièce , représentant les os ischion et pubis ( fig. Il, t) , qui se réunit immédiatement à celle du côté upposé, pour produire la symphyse pubienne.

Les os des membres ( comp. fig. II ) sont déjà disposés , quant aux points essentiels, comme chez l’homme;, mais ce qui les rend remarquables, c’est l’évidence avec laquelle chacun de leurs os offre la forme diconique , qui, du reste , leur appartient toujours , à proprement parler , par cela seul qu’ils sont une répétition des corps des vertèbres.

Un membre pectoral se compose de ï humérus , du radius et du cubitus, dont les deux derniers ont cependant coutume d’être solidement soudés ensemble, dans Télat de pronation. Tiennent ensuite trois rangées de petits os copions, puis quatre os métacarpiens, auxquels les: phalanges s’adaptent de telle sorfe que le pouce, el le second

i8a traité d’anatomie comparée.

doigt obtiennent deux phalanges , tandis que chacun des tcoisautres doigts en a trois. Dans le Pipa, on trouve, à l’articulation du coude , un os en poulie , une espèce de rotule, qui est en quelque sorte un olécrane libre et mobile.

L’extrémité postérieure , qui est considérablement allongée dans les Batraciens anoures , consiste, chez eux, en un fémur , un os de la, jambe simple , sans nulle trace encore de rotule à l’articulation , et des os du tarse , dont les deux premiers , c’est-à-dire V astragale et le calcanéum , sont trèsallongés et placés l’un à côté de l’autre, comme le tibia et le péroné de l’homme. Après ces longs os tarsiens, qui cependant se raccourcissent beaucoup dans les Salamandres , dont les os de la jambe ont en revanche le double de longueur, on trouve une rangée , ou, dans les Salamandres, deux rangées d’osselets plus petits , auxquels succèdent les cinq os métatarsiens.

Le nombre des phalanges varie aux orteils. Ordinairement les orteils vont en augmentant de dedans en dehors , sous le rapport de la longueur et sous celui du nombre des phalanges, de sorte qu’il n’y a que le plus externe de tous qui recommence à se raccourcir un peu , et l’on peut admettre , non sans raison , qu’en cela, comme en ce qui concerne le nombre considérable des phalanges elles-mêmes , il y a une analogie notable avec la forme des nageoires de Poissons , dont les rayons , surtout dans celles si grandes do la Raie , vont également en diminuant peu à peu, et sous le point de vue de la longueur et sous celui des articles. Dans la Grenouille , Torteil interne , qui est le plus petit , a deux phalanges ; le second , qui est plus grand, en a également deux ; le troisième , qui est plus long encore , en a trois ; le quatrième, qui est le plus long de tous, en a quatre; et le cinquième, qui est un peu plus court que le précédent, en a trois: Dans la Salamandre, on compte une phalange à l’orteil intérpe v deux au suivant ,. trois à chacun des deux qui viennent aprèë ,: et une seule au plus externe. Dans le Pipa

SQUEtETTE. lB3

l’apophyse postérieure du calcanéum forme un os partienlier , de même que l’ olécrane.

^ ' ^ -'• - Squelette' de iè téiel La: largeur des Vertèbfêè crâm&nhéà contmue encoFeà nesnrpasser celle dés vertèbresrachidiennèsque d’une manière à peine sensible j de sorte, par conséquent, que la cavité crânienne , qui se trouve encore dans le même plan que le rachis , et qui enveloppe exactement le crâné , nous apparaît comme une portion d’^égalè longueur dù canal vertébral.

; Bans la Grenouille , dont nous allons décrire le crâne , comme exenipte de ce qu’il est dans cét ordre, erêniennë postérieure ^ OU la vertèbre aecipttdïe , éSf encoré, de même que chez les Poissons, formée de quatre pièces ,! pourvue de condyles doubles ( fig. » , in, iv — i , a, e et destinée à constituer la face postérieure du crâne, qûî est coupée droit et à pic. -

La vertebre crânienne médiane est formée jXir la partie postérieure du sphénoïde et en haut- par les pariétaux (if, a , e ). Elle est un peu plus iongüe que la première. Entre eBe. et l’os occipital , sont enclavés , de chaque côté, les temporaux contenant l’organe auditif. -

La troisième vertebre crânienne enfin est fermée , ' ènf’bàS parla porticaï anterieure du sphénoïde j et en haut par fes longs et étroits os frontaux ( iii , a, e ). Ceux-él offirent’, ehez les jeunes individus, une sorte de petite fôiïüanelîe , ^ le milieu du crâne, à leur rencontre avec les pariétatcc. ‘ On aperçoit encore vers Fextrénnté la plus antérieure du crâné , à moitié en avant et à moitié au dessous déses frontaux , un os postérieurement éehancré en demî-hmë , qu’ôtt doit considérer comme os ethmoide, ou comme arc d^uné quatrième vertèbre céphalique ( iv, a , b ) , attendu qüé, par le moyen d’une apophyse descendant de dehors en dèdahs^ il partage l’issue antérieure dé te cavité crânienne êii âéux petits canaux pour le nerf elfactif. Il s’y appfique déiiÿ'îâhïés

Jl84 TRAITÉ d’anatomie comparée.

osseuses tectrices , qu’il faut regarder comme os nasaux (IV, c).

En avant de ces os nasaux , et à l’extrémité du musèau, se trouvent les os intermaxillaires , ou la côte céphalique la plus antérieure ( vi , g ) , dont chacun fournit en haut une apophyse pointue qui sert d’appui au trou nasal conduisant en dedans à l’ouverture du voile du palais.

Les os maxillaires supérieurs sont des arcs osseux, minces, plats et longs ( v , g ) , qui s’unissent en arrière avec les os carrés.

Il y a plusieurs os palatins. Ceux qu’on doit considérer comme des côtes de la troisième vertèbre céphalique ( iii , g), bornent en devant la cavité orbitaire, qui est grande et sans plancher , tandis qu’en arrière ils tiennent aux os carrés. Ceux qu’on peut regarder comme des côtes de la quatrième . vertèbre céphalique ( iv, g ) , sont situés , à l’instar de véritables os palatins , devant l’ouverture des arrière-narines, qui existent pour la première fois chez les Reptiles. Entre la mâchoire inférieure et le crâne , se trouve encore une côte de la vertèbre auditive , c’est-à-dire un os carré , qui est étendu en longueur , se partage en deux moitiés , l’une antérieure , l’autre postérieure , soutient la membrane du tympan, mais est moins mobile que chez les Poissons , à cause de ses connexions intimes avec l’os maxillaire supérieur et l’os palatin , et commence déjà , par conséquent , à prendre davantage le caractère d’une apophyse de l’os temporal ( i, g ).

La mâchoire inférieure elle-même ( I h ) consiste en deux branches latérales , dont chacune à son tour est composée de deux pièces, qui ne tiennent ensemble que par de petits ligamens , de sorte que la mâchoire inférieure , considérée dans son entier , est susceptible de présenter quelques variations , en egard.à, sa largeur , suivant que ces pièces s’éloignent ou se rapprochent un peu.

Si,j .maintenant nous examinons ce que la colonne yerté]î>rnlé : céphalique offre de particulier , nous sommes.

SQTJELETTE. l85

frappés de ce qu’ici ( comme dans le Protée ) le corps simple des vertèbres du rachis cesse au crâne, et de ce que ce dernier, par antagonisme direct avec les vertèbres caudales , qui finissent par ne plus représenter que des seuls corps de vertèbres, js’ élève to.ut-à-fait à la formation d’arcs vertébraux entourant le cerveâu , mais dè telle manière cependant que la cavité vertébrale, par analogie avec la disposition du cerveau, que terminent en devant les deux nerfs olfactifs , se partage antérieurement en deux canaux , et se transforme ainsi en un organe sensoriel , comme la colonne vertébrale caudale se transforme en un organe locomoteur.

. Dermafosquelette. Le squelette cutané, soit osseux, soit corné , manque , comme chez les Reptiles branchiés.

Splanchnosquéîette. Son progrès le plus important est ce qu’on aperçoit ici. pour la première fois ^ c’est-à-dire un commencement de formation , autour des voies respiratoires aériennes , d’une portion de ce squelette appartenant au tronc , et qui doit être considérée comme une répétition de l’appareil costal de la portion céphalique du splanchnosquelette , si développée chez les Poissons. Je veux parler des cartilages laryngiens , commencement d’une colonne de protovertèbres , qui va toujours en s’allongeant de plus en plus dans les ordres suivans , et à laquelle on donne le nom de trachéeartère (1). Ici le squelette laryngien est encore fort simple : un large arc costal , divisible en plusieurs pièces , qu’on ap-

. (i) Dans mes Recherches snr les parties primaires da squelette ('vqj'. t. 3*), j’ai émis sons forme de conjecture l’opinion que les parties supérieures da squelette trachéal , c’est-à-dire les cartilages laryngiens, pourraient bien être encore des métamorphoses des arcs branchiaux. Mais, depuis, Rathke a parfaitement prouvé {^Veber den Kiemenapparat und dos Zungenbein der Wirbeîthiere , 1 83?) qu’il ne passe rien des arcs branchiaux dans le larynx , ce qui nous montre le squelette trachéal , déjà si concentre en luimême physiologiquement parlant , comme étant tout entier l’arc costal d’o». splanchnosquelette du tron.c, -

l86 TRAITÉ d’anatomie COMPARÉE.

pelle cartilage thyroïde , et deux anneaux situés l’un à côté de l’autre, pour la voie aérienne , qui se partage en deux bronches , immédiatement derrière le larynx , voilà ce qu’il nous offre d’essentiel.

Quant à la portion céphalique du splanchnosquelette , elle comprend l’appareil costal , qui est le prototype de l’appareil précédent , et qui , chose très-remarquable , s’efface d’autant plus que celui-ci se développe davantage. La structure est tout-à-fait analogue à celle des Poissons , dans les têtards des Batraciens surtout , qui respirent réellement éhcore par des branchies , comme le Protéèi On voit quatre paires d’arcs branchiaux , destinés à disparaître plus tard , qui s’unissent en une plaque moyenne analogue à un sternum , et une paire d’arcs hyoïdiens , parfois même des vestiges de mâchoires pharyngiennes. La paire de côtes hyoïdiennes qui doit persister, est, chez les Batraciens anoures, une plaque cartilagineuse oblongue , avec de longues cornes antérieures et quelques cornes postérieures plus courtes; dans les Batraciens urodètes , elle se divise en deux moitiés de l’arc antérieur et en arc postérieur pointu,

A l'égard des membres du splanchnosquelette , ou des ongles , ils consistent en de petites dents coniques, implantées , chez les Salamandres , dans les os maxillaires et palatins , chez les Grenouilles , dans la mâchoire supérieure seul^nent.

B« Ophidiens.

Nevrosquelette. Il nous fournit un remarquable exemple de concentration de l’ostéogénèse en général pour produire une texture très-fragile , et surtout un exemple de concentration de toute l’activité plastique sur la colonne rachidienne,, au graed.,détriipent des appareils rayonnans. La colonne ra-, chidienne devient par là l’organe le plus essentiel pour la progression et la préhension.

Squelette dio tronc. De la particularité qui vient d’être sb

SQtfàLETTB. 187

gnalée suit la multiplication extraordinaire des vertèbres rachidiennes, qui sont dominantes ici , et dont le nombre s’élève jusqu’à deux et trois cents. Nous avons donc peu de Serpens qui offrent des vestiges d’os de l’épaule et du bassin. Ainsi XÂnquis frtbgilis a 66 vertèbres au tronc , et autant à la queue, qui est eu quelque sorte une répétition parfaite du trône , tandis que le Coluber natrix en a 176 au tronc et 76 à la queue , et le Boa, constriçtor , d’après Cuvier , 262 au trône et 62 à la queue. On ne peut point distinguer de régions au tronc : les vertèbres cervicales seules diffèrent un peu des autres, mais elles ne sontqu’aunombre trois. Lorsqu’il se forme des os du bassin , comme dans l’Orvet , on peut aussi distinguer trois vertèbres sacrées. La structure des vertèbres est telle que l’arc embrasse solidement et largement la moelle épinière, et qu’il produit des prolongemens peu développés j que le corps se dessine fortement; qu’il n’offre plus que dans les seules GéciUes ( d’après Cuvier) des cavités diconiques semblables à celles qu’on trouve dans les Poissons , mais que, partout ailleurs , il s’unit avec les verjtèbres voisines par un çondyle à l’extrémité postérieure et une cavité articulaire à l’extrémité antérieure ; que, par conséquent, il offre, commeles membres des animaux supérieurs, le mode d’artieulaiion qui assure le plus de liberté dans les mouvemens , celui par arthrodie ( pl. xi , ôg. xv). Cependant la forme du restant des vertèbres ne permet que des mouvemens lat^aux au rachis des vrais Serpens , tandis que les Serpens muqueux ou vermiformes peuvent ausâ exécuter des flexions de la colonne vertébrale en avant et en arrière. Le corps des vertèbres office souvent des apophyses épineuses inférieures. La formation d’arc continue , chez les Ophidiens, à appartenir aussi aux vertèbres caudales, de sorte que, chez eux, comme chez les Poissons , la moelle épinière s’étend encore jusqu’au bout de la queue. Une seule exception remarquable est fournie par les Serpens à sonnettes , dont les trois dernières vertèbres caudales ne sont que de simples corps de vertèbres , et servent

i88 traité d’asatomie comparée.

en quelque sorte démoulés sur lesquels se formen lies grelots.

Les arcs protovertéhraux ou côtes se présentent , chez les Serpens , sous trois formes différentes :

1° Sous celle de côtes libres, jamais fermées par un sternum , et auxquelles la mobilité de leur articulation permet d’exécuter , pendant la reptation , un mouvement jusqu’à un certain point analogue à celui des pattes (1). Chez certains Serpens même , la faculté qu’ont de se redresser les longues côtes de la région cervicale, donne àl’animal la faculté de gonfler son cou (2). Ces deux particularités de structure préparent donc en quelque sorte la disposition que les côtes nous offriront plus tard dans les Dragons volans . Du reste , le nombre des paires de côtes est fort grand, et correspondant à celui des vertèbres du tronc.

2° Sous celle d’àrcs contractés et terminés en apophyses épineuses inférieures , qui embrassent les troncs vasculaires au dessous des vertèbres caudales , comme dans le Protée et les Salamandres.

3° Sous celle de rudimens d’os de l’épaule et du bassin. Ces rudimens manquent dans plusieurs genres , tels que Coluher, Crotalus, Cœcilia , Trigonucephalus. Dans d’ autres, ils sont très-sensiblement développés.

Les os de l’épaule se partagent en un arc antérieur grêle, un arc postérieur plus large ( dans lesquels on ne peut méconnaître des vestiges d’omoplate , de clavicule et d’os coracoïde), et un rudiment de vertèbre sternale,qui ferme l’arc.

Les os du bassin sont de petits arcs encore indivis et fixés de chaque côté aux vertèbres sacrées. Dans d’autres Ophidiens encore , il n’y a que des rudimens d’os du bassin, isolés de la colonne vertébrale ( comme le sont les os du bassin des Poissons osseux ), et contenus dans les chairs ( Amr

■ à ce sujet, Home , dans leâ Tram. 1812, pag. i63.

(2) Philos, Traits. î8o4 , pag. 346. ( V. pl. xri , fig, tu. )

squelette. 189

phisbcena, Tortrix , Boa, Python ). C’est à ces OS que s’insèrentles seuls rudimens de membres qu’on rencontre dans cet ordre , c’est-à-dire les articles phalangiens ( analogues aux nageoires ventrales des Poissons ).

Les Boa ont ici les rudimens de trois orteils , dont celui du milieu a deux phalanges , et porte en outre l’ongle qni caractérise ces gigantesques Serpens. Il en est de même dans le genre Tortrix ( pl. xi , fîg. xxi

Squelette de la tête. La colonne vertébrale crânienne des Serpens proprement dits , tels que Boa , Coluber , Trigonocephalus , se distingue par sa solidité , par la manière étroite dont elle embrasse le cerveau , par un élargissement de la surface basilaire des première et seconde vertèbres, correspondant à celui de la moelle allongée , par la grandeur du trou occipital , qui est muni d’un condyle inférieur et quelquefois de trois facettes articulaires , enfin par sa continuation en ligne droite avec le racliis. La vertèbre occipitale porte quelquefois encore une apophyse épineuse inférieure, comme ferait une vertèbre^^achidienne ( pl. xi , fig. xvii, 1, e ). Les arcs latéraux de la vertèbre auditive ( os temporaux) sont très-développés , et entourent complètement les organes auditifs. Les lames tectrices de la vertèbre centricipitale ( os pariétaux ) sont ordinairement soudées en une seule pièce , tandis que celles de la vertèbre sincipitalè (PS frontaux.) restent distinctes ( pl. xi, fig. xvi ). Celles de la quatrièmiB vertèbre céphalique ( os nasaux ) sont quelquefois assez longues et grandes ( par exemple , dans le Boa , fig. XVI ) , mais parfois aussi très-petites ( comme dans le Trigonocephalus , fig. . XVII , et le Coluber ) ; dans le Typhlops même (1) , les os de la face représentent une vessie osseuse arrondie , qui offre un intérêt particulier , comme formation répétant le type de la voussure du crâne,

(i) J. Müi,i.er, dans Tiedemawk’s Zeitschrift ftier Physiologie, tom, IV,

eah, II , pl. XX , fig. x — xiv.

IQO THAITÈ d’anatomie comparée.

Lèë arcs éôstaux de la tête des Sérpens p^Oprettiênt dits âe font remarquer par léur forme grêle et leur mcèilité { presque comme dans les Poissons osseux ). Lès côtes dés vertèbres crâniennes proprement dites manquent prè^e entièretnènt ; seulement les os qui unissent l’os palatin et l’os carré {par analogie avec la disposition du crâne dés Ôiseaust, clie^ quelques Serpens (• par exemple dans \e,Boa, fig. et le Coluber), pourraient être considérés éomme os ptérÿgôïdiens , ou comme rudimens de côtes des seconde et troisième verfèbrës crâniennes , quoique , chez d’autres OphidiéüS , ils soient si' évidéinniient analogues auxprolongeirieiïs dé la éfe dé la vertèbre auditive , tels qu’on les rencontre dans fës Polissons , qü’il est presque impossible dé leur donner ïîfi'é autrë interprétation ( par exemple dans le Trigonôcephmf, %. Ivi , 1 , g" y. Les côtes des intervertèbres et des vertèbres faciales sont fortement développées. La côte de la véftèbré auditive est surtout remarquable par sâ grandeur, et parce qù'’ elle Sé divise én plusieurs pièces , comme uné éêfr türe scapulaire. La seconde pièce, à laquelle s’insère la ufâ choir e inférieure ( de même que l’hUmérus à l’omoplate y, à même la forme d’une omoplate ( %• xv'i , 1 , g ' ) , et s'ê prolonge en outre (comme par une sorte de clavicule )pâr Fos dé jonction âvëc le palais dont nous avons déjà palê (fig. XVI, l,g'' ) W-

De la côté oculaire , ou os zygomatique , il né s’eS développé , comme os , qu’une seule pièce ( fig. xvi, xvif, 2gj', ét là continuation est indiquée par les écailles cutânéëS aû dessous derœil.Lâ côte olfactive, ou Fos lacrymal, eStfottémenf développée , sur ïe côté , en avant dé l’orbite , dans les ISoluher ét Trigonocephâlus {Ÿig. XVII, 3, g); ààMléBoà,

tT) La considération de ces os , analogues à des, clayicnles détruit l’objection qne Rathke a élevée contre l’analogie établie entre les membres la mâchoire inférieure , en disant qu’un membre ne peut pas s’articuler à l’extrémité d’un arc costal. Ne voit-on pas d’ailleurs assez souvent les clavicules manquer ?

SQtîELETTE. ïgfi

(fig. XVI , 3, g ) , eJie est large et engagée entre les trôisièine et quatrième vertèbres crâniennes elles-mêmes ^ comme Si elle devait en quelque sorte tenir lieu ici de la troisième intervertèbré , dont lés arcs ii’ontpéint acquis beaucoiÇ» de développement. i Le squelette des cotes faciales jouit d’unié mobilité partleuliêre dans les Serpens proprement dits, chez ceux qui ne sont pmnf venimeux ^la paire intetmaxillairê est aoudée et petife; lapaifé maxillaire supérieure longue , mo- Me et de^e ; la pairë palatine- j semblable à la precedente ^ garnie dedents àus^ , et placée immédiatement derriefe elle i par exemple dans les Calubér et Bocu ^ flg^ xvi , vi g , v g , IV g). Les éetpens veniméüx se distinguent par la brièveté et la mobilité de la paire masill aire supérieure ( fig-. xvn , v g 1, tandis que rintermâchoire et les Os palatins ( iV g ) se comporteat presque Comme chez les précédens. Gelai qui s eearte le plus est le TypKlôps J chez qui rintermâchoire et la mâchoire supérieure contribuent aussi à former la vesicuîe des os de là face et ou lès os palatins se développent sous la forme de petits Osselets mobiles et dentés , quis umssestavecl osearré snnpîe , par le moy en de branchés Osseuses longues et gi êles fîe même aussi le Squelette des os maxillaires, palatins et carrés des Civets diffère beaucoup de celui des Serpens pro^ prement dits , par une plus grande solidité des connexions et par une conformation tout-à-fait semblable a celle des Serpens

proprement dits. -

î*armî les membres céphaliqués , nous n avens a mentionner que fâ ïàâchorre inférieure, dont lès moitiés longues et greles se ftmt surtout remarquer par leur seijaration complète chez les vrais Serpens , car èiles ne sont pas soudees solidement ensemble, comme il arrive dans tous les autres Cephaloi zoaires , mais elfes sont unies par un ligament dont l’extensibilïïté permet que la bouche de ces animàiix se dilate a un point extraordinaire ( fîg. xvr, xvii , 1 ,h ). Les deux moitiés sont, au Contraire , soudées dans les Orvets , comme chez les Sauriens* Derrière l-aftieulation de fe mâchoire inférieur^,

102 traité d’anatomie, comparée.

on voit souvent saillir une apophyse (fig. xvii , 1, 7), qui a la

signification d’os calcanien de ce membre.

Splanchnosquelette. ku lvouG , les répétitions annulaires du squelette branchial se développent pour la première fois avec une évidence parfaite , et en grand nombre , autour de la trachée-artère , qui acquiert maintenant plus de longueur ; elles produisent les cartilages trachéens annulaires , constituent une colonne d’anneaux cartilagineux , dont ceux de devant , plus grands que les autres , forment le larynx, de telle sorte , cependant , qu’il n’y a que le postérieur d’entre ces derniers qui conserve la forpae d’anneau complet , tandis que l’antérieur se partage en un cartilage thyroïde triangulaire et en petits cartilages aryténoïdes. En arrière , la colonne des anneaux cartilagineux demeure simple chez les Serpens proprement dits ; mais , dans l’Orvet , elle se partage en deux portions destinées au poumon droit et au gauche.

La portion céphalique de ce squelette , au lieu de l’appareil branchial si compliqué des Poissons , n’offre plus que l’hyoïde , formé de deux filets cartilagineux unis en devant , et dont la longueur est égale à celle de la trachée-artère elle-même dans les Serpens proprement dits, tandis quelle est très-peu considérable dans les Orvets. L’hyoïde de la Cécilie conserve encore , pendant toute la vie , trois paires d’arcs branchial»., qu’on rencontre aussi dans les embryons de Serpens.

Les articles unguéaux du splanchnosquelette ressemblent, en général , parfaitement aux dents coniques et pointues des Poisscttis. Ils se développent dans la membrane muqueusè de la bouche, et s’enracinent peu à peu dans l’inter mâchoire, la mâchoire supérieure , le palais et la mâchoire inférieure. Les Serpens venimeux , chez lesquels il n’y a d’ailleurs point de dents à l’intermâchoire , sont surtout remarquables par leurs crochets à venin , sortes de dents plissées longitudinalement sur elles-mêmes , de manière à former un canal. Ces crochets s’implantent dans la mâchoire supérieure , et ils se

SQUELETTE. jj^3

développent les uns après les autres. Chez le Typhlops , on ne trouve que quelques petites dents à l’os du palais.

Bermaiosqueîette. Les Serpens à peau visqueuse ( Cœcilia) sont privés d’écailles , ou du moins n’en offrent que de faibles vestiges. Chez les Âmphisbènes , les plaques cornées annulaires ( protovertèbres ) embrassent le corps ( de même que chez les Loricar ia , parmi les Poissons ). Dans les autres Serpens , il ne reste ordinairement que les moitiés inférieures de ces protovertèbres , représentées par les plaques ventrales , tandis que le côté tergal du corps est couvert d’écailles plus petites et disposées par rangées.

Le tégument écailleux est toujours revêtu en outre d’un mince épiderme corné , qui se détache et se renouvelle régulièrement.

Le dermatosquelette est surtout remarquable à la queue des Serpens à sonnettes. , . .

Sur les trois dernières vertèbres , qui sont oblitérées , et qui , au lieu d’être couvertes de muscles , le sont seulement d’une masse adipeuse et albumineuse , il se forme des anneaux cornés , à l’époque du développement de chacun desquels les précédens se détachent et se rejettent en arrière , sans cependant tomber. De là résulte une série de dix à quarante anneaux dermatosquelettiques , en forme de grelots , lâchement emboîtés les uns dans les autres , qui dépassent de beaucoup l’extrémité du névrosquelette ( pl. xr , fig. xix ).

C’est également ici qu’on rencontre pour la première fois des ongles, sur les ruclimensde membres postérieurs des .fioa.

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