Oiseaux
L’afiinité que nous avons trouvée entre cette classe et la précédente, sous le rapport du névrosquelètte èt du système nerveux, n’est pas moins sensible en ce qui concerne l’ organe olfactif. La membrane muqueuse est généralement d’un rouge foncé et tomenteuse. Ce ne sont pas des cavités accessoires plus ou moins considérables , mais seulement diverses
(i) Les têtards de Gienonilles et de Salamandres, quand ils commencent à respirer l’air , le hument d’abord par la bouche, sous la forme de, petites bulles.
(a) Loo, cit.
43® thaitê d’anatomie comparée.
saillies roulées en cornets , qui lui procurent un développement plus considérable. Les deux fosses nasales sont séparées l’une de l’autre par une cloison en partie osseuse et en partie cartilagineuse. Le nerf olfactif ne traverse point encore de lame cribleuse, mais se répand sur le cornet supérieur, de la même manière que chez les Tortues , par exemple (§ 416). Mais l’ampleur des cavités elles-mêmes est considérable, proportionnellement au volume de la tête ; elle surpasse même , d’après Scarpa (1) , tout ce que les autres animaux quelconques peuvent nous offrir à cet égard. Cependant ces cavités n’occupent que la partie postériem’e de la moitié supérieure du bec , car les cellules osseuses creusées dans la partie antérieure de ce dernier ne sont point tapissées par la n^embrane muqueuse (2). On compte ordinairement trois cw^nets, qui varient suivant les genres. La plupart du temps cartilagineux , parfois aussi ils sont osseux (3). La cloison est percée vis-à-vis des narines extérieures chez plusieurs Palmipèdes et Échassiers.
A l’égard des narines elles -mêmes, elles ne consistent qu’en des fentes fort étroites chez plusieurs Échassiers , par exemple dans le Héron. Du reste , elles sont entièrement dépourvues d’irritabilité et de mobilité. Un fait remarquable , c’est que , chez les Oiseaux, et dans cette classe seulement, nous trouvons une disposition des ouvertures des fosses olfactives précisément inverse de celle qui a lieu chez les Poissons, c’est-à-dire l’absence d’orifices antérieurs, tandis qu’il
(i)Zoc.cjV.pag. 77.
(a) Voilà pourquoi il arrive souvent que les Oiseaux doués d’un excellent odorat , comme ceux de proie , ont de petits becs , tandis que les énormes becs des Toucans ne sont remplis que d’une multitude de petites cellules osseuses non tapissées par la membrane muqueuse.
(3) J’ai trouvé les grands cornets entièrement ossifiés dans la Bécasse par exemple.
okgAnes dès sens.
y en a de postérieurs , découverte faite par Tliiedemanii dans le genre Disparus,
Les arrière-narines des Oiseaux se confondent en une seule fente longitudinale , la plupart du temps garnie de papilles pointues et tournées en arrière ; cette fente est située assez loin en arrière , et vis-à-vis de la glotte.
Quant aux nerfs olfactifs , Scarpa a reconnu (1) que leur grosseur variait beaucoup. Ils sont très-grêles dans les Gallinacés et les Passereaux , plus forts dans les Rapaces et les Palmipèdes , mais plus gros que partout ailleurs chez les Échassiers , où leur volume est proportionné à la grandeur des cornets supérieurs du nez.
A l’égard des fortes branches de la cinquième paire qui parcourent les parois des fosses nasales , elles appartiennent principalement à la peau du bec , et sont , par conséquent , plus consacrées au toucher qu'à l’olfaction.
Au reste , l’ampleur des cavités olfactives, dans cette classe , correspondant au développement considérable du système respiratoire , nous devons citer encore , comme une particularité remarquable , l’observa tion faite par Scarpa , que l’odorat est plus parfait chez les Oiseaux mâles que chez les femelles (2), car l’étude des différens organes respiratoires nous fournira plusieurs autr es preuves attestant qu'en général la respiration a plus d’ étendue et d’activité dans le sexe masculin que dans l’autre , de la gorge à la surface du crâne.