‹ Traité élémentaire d'anatomie comparée, suivi de recherches d'anatomie philosophique ou transcendante sur les parties primaires du système nerveux et du squelette intérieur et extérieurChapitre 87 sur 95 · Oiseaux · texte numérisé non relu

Oiseaux

La structure propre à l’organe auditif des Reptiles supérieurs se retrouve , quant aux parties essentielles , chez les Oiseaux, qui nous ont déjà présenté d’autres analogies avec ces animaux , tant dans leur squelette que dans leur système nerveux. Du reste , elle ne varie pas beaucoup dans les diverses familles de la classe.

Le labyrinthe se distingue sm'tout par l’absence de noyaux crétacés dans son intérieur (1) , par la direction de ses ca-

(i) Cette absence parait être liée aux progrès'qn’a faits l’ossiûcation extérieure du labyrinthe ( voyez la note au § 4-34 ). Mais Huschke a décou-

ORGAKES des sens. /j5^

naux demi-circulaires , et par l’application exacte à sa surface de la croûte osseuse , mince , mais extrêmement dure , qui l’enveloppe. Les canaux demi-circulaires osseux ont, relativement à celle du vestibule, une étendue beaucoup plus considérable que chez les Reptiles ( pi. xv , fig. xii , pl. XII, fig. XVII ). Ils ne communiquent point ensemble, mais seulement avec le vestibule. Du reste , il est asséz facile de les mettre en évidence , ainsi que le labyrinthe , dont les dimensions sont grandes , par rapport au crâne , attendu que , très-solides par eux-mêmes , ils sont entourés d’un diploé qui se brise aisément. On n’a même besoin de recourir à aucune préparation pour apercevoir déjà le canal demi- circulaire supérieur dans la cavité crânienne , car il fait saillie au milieu d’une fosse située entre les deux autres (pl. xv, fig. xVii, d d d ) , et dans laquèlle sont reçus les lobes latéraux du cervelet ( § 117 ) (1). Les deux canaux demi-circulaires externes se croisent d’ailleurs complètement. Il est digne de remarque , en outre ^ que , comme l’a dit Scarpa (2) , chaque canal demi-circulaire de l’Oiseau est large à Tune de ses extrémités et considérablement rétréci à l’autre. Le rudiment

vert que quand les noyaux osseux intérienrs du labyrinthe n’existent point ( Froriep , Nodzen fuer Natur-und Heilhunde , i832 , ii° 707 ), les enveloppes membraneuses du vestibule sont entourées d’une innombrable quantité de cristaux de carbonate calcaire, visibles seulernent à l’aide des plus forts grossissemens, semblables au fond à ceux des Reptiles (§ 438) , et de forme ovalaire oblongue. J’en ai représenté ( pl. xv, fig. xx) un groupe tiré, à un grossissement de six cents diamètres, de l’oreille interne d’un jeune Pigeon ; ils sont plus petit et moins serrés les nns contre les autres chez les jeunes Oiseaux que chez les adultes.

fi) L’insertion constante de ces appendices latéraux on touffes dans l’organe auditif, qui a lieu aussi chez le fœtus humain , comme je l’ai fait voir déjà dans mes Recherches sur le système nerveux, est intéressante sous plusieurs rapports, et semble révéler Une destination particulière de cette partie cérébrale, en ce qu’elle rappelle que les tubercules olfactifs du cerveau se logent également dans les fosses de l’eihmoïde,

(a) Loc. cit. pag. 33.

46o traité d’anatomie comparée.

de limaçon paraît à l’extérieur sous la forme d’une corne légèrement recourbée ( pl. xv , fig. xii et xvii , e ). Il ressemble presque à celui du Crocodile, et^ suivant Cuvier, l’Autruche est de tous les Oiseaux celui chez lequel il est le plus petit.

J’ai déjà eu l’occasion de dire que nous devons à Treviranus (1) la découverte d’un conformation intérieure trèsremarquable de ce rudiment de limaçon. En effet, deux minces cartilages (pl. xv, fig. xiv, v etx' o ) le partagent toujours , dans le sens de sa longueur , en une chambre supérieure et une autre inférieure : la fenêtre ronde conduit à la première , et la fenêtre ovale à la seconde. Au bout du cartilage , et à l’extrémité libre du cône osseux , se trouve un réservoir cartilagineux (p),que Treviranus appelle la bouteille^ et par lequel cet organe commence chez les Serpens , d’après Windischmann. Il reçoit une branche particulière du nerf cochléaire (n). Entre les deux plaques cartilagineuses on aperçoit une ouverture oblongue , par laquelle pénètre la plus grosse branche du nerf cochléaire (a) , et de chaque côté de cette ouverture , se trouvent , au dessus des cartilages coclîléaires , les feuillets auditifs (q) , sur le côté convexe desquels un réseau de vaisseaux sanguins se répand , d’après Windischmann. Nous avons donc ici un organe fort compliqué, qui représente en quelque sorte la lame spirale du limaçon humain dans ses nombreux replis , et , quant à la forme totale du limaçon , figure au moins le commencement d’un premier tour.

Chez les Oiseaux , la caisse du tympan est bornée en devant par la côte auditive ( os carré ). Elle s’ouvre , sur plusieurs points , dans le diploé celluleux et plein d’air des os du crâne, par l’intermède duquel s’établit même une communication

(i) Dans Txedemaitn’s Zeitschrift, tom. I, pag. i88, et en extrait dans Erscheinungen und Gesetze des organischen Libens , tom. Il, P. i, pag. Ii8.

oug-akes des sens.

entre les caisses des deux côtés. Cette caisse comitiunique en devant avec la cavité gutturale , par le moyen de la trompe d’EustacIie. La trompe elle-même est presque entièrement logée dans l’os ; elle commence , dans la caisse du tympan , par un orifice un peu évasé , se rétrécit ensuite , et s’ouvre , immédiatement en face de celle du côté opposé , au fond d’une large cavité , sécrétant beaucoup de mucus , qui se ' trouve à la voûte de l’arrière-gorge , derrière l’orifice postérieur du conduit nasal , et à peu de distance de cet orifice. En dehors la caisse est fermée par une mince membrane du tympan , à laquelle (pl. xv , fig. xvii , c) s’attache, comme dans les Chéloniens et les Sauriens , une petite colonne osseuse ( pl. XV , fig. XVI ) , dont la plaque ovale interne , qui est mobile , ne remplit qu’à demi la fenêtre ovale du vestibule , mais dont l’extrémité externe tient ordinairement à la membrane du tympan par le moyen de, trois cartilages flexibles. Un muscle venant de l’occiput peut la tendre , ainsi que la membrane du tympan , et sa forme varie dans les divers genres (i).

La membrane du tympan , bombée de dedans en dehors . se dirige obliquement en bas. Quoiqu’elle ne soit plus aussi à nu sur la surface extérieure du crâne que chez la plupart des Reptiles , cependant elle n’est encore cachée que par un court conduit auditif, purement membraneux , à l’orifice duquel se trouvent des plumes raides ,, en général courtes et rarement longues. Les Oiseaux n’ont point non plus d’oreille externe charnue et cartilagineuse ; cependant on doit regarder comme s’en rapprochant la grande valvule membraneuse de plusieurs Chouettes ; en effet , elle occupe le bord postérieur d’une grande conque divisée en plusieurs compartimens , qui est formée en partie par les os du crâne couverts seulement de la peau , en partie aussi par le bord

(i) Voyez PoHL, Loc.cit. pag. ai. — Blain ville (Loc. cù.pag. 53o) a rapporté encore plusieurs différences, mais toutes fort peu essentielles, dans les autres parties de l’oreille.

46î TRAITÉ d’anatomie COMPARÉE,

postérieur du globe de l’œil et par plusieurs ligamens tendineux transversaux (pl. xvi , fig. i).

Enfin les nerfs de l’oreille interne se comportent déjà essentiellement comme chez l’homme. Une branche particulière du nerf acoustique va au rudiment de limaçon , les trois autres gagnent les canaux demi-circulaires , et le nerf facial traverse l’organe auditif.

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