‹ Traité élémentaire d'anatomie, contenant les préparations, l'anatomie descriptive et les principales régions du corps humain. Avec des notes extraites du cours de Ph. Fréd. BlandinChapitre 120 sur 351 · DES MEMPRES EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DES MEMPRES EN GÉNÉRAL

Les membres sont destinés à mettre le corps en rapport, avec les objets extérieurs. Plusieurs anatomistes les ont considérés comme des apophyses transverses prolongées. Ils sont au nombre de quatre, savoir : les thoraciques et les abdominaux. Leur longueur est à peu près la même, quand le pied est articulé à angle droit avec la jambe. Les membres ont beaucoup d’analogie entr’eux. Ils ont en effet une forme générale ; tous représentent une pyramide qui appuie sur le

nc, et dont le sommet est à l’extrémité libre. Le nombre des sections est le même dans chaque membre. Comparés un à un, les rapports deviennent très frappants: c’est, ainsi par exemple, que les os de l’épaule et ceux de la hanche ont de très grandes analogies. L’épaule est néanmoins formée de deux os, mais cette remarque a peu de valeur , lorsqu'on se rappelle que la hanche était primitivement composée de trois os, nombre qui existait pareillement dans les premiers temps de la formation de l’épaule. La première section du membre inférieur offre une partie plate, portion supérieure de l'os iliaque, semblable à celle queprésente lomoplate. Lépine est | l’analogue du bord antérieur , et les muscles qui s’y insèrent ont la même disposition. La cavité glénoïde se rapprocheaussi de la cavité cotyloïde. Le trou obturateur résultant de la réu- , aion de l’ischion et du! pubis, semble, au premier abord, établir une différence sensible, mais elle est eu effet peu de chose, lorsqu'on sait que l’omoplate a supérieurement une échancrure, qui se trouve convertie en trou par un ligament.

La deuxième section des membres, offre encore une assez grande ressemblance : elle est également pourvue de têtes et d’éminences, auxquelles viennent s’insérer des muscles rotateurs. Le corps des os est tordu, . et les extrémités inférieures ont des condyles séparés par une gorge ou poulie.

L'avant-bras ct la jambe sont réunis à leurs extrémités supérieures et inférieures ; ils sont rapprochés à leur, partie moyenne par une membrane inter-osseuse; mais, d’après un examen plus rigoureux, il est difficile de dire si le péroné est lanalogue du radius, etle cubitus du tibia. Il est évident, qu’en haut, le cubitusetle tibia forment toute articulation,

OSTÉOLOGIE ET SYNDESM. — MEMBRES EN GÉNÉRAL. 235 mais en bas, le cubitus n’entre plus dans l'articulation comme le tibia; il y a donc analogie entre les extrémités supérieures, surtout si on considère l’olécrâne comme l’analogue de la rotule, similitude palpable. En bas, au contraire , le radius et le tibia ont les plus grands rapports. Au reste, la plupart des anatomistes regardent le radius comme l'analogue du péroné et le cubitus comme celui du tibia; cette opinion est cependant contraire à celle de M. de Blainville.

Le pied et la main présentent aussi de la ressemblance. Ges deux parties ont une région dorsale convexe, une région plantaire concave pour loger les vaisseaux et nerfs, deux extrémités et deux bords. On trouve qne le carpe a huit os et le tarse sept; mais, à la rigueur, lenombre y est le même, puisqu'il se développe un os sésamoïde dans le tendon du muscle long péronnier latéral. L’analopie est frappante entre les os du métacarpe et ceux du métatarse,

Les phalanges ont encore de nombreux points de contact; leur volume et leur longueur'établissent la différence.

Les articulations nous offrent des analogies semblables. La tête du fémur et celle de l’humérus constituent de véritables énarthroses, dont les mouvements sont presque les mêmes. Les articulations du coude et du genou sont des ginglymes angulaires parfaits; le poignet et la partie inférieure de la jambe doivent encore être considérés comme des ginglymes; mais lesmouvements, bornés à l'extension et à la flexion dans l’articulatiou tibio-tarsienne, sont accrus dans l'articulation radio-carpienne, d’un mouvement de latéralité, Les articulations des os du carpe, du métacairpe et des phalanges se rapprochent aussi beaucoup de celles du tarse, du métatarse et des orteils.

Mais si les ressemblances sont aussi nombreuses, les différences sont assez considérables pour mériter d’être signalées: elles sont généralement moins grandes, et se rapportent toutes à la différence de destination. Les membres abdominaux ont évidemment pour but de soutenir le poids du corps et de servir à la locomotion ; les supérieurs sont uniquement destinés à la préhension. Les différences devront donc aussi porter sur la mobilité ; aussi est-elle beaucoup plus grande supérieurement, tandis que la solidité se remarque plus particulièrement en bas. |

L’'humérus et le fémur diffèrent pour la longueur, le volume et le développement des parties : lés condyles, les poulies ne sont plus les mêmes » et les cavités de l’humérus ne sont plus celles qu’on observe au fémur.

Si l’on, poursuit l’examen de ces différences , On remarque à la partie supérieure du cubitus une cavité pour le roulement de la tête du radius, qu’on né rencontre pas dans le tibia, La. partie inférieure du radius offre, à son tour, une cavité pour le mouvement du cubitus, cavité qui n’existe point dans le: péroné ; de cette disposition résultent dans le membre supérieur desmouvéments de pronation etce supination impossibles dans lemembre inférieur. Les extrémités inférieures l’emportent en volume et'en Jongueur sur les os de l’avant-bras. ,

Le carpe et le tarse offrent en avant quatreosdont l’arrangement est le même ; en arrière, les os du tarse so nt placés les uns au-dessus des autres, tandis que dans le carpe ils Sont situés sur un plan horizontal. Le volume des os de cette partie de laquatrième section dumembre supérieur, estaussimoins considérableque celui desos dela section correspondante du membre inférieur. L’0os sésamoïde: du: tarse a bien quelque rapport avec le pisiformé du carpe , mais cette analogie cesse d'elle-même, si le pisiforme est véritablement l’analogue : du calcanéum , comme il est facile de s’en convaincre dans l'anatomie comparée des animaux. Ainsi le singe; qui marche sur ses quatre pattes, a le pisiforme énorme; et à mesure que l’on descend dans l'échelle des êtres, on voit cet os augmenter de volume, et finir par prendre la forme du talon.

Le métatarse est aussi plus considérable que le métacarpe, et les sailles osseuses y sont également plus développées; quant aux phalanges, celles des doigts se distinguent de celles des orteils par un volume et une longueur plus grandes.

Le développement général. des membres présente quelques considérations importantes. Avant vingt jours de vie intra-utérine, on ne découvre point de membres; mais on aperçoit une masisélatineuse ovoïde. Bientôt on voit paraître sur les parties latérales de cette masse, des points noirs, qui sontles indices des membres supérieurs etinférieurs; les thoraciques se montrent nn peu avant les pelviens ; aussi à l’époque de la naissance sont-ils plus développés, ce qui

OSTÉOLOGIEET SYNDESM: — O$ HYOÏDE, 297 élait en rapport avec le genre de nourriture de l'enfant et avec son mode de station. Chose remarquable, la main et le pied sont les premières parties développées, et ce n’est qu’apres leur apparition que se montrent successivement l’avantbras et la jambe, le bras et la cuisse. L’épaule et la hanche paraissent beaucoup plus tard; de sorte qu’il est vrai de dire que les membres semblent Végéter de leur extrémité libre vers leur point d’appui.

[nya donc plus lieu d’être surpris si desfætus sontyenus au monde avec les pieds et les mains accolés sur les parties latérales du tronc; parce que, suivant que le développement se sera plus ou moins arrêté, on verra seulement le pied , puis le pied et la jambe, puis ces trois parties. Il en sera de même pour le membre supérieur.

À la naissance, les membres supérieurs sont plus longs que les inférieurs. Chez le fœtus, ils descendent presque jusqu’à la partie inférieure de 1a cuisse, ils ont alors beaucoup de ressemblance avec ceux du singe. Après la naissance , ils reviennent au type normal. Les variétés iudividuelles établissent d’assez grandes différences. Il est des hommes qui ont les membres inférieurs très courts, d’autres qui les ont très longs. Plusieurs ont les membres supérieurs très longs, il en est d’autres, au contraire, qui les ont très courts.

Les sexes produisent aussi quelques différences. Ainsi ; chez les hommes, les membres inférieurs ont la moitié de la hauteur totale du Corps , tandis que chez la femme le tronc est comparativement moins long queles membres abdominaux.

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