‹ Traité élémentaire d'anatomie, contenant les préparations, l'anatomie descriptive et les principales régions du corps humain. Avec des notes extraites du cours de Ph. Fréd. BlandinChapitre 122 sur 351 · DES MUSCLES EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DES MUSCLES EN GÉNÉRAL

Ox donne le nom de muscles à des parties rouges formées de fibres susceptibles de se raccourcir, et déterminant.les mouvements un peu considérables du corps, |

On les a divisés, d’après leur position, en muscles extérieurs et en muscles intérieurs. Les internes ne sont point symétriques; ils ne se contractent pas sous l’influeñce de la volonté.

Les muscles extérieurs sont placés en dehors des os dans l’homme; ils sont disposés autour des organes des sens pour les mouvoir; on les rencontre aussi à l’entrée des cavités, qu’ils ferment et ouvrent sous l’empire de la volonté.

Leur nom vient du mot grec pxv:ty mouvoir. Leur nombre n’est point exactement limité; 1l flotte entre trois cents et quatre cents.

La nomenclature musculaire n’a point été établie sur des bases fixes. Les muscles ont été successivement dénommés d’après leur structure, leurs usages, la région où ils étaient placés, leur direction, leur largeur. Il règne encore maintenant un très grand vague dans la nomenclature musculaire : celle de M. Chaussier est, sans contredit, la plus rationnelle; elle est fondée sur la connaissance des insertions musculaires aux saillies osseuses; chaque muscle, dans cette méthode, prend son nom de l’attache de ses deux extrémités aux os correspondants. M. Dumas voulait donner aux muscles un nom qui indiquât tous leurs points d’attache, mais cette synonymie ne présente aucun avantage, elle ne serait d’ailleurs qu’une véritable description. La nomenclature de M. Chaussier, quoique bonne dans la plupart des cas, est quelquefois défectueuse, puisqu'on trouve plusieurs muscles qui ont plus de deux attaches.

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ho | ANATOMIE DESCRIPTIVE.

La nouvelle nomenclature a été modifiée par M. Duméril.

Ce professeur conseille, pour faciliter le travail de la mémoire, de partager le corps en diverses régions, et d’assigner une désinence particulière aux différentes parties qui les composent, de manière à en donner une qui soit propre aux muscles; ainsi il voudrait que l’on dit le sternal, la sternienne, le sternien, le sternique, la sternaire, la sternale, pour désigner l'os sternum, la région, le muscle, le nerf, l'artère et la veine.

Les muscles ont une direction tantôt droite, tantôt courbe. Cette direction est très importante à connaître, pour bien comcevoir le modè d'action d’un muscle.

Tous les muscles ont un corps et deux extrémités; tantôt ils sont longs, renflés à leur partie moyenne; tantôt ils sont aplatis; dans quelques cas ils sont très courts.

Les muscles larges se rencontrent de préférence au tronc, où ils servent à former les paroïs des cavités splanchniques. Les muscles longs sont disposés autour des membres pour faciliter les grands mouvements ; les muscles courts existent plus particulièrement dans les endroits où il ya une grande force à vaincre.

Le corps du muscle est charnu et rouge; cette couleur est due à une matière colorante particulière. : Les extrémités sont blanchâtres, tendineuses, semblables à des ligaments.

Les extrémités musculaires sont presque toujours fixées sur les os par des tendons ou.des aponévroses qui se confondent avec le périoste. Chez l'enfant, l’adhérence des muscles est peu considérable, parce que le périoste lui-même n’a qu’une faible adhérence; chez les vieillards le périoste acquérant une grande solidité, les extrémités tendineuses sont solidement fixées aux 05.

Forsque l'insertion des muscles se fait par des parties rondes, on donne à celles-ci le nom de tendons ; on lesappelle aponévroses d'insertion lorsqu'elles sont, au contraire, aplaties. Tous les muscles ne s’attachent point aux os par des parties fibreuses : le muscle temporal se fixe sur l’os pariétal immédiatement par ses fibres charnues. |

La disposition des fibres charnues, par rapport aux fibres aponév rotiques, présente des particularités qu'ilestutile de -

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MYOLOGIE, — GÉNÉRALITES, 41 connaître. Le plus ordinairement, les fibres charnues sont placées au centre, et les fibres aponévrotiques aux extrémités; d’autres fois on trouve des aponévroses au milieu des muscles; ce sont les digastriques ou muscles à deux ventres. Il est des muscles qui sont coupés de distance en distance par des bandelettes fibreuses, ce sont les muscles à intersections aponévrotiques. | |

Les fibres charnues se fixent sur les tendons de différentes manières : souvent elles paraissent se continuer avec les fibres tendineuses; dans d’autres cas, le tendon s’épanouit en aponévrose dans le centre des muscles; d’autres fois les fibres charnues s’insèrent sur le bord du tendon, ce sont les muscles sémi-penniformes. Lorsque les muscles s’insèrent sur les deux côtés du tendon, ils ont reçu le nom de pennrformes ; quelquefois il arrive que les fibres aporévrotiques, qui formaient une seule lame, se séparent en deux lames, entre lesquelles existe une cavité angulaire où viennent s’insérer les fibres charnues ; dans d’autres circonstances, les lames aponévrotiques s’épanouissent sur la face des muscles.

Plusieurs anatomistes ont prétendu que les fibres charnues

se confondaient intimement avec les fibres aponévrotiques ;

le plus grand nombre pensent qu’il existe un tissu transparent intermédiaire, qui établit la communication entre les fibres charnues et les fibres aponévrotiques.

Les muscles ont été divisés en simples ou composés, selon qu'ils présentent un ou plusieurs faisceaux; on donne ie nom de perforés à ceux qui offrent des ouvertures pour livrer passage-à des vaisseaux et à des nerfs. é . Les muscles ne sont pas seulement formés de l’union de la fibre charnue et de la fibre aponévrotique par l’intermède d'un tissu transparent, il entre encore dans leur composition

des vaisseaux, des nerfs, du tissu cellulaire qui fournit d’a- .

bord une gaîne générale au muscle > puis envoie des prolongements qui enveloppent les fibres; ce tissu cellulaire se subdivise encore pour entourer les fibrilles ; dans cet état , il n’offre plus que l’apparence d’un simple mucus. | Nous avons vu plus haut que le muscle se composait de fibres rouges; leur nombre est considérable. Certains anato- Mmistes ont pensé qu’elles pouvaient se subdiviser à l'infini $ Mais, d’autres anatomistes, parmi lesquels nous citerons Eve-

vard Home et Béclard, ne partagent point cette opinion ; ils croient que la fibre rouge a une limite connue; Béclard lui assigne un trois centième de millimètre de diamètre, c’est le volume d’un globule de sang. Examinée avec un microscope solaire, elle offre une multitude de globules arrangés en série linéaire, réunis par une espèce de tissu cellulaire. On ignore si la couleur rouge appartient en propre à la fibre musculaire; la plupart des anatomistes le pensent.

La fibre musculaire jouit de certaines propriétés : elle est extensible, rétractile, sensible, surtout à certaines excitations. L'influence cérébrale exerce sur elle une action marquée. Gi l’on introduit la pointe d’une aiguille entre Îes fibres d’un muscle, l’animal sur lequel on pratique l’expérience, ne manifeste presqu’aucune douleur, mais si l’on vient à piquer une fibre, il jette aussitôt les hauts cris. La propriété la plus remarquable est l’irritabilité. Bordeu attribuait à la fibre l’élongation , mais cette propriété est niée par presque tous les physiologistes. L’irritabilité en action produit la contraction ; lorsqu'un muscle se contracte , suivant quelques anatomistes, il change de couleur : ce qu’il .a de plus certain ç’estque lesmuscles prennent alorsau milieu plus de volume; vus au microscope les fibres forment des zig-zag.

La cause première de la contractilité musculaire n’est pas connue : la cause secondaire a été l’objet de beaucoup de discussions. Les uns prétendaient, que les fibres étaient creuses, et que dans Ja contraction le sang arrivant dans la fibre, il y avait augmentation en largeur ; mais cette opinion ne peut être soutenue, puisqu'il est démontré que les fibres ne sont pas creuses. Une hypothèse plus inpénieuse est celle de MM. Prévost et Dumas, qui pensent qu’elle entre en con: traction sous l'influence de l'excitation nerveuse. La con-

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traction musculaire n’a lieu que lorsque le muscle est sain; elle varie suivant la longueur des fibres, et est en raison di- :

recte de leur nombre. La vitesse de la contraction offre beaucoup de variétés : elle est plus grande dans les muscles supérieurs que dans les inférieurs.

La durée de la contraction musculaire est considérable, cle continue même après la mort; lorsque la vie a cessé, elle constitue la roideur cadayérique, qui disparait aussitôt que la putréfaction arrive.

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2e" MYOLOGIE. — GÉNÉRALITÉS. 243

Les mouvements que produisent les muscles sont: tous ceux dont nou$'avons eu occasion de parler en décrivant les articulations. Is sont simples ou composés. Lorsqu'un mouvement se fait à l’aide d’un seul muscle, il est simple, mais souvent il arrive que plusieurs muscles se contractent dans la mêmé région; dans ce cas le mouvement est composé.

Quand tous les muscles qui concourent à un même mouvement se contractent, on dit qu’il y a loi de simultanéité, et les muscles sont appelés congénères. On appelle autatonistes ceux dont l’action opposée contrebalance ceile des congénères. j

Obélaustuik les fibres musculaires qui se contractent ensemble n’ont pas la même direction; il en résulte une direction moyenne qui est une véritable diagonale.

Lorsque les fibres musculaires sont insérées perpendiculairement, toute la force est employée pour le mouvement ; dans l’insertion oblique, une partie de la force se perd vers le point d'insertion , et l’autre est employée au mouvement. La force est peu Sr TO dans l’insertion parallèle, elle est beaucoup plus forte dans l'insertion oblique.

Dans les muscles courbes, le premier effet dela contraction est d'effacer la courbure et de rapprocher ensuite Les extrémités. Si le muscle est inséré d’une part sur une partie fixe , et de l’autre sur un point mobile, une partie de la force est seule employée, l’autre est perdue surle point immobile. Quand les deux insertions sont mobiles, la nature fait contracter d’autres muscles pour retenir les premiers en position.

Plusieurs causes de déchet peuvent affaiblir l’action de la contraction; telles sont les frottements, le mode d’insertion , l’ Mitagonions des muscles.

bé muscles, dans leur trajet sur les membres, sont enveloppés par des agé fibreuses que l’on nomme aponévroses d’enveloppe. Ils sont, en outre, pourvus dans plusieurs endroits de bourses muqueuses. Des gaînes fibr euses ont épalement été disposées pour empêcher la déviation des ten dons ; ellés forment des canaux, le pi ordinairement de-

mi-osseux et demi-fibreux.

Le le rapport dela contraction, ilest Ac: muscles mixtes,

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c’est-à-dire qui se contractent sous l’influence de la volonté et qui sont mdépendants d’elle; tel estle diaphragme, tels sont les muscles des parties supérieure et inférieure du tube digestif.

Les muscles intérieurs sont creux, forment des membranes, circonscrivent des cavités; ils sont plus päles que les muscles extérieurs, à l’exception du cœur. Leurs fibres mus-

culaires ne viennent jamais s’insérer sur les os, et ne se

continuent que très rarement avec des fibres aponévrotiques, ils ne se contractent pas sous l'influence de la volonte.

Nous ne pousserons pas plus loin les généralités sur les :

muscles, et nous allons entrer de suite dans leur description par urine en suivant l’ordre que nous avons adapté pour l’ostéologie.

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