‹ Traité élémentaire d'anatomie, contenant les préparations, l'anatomie descriptive et les principales régions du corps humain. Avec des notes extraites du cours de Ph. Fréd. BlandinChapitre 175 sur 351 · DE L'OREILLE EXTERNE · texte numérisé non relu

DE L'OREILLE EXTERNE

Du pavillon de l’oreille (oricule, €h. ).

Le pavillon est situé à la partie latérale de la tête, derrière les joues , au-dessous de la tempe , au-devant de l’apophyse mastoïde. Il est aplati, et représente un ovoïde dont la grosse extrémité est supérieure, et la petite inférieure. On

lui distingue une face externe et une face interne. La face externe offre, 1° une saillie qui suit les contours du pavillon; elle porte le nom d’hé/ir. Cette éminence commence au centre de la conque, au-dessus du conduit auditif, se porte d’abord de bas en haut, jusqu’à la partie supérieure du cartilage, se recourbe ènsuiteen arrière et, se termine vers l’extrémité inférieure par une bifurcation qui se continue avec V’anthélix en avant, et avec le lobule en arrière ; 9° un sillon placé en dedans de l’hélix, qu’on nomme la rainure de l’hélig, et qui suit le trajet de cette éminence; 3° une saillie

concentrique à l’hélix , qui a reçu lé nom d’anthélix , bifurquée en devant, et circonscrivant un enfoncement superficiel appelé fosse naviculaire, qui sépare les deux racines de l’anthélix ; cette éminence se termine en arrière et au-dessus de l’anti-tragus; 4° en dedans, un enfoncement nommé conque , cavité profonde se continuant avec le conduit auditif. Son fond présente des follicules et-des poils. La conque est bornée en avant par le tragus, éminence carrée

surmontée de poils , placée en dehors et au-devant de l’ori-

fice du conduit auriculaire; en bas par l’antitragus , autre éminence analogue située vis-à-vis du tragus, au-dessous de l’anthélix ; elle est dirigée en sens inverse du tragus, et couverte de poils. L’anthélix limite en arrière la conque qui est partagée en deux portions inégales par l’hélix. Le pavillon se termine en bas par une éminence molle et arrondie qui porte le nom de lobule, et qu’on perce pour y mettre des boucles d’oreille ou d’autres ornements. La face postérieure du

pavillon offre une disposition contraire de la précédente ;.

un sillon nommé mastoïdo-oriculaire , la sépare du crâne.

Le pavillon est formé par un cartilage membraniforme ,

revêtu d’un périchondre très épais. Cette lame cartilagineuse est entièrement souple , d’où il résulte. qu’elle peut être facilement fléchie, courbée par de petits muscles.

Les muscles du pavillon sont de deux sortes : les uns

sont extrinsèques , ils ont été décrits dans la myologie ; les: autres intrinsèques. Ceux-ci sont très développés dans les an1i-

maux craintifs; ils sont au nombre de cinq, et fixés à l’oreille par leurs deux extrémités. Le grand muscle de l’hélisa s'implante sur la saillie que formel’hélix au-dessus du tragus, il augmente la concavité de la conque: Le petit muscle.de l’hélix, situé au-dessous du précédent, a les mêmes usages. Le muscle du tragus est situé sur la face externe de cette éminence , il tire en dehors le tragus.et dilate la conque.. Celus, de l’antitragus dilate également la conque. Le muscle.transversal de la conque , placéen arrière du conduit auriculaire; tireenarrière l’hélix etdiminue l'intensité des rayonssonores.

Outre ces muscles, on trouve une substance. fibreuse., des ligaments qui ont une direction absolument semblable à celle des muscles extrinsèques.

SPLANCHNOLOGIE.— OREILLE MOYENNE. 379 Conduit auriculaire,

Ce canal commence au fond de la conque , et se termine à la membrane du tympan ; il est situé entre l'articulation temporo-maxillaire et l’apophyse mastoïde. Sa direction a lieu d’arrière en avant, et de dehors en dedans; il est rétréci à ses extrémités et dilaté à sa partie moyenne. Son extrémité externe est garnie de poils qui se réunissent avec ceux du tragus, de l’antitragus et de l’hélix , pour tamiser l’air; on y rencontre aussi, dans les deux tiers externes, des follicules qui sécrètent le cérumen. Le conduit auriculaire est formé par une portion osseuse appartenant au temporal, et par une portion Cartilagineuse. Son étendue est de dix-huit lignes , dont neuf appartiennent au temporal , et les neuf autres à la partie cartilagineuse. Cette portion cartilagineuse se fixe sur la partie frangée du bord osseux du conduit auriculaire, inférieurement et en avant ; elle s’attache sur la membrane fibreuse qui réunit en haut et en arrière les deux bords du cartilage et complète le conduit dans cet endroit; elle présente trois incisures qui ont reçu le nom d’incisures deSantorini. Ces incisures sont remplies, dans l’homme, par du tissu cellulaire, et dans les animaux craintifs, par de petits muscles. Ce tissu cellulaire est quelquefois détruit, et les incisures ont servi de voie au pus pour passer des parties environnantes dans le conduit auditif.

I entre encore dans la composition du conduit auriculaire ün prolongement de la peau qui, à mesure qu’il s’avance, s’'amincit et prend les caractères de la membrane Roques, dont il offre aussi les maladies.

Le conduit auriculaire étant très voisin de l'articulation temporo-maxillaire ; Si la mâchoire inférieure est abaissée ; le conduit se trouve dilaté, et les rayons sonores peuvent y arriver plus facilement ; ce qui explique pourquoi on à quelquefois la bouche béante pour mieux saisir et entendre les sons.

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