‹ Traité élémentaire d'anatomie, contenant les préparations, l'anatomie descriptive et les principales régions du corps humain. Avec des notes extraites du cours de Ph. Fréd. BlandinChapitre 181 sur 351 · DE L’AXE CÉREBRO-SPINAL · texte numérisé non relu

DE L’AXE CÉREBRO-SPINAL

Après avoir décrit les organes de la vie de relation, il paraitrait naturel de montrer leur mode d’union avec les cen-

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SPLANCHNOLOGIE.——AXE CÉRÉBRO-SPINAL. 305 tres nerveux, et d'étudier par conséquent les nerfs; maisnous croyons qu'il convient auparavant d'acquérir des notions exactes sur les centres nerveux d’où ils procèdent; et comme la connaissance d’un grand nombre de nerfs, et notamment celle des nerfs de la vie organique, est essentiellement liée au système artériel, nous renvoyons leur examen après la description des artères. |

La masse centrale du système nerveux est logée dans le crâne et le canal vertébral. Plusieurs anatomistes ont proposé de

l'appeler cerveau, mais cette dénomination ne peut évidem- ‘

ment convenir à la moelle et à la masse crânienne; M. Chaussier désigne le cerveau sous le nom d’encéphale et la moelle sous celui de prolongement rachidien, ce qui semblerait faire croire que la masse, contenue dans le crâne, est la partie la plus considérable, disposition qui ne se remarque que chez l’homme ; nous pensons, avec M. Meckel, qu’il est plus convenable de l’appeler axe cérébro-spinal.

Considérée d’une manière générale, la masse nerveuse est protégée par des os, des parties molles, et à l’intérieur par trois membranes. L’extérieure, de nature fibreuse, est la dure-mère ; la seconde, séreuse, estappelée arachnoïde; une troisième, toute vasculaire, porte le nom de pie-mère. La description de ces membranes ne doit trouver sa place qu'après celle des masses nerveuses.

La masse nerveuse a généralement une forme arrondie ; elle est symétrique sur la ligne médiane; mais cette symétrie ne se retrouve plus, lorsqu'on descend dans des particularités. Si on sectionnait cette masse, on trouverait des cavités possibles , et qui n’existent dilatées, d’une manière évidente, que dans l’état anormal; ces cavités ont reçu le nom générique de ventricules, et sont tapissées par la membrane séreuse.

Au premier abord , la substance nerveuse paraît pulpeuse, grisâtre, homogène, douce au toucher, d’une odeur fade, spermatique ; lorsqu'elle est ancienne, elle se décompose et donne naissance à de l'hydrogène perphosphoré. Quand on la laisse pendant quelques jours au contact de l'air, elle verdit et se putréfie rapidement. | |

Examinée plus attentivement, on la voit formée de deux substances, l’une grise et l’autre blanche, alternativement

placées à l’extérieur et à l’intérieur, ce qui démontre qu’on

a eu tort de désigner la grise par le nom de corticale, et

. la blanche par celui de médullaire. Sœmmerring admet encore dans la masse nerveuse, une substance jaunâtre et une

substance noire. )

Si l’on en soumet une tranche au microscope, on découvre qu'elle est formée de beaucoup de globules, réunis par un tissu cellulaire très lâche. Ces globules sont disposés en séries linéaires dans la substance blanche, tandis qu’elles n’ont aucun arrangement constant dans la substance grise, ce qu’on exprime en disant que la première est fibreuse, tandis que la grise ne l’est pas. |

La substance blanche se présente partout sous la forme de fibres convergentes et de fibres divergentes; dans ce dernier cas, elles sont transversalement dirigées, et elles passent d’une moitié à l’autre moitié. M. Gall pense que la substance grise doit être considérée comme la matrice de la substance blanche; il est probable qu’il entend par là qu’elles sont partout en contact, parce que cet anatomiste célèbre sait fort bien que la blanche paraît avant la grise.

L'analyse chimique démontre dans la masse nerveuse, la présence d& ‘beaucoup d’eau, d’albumine, de gélatine, de. matière grasse toujours unie avec du phosphore et des sels à base de potasse, de soude et de chaux. Le phosphore se retrouve encore dans la laite des poissons.

Développement. Dans les premigrs jours de la vie intrautérine, la masse nerveuse centrale n’existe pas. Les nerfs paraissent les premiers; on aperçoit ensuite les rudiments de la moelle épinière. Le cerveau se développe le dernier, fait favorable à l'opinion de ceux qui le regardeut comme une efflorescence de la moelle épinière. Dans les premiers temps de son développement, toute la masse cérébro-spinale représente un long ruban placé dans la colonne verté- : brale et à la base du cerveau. Ce ruban, d’abord aplati, est ensuite relevé sur ses bords ; ceux-ci se recourbent de plus en plus, se réunissent et forment une seule cavité ou ventricule que l’apparition successive d’autres parties ne tarde. pas à partager en plusieurs sections, à mesure que l'individu avance en âge, les parois des ventricules augmentent d’épaisseur. Dans le commencement, les centres nerveux ne

SPLANCHNOLOGIE.—MOELLE ÉPINIÈRE. ‘397 présentent que des fibres longitudinales ; à quatre mois, on voit paraître les fibres convergentes. La substance grise n'existe point avant cinq mois.

Variétés. I] est très rare de voir manquer l’axe cérébrospinal , parce qu’il se développe de fort bonne heure. Lorsque le développement s’en arrête dès la formation, la moelle épinière n'existe quelquefois pas : d’autres fois on la trouve seule, tandis que le cerveau ne s’est pas développé. Dans plusieurs cas, la grande cavité ventriculaire persiste.

Les usages des centres nerveux sont relatifs aux sensations et aux mouvements. Les expérimentateurs modernes ‘ont démontré qu’il y avait une partie sensitive et une partie motrice.

L'axe cérébro-spinal se compose de différentes masses , qui ont été appelées centres nerveux, masses nerveuses secondaires. Quelques anatomistes leur ont donné le nom de ganglions cérébraux. Quelle que soit leur dénomination À “elles sont toujours formées par une combinaison de substance grise et de substance blanche.

On distingue le plus ordinairement quatre centres nerveux secondaires : 1°lecorden médullaireou moelle épinière, terminé, suivant plusieurs anatomistes, à Patla., et, suivant d’autres, se prolongeant dans l’intérieur du cerveau ; 2° la moelle allongée, aussi nommée pont de Varole, ou mésocéphale, placée entre la moelle épinière et le cerveau; 3° le cervelet, masse nerveuse assez considérable ; 4° enfin, le cerveau, partie très volumineuse, formée par les hémisphères cérébraux. VA

La moelle épinière se développant la première, et rem-

plissant d’ailleurs un rôle très important chez l’homme, nous croyons devoir commencer par elle la description des centres nerveux.

MOELLE ÉPINIÈRE. (W0y. Prépar., pag. 83.) La moelle épinière à aussi recu le nom de prolongement rachidien. C’est un long cordon de substance médullaire, placé dans le canal vertébral, se continuant dans le cer: Veau par le bulbe rachidien, et borné, en bas, à l’extrémité inférieure de la région dorsale. Au niveau de la base

du crâne, elle présente une concavité antérieure; à la région cervicale, la concavité se trouve postérieurement située, tandis qu’elle redevient antérieure à la région dorsale.

La moelle épinière est généralement cylindroïde; très étranglée à son origine; c’est cet étranglement qui forme le sillon qui sépare la moelle de la protubérance annulaire. Dans son étendue, elle éprouve plusieurs renflements. Le premier s’observe à la partie supérieure du cou. Il embrasse l’espace compris entre le second nerf cervical, et le premier dorsal. Ce renflement est appelé brachial, parce que c’est de lui que partent les nerfs qui sont spécialement destinés au bras. La moelle se rétrécit à la région dorsale. Vers son extrémité inférieure, elle forme un second renflement, appelé lombaire ou plutôt crural, origine des nerfs du membre abdominal. À partir de ce point, la moelle ne représente plus qu’un filament arrondi, qui se divise en plusieurs fibres longitudinales, et s'étend jusqu’à l'extrémité inférieure du canal rachidien. Cette partie porte le nom de queue de cheval.

Le renflement brachial est énormement développé dans les oiseaux; au contraire, dans les animaux qui font plus particulièrement usage des membres abdominaux, le renflement crural est beaucoup plus développé. Cette particularité s’observe également dans les oiseaux qui, comme l’autruche, se servent de leurs jambes pour marcher.

La moelle épinière ne joue pas dans le canal vertébral, comme on pourrait le croire ; elle est liée à la face interne de la dure-mère , par un ligament qui est situé à droite ét à gauche, et que sa forme a fait appeler denticulé. Ce ligament, par son côté interne , s'applique immédiatement dans toute sa longueur à la face externe de la moelle; par son côté externe, qui est festonné, il se fixe à la face interne de la dure-mère. Ses denticules, au nombre de vingt à vingt- . deux, correspondent au niveau de l'intervalle des trous de conjugaison. Il est étendu depuis le trou occipital, jusqu’au commencement de la région lombaire.La moelle épinière n’est pas seulement assujettie par le ligament denticulé, elle est encore fixée par un filament nommé lgament caudal, qui, de sa partie inférieure, se. porte à la partie postérieure du sacrum et du coccyx.

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SPLANCHNOLOGIE.—MOELLE ÉPINIÈRE. 399 Considérée à l’extérieur, la moelle épinière présente dans tout son trajet des sillons ; de ces sillons, l’un est antérieur j l'autre est postérieur, et les deux autres latéranx. Ceux-ci sont très visibles chez le jeune enfant , ils ne se voient bien chez l'adulte, que lorsqu'on a arraché les racines des nerfs vertébraux ; aussi il se pourrait bien, suivant le professeur Chaussier, que ce fut cet arrachement qui les déterminât. Les rapports de la moelle sont, en avant » avec la partie postérieure du corps des vertèbres, etle ligament postérieur ; en arrière, avec les lames vertébrales et le ligament jaune; supérieurement , avec la protubérance annulaire.

"À sa partie supérieure, la moelle présente un bulbe renflé, volumineux, subdivisé lui-même en renflements secondaires. Deux de ces renflements sont antérieurs; on les appelle pyramides. Is occupent toute la longueur du bulbe, et s’enfoncent dans la protubérance annulaire, en laissant entré eux un petit vide triangulaire, dans lequel s’introduit la pie-mère. Ces renflements se réunissent inférieurement, en s’entre croisant au niveau de l’atlas, de sorte que les faisceaux d’un côté passent du-côté opposé. Cet entrecroisement des pyramides ne se fait pas en masse; 1l n’y a que leur partie antérieure et leur partie postérieure qui offrent cette disposition. Cette opinion est opposée à celle de la plupart des anatomistes qui pensent que les pyramides antérieures sont partout entrecroisées. Chez le fœtus, cetentrecroisement se voit sans préparation ; sa connaissance est de la plushaute importance pour l’explication d’une foule de faits.

Sur les côtés, on trouve deux autres éminences appelées olivaires , continues inférieurement avecla partie correspondante de la moelle, et formant supérieurement un faisceau : qui se porte dans la protubérance annulaire, En arrière, on remarque les pyramides postérieures, aussi nommées corps

restiformes ; elles sont séparées l’une de l’autre par le sillon médian, et s’enfoncent dans le cervelet.

Outre ces six éminences » Tiedeman a observé, à la partie postérieure , deux autres éminences, qui s’enfoncent aussi dans le cervelet.

Si l’on examine plus minutieusement la moelle, en écartant le sillon antérieur, on aperçoit une grande quantité de stries blanches, qui passent d’un côté à l’autre ; ces stries

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forment la commissure de la moelle. On a vu que l’extrémité

inférieure de la moelle , se terminait au commencement de la

région lombaire; dans cet endroit elle présente deux renflements , l’un supérieur , ovoïde, plus volumineux ; l’autre inférieur, plus petit et conique. De cette partie de la moelle, naissent une foule considérable de nerfs qui, en s’écartant, figurent grossièrement une queue de cheval.

Plusieurs écrivains admettent dans le centre de la moelle, une cavité qu’ils désignent sous le nom de ventricule. La plupart des anatomistes ne l’ont jamais aperçue , pas plus que les deux conduitslatéraux de M. Gall, qui, suivant cet anatomiste, règnent dans toute la on ÉUEUX de la moelle, sans communiquer entre eux, et se terminent en CRE de-sac dans les couches optiques. Ce qui a pu faire croire à l’existence du canal médian chez l’adulte , c’est que la moelle du fœtus présente cette disposition ; mais l’interposition successive et rapide de la substance grise, la fait disparaître de bonne heure, de sorte que la moelle épinière est solide, non pas lement dans l’état de développement complet, mais déjà même quelque tems après la naissance; quant aux deux cavités latérales , il est plus que probable qu’elles ont étés déterminées par l’insufflation.

La moelle épinière est formée de deux substances, l’une blanche, et l’autre grise. La substance blanche est placée à l'extérieur, la substance grise à l’intérieur. Celle-ci présente une disposition particulière; on ne tarde pas en effet à s’apercevoir qu’elle est formée de deux croissants qui sont adossés par leur convexité, et réunis par une bandelette. Cette substance grise est partout entourée par la substance blanche, dont les fibres sont, les unes divergentes, les autres convergentes, c'est-à-dire longitudinales et transversales.

La substance de la moelle est renfermée dans une mem-. brane qui exerce sur elle une certaine pression. Cette membrane est très dense, et se rapproche de la dure-mère par sa structure; à l'extérieur, elle est en rapport avec les autres membranes; le ligament caudal n’en est qu’un prolongement.

Développement. La moelle n’existe pas dans les PRES tems de la vie intra-utérine. Lors qu’elle commence à paraï-

tre, elle est très mollasse, fluide: À six semaines , elle est un

peu plus solide, mais pour pouvoir l’étudier, il faut a

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