DES DOIGTS
Les doigts terminent la main : ils sontau nombre de cinq. Considérés à l’exterieur , on leur distingue quatre faces con. vexes et deux extrémités. La face antérieure où palmaire présente des plicatures transversales, prononcées surtout dans la flexion. La plus élevée, souvent double, dépasse de six lignes , en bas l’articulation métacarpo-phalangienne; la moyenne, presque toujours aussi doubie, correspond toutà-fait à la première articulation phalangienne; la troisième, presque constamment simple, est située une ligne et demie au-dessus de l’union de la phalangine avec la phalanpgette. La plus élevée des plicatures du pouce &orrespond exactement à son articulation métacarpienne. La face dorsale des
doigts offre également des sillons qui correspondent plus exactement que les précédents aux articulations; dans la flexion, on distingue trois saillies angulaires, dont lesommet se trouve placé partout, une ligne au-dessus des articulations. Les faces latérales sont presque toutes planes ;
568 é L ANATOMIE TOPOGRAPHIQUÉ.
l'extrémité supérieure est adhérente; les quatre derniers doigts, à son niveau, sont réunis par une membrane , vestige de celle qui les réunissait jusqu’à leur extrémité unguéale, chez l’embryon. Cette membrane > tnter-digitale, constitue le fond de l’angle du même nom, qui est distant
du niveau de l'articulation métacarpo-phalangienne de six
lignes. | Les éléments de cette région sont importants À connaître. Leur squelette est formé par les phalanges , au nombre de trois pour chaque, excepté au pouce, où il y en a deux. Leurs articulations sont fortifiées par trois ligaments : deux latéraux, situés plus près du sens de la flexion que de celui de l’eKtension; un, antérieur, demi-cartilagineux, dans lé. paisseur duquel se développent souvent un ou deux os sésamoïdes , véritables poulies de renvoi pour les tendons fléchisseurs des doigts. En arrière , une membrane fibreuse, formée par l’épanouissement des tendons des muscles exten seurs, auxquels se joignent les muscles lombricaux > recouvre chaque doigt. Les deux muscles fléchisseurs profonds envoient aux doigts des tendons qui, dans les quatre derniers, Sont entrelacés de telle sorte, que celui du superficiel se fend pour laisser passer celui du profond ; ces tendons, terminés sur les deux dérnières phalanges, adhèrent seulement à la première, par des filaments vasculaires et synoviaux, et non par une expansion fibreuse , comme on l’a prétendu; ils sont contenus dans un canal osséo-fibreux, qui s'étend depuis l'articulation métacarpo-phalangienne, jusqu’à celle de la phalangine avec la phalangette; ce canal, constitué, en arrière, par une gouttière creusée dans les phalanges , et au niveau desarticles par
leur ligament antérieur, est formé , au contraire,
dans ses trois quarts antérieurs ee par une membrane fibreuse, continue en haut avec le liga-”
ment métacarpienftransverse et inférieur; au niveau de la * première et de la deuxième articulation phalangienne, cette membrane est réduite à deux faisceaux fibreux obliques, et croisés crucialement, tandis qu’elle est très forte au niveau dé la partie moyenne de la première et de la seconde phalange. De cette disposition, résultent quatre larges ouverlures, deux antérieures, à travers lesquelles se voit à nu la
MEMBRES THORACIQUES. — DES DOIGTS. 769 mémbrane synoviale, deux autres latérales, par où s’intro : duisent des vaisseaux. Sur les côtés de l’articulation métacarpo-phalangienne, à l’origine de la gaîne fibreuse , existent deux trous étroits ; ils contiennent deux filets artériels ; une membrane synoviale se déploie sur les articulations et sur les tendons; les artères collatérales parcourent latéralement etun peuextérieurement chaque doigt. À son extrémité, ces vaisseaux deviennent tout-à-fait antérieurs , en s’ana-
stomosant par deux arcades dans la pulpe; un dernier rameau
forme, avec celui du côté opposé, une arcade qui entoure
l’extrémité adhérente de l’ongle ; les veines digitales ne suivent point le trajet des artères; sur le dos du doigt, elles forment un plexus peu compliqué ; sur sa face antérieure, elles naissent, au contraire > Par une foule innombrable de racines, qui constituent un réseau, dont les mailles représentent des figures quadrangulaires ; ce plexus communique avec le postérieur , par trois branches principales ; placées en dedans et en dehors, au niveau des articulations digitales. Les vaisseaux lymphatiques sont presquetous dorsaux.
On compte quatre nerfs pour chaque doigt, deux palmaires,
deux dorsaux. La peau est fine et garnie de papilles, surtout en avant; elle est unie antérieurement à la gaine fibreuse, par des filaments cellulaires denses , dans l'intervalle desquels on trouve beaucoup de vésicules adipeuses fort tenues ; le tissu cellulaire dorsal est lâche, et peu adipeux. Les rapports des doigts doivent être examinés en avant, en arrière et latéralement. £n avant ; On découvre la peau À une couche cellulaire et adipeuse, fixant la peau aux parties profondes, et contenant quelques filets artériels , le réseau Yeineux antérieur, l’arcade artérielle et les nerfs collaté- Taux antérieurs ; au-dessous, le tendon fléchisseur pbhalangettien et la phalangette de l’extrémité de laquelle partent des filaments cellulaires qui adhèrent à la peau. Âu niveau des deux premières phalanges, au-dessous de la peau et du tissu sous-cutané, on trouve la gaîne des tendons fléchisseurs , présentant les ouvertures indiquées, et côtoyée en dehors par les vaisseaux et nerfs collatéraux 30n distingue des filaments artériels, qui s'engagent dans les ouvertures de la gaine, entourés de pelotons adipeux qui établissent la communication du tissu cellulaire, extérieur avec celui que ré-